
Ulysse est l’héritier d’un empire industriel ; après le bac, son avenir dans une grande école est tout tracé, en attendant de reprendre les rênes de l’entreprise familiale. Envoyé en Bourgogne tandis qu’un scandale bouscule l’entreprise à Paris, il est censé réviser pour son examen. Mais il rencontre Cyrano, un cuistot talentueux et bourru qui lui fait découvrir les joies de la bonne chère, des bons produits et de la cuisine. Ulysse se découvre une passion : lui qui peine à se concentrer sur ses leçons, il travaille d’arrache-pied chaque jour pour confectionner des repas en cachette de sa famille.
Cette BD grand format (25,2 x 34,1, et 168 pages, un joli pavé, donc) avait attiré mon regard grâce aux nombreux éloges du bandeau – éloges largement mérités !
L’histoire pourrait sembler classique (un jeune homme de bonne famille en rébellion contre le chemin qui a été tracé pour lui), mais elle est traitée avec beaucoup de finesse et de pudeur. Les textes sont élégants, les dessins très bien réalisés, avec un joli travail sur les couleurs pour figurer des ambiances différentes.
D’un côté, Ulysse représente la fraîcheur de cet âge où tous les choix sont possibles. En miroir, Cyrano, blessé par les épreuves de la vie, est une grande gueule autant qu’un grand cœur, généreux mais sanguin.
Sans trop dévoiler la fin (ne lisez pas si vous ne voulez rien savoir), on s’attend évidemment à un happy end, seule fin possible à cette histoire d’amitié et de plaisirs culinaires partagés.

Casterman, 168 pages, 34,90€