
Les relations mère-fille sont sans doute parmi les plus belles et les plus compliquées – autant dire qu’elles sont un terreau parfait pour un roman sur les femmes, sur la famille, sur les différences générationnelles, sur le choc des classes aussi quand l’enfant s’émancipe et sort de son milieu d’origine.
C’est encore plus vrai quand la mère est une Marseillaise fantasque, grande gueule et attachante, entourée de copines toutes aussi expansives ; et que la fille rêve de Paris, de Sciences po, et s’entiche d’un jeune homme d’une famille bourgeoise et traditionaliste.
Dans ce récit où alternent le point de vue de la mère et celui de la fille, on se sent tour à tour enfant fragile puis mère protectrice, on voudrait dire à chacune tout l’amour que lui porte l’autre, nous transformer en émissaire qui passerait les messages d’un chapitre à l’autre.
Le roman est plein de tendresse, de cette tendresse maladroite de ceux qui ne savent pas dire « je t’aime » simplement. L’auteure écrit avec justesse les différences de points de vue entre générations. Cette même histoire racontée sous deux angles différents, cela développe l’empathie – on aimerait pouvoir faire pareil dans la vraie vie.

L’Iconoclaste, 354 pages, 20,90€









