Roman

« L’amour et la fureur » de Martin Suter

Est-on plus heureux quand on vit dans le luxe, mais sans l’être aimé ? C’est en tout cas ce que croit Camilla. Elle est comptable (et exècre ce métier) et entretient Noah, son conjoint, un artiste peintre qui ne vend pas de toile. Pourquoi se sacrifierait-elle dans un métier qu’elle déteste, au profit d’un homme qui n’arrive pas à vivre de sa passion ? Alors même si elle l’aime encore, elle décide de le quitter.

Sauf que Noah, un soir de déprime, rencontre dans un bar une femme qui pourrait bien changer sa vie : veuve, elle promet à celui qui tuera l’ancien associé de son mari la moitié de l’héritage qu’elle a touché. Noah, pourtant bien loin d’être un tueur à gages, entrevoit une solution qui lui permettrait de reconquérir Camilla…

Je n’arrive pas à savoir si ce livre est très sérieux ou très décalé… sans doute un peu les deux ! Il est sérieux en cela qu’il décortique avec beaucoup de justesse des mécaniques parfois complexes qui régissent les couples – quand l’amour ne suffit pas, quand le manque d’argent épuise, quand l’autre devient plus agaçant qu’attendrissant. Mais il est aussi léger et décalé, car Camilla est parfois ridicule dans ses rêves de princesse entretenue, et Noah bien maladroit pour la reconquérir… Au final ils sont aussi attachants que pathétiques, on sourit, on soupire, finalement ils ont les défauts de tant de couples.

La bonne idée du roman est d’avoir une progression, dans leur histoire de couple et dans les liens avec les autres personnages. C’est rafraîchissant, amusant, et non dénué de réflexions sur les couples et leurs imperfections.

Phébus, 22,90€

Policier

« M comme meurtre ? » d’Anthony Horowitz

J’ai eu le plaisir de partager cette lecture lors d’une « reading party » place de la Concorde à Paris il y a quelques jours, et j’espère que mon pitch aura donné envie à quelques autres lecteurs de découvrir ce roman !

Une femme entre dans une enseigne de pompes funèbres pour préparer l’organisation de son enterrement. Le soir même, elle est retrouvée morte, assassinée. Etrange coïncidence, n’est-ce pas ?

Hawthorne, un ancien policier devenir consultant, est chargé de mener une enquête parallèle à l’enquête officielle. Mais cette fois-ci, il ne la mènera pas seul : il a convaincu un auteur de le suivre pour en faire un roman.

Le lecteur est donc aux premières loges pour suivre l’avancée de l’enquête, qui est très efficace. La quatrième de couverture m’avait laissé penser que le roman serait peut-être atypique, en rupture avec la forme des romans policiers habituels ; en réalité, la structure est assez classique pour le genre, mais fonctionne quand même très bien. Il y a pas mal de fausses pistes, et je n’avais pas vu arriver trop tôt le dénouement – c’est l’essentiel !

Sonatine, 432 pages, 23€

Cosy mystery

« Tante Dimity et le chantier maudit » (tome 3) de Nancy Atherton

J’ai toujours besoin d’avoir dans ma boîte de livres une lecture complètement « doudou », une lecture qui me serve de pause entre deux, qui me berce doucement quand j’en ai besoin, et la série des « Tante Dimity » coche toutes les cases. Présentée par l’éditeur comme étant « plus cosy que mystery », c’est vraiment une lecture d’ambiance.

Depuis que Lori s’est installée dans un petit village des Cotswolds avec son mari, les choses ont bien changé : il faut dire que la naissance de leurs jumeaux a quelque peu ébranlé le quotidien de Lori, qui est épuisée.

L’arrivée miraculeuse de Francesca, une nounou, redonne de l’oxygène au quotidien de Lori… qui peut donc se consacrer à une nouvelle « enquête ». Si je mets des guillemets, c’est que l’enquête en question n’a pas pour point de départ un meurtre sauvage dans la campagne anglaise, mais la disparition d’un document qui pourrait compromettre les conclusions de fouilles archéologiques en cours dans le village. Donc, non, on n’est pas sur le mystère du siècle, et ce n’est pas le suspense qui vous donnera envie de dévorer le chapitre suivant, mais tout simplement le plaisir de suivre les personnages dans leur quotidien (gentiment) bousculé.

Et Dimity dans tout ça ? Dimity, c’est le sympathique fantôme qui prodigue à Lori quelques conseils ; elle est assez peu présente au final, bien que donnant son nom à la série – donc ne vous arrêtez pas à ça pour renoncer à cette lecture, j’avais moi même quelques hésitations à lire un roman de fantômes, mais que j’ai vite balayées.

Quant aux illustrations des couvertures de cette série, elles suffiraient presque à elles-seules à me convaincre de continuer à intégrer les prochains tomes dans ma bibliothèque.

Verso, 408 pages, 14,90€

Roman

« La fille de l’Ourcq » d’Emmanuelle Veil

Souvenez-vous de la montagne de livres que j’ai rapportés du Festival du livre de Paris cette année… Comme d’habitude, j’ai laissé de côté les stands qui ne présentaient que les best-sellers du momentque l’ on trouve dans toutes les librairies et, à une exception près dont je vous parlerai une autre fois, je me suis… Lire la suite « La fille de l’Ourcq » d’Emmanuelle Veil

BD·Biographie

« Le secret de Miss Greene » de Nicolas Antona et Nina Jacqmin

Jusqu’en 1967, la « One Drop Rule », ou « Règle de la goutte unique », signifiait que toute personne ayant une « trace visuellement perceptible d’ascendance africaine » était « considérée comme noire », explique David Albert Hollinger, spécialiste de l’histoire ethno-raciale des Etats-Unis. C’est dans ce contexte que Belle Greene convainc sa mère et ses frères et sœurs de renier leurs origines… Lire la suite « Le secret de Miss Greene » de Nicolas Antona et Nina Jacqmin

Policier

« Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

« Qui voit Ouessant voit son sang » dit le dicton. Autant dire que l’île à la pointe du Finistère est une terre de mystères et de légendes… bien loin du pragmatisme du commissaire Dupin ! Le célèbre commissaire de Concarneau, qui œuvre ici pour un treizième tome sur un nouveau coin de Bretagne (après Guérande, Saint Malo,… Lire la suite « Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

Essai / Document·Poésie

« La mauvaise herbe » de Lu Xun

J’aime aller à la découverte de petits livres qui sont a priori loin de mes lectures habituelles, petits plaisirs de lectrice curieuse d’explorer de nouveaux horizons.

« La mauvaise herbe » est un recueil de 23 textes que l’on pourrait qualifier de poèmes en prose. L’auteur y retrace en 3 ou 4 pages un rêve (étrange), une anecdote, un conte, une pensée sur l’espoir ou la mort. Difficile d’y trouver un fil rouge (sur le fond ou la forme) mais c’est agréable de piocher des textes qui, dans un même livre, peuvent vous transporter dans autant de situations différentes.

L’introduction du livre, qui a pour objectif de situer l’auteur à travers des enjeux historiques et politiques de la Chine du début XXème siècle, est en revanche plus difficile à appréhender pour qui n’est pas familier de ces sujets.

Petite coquetterie que j’ai appréciée dans l’introduction, c’est l’utilisation d’une taille de polices de caractères différentes pour les pensées principales (en grande police) et les idées secondaires (en plus petite police). C’est un formalisme inspiré des éditions chinoises, et qu’il m’a semblé très judicieux de reprendre dans cette introduction pointue, pour en souligner les messages clés.

Les Belles lettres, 144 pages, 13,90€ (service de presse)

BD·Biographie

« Les aventures d’Hergé » de Bocquet, Fromental et Stanislas

Quand on est fan de Tintin, que l’on a lu, relu, re-re-lu, enfant, ado, adulte, ses aventures, trouver une nouvelle BD autour de l’univers de Tintin met toujours des étincelles dans les yeux.

Cette BD, premier tome des « Aventures d’Hergé », est une réédition d’une BD sortie en 2017, que j’ai découverte dans une librairie BD / Pop. J’ai depuis (trop) longtemps dans ma « pile à lire » la biographie d’Hergé écrite par Pierre Assouline, sans m’être jamais décidée à lire ce gros pavé de plus de 800 pages – avouez qu’une BD paraît beaucoup plus abordable ! Les passionnés de Tintin y retrouveront plein de références (soit des explications biographiques qui donnent du sens à certains choix, certains personnages ; soit des clins d’œil que seuls « les vrais fans » reconnaîtront).

Il y a quelques éléments de la vie d’Hergé que j’avais en tête, mais j’ai aussi beaucoup appris (notamment sur les femmes de sa vie). Quelques passages sont un peu trop rapides et ne permettent pas de bien saisir les subtilités d’une vie. Petite astuce que j’aurais aimé connaître au moment de ma lecture : il y a un guide des personnages en fin de livre ! N’hésitez pas à vous y référer, il est utile pour expliciter ce qui ne l’est pas toujours dans les relations d’Hergé avec ses collègues ou ses compagnes.

Le dessin est évidemment de l’école de la « ligne claire » et avec une colorisation qui rappelle les albums de Tintin – autant dire que cette BD ne détonnera pas à côté de vos « Tintin ».

Dargaud, 104 pages, 20,50€

Roman

« Expo 58 » de Jonathan Coe

Si vous cherchez conseil sur un roman dont l’histoire se déroule à Bruxelles, le titre qui revient le plus souvent (polars mis à part) est « Expo 58 », ce roman de l’Anglais Jonathan Coe. Thomas Foley est un fonctionnaire de l’administration anglaise, choisi pour superviser le pavillon britannique à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Si… Lire la suite « Expo 58 » de Jonathan Coe

Essai / Document

« Ecrire » de Marguerite Duras

C’est une interview de Marguerite Duras qui m’a donné envie de découvrir ce texte. Dans une émission d’« Apostrophes » en 1984, elle était invitée pour parler de son roman « L’Amant » et racontait sa vision de l’écriture. « Quand on est écrivain, on n’est pas là […]. La vie est ailleurs ». Vous imaginez bien que cela m’a donné… Lire la suite « Ecrire » de Marguerite Duras