
Quel joli roman…
J’ai pourtant eu la gorge nouée dans les premiers chapitres de cette histoire familiale. Lucy a élevé ses deux sœurs jusqu’à l’âge adulte : Vera, la beauté éblouissante, égoïste, troublante ; et Charlotte, qui s’est finalement mariée avec un homme manipulateur. C’est cet homme qui est la cause de mon mal-être dans les premiers chapitres : je l’ai tellement détesté, je l’ai trouvé si fourbe, si mesquin ! J’en voulais presque aux autres personnages de ne pas se révolter, de faire semblant de ne pas voir, et finalement, de lui céder.
Mais ce roman est plus qu’une histoire de manipulation, car au-delà du couple toxique de Charlotte, il raconte aussi la vie paisible de Lucy à la campagne, sa dévotion pour ses nièces ; les passions de Vera ; le temps qui passe ; les sentiments contradictoires… Je n’ai pas cessé de me dire que l’auteure avait une analyse fine et très sensible des âmes humaines. Combien de fois me suis-je dit : « mais oui, elle a raison, c’est exactement cela que l’on ressent dans cette situation ! »
Le texte date de 1943 : on le ressent dans les rapports hommes / femmes, dans le mode de vie d’une certaine bourgeoisie… et pourtant les sentiments décrits sont suffisamment intemporels pour résonner encore dans l’esprit des lecteurs d’aujourd’hui.

La Table ronde, 416 pages, 24€









