Policier

« Le Pont du diable » de Pierre Pouchairet

n07-le-pont-du-diableJ’ai découvert cette série des « Trois Brestoises » avec « Vie et mort d’une légende bigoudène », que j’avais adoré. J’ai donc retrouvé avec plaisir Léanne, commandant à la PJ, et ses deux amies, Elodie la légiste et Vanessa la psychologue – toutes deux davantage présentes d’ailleurs que dans le précédent tome.

Ce qui m’a plu, c’est l’écriture très rythmée, sans temps mort. Dès les premières pages, pas besoin de planter le décor, on est tout de suite plongé dans l’histoire. C’est très efficace et accrocheur !

Cette fois-ci Léanne est sollicitée pour enquêter après le mort de trente trois migrants, retrouvés morts dans un camion. C’est un spectacle particulièrement glauque qui attend l’équipe de la PJ, pourtant habituée à toutes sortes d’horreur. Seul un garçon a réussi à s’échapper, et Léanne va le prendre sous son aile.

Le roman s’inscrit complètement dans son époque, avec un sujet d’actualité et des références nombreuses qui parlent au lecteur. Entre Irlande et Afghanistan, trafic de drogue et trafic d’humains, Léanne a du pain sur la planche.

Heureusement il y a aussi des petites pauses dans le récit, Léanne est sous le charme d’un collègue, les copines sont là pour discuter ou faire des concerts…

J’ai un peu moins aimé l’histoire que celle de « Vie et mort d’une légende bigoudène », et la multitude des sigles ou acronymes (censés j’imagine accentuer le réalisme du récit) est un peu lourde par moment (OCRIEST, OFAST,DCI, BRI, GIR, DGSI, DGSE… j’en ai dénombré une petite vingtaine).

Cette série reste très agréable, je lirai les prochains tomes avec plaisir.

S 2-3Palémon éditions, 432 pages, 10€

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« Manoir, magouilles et coq au vin » de Ann Granger

9782264076359ORIJ’ai déjà lu des romans de Ann Granger, mais celui-ci est d’une autre série. Ce n’est pas le titre qui m’avait plu, mais le résumé.

Dans ce roman, l’histoire se déroule de nos jours. Le vieux Monty habite seul à la Balaclava House, la demeure acquise par sa famille dans les fastes années de sa réussite industrielle, aujourd’hui en ruines. Monty est un vieux râleur, sauvage. Mais quand il découvre un cadavre un jour en rentrant de sa promenade quotidienne, tous ceux qui le connaissent s’accordent à dire qu’il ne peut pas être le coupable. Mais qui est cet homme sur le canapé ? Et pourquoi son meurtrier a-t-il déposé son corps dans la vieille demeure de Monty ?

J’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman, autour de cette vieille demeure pleine de mystère, où la poussière côtoie les vitraux, et où le charme de lieu l’emporte sur son état de délabrement.

Le personnage central du roman pourrait d’ailleurs être la maison elle-même ! En tout cas pour une fois il n’y a pas de personnage enquêteur à la forte personnalité, dont les mésaventures prennent le pas sur l’enquête. Certes l’inspectrice Jess Campbell est assez sympathique, mais on ne connaît pas grand-chose d’elle – j’ignore d’ailleurs si elle est un personnage récurrent sur plusieurs romans. Cela laisse davantage de place à l’enquête. Bien que la demeure de Monty soit assez isolée, les suspects ne manquent pas. La fin du roman (après résolution de l’intrigue) est un peu longue, même si elle s’achève sur un ultime (petit) rebondissement.

J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans l’histoire de la famille de Monty (même si l’arbre généalogique était un peu compliqué parfois!) et surtout à chercher de percer le mystère de cette vieille maison pleine de secrets.

S 3-3Ed 10/18, 360 pages, 13,90€

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« Meurtres et tarte au citron meringuée » (tome 4) de Joanne Fluke

9782749168265ORIJe lis beaucoup de cosy mysteries, j’ai commencé un certain nombre de séries, et ce qui est plutôt bon signe, c’est quand j’attends avec impatience de démarrer la lecture d’un nouveau tome. Je viens de lire le tome 3 il y a peu de temps, et le tome 4 m’attendait. J’avais très envie d’en démarrer la lecture, mais je me suis dit « allez, j’attends un peu, je le garde de côté, je vais lire un autre roman entre les deux ». Sauf que je n’ai pas réussi à commencer ledit roman, et que j’ai vite sorti « Meurtres et tarte au citron meringuée » de la pile où il m’attendait.

Changement de saison par rapport au tome 3 : cette fois-ci il fait chaud à Lake Eden, et la petite ville prépare les festivités du 4 juillet, la fête nationale aux Etats-Unis. Hannah navigue toujours en eaux troubles dans ses amours, tiraillée entre Mike et Norman. Sa sœur est enceinte de son deuxième enfant. Sa mère s’investit à 100 % dans son magasin de décoration.

Norman a décidé d’acheter une maison, mais l’ancienne propriétaire est retrouvée morte dans la cave. Cette fois-ci ce n’est pas Hannah qui découvre le corps, mais sa mère. Et si Hannah voulait rester à l’écart de l’enquête, c’est raté, car tout le monde la supplie de mener ses propres investigations – même Mike a décidé de fermer les yeux !

Comme dans le tome précédent, j’ai eu assez vite des soupçons sur certains personnages, et cela s’est révélé juste – il faut dire qu’il y a quelques ficelles un peu trop grosses. Mais peu importe, une fois de plus ce qui fonctionne bien c’est de suivre la dynamique Hannah, qui court de son magasin de cookies à une scène de crime, passe plus de temps à enquêter qu’à servir ses clients, et partage avec le lecteur son quotidien avec Moshe son chat. Et entre deux, bien sûr on salive sur les recettes de cookies ou autres pâtisseries.

C’est une lecture réconfortante et agréable, j’attends déjà le prochain (mais il faut patienter jusqu’à février 2022).

S 3-3Le Cherche Midi, 432 pages, 15€

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« Meurtres et muffins aux myrtilles » de Joanne Fluke (tome 3)

9782749164496ORIAh le bonheur des « lectures doudou », ces lectures que l’on retrouve pour passer juste un bon moment ! Clairement cette série des « Enquêtes d’Hannah Swensen », dont j’ai lu trois tomes jusqu’ici, fait maintenant partie de ces lectures que je vois arriver sur ma PAL avec gourmandise (et pas seulement parce qu’il y est question de pâtisserie), à côté des « Agatha Raisin » et autres « Espionne royale ».

Il s’en passe des choses à Eden Lake, ce petit village où vit Hannah Swensen, experte en cookies, et qui se retrouve malgré elle dans des histoire de meurtres. Cette fois-ci, c’est une vedette de la télé, présentatrice d’une émission culinaire culte, qui est retrouvée morte. Or, loin de son image télévisée, elle était exécrable avec ses collaborateurs, et détestée par la plupart des gens qui la rencontraient… Autant dire que les suspects ne manquent pas !

L’enquête avance bien, sans embrouiller le lecteur, en éliminant les pistes une à une. La construction est bien faite. Et autour de cela, il y a tout cet univers de gourmandise qui est aussi plaisant que l’enquête elle-même. Bon, j’avais trouvé le coupable très très tôt dans l’histoire, mais peu importe cela n’a rien gâché à mon plaisir de lecture.

S 3-3Le Cherche Midi, 432 pages, 15€

Policier

« Les sept châtiments » de Jordi Llobregat

sept châtimentsAlex Serra est inspectrice à Barcelone. Ecartée de son équipe à cause d’une bavure (qui restera assez bizarrement inexpliquée d’ailleurs), sa dernière chance de se racheter est de mener à bien une nouvelle enquête. Pour cela, elle doit élucider le meurtre d’un homme retrouvé mort avec les paupières cousues. Elle va devoir faire équipe avec un policier français.

Le roman se lit bien, il y a des rebondissements, des fausses pistes, et un mélange entre l’enquête actuelle et le passé mystérieux du village construit en haut de la montagne, en terre inhospitalière. Par contre le fil rouge du roman (attention je spoile un peu, quoique le titre oriente déjà beaucoup) autour des sept pêchés capitaux fait un peu vu et revu.

Au final, c’est un roman agréable à lire, avec des personnages intrigants (les moines, la femme recluse loin de toute lumière) mais un peu trop classique dans le genre – et donc je crains de l’oublier assez vite…

S 2-3Le cherche midi, 464 pages, 21€

Policier

« Les beaux mensonges » de Céline de Roany

beaux mensongesJ’étais assez intriguée par cette couverture sombre. Qui était donc cette femme au visage à moitié caché ? Très vite le début du roman nous éclaire sur ce point : Céleste Ibar, brillante policière réputée pour son excellence à mener des interventions, a aussi été une victime, et son visage balafré témoigne encore d’une agression qu’elle a affrontée.

Dans la nouvelle équipe qu’elle intègre, elle est envoyée sur une affaire qui ressemble a priori à un suicide : la mort d’une femme célibataire, industrielle de renom, bienfaitrice, très pieuse, sur laquelle personne ne trouve rien à redire. Sauf que des indices amènent Céleste à douter du suicide : et si c’était un meurtre ?

Roman impossible à lâcher, dévoré très rapidement et que j’ouvrais avec impatience comme les meilleurs page turner, c’est très réussi. Le personnage de Céleste est complexe, son histoire un peu mystérieuse. Quant à l’enquête, elle offre de multiples pistes – jusqu’à la fin et les rebondissements des dernières pages.

J’ai bien noté quelques petites imperfections (comme la répétition de certaines scènes : par exemple quand les deux policiers s’assoient dans un canapé qui fait face au fauteuil dans lequel leur interlocuteur a choisi de s’installer), et un peu trop de personnages selon moi, mais c’est anecdotique par rapport à l’efficacité du récit. La présentation du livre laisse supposer qu’il y aura d’autres tomes, je sais déjà que je les lirai – car s’ils sont aussi bien menés que cette histoire, je suis sûre de passer encore de bons moments de lecture.

S 3-3Presses de la cité, 496 pages, 21€

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« Les Enquêtes de Lady Rose : Volume 1 – Meurtre et séduction » de M.C. Beaton

ladyRoset1Vous connaissez le plaisir que j’ai à lire la série des « Agatha Raisin », dont j’ai déjà chroniqué une bonne vingtaine de tomes. De la même auteure, j’avais testé la série des « Hamish McBeth », mais je n’avais pas accroché et je me suis arrêtée au deuxième tome.

Avec « Les enquêtes de Lady Rose », je démarre une troisième série de M.C.Beaton. Et quelle bonne surprise ! Le style est très différent des deux autres séries. Même s’il s’agit à nouveau d’enquêtes, la tonalité est moins légère, mêlant à l’intrigue beaucoup de réflexions sociales (sur l’éducation des femmes, le mariage, les inégalités de classe…). Lady Rose est un personnage intéressant, pas aussi léger que ne le laisse le supposer la couverture du livre, toute en froufrous roses. Non, Lady Rose n’est pas juste une jolie jeune femme. Elle a compromis son entrée dans le monde en militant auprès des suffragettes, puis en dénonçant publiquement un homme qui voulait la séduire.

Elle est envoyée par ses parents dans une partie de campagne, où ils espèrent qu’elle pourra trouver un mari malgré ses débuts manqués dans la bonne société. Mais pendant le séjour, une jeune femme est retrouvée morte. Lady Rose est la seule à soupçonner un meurtre. Aidée du capitaine Harry Cathcart, qu’elle ne porte pourtant pas dans son cœur, elle va mener son enquête.

C’est une belle découverte, une histoire et un style très différents de ce que j’avais imaginé. Du coup je n’avais pas du tout l’impression de lire une redite des « Agatha Raisin » dans une version début 20ème siècle.

« Marque de fabrique » de M.C Beaton, les nombreux dialogues auraient pu rendre l’écoute difficile, mais Claire Tefnin réalise une belle performance en donnant sa voix à de nombreux personnages, femmes et hommes, aristocrates ou bonnes.

S 3-3Audiolib, 19,95€, 6h22 d’écoute, traduit par Amélie Juste-Thomas

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« Agatha Raisin enquête (t24) : Gare aux empoisonneuses » de M.C. Beaton

9782226444202-jDifficile d’écrire ma 24e chronique sur Agatha Raisin ! Surtout que les ingrédients sont toujours un peu les mêmes : ici une femme retrouvée morte après avoir bu du vin de sureau ; or elle était détestée par tout un village car elle avait la fâcheuse tendance d’emprunter des objets sans jamais les rendre.

A l’agence de détectives, Toni continue à s’enticher d’hommes plus âgés, et pourrait même jeter son dévolu sur un personnage que nous connaissons bien.

L’intrigue fonctionne toujours bien, en plus cette fois-ci il n’y a pas trop de personnages. Ce n’est pas un épisode qui fait beaucoup avancer le fil rouge de la vie d’Agatha, mais je l’ai lu avec plaisir. Je continue à écrire des chroniques sur cette série, que je lirai jusqu’au bout !

S 3-3Albin Michel, 306 pages, 14€

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« Agatha Raisin enquête (t23) : Serpent et séduction » de M.C. Beaton

agatha t23- serpent et séductionCela faisait longtemps que je n’avais pas lu un « Agatha Raisin ». C’est la diffusion de nouveaux épisodes à la télé qui m’en a donné envie – parce que cette série me fait toujours envie, mais que je suis souvent déçue tant les personnages sont éloignés de leur version de papier. Donc je suis revenue à l’original.

Agatha s’est amourachée d’un jardinier, et dépense une énergie folle à essayer de le conquérir. Lorsque celui-ci est retrouvé mort, Agatha enquête et découvre qu’il avait de nombreuses maîtresses, toutes plus moches ou bizarres les unes que les autres. Pour Agatha c’est la douche froide, mais qui décuple son envie de découvrir laquelle de ces femmes a tué le jardinier !

Ce roman est un bon cru dans la série, efficace. Comme dans plusieurs autres romans, j’ai été à un moment donné perdue parmi toutes les dames de Carsely qui figurent parmi les suspectes, mais au final cela a été ! James, Charles, Roy, Bill figurent en bonne place dans l’aventure ; les jeunes Toni et Simon font complètement partie de « la bande ». Un classique de la série.

S 3-3Albin Michel, 306 pages, 14€

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« Son espionne royale et l’héritier australien (tome 5) » de Rhys Bowen

son espionne t7Je lis beaucoup de cosy mysteries, c’est un genre léger et distrayant. La collection de « Son espionne royale » est assurément en haut de la pile des séries que je préfère. Lady Georgiana, « Georgie », est une lointaine héritière de la couronne royale. Dire d’elle que c’est une « espionne », c’est un peu exagéré, car en réalité elle se retrouve malgré elle mêlée à des enquêtes policières.

Cette fois-ci, elle est invitée par la duchesse douairière de Eynsford. Celle-ci a retrouvé en Australie un enfant caché de son fils défunt : il pourrait être l’héritier tant attendu, celui qui assurera l’avenir du domaine et du nom. Il doit arriver prochainement, et la duchesse douairière a chargé Georgie de lui apprendre les bonnes manières.

Mais l’arrivée de l’héritier australien n’est pas du goût de tous.

Lorsqu’un meurtre est commis, Georgie se retrouve une fois de plus au coeur d’une enquête, et saura comme d’habitude faire preuve de perspicacité et de bon sens.

De tome en tome, cette série s’améliore, jonglant entre enquête et anecdotes amusantes. Le personnage de Georgie a gagné en crédibilité en fil des tomes ; les enquêtes sont plus crédibles et mieux menées. J’attends le prochain tome avec impatience (le 8e tome est attendu pour novembre) !

S 3-3Robert Laffont, coll. La Bête noire, 378 pages, 14,90€