Roman

«Broadway Limited 1 : Un dîner avec Cary Grant », de Malika Ferdjoukh

9782211234993Quel bonheur d’avoir découvert ce roman jeunesse !

Comme souvent, c’est le hasard d’une flânerie dans une librairie qui a mis sur ma route de lectrice cette série.

Dans l’immédiat après-guerre, le jeune Jocelyn quitte la France pour les Etats-Unis. Mais pour les Américains, la confusion est facile, et Jocelyn – prononcez Jocelyne en anglais – se retrouve dans une pension pour jeunes filles ! Et les jeunes filles en question sont d’enthousiastes demoiselles entre 17 et 20 ans, qui se rêvent danseuse ou actrice – et qui en attendant enregistrent des publicités pour des soupes ou des shampooings…

J’ai adoré ce roman plein de fraîcheur, rempli de cette énergie positive de la jeunesse. J’ai passé un excellent moment de lecture, loin de ce que je lis d’habitude, mais contente de suivre ce groupe de jeunes gens pleins de rêves et d’envie.

Le roman est conseillé par l’éditeur pour les 13 ans et +, à mon avis il s’adresse à des lecteurs plus aguerris – parce que le roman est assez volumineux, avec beaucoup de personnages et surtout beaucoup de références à des acteurs ou personnalités que les plus jeunes risquent de ne pas connaître. A noter aussi, les titres des chapitres sont tous en anglais, sans proposition de traduction.

Après cette première lecture, j’inscris déjà le deuxième tome dans mes prochaines lectures !

S 3-3Ecole des  loisirs, collection Médium poche, 11€,

Manga

«Le maître des livres 2 » de Umiharu Shinoara

maitre2Ce deuxième tome est la parfaite continuité du premier.

D’ailleurs il commence au chapitre 10 !

On retrouve tout d’abord Myamoto, qu’une jolie mère de famille esseulée tente de séduire à tout prix… ce qui déplaît forcément à Mizuho, la timide bibliothécaire. Car bien sûr, toutes les histoires des personnages convergent à un moment ou à un autre vers cette bibliothèque pour enfants, où règne en maître ès littérature enfantine le taciturne Mikoshiba. Ce deuxième tome s’appuie moins sur des références de livres, et fait la part belle aux histoires personnelles des personnages. La bibliothèque reste le lieu central de l’histoire, et j’aime beaucoup cette idée qu’un lieu aussi feutré – et parfois impressionnant – puisse à ce point être un lieu de vie, où se croisent des personnes très différentes, qui viennent parfois pour chercher un livre, mais parfois aussi pour une raison qui n’a rien à voir avec la lecture ! Moi qui cherchais un manga accessible et à la thématique positive, me voilà servie car cette série est faite pour les amateurs de livres ! En plus les dessins sont très bien faits, expressifs, clairs.

Ma seule hésitation à poursuivre avec le prochain tome est qu’il y a 15 tomes dans cette série, et je ne suis pas sûre de vouloir lire tout ça… La série n’est pas toute récente (le dernier tome est sorti il y a six ans au Japon), mais elle est intemporelle car elle se passe dans une bibliothèque et n’a quasiment aucune référence à notre société contemporaine.

C’est une très belle série, je vous la recommande vivement !

S 3-3Komikku Editions, 8,50€

Manga

«Le maître des livres 1 » de Umiharu Shinoara

maitre1Quand Myamoto entre dans la bibliothèque de « La Rose trémière », c’est tout un univers qu’il y découvre : il y a cette maman surprotectrice qui y passe des heures avec son fils, des enfants, deux jeunes filles charmantes qui y sont employées. Mais surtout, il y fait la connaissance de Mikoshiba – le personnage central de l’histoire. C’est lui, le « maître des livres ».

Mikoshiba est un bibliothécaire acariâtre mais passionné par les livres. Il est aussi un parfait conseiller, qui sait répondre à toutes les demandes.

Les premiers chapitres sont consacrés à la découverte de certaines œuvres classiques, comme « L’île au trésor » ou « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède ». J’ai d’ailleurs cru au début que tout le livre serait construit ainsi, 1 chapitre pour 1 classique – ce qui aurait pu être lassant. Heureusement il y a aussi des histoires annexes, quand la vie s’invite à la bibliothèque.

Je ne suis pas familière des mangas ; j’en avais déjà lu quelques uns qui m’avaient laissé de bons souvenirs. J’avais envie de réessayer une lecture de ce genre. Je pensais être gênée par le sens de lecture car je manque d’entraînement, mais finalement la lecture s’est faite facilement. L’histoire plaira forcément à tous ceux qui aiment les livres, et en particulier à ceux qui fréquentent les bibliothèques.

La série compte quinze tomes. A ce stade, je n’envisage pas de tous les lire, mais je me demande comment sera construit le deuxième. A suivre…

S 3-3Komikku Editions, 8,50€

Cosy mystery

«Bretzel et beurre salé (tome 2) : Une pilule difficile à avaler » de Margot et Jean Le Moal

bretzel-et-beurre-sale-une-pilule-difficile-a-avalerJe n’avais pas lu le premier tome de cette série, « Bretzel et beurre salé », même si je l’avais souvent vu bien mis en avant dans les librairies. J’aime beaucoup les cosy, cela ne vous aura pas échappé, mais bizarrement je n’avais pas sauté sur celui-ci – il a fallu le hasard d’une bibliothèque pour me mettre entre les mains le deuxième tome.

Evacuons tout de suite le sujet : il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier tome pour comprendre parfaitement la psychologie des personnages dans le tome 2.

L’histoire est celle de Cathy, sexy quinqua originaire d’Alsace, qui s’est installée en Bretagne. Pas de chance, depuis qu’elle habite Locmaria, les affaires criminelles se multiplient. En tant que lectrice assidue de cosy, je ne m’arrête pas à la crédibilité de ce genre de détails, il faut bien un point de départ à la série…

Cette fois-ci, c’est un trafic de drogue qui est mis en lumière. Cathy, « étrangère » à la région, est vite pointée du doigt par la presse locale, tandis que Erwan, son employé, se retrouve dans de sales draps qui font ressurgir son passé de délinquant.

Le personnage de Cathy est assez sympathique, dommage qu’il y ait autant de personnages secondaires. L’intrigue manque de rebondissements à mon goût, même si la fin est assez inattendue et plutôt réussie. Il y a trop de dialogues qui n’apportent rien et nuisent au rythme du récit. Ce n’est pas une lecture désagréable, mais elle ne m’a pas convaincue de lire d’autres tomes.

S 2-3Ed. Ookilus (gros caractères), 352 pages, 24,50€. Existe en d’autres formats.

Policier

«Les meurtres zen tome 1 : Des meurtres qui font du bien » de Karsten Dusse

9782749172491ORIJ’ai d’abord été interpelée par le titre : des « meurtres qui font du bien » ? dans une collection qui s’intitule « Les meurtres zen » ? Avouez que ce n’est pas banal !

Björn est l’avocat sans scrupules de Dragan, un mafieux. Lorsque la femme de Björn le place devant un ultimatum – changer profondément de vie ou renoncer à voir sa fille – Björn ne perçoit pas tout de suite l’opportunité qui lui est offerte. C’est en consultant un psy, spécialiste de la pleine conscience, que Björn apprend peu à peu à voir les situations différemment… et à commettre des actes répréhensibles – pour la bonne cause.

Si vous aimez les romans second degré et l’humour noir, vous allez adorer ce roman complètement barré, où un avocat commet les pires méfaits pour passer du temps avec sa fille et appliquer les principes de la pleine conscience dans toutes les situations.

(Petite parenthèse sur le sujet : j’ai enfin compris ce qu’est la pleine conscience!)

L’histoire est déjantée à souhait, on se demande à chaque chapitre ce que l’avocat va inventer comme nouvelle interprétation très personnelle de la pleine conscience !

Ce n’est pas un roman d’enquête car le lecteur est omniscient et connaît tout ce que trame l’avocat. Le suspense réside plutôt dans les trouvailles que l’avocat utilisera pour se sortir de situations de plus en plus rocambolesques – je vous laisse lire les passages sur les places en école maternelle…

La publication du deuxième tome en France est déjà annoncée pour 2023 ; je le lirai volontiers, curieuse de voir comment (et pour quels motifs saugrenus) Björn va à nouveau frapper.

S 3-3Le Cherche Midi, 400 pages, 19,90€

Cosy mystery·Policier·Roman

« Son Espionne royale (tome 9) et les conspirations du palais » de Rhys Bowen

espionne t9« Son Espionne royale » fait partie de ces lectures réconfortantes, que j’aime avoir sur ma table de chevet. Je l’avais acheté dès sa sortie, puis gardé « sous le coude » , et j’ai pris un grand plaisir à le lire ces jours-ci.

Tout ce que j’aime dans la série est présent : Georgie, une fois de plus, est envoyée par la Reine en mission auprès d’un membre de la famille royale. Cette fois-ci, elle tiendra compagnie à Marina, qui doit bientôt épouser un membre de la famille royale, au passé plutôt sulfureux. Or une ancienne maîtresse du futur marié est retrouvée morte assassinée. Qui cherche à nuire à ce futur mariage ? Et pour quelles raisons ?

Comme dans les précédents tomes, Georgie va enquêter en parallèle de la police. Les personnages secondaires ont une place particulièrement bien travaillée dans ce tome : Belinda, l’amie frivole de Georgie, montre une autre facette au lecteur ; l’histoire d’amour entre Gerogie et Darcy O’Mara connaît un rebondissement inattendu ; quant à Queenie, que j’ai parfois trouvé exaspérante dans d’autres tomes, elle reprend sa place de personnage décalé et amusant avec le juste dosage.

C’est un très bon tome dans la série, efficace, avec plusieurs pistes possibles jusqu’à la fin.

S 3-3Robert Laffont, 378 pages, 14,90€

Policier·Roman

«Les sœurs Mitford enquêtent (tome 3) : Un parfum de scandale » de Jessica Fellowes

Un-parfum-de-scandaleLes années ont passé. Diana Mitford, qui n’était qu’un personnage secondaire des précédents tomes, est devenue une jeune femme. Mariée à Bryan Guinness, elle mène une existence aisée, mais se retrouve indirectement liée, à plusieurs années d’intervalle, à plusieurs morts. Si la première avait été clairement identifiée comme accidentelle (la chute mortelle d’une jeune serveuse), la mort suivante, celle d’un ami du couple, paraît plus suspecte.

Je le redis : le titre de cette saga est erroné, puisque ce ne sont pas les sœurs Mitford qui enquêtent, mais leur gouvernante Louisa ! Et c’est donc Louisa, qui navigue entre deux mondes (la « bonne société » qu’elle aimerait tant rejoindre, et le monde des gouvernantes et des nurses) qui essaie de démêler ces histoires sans lien apparent. Il y a plusieurs histoires dans l’histoire, plusieurs enquêtes dont le lecteur comprend vite qu’elles seront liées.

L’histoire est un peu complexe (mais rien de trop non plus), la lecture est assez agréable, mais contrairement à d’autres séries d’enquêtes, il y a assez peu de « fil rouge » entre les tomes. On pourrait presque même les lire sans avoir lu les précédents. Dans chaque tome, l’intrigue concerne l’une des sœurs Mitford en particulier, mais elles sont beaucoup moins présentes que Louisa. J’ai bien aimé cette lecture, mais je ne sais pas encore si je lirai les prochaines.

S 2-3Le livre de poche, 8,40€

BD·Policier

«Poirot joue le jeu», adaptation BD par Marek d’après Agatha Christie

poirot joueDans cette collection éclectique d’adaptations en BD de romans d’Agatha Christie, celle-ci est l’une des meilleures. On retrouve tous les « codes » du roman d’Agatha Christie (des fausses pistes aussi nombreuses que les personnages) dans une version joliment dessinée et aussi claire dans les illustrations que dans le texte. Ainsi, même si le lecteur peut soupçonner plusieurs personnages au fil de sa lecture, il progresse pas à pas ; les noms ou fonctions des personnages sont rappelés autant que nécessaire pour ne pas tout mélanger.

Dans cette enquête, Poirot a été appelé par Mrs Oliver, une célèbre romancière. A l’occasion d’une fête donnée dans une riche demeure, elle organise une « murder party », une fausse enquête policière que devront résoudre les invités. Or Mrs Oliver s’inquiète, elle pressent que cette « murder party » donnera lieu à un drame bien réel. Ce qui, évidemment, va se réaliser…

Ici Poirot est assez discret, il ne parle même pas de ses petites cellules grises… Pour le reste, la BD est très fidèle à l’esprit des romans d’Agatha Christie. J’ai passé un très bon moment de lecture ; dans la collection, je vous conseille spécialement cette BD-là.

S 3-3Ed Paquet, 64 pages, 16,50€

Audio·Roman

«Le Grand Monde » de Pierre Lemaitre

Grand MondeQuel talent !

Quand on me demande quel est mon auteur contemporain préféré, je réponds invariablement « Pierre Lemaitre ». J’ai découvert les romans de cet auteur il y a des années, bien longtemps avant son Goncourt, lorsqu’il écrivait des polars (excellents, cela dit en passant).

« Le Grand Monde » est, une fois encore, une réussite. La construction de l’histoire, brique par brique, fait monter la tension romanesque au fil des chapitres. On découvre les personnages, et même ceux que l’on pense avoir cernés dans les premiers chapitres recèlent des surprises jusqu’à la fin du roman. Car le grand talent de Pierre Lemaitre est de combiner, dans un roman à décor historique, une fresque romanesque riche, des personnages d’une belle complexité, et des rebondissements qui, s’ils ne relèvent pas du polar, fournissent au lecteur de beaux revirements de situation. Quant à l’écriture, elle est toujours juste, le choix des mots est précis – j’allais dire « parfait », tant chaque mot semble être à sa place.

J’ai pourtant eu une petite inquiétude en démarrant ce livre, que l’auteur a choisi de situer pendant la guerre d’Indochine. C’est une guerre dont je connais peu de choses, je n’étais pas sûre de réussir à entrer dans l’histoire – et le début du roman comporte beaucoup d’éléments très informatifs, issus d’une restitution presque trop méticuleuse du contexte historique.

Mais pourquoi ai-je douté ? Car une fois le décor bien planté, l’histoire démarre avec force, et la tension ne diminue pas jusqu’aux ultimes mots du roman. L’histoire est celle d’une famille, les Pelletier, savonniers bourgeois habitant Beyrouth, dont les quatre enfants ont quitté le nid et vivent chacun de leur côté : tandis que François a renoncé à de brillantes études pour se lancer dans le journalisme, Jean dit « Bouboule » mène une vie plutôt décevante aux côtés d’une femme qui le rabroue sans cesse ; Etienne, quant à lui, vient de partir en Indochine où son amant a été tué ; sa sœur jumelle, Hélène, moins présente au début du roman, s’émancipe et n’a pas fini d’en faire voir à sa famille… Passionnante histoire que celle de cette famille complexe, dont les vicissitudes n’ont pas fini de vous surprendre.

Depuis « Couleurs de l’incendie », j’ai pris l’habitude de découvrir les romans de Pierre Lemaitre en version audio lue par l’auteur lui-même. Car en plus du talent d’auteur, celui-ci a le talent de lecteur idéal pour lire ses romans. Sa voix, ses hésitations, son incarnation des personnages, donnent un relief particulier au texte. Prévoyez quand même 17h30 d’écoute (!) mais cela vaut vraiment le coup.

S 3-3Audiolib, 17h34 d’écoute, 26,50€ en version CD

BD

« Drame en trois actes », adaptation en BD par Frédéric Brémaud et Alberto Zanon, d’après Agatha Christie

couv_9782889322411_1_0Cette série d’adaptations en BD de l’oeuvre d’Agatha Christie est originale ; car en faisant appel à des scénaristes et des dessinateurs différents, elle propose des adaptations aux ambiances variées. Dans « Drame en trois actes », la couverture est assez sombre, et le personnage d’Hercule Poirot ne ressemble pas tout à fait aux dessins de l’intérieur, ce qui est un peu étrange. A noter aussi, le choix du clap de cinéma, alors que les « trois actes » du titre sont évidemment une référence théâtrale plus que cinématographique…

Passées ces considérations sur la couverture, le début de la BD est un peu complexe, avec comme toujours chez Agatha Christie une multitude de personnages invités à une soirée dans laquelle un homme, un révérend sans histoire et sans richesse, meurt brutalement. J’ai redouté de me perdre parmi les personnages, mais la fin de la BD est très bien faite, et prend le temps de poser le dénouement – c’est appréciable d’avoir un dénouement bien travaillé, pas trop expéditif, et qui permet de remettre chaque pièce du puzzle à sa place.

S 3-3Ed Paquet, 64 pages, 16€