Policier

« Agatha Raisin enquête (tome 22) : Du lard ou du cochon » de M.C. Beaton

agatha t22 lardCe tome des aventures d’Agatha Raisin, directrice d’une agence de détectives et grande gueule légendaire, commence sur les chapeaux de roue et d’une manière beaucoup plus violente que d’habitude. Je n’avais pas lu la quatrième de couverture (car je lirai de toute façon tous les tomes!), et si vous voulez garder le suspense, arrêtez-vous ici.

Pour les autres, voici comment l’histoire commence : dans une période pleine d’ennui, Agatha propose à ses amis de l’accompagner à une fête médiévale organisée dans un village voisin du sien, où la principale attraction sera un cochon rôti à la broche. Sauf que le cochon en question a un tatouage sur la cuisse, détail qui fait comprendre à Agatha que c’est un humain qui a été embroché.

La suite du roman connaîtra quelques autres passages glauques ; heureusement que l’on retrouve aussi les petites fantaisies d’Agatha et de ses amis pour donner un peu d’air !

A l’enquête s’ajoutent aussi les petites histoires de l’agence de détectives ; Toni, la plus jeune de l’agence, est au coeur de l’histoire parallèle depuis qu’Agatha a découragé son amoureux de s’engager avec elle et que, par dépit, le jeune homme a rejoint l’armée.

L’histoire est un peu alambiquée mais j’aime trop cette série (qui touche bientôt à sa fin) pour m’en formaliser vraiment. La fin sent un peu le déjà-vu, j’aurais aimé un petit rebondissement final comme dans d’autres précédents tomes.

S 2-3Albin Michel, 324 pages, 14€

Policier

« Le suspendu de Conakry » de Jean-Christophe Rufin

suspendu ConakryJ’ai lu beaucoup de livres de Jean-Christophe Rufin, certains que j’ai aimés (« Globalia », « Immortelle randonnée »,…), d’autres qui m’ont moins plu (« Le Grand Coeur », « Le collier rouge »). Une chose est sûre : c’est un auteur qui sait me surprendre, tant ses textes abordent des thèmes variés.

Avec la série de « Aurel le consul », c’est encore une autre facette de son écriture que je découvre. Aurel Timescu est Consul de France en Guinée. Il n’a rien – mais vraiment rien du tout – de l’image que l’on peut se faire d’un Consul. Dans ce premier tome, la mort déguisée en suicide d’un riche expatrié qui vivait sur un bateau intrigue particulièrement Aurel. Alors, lui qui s’ennuie d’habitude, toujours relégué au second plan, sans mission particulière à effectuer, y voit une occasion d’occuper son esprit et de libérer ses petits cellules grises – comme dirait un autre personnage bien célèbre.

Si l’histoire est de facture assez classique, l’intrigue sans prétention, j’ai trouvé le personnage de Aurel particulièrement intéressant : atypique dans la littérature, avec plein de ficelles romanesques à exploiter. C’est un personnage que je n’ai ni aimé ni détesté, simplement je l’ai trouvé différent. Je lirai volontiers les deux autres tomes.

S 3-3Folio, 304 pages, 8€

Roman

« Nickel Boys » de Colson Whitehead

Nickel BoysJ’avais depuis très longtemps envie de découvrir un roman de Colson Whitehead – je me souviens même avoir découpé un article sur lui dans une revue littéraire ! Cet auteur, dont les livres sont connus et appréciés dans le monde, est même encensé par Barack Obama – rien que ça.

Premier livre que je découvre de Colson Whitehead, « Nickel Boys » est une belle découverte. Mon premier agréable étonnement est la très grande fluidité de l’écriture, preuve si c’était encore nécessaire qu’un grand texte n’a pas besoin d’être pompeux, bien au contraire.

L’histoire est celle d’un jeune homme Noir dans l’Amérique des années 1960. Le disque qu’il écoute en boucle ? Un discours de Martin Luther King. Nourri de l’idée que « les ténèbres ne peuvent pas chasser les ténèbres », il ne fait pas partie de ceux qui prônent la violence – il espère que l’égalité s’obtiendra à force de temps et de passion, et non par l’insurrection.

Pourtant c’est dans une école particulièrement violente qu’il est envoyé : accusé et condamné à tort, il n’a pas eu d’autre choix que de rejoindre une école disciplinaire.

Roman initiatique d’une époque, ce livre a été récompensé cette année par le Prix Pulitzer – bien mérité ! J’ai suivi avec intérêt, émotion et effroi, le parcours de ce jeune homme sensible, éduqué et courageux, et celle de ses camarades, tous pièces d’un puzzle historique qui les dépasse.

Quant à la lecture de Stéphane Boucher, elle est parfaitement adaptée au texte, sans fioriture, juste au service d’un grand roman. 

S 3-3Audiolib, lu par Stéphane Boucher, traduction de l’anglais (US) par Charles Recoursé, 6h59 d’écoute, 22,90€

Roman

« Les victorieuses » de Laetitia Colombani

victorieusesJe garde un souvenir encore très précis de « La Tresse », un premier roman particulièrement marquant. Aussi, le deuxième roman de la même auteure me faisait de l’œil depuis longtemps ; c’est chose faite, j’ai lu « Les victorieuses ». Bien sûr, quand un premier roman m’a marquée, j’ai beaucoup (trop) d’attente sur le deuxième.

Au départ je n’ai pas retrouvé le plaisir de lecture que j’avais eu avec « La Tresse » (que, pour être précise, j’avais écouté et non lu). Je trouvais cette histoire plus ordinaire, avec plus de clichés : Solène, avocate, décide de tout plaquer le jour où l’un de ses clients se suicide au Palais de justice. Pour s’occuper, elle devient écrivain public dans une association qui vient en aide à des femmes blessées par la vie, au sein d’une institution qui les héberge et les aide à se reconstruire, le Palais de la femme.

En parallèle de ce récit, on découvre l’histoire de Blanche, une active membre de l’Armée du salut, qui a été des décennies plus tôt à l’origine de la création de ce Palais.

Les deux récits se croisent et se complètent, dans une construction moins originale que dans « La Tresse », mais qui reste agréable à suivre et historiquement intéressante.

Les personnages, très majoritairement féminins, sont bien croqués (malgré quelques clichés) et donnent à voir une certaine diversité des blessures que la rue, la pauvreté, les aléas de la vie conjugale, peuvent créer. C’est une fois de plus un hommage vibrant aux femmes et à leurs multiples combats.

S 3-3Le Livre de poche, 240 pages, 7,40€

Policier

« Un intérêt particulier pour les morts » de Ann Granger

lizzie t1 et 2La collection « Grands détectives » de 10/18 ne me déçoit jamais, j’y ai déjà lu avec délice les aventures de Nicolas Le Floch, de Miss Silver, de Victor Legris… Et la liste s’allonge désormais avec Lizzie Martin.

1864. A 29 ans, Lizzie se retrouve orpheline après le décès de son père. Après une jeunesse passée près des mines de charbon, où son père officiait comme médecin, Lizzie doit rejoindre Londres. Elle y a trouvé une place de dame de compagnie auprès de Tante Parry, la veuve de son parrain.

Mais à peine arrivée à Londres, Lizzie assiste à une scène qui aurait fait frémir toute autre jeune femme : un corps a été retrouvé dans un immeuble en cours de démolition, à l’emplacement de la future gare de St Pancras. Or elle découvre que le corps retrouvé est celui de l’ancienne dame de compagnie de Tante Parry ! Une enquête est ouverte, menée par le jeune inspecteur Ben Ross, qui a connu Lizzie dans son enfance.

La mise en place de l’intrigue est un peu longue, mais j’ai adoré l’ambiance de cette Angleterre victorienne, entre souvenirs de la mine et vie londonienne (ah, la bibliothèque de Tante Parry!). L’enquête est simple mais bien menée, et le personnage de Lizzie assez intéressant – elle est plutôt moderne, simple et pas mijaurée pour un sou. On comprend progressivement que, si Lizzie est la principale héroïne de cette intrigue, son chemin devrait croiser à nouveau celui de Ben Ross dans les prochaines enquêtes – et puisque j’ai acheté un livre dans un format qui regroupe les deux premières enquêtes, je lirai forcément la deuxième.

S 3-310/18, 14,90€ pour le volume regroupant les 2 premiers tomes de la série

Roman

« Contagion » de Lawrence Wright

contagion« Autant que possible, nous devons inciter les gens à se confiner quelque part. Il vaudrait mieux faire une annonce ce matin pour qu’on ait le temps de tout mettre en place : appeler la garde nationale, renforcer la police, fermer les frontières, fermer les lieux culturels et sportifs, demander la sortie des cas non urgents dans les hôpitaux, fermer les écoles, repousser les rassemblements publics et mettre en pause les activités gouvernementales. »

Vous avez l’impression de lire les nouvelles dans le journal ? Et pourtant il s’agit bien d’un extrait d’un roman écrit avant la pandémie de covid-19. En effet, ce « roman » est le récit d’une grippe jusqu’ici inconnue, découverte par Henry Parsons, un brillant épidémiologiste. Or un homme, probablement contagieux sans le savoir, est en partance pour La Mecque. A partir de là, le compte à rebours commence pour retrouver cet homme et éviter une propagation mondiale de la maladie.

J’étais à la fois subjuguée et effrayée de voir que tout ce que nous vivons en ce moment (la pandémie, le confinement, la recherche de vaccin, la ruée dans les magasins, …) était déjà écrit ! Cela fait de ce livre un texte à la fois passionnant et effrayant. J’avais du mal à reprendre ma lecture (parce que je savais que je n’allais pas vraiment me changer les idées par rapport aux informations anxiogènes que nous entendons au quotidien) mais d’un autre côté j’éprouvais aussi une certaine impatience à découvrir la suite du texte, pour voir comment cette pandémie si proche de la nôtre par certains aspects allait se terminer.

« Pourquoi avons-nous cru que notre époque moderne était immunisée contre les assauts du microbe, fléau le plus fourbe et implacable de toute l’humanité ? »

Alors évidemment si vous êtes déjà angoissé par le contexte actuel, ce n’est pas un roman à vous conseiller pour améliorer votre moral. Néanmoins je le trouve fascinant et très documenté (y compris sur l’histoire des pandémies), écrit comme un récit réaliste mais avec les codes du roman à suspense et de nombreux rebondissements.

S 3-3Le Cherche Midi, 480 pages, 22€

Roman

« Je te ferai aimer Noël » de Caro M. Leene

je te ferai aimer NoëlDécembre a commencé, et avec lui fleurissent dans certaines librairies les roman(ce)s de Noël. J’aime regarder de temps en temps des téléfilms de Noël, gentiment kitch et pleins de bons sentiments – et dans cette période si trouble, se noyer dans les bons sentiments a quelque chose de réconfortant. L’an dernier déjà, j’avais testé deux lectures de Noël, et je récidive cette année.

J’ai choisi deux titres en évitant les titres genre « Mon ex et moi à Noël » ou « Je veux un mec sous le sapin » – titres inventés, pour ne blesser personne, mais qui ressemblent à des titres qui existent vraiment dans les rayons.

Premier essai de l’année : « Je te ferai aimer Noël ! », avec la promesse de se plonger dans l’ambiance de Noël, biscuits à la cannelle et guirlandes électriques, puisque l’héroïne est justement engagée par une famille pour insuffler à ses membres l’esprit de Noël.

Mark Sullivan est un homme d’affaires. Il a eu trois enfants, que sa femme et lui ont souvent délaissés pour Noël. Maintenant qu’il est grand-père, il voudrait se rattraper et faire découvrir à sa petite fille à quoi ressemble un « vrai » Noël en famille. Pour cela, il a engagé Andie, une jeune femme qui a monté son entreprise de recherche de cadeaux.

Voilà donc Andie qui s’installe dans la demeure familiale de ses clients. Et bien sûr, dans la famille le plus difficile à convaincre est le fils de Mark, un bel homme célibataire…

J’aurais préféré que le roman se concentre sur l’esprit de Noël, l’ambiance festive et les traditions, mais l’histoire d’amour dont rêve Andie occupe finalement une grande partie de l’histoire. Les ficelles sont ultra grosses, on se doute évidemment de la fin, mais la façon d’arriver à l’amour est tellement mal ficelée que, même pour un roman léger, c’est trop gros. Le prétendant d’Andie change d’attitude de manière incompréhensible, les rebondissements n’ont aucune crédibilité.

Quant au métier d’Andie, il est à peine plus crédible et on se demande comment elle gagne sa vie avec seulement 10 clients pour Noël 🙂 Et encore, je vous épargne, au début du roman, un passage très lourd sur les calendriers de l’Avent, qui ressemble tellement à du placement de produits pour des marques de produits de beauté que j’en étais même mal à l’aise pour l’auteure.

Passons.

J’ai un second roman de Noël dans ma PAL, j’espère que cette seconde pioche sera meilleure que la première ! Rendez-vous dans quelques jours pour en savoir plus…

S 1-3240 pages, 6,90€

BD

« Du côté de chez Swann » de Marcel Proust, adaptation BD de Stéphane Heuet

Du côté de chez SwannLire Proust… Beaucoup s’y sont aventurés, nombreux sont ceux qui y ont renoncé. Je me souviens avoir lu un tome de la « Recherche » il y a bien longtemps – j’avoue ne plus me souvenir duquel il s’agissait. C’est une lecture que j’appréhendais, et à juste titre puisque je n’ai pas poursuivi au-delà de ce premier essai.

Alors quand j’ai découvert qu’un scénariste et illustrateur s’était attaqué au « monstre » de la littérature française en bande dessinée, je me suis dit que c’était peut-être l’occasion de me réconcilier avec cette œuvre et, enfin, de comprendre de quoi elle parle !

C’était quitte ou double. Et finalement cette lecture s’est avérée une très agréable surprise ! J’avais opté pour le premier tome de l’intégrale, regroupant trois textes (« Combray », « Un amour de Swann », « Nom de pays »). Le premier permet de se plonger dans l’univers de Proust enfant ; on y retrouve des personnages connus (même quand on connaît mal l’œuvre), comme la tante Léonie, et bien sûr l’épisode de la madeleine… Mais la partie que j’ai préférée est l’adaptation d’ « Un amour de Swann », que j’ai dévorée, et qui relate les mésaventures amoureuses de Monsieur Swann, entiché d’une « cocotte » pour qui il serait prêt à tout – y compris à faire bonne figure dans une petite société d’entre-soi bourgeois qui finira par le rejeter.

La grande réussite de cette adaptation en BD est d’avoir conservé une partie du texte original, ce qui permet de ne pas trop édulcorer l’œuvre et d’en faire découvrir l’essence même à des néophytes comme moi. Quant aux illustrations, elles sont tout simplement très réussies, à la fois colorées (je n’aime pas les BD trop sombres) et renvoyant une certaine douceur qui s’accorde très bien avec le thème des souvenirs. Elles rendent aussi certains passages plus digestes – je continue à penser que certaines phrases du texte original sont d’une grammaire douteuse, en tout cas à plusieurs reprises j’ai dû en relire certaines pour les comprendre…

J’ai découvert cette BD parce qu’un autre tome a reçu un prix France Télévisions cet été. Et quand je suis allée sur le site de l’éditeur (Delcourt) j’ai découvert que le premier tome de la série date de… 1998. Autant dire que cette adaptation ressemble (aussi) à l’œuvre d’une vie !

S 3-3Delcourt, 240 pages, 39,95€

Policier

« Son espionne royale et le collier de la reine » de Rhys Bowen

son espionne t5 collierAlors que le tome précédent avait fait voyager Lady Georgiana vers la froide Transylvanie, cette fois-ci la jeune femme, membre de la famille royale, quitte Londres pour le soleil de la Côte d’Azur. Dans le Train bleu qui la mène à Nice, elle fait la connaissance de Coco Chanel qui, séduite par cette jeune anglaise, décide d’en faire l’égérie de son prochain défilé de mode. Un comble pour Georgie qui n’a pas un penny pour s’acheter une nouvelle robe !

Mais derrière les paillettes, Georgie ne doit pas oublier la raison de sa présence à Nice : elle a promis à la Reine d’Angleterre de retrouver une tabatière qui a été volée à celle-ci. La Reine soupçonne Sir Toby Tripoter. Or justement, le « hasard » fait que Georgie est logée dans la maison voisine de celle de Sir Toby.

Décidément, j’aime de plus en plus cette série littéraire, où les traditions anglaises côtoient un souffle de modernité. Georgie évolue de tome en tome, elle « grandit », sort davantage, envisage enfin une vie amoureuse, est sur le chemin de la réconciliation avec sa mère, et prête à prendre sa vie en main. Et puis, un peu de soleil en ce moment, cela fait du bien pour le moral ! L’enquête est assez anecdotique, c’est surtout un prétexte pour mettre Georgie dans des situations variées et proposer quelques rebondissements. J’ai hâte de découvrir le prochain !

S 3-3Robert Laffont, 360 pages, 14,90€

Policier

« Son espionne royale et la fiancée de Transylvanie » de Rhys Bowen

son espionne t4 transylvanieQuittons pour une fois l’Angleterre où vit Laday Georgiana. En effet, la reine l’a chargée de représenter la famille royale au mariage de la princesse de Roumanie, avec laquelle Georgiana est allée à l’école.

Voilà donc la timide mais non moins débrouillarde Georgiana en route vers la Transylvanie, et plus particulièrement dans le château de Bran. Pour l’accompagner, elle a été obligée d’engager une bonne et, faute de moyens et d’arguments, a dû se résoudre à embaucher Queenie, une jeune femme maladroite, impolie, et qui ne connaît rien aux usages de la cour. Ce nouveau personnage est aussi amusant qu’affligeant, et l’on sent très vite qu’en faire un personnage récurrent de la série sera l’occasion de raconter bien des maladresses !

Sur place, rien ne se passe comme prévu, et l’organisation du mariage s’annonce moins glamour qu’on aurait pu l’imaginer. L’ambiance de ce tome est assez différente des précédents, car Georgiana se trouve à l’étranger, et surtout dans un château à l’atmosphère glaçante, où des vampires semblent avoir élu domicile. Les personnages sont plus sombres, heureusement il y a beaucoup d’humour et Georgiana est de plus en plus attachante. Quant à son histoire avec Darcy, elle avance doucement – mais sûrement.

S 3-3Robert Laffont, 360 pages, 14,90€