Audio·Roman

«Sentinelle de la pluie » de Tatiana de Rosnay

sentinelle pluieLa crue parisienne de 1910 est un événement dont on reparle régulièrement. Chacun sait que Paris doit s’attendre un jour à une nouvelle crue centennale. Faire de cet événement le point de départ d’un roman est une idée originale. Que serait le quotidien, comment s’organiseraient les parisiens, les services publics, les hôpitaux, si la Seine débordait et menaçait des bâtiments, appartements, transports ?

La famille Malegarde se réunit pour un anniversaire. Autour des parents, Lauren et Paul, célèbre arboriste, les enfants, Linden célèbre photographe américain, rejoint sa sœur pour l’événement à Paris. Ils logent dans un bel hôtel, mais rien ne se déroule comme prévu. Paul fait un AVC, Lauren tombe malade, la Seine est en crue, et Linden revit dans les rues parisiennes des souvenirs de sa jeunesse qu’il préfèrerait oublier.

Comme si la crue de la Seine faisait remonter à la surface les secrets, la famille de Linden alterne entre souvenirs, ressentiments, et volonté de solder les souffrances. Adolescent complexé, incompris par ses parents, depuis toujours incapable de leur parler franchement, Linden est maintenant un artiste reconnu mais reste blessé par ses souvenirs de jeunesse.

L’idée de départ est originale, Paris sous les eaux est un décor atypique et la Seine devient un personnage à part entière du roman. J’aurais aimé plus de rythme dans le récit, moins d’allers-retours sentimentaux sur les histoires familiales surtout au milieu du livre, moins de descriptions. Mon enthousiasme initial s’est un peu érodé au fil des chapitres par manque de rebondissements même si le livre s’achève sur de nouveaux éléments qui permettent de clôturer proprement le roman.

S 2-3Audiolib, durée d’écoute : 9h23, 22,90€

Audio·Essai / Document

«  Le miracle Spinoza » de Frédéric Lenoir

spinozaSpinoza. Voilà un philosophe dont je ne savais pas grand-chose, si ce n’est quelques lointains souvenirs d’en avoir étudié quelques brèves citations au lycée.

Le pari de Frédéric Lenoir est de mettre à la portée de tous un philosophe connue pour être particulièrement difficile à étudier et à comprendre. Notons avant toute chose que la vulgarisation n’est pas vulgaire, c’est même un art dans lequel Frédéric Lenoir excelle. Il fait d’ailleurs de temps en temps le lien entre son histoire personnelle, son parcours de philosophe, des anecdotes, et les écrits de Spinoza, pour une meilleure appropriation concrète et contemporaines des textes originaux.

On comprend assez vite que Spinoza est plutôt un philosophe qu’il apprécié, même s’il raconte que dans les années 1980 il n’était même pas enseigné auprès des étudiants en philosophie…

En version audio, le livre est assez court (moins de 5 heures), pourtant il m’aura fallu plusieurs semaines d’écoute : c’est un ouvrage qui demande du temps, car il reste assez dense sur le fond des sujets traités. Il mériterait d’ailleurs de s’arrêter sur certains passages, de les noter, d’y revenir, et même pourquoi pas d’en faire une deuxième écoute.

Les thèmes abordés sont très riches : la joie, la raison comme seul critère de vérité (« Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester, mais comprendre »). La religion a aussi une place d’importance dans cet ouvrage : Spinoza était très critique envers la religion, ce qui lui a valu d’être exclu de la communauté juive et plus généralement d’être perçu toute sa vie durant (et même au-delà) comme un ennemi de la religion. Frédéric Lenoir, qui a déjà beaucoup écrit sur les religions, tente de mettre à portée du lecteur le vrai discours de Spinoza, loin des caricatures et des raccourcis.

A l’issue de cette écoute, je ne me sens pas capable de me lancer dans une découverte plus approfondie de « L’Éthique », l’œuvre majeure de Spinoza, mais je suis satisfaite d’en avoir approché la biographie et les thèses via ce livre audio accessible au plus grand nombre.

S 3-3Audiolib, 19,90€, lu par David Manet

Audio·Roman

« Les prénoms épicènes» d’Amélie Nothomb

épicènesLe titre, d’abord, vous interpelle sans doute. Et comme moi, vous vous demandez ce qu’il peut bien vouloir signifier. Alors commençons par une petite leçon linguistique, puisque de toute façon l’auteur elle-même le fait dès le début du livre. Un prénom « épicène » est un prénom qui ne permet pas de déterminer le genre de celui (ou celle!) qui le porte. Comme Claude, ou Dominique, les prénoms de ces deux personnages dont nous suivons ici la vie, depuis leur toute première rencontre.

Elle, Dominique, est une jeune femme transparente, timide et peu sûre d’elle, un peu complexée. Lui, Claude, est un entrepreneur plein de projets, qui la demande en mariage sans vraiment la connaître.

La suite, c’est un mariage peu heureux, la naissance d’une enfant qui va manquer d’amour de la part de son père. Et un rythme, toujours, celui d’Amélie Nothomb, qui va droit à l’essentiel, décrit le quotidien et les sentiments avec une plume acérée et vive. Ah, ne vous attendez pas à des tours et des détours sentimentaux : bien que toute l’histoire ne parle que d’amour, l’écriture est efficace, ne s’encombre pas de guimauve.

Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai écouté ; et sa durée d’écoute (2h28) permet de s’immerger dans l’histoire dans une écoute continue – pour ma part, en une seule fois, comme pour rester dans cette dynamique presque cinématographique. Il faut du talent pour dessiner des personnages et leur donner chair, leur construire un quotidien, des sentiments, et les faire vivre, tout cela dans un texte resserré mais où rien n’est négligé.

S 3-3Audiolib, lu par Françoise Gillard, 2h28, 18,50€

Audio·Roman

« Madame Pylinska et le secret de Chopin » de Eric-Emmanuel Schmitt

pylinskaCertains livres sont faits pour être écoutés, et celui-ci en fait partie. Quelle bonne idée d’avoir associé la lecture du texte d’Eric-Emmanuel Schmitt (par lui-même) à des extraits de Chopin interprétés par Nicolas Stavy !

Je dis « extraits », mais il y a dans certains chapitres de longs moments d’écoute, ce qui est particulièrement agréable pour bien entrer dans l’ambiance.

Le jeune Eric-Emmanuel décide d’améliorer son jeu de pianiste, et prend des cours chez Madame Pylinska. Cette fantasque polonaise va lui faire découvrir Chopin en usant d’une méthode peu conventionnelle, privilégiant le ressenti au jeu, et éloignant son élève pendant plusieurs semaines d’un piano !

Je me suis rendu compte à l’écoute de ce livre que je connaissais très mal l’oeuvre de Chopin, et que je connaissais davantage sa vie vie à travers sa liaison avec George Sand (ce n’est pas pour rien que je tiens un blog littéraire et non musical). A ce propos, le passage où Madame Pylinska évoque George Sand est très drôle, sans être dénué d’une certaine profondeur sur l’amour entre les deux artistes.

J’ignore si Madame Pylinska a réellement existé, mais si c’est le cas elle a dû changer assez profondément le jeu de bien des pianistes en herbe.

S 3-3Audiolib, 2h22, 17,90€

Audio·Roman

«Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » de Virginie Grimaldi

parfumEvacuons le sujet tout de suite : je n’aime pas cette mode des titres très longs, et je trouve bien réductrice la joyeuse couverture girly de ce livre.

Mais j’ai adoré le reste.

Deuxième livre de Virginie Grimaldi que je lis après « Tu comprendras quand tu seras plus grande » (que j’avais déjà bien aimé), « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » est encore plus profond, plus intime, plus émouvant. C’est un très bon livre, qui m’a étonnée. Je ne m’attendais pas à être autant touchée.

Pauline est mariée à Ben, et mère d’un petit Jules. Lorsque son mari la quitte, elle est loin d’être prête à renoncer à la vie avec lui. D’une histoire ordinaire, qui arrive tous les jours, Virginie Grimaldi tire un roman sensible et vrai. Tout sonne juste dans son texte, chaque détail drôle ou triste est choisi intelligemment et fera sans doute écho dans les souvenirs des lecteurs, comme dans les miens à maintes reprises.

Se remémorant des souvenirs de leur vie à deux, Pauline espère faire revenir Ben. Toute la question est là : reviendra ? reviendra pas ? Mais Virginie Grimaldi a bien d’autres cordes (sensibles) à son arc, et truffe son récit de rebondissements et revirements de situations. Comme dans la vie.

Le dernier tiers du livre s’oriente vers un registre plus grave, qui m’a bouleversée ; je n’ai pas pu retenir mes larmes.

Au-delà de l’émotion, Virginie Grimaldi est une auteur qui s’impose comme une grande, et je râle un peu de voir ses livres dans les rayons « chick litt » ou « feel good » des librairies. Elle joue sur un autre terrain, et si je peux vous donner un conseil : suivez cette auteur !

S 3-3Audiolib, 7h16 d’écoute, 21,90€

Audio·Roman

«Une vie sans fin » de Frédéric Beigbeger

vie sans finRépondant à une interrogation de sa fille, le narrateur (un double très proche de l’auteur), promet de ne jamais mourir. Et, se posant un peu, le voilà qui s’interroge sérieusement sur l’immortalité. Commence alors un long périple dans plusieurs pays, à la découverte des recherches les plus pointues et les plus innovantes sur l’immortalité.

Ce livre joue sur deux tableaux tout au long du récit :

D’un côté, j’ai découvert des recherches et des techniques incroyables, dont je ne soupçonnais pas l’existence, et qui montrent que la quête de l’immortalité donne lieu à des travaux scientifiques extrêmement poussés. Découvrant ces recherches, je me dis qu’on n’a pas fini de s’étonner dans les prochaines années des avancées de la science dans ce domaine ! Notons que toutes les explications données par l’auteur sont plutôt accessibles au grand public, et l’ensemble est intelligemment vulgarisé.

D’un autre côté, j’ai regretté que l’incontournable trio sexe-drogue-vulgarité déjà tant utilisé par l’auteur soit à nouveau présent dans ce livre. Cela n’apporte rien au récit, dont le propos est suffisamment bien mené par ailleurs pour que le lecteur ne s’ennuie pas.

Le récit navigue donc entre un propos assez sérieux et mené avec pertinence, et des vulgarités à intervalles réguliers. L’ensemble du livre a le mérite d’apporter un éclairage intéressant et un accessible sur un sujet complexe. J’aurais aimé, comme c’est le cas pour d’autres publications de chez Audiolib, terminer par l’écoute d’une interview de l’auteur, pour faire la part des choses et savoir ses motivations profondes et comment il en est arrivé à traiter d’un tel sujet. Sans rien vous dévoiler de la fin, le 32è chapitre (l’un des derniers) se révèle plein de tendresse et permet au lecteur de ne pas finir son écoute que sur des seules questions métaphysiques.

A noter, le texte chez Audiolib est lu par Jonathan Lambert, étonnant dans ce rôle de comédien lecteur que je ne lui connaissais pas.

S 2-3Audiolib, 7h06 d’écoute, 22,90€

Audio·C'est mercredi, on lit avec les petits !

« La Bande à Picsou – Le Trésor de l’Atlantide »

picsouQui ne connaît pas Picsou, le canard qui rêve d’être le plus riche du monde ? Nous avons tous lu « Picsou magazine » ou « Le Journal de Mickey », ou vu des dessins animés. Découvrir ses aventures en livre audio, c’est une nouvelle façon originale de retrouver Picsou.

Que les inconditionnels se rassurent : tout ce qui a fait le succès du personnage est présent. Picsou affronte son ennemi Gripsou, tous deux étant partis à la conquête du trésor de l’Atlantide. D’un côté, Picsou est parti avec les inséparables Riri, Fifi, Loulou et la petite Zaza ; de l’autre côté, Donald qui décidément n’en rate pas une pour faire enrager son oncle malgré lui, a décidé de gagner sa vie en participant à l’expédition de Gripsou !

A part l’apparition (un peu étrange) d’un téléphone portable, on retrouve les personnages tels qu’on les connaît, dans une aventure classique mais agréable. Il y a aussi quelques pointes d’humour, comme les passages où Zaza essaie en vain de mentir à sa grand-mère qui la croit à une soirée pyjama…

Je dois me faire à l’idée que je ne saurai jamais distinguer Riri de Fifi et de Loulou… Quant au comédien qui lit l’histoire, figurez-vous qu’il se prénomme Donald… ça ne s’invente pas !

S 2-3Audiolib, lu par Donald Reignoux, durée 1h, 10€

Audio·Roman

« La disparition de Joseph Mengele» de Olivier Guez

disaprition joseph mengeleAu cas où cela vous aurait échappé, non seulement j’aime lire, mais j’aime donner mon avis à ceux que cela intéresse. Inévitablement, on me demande aussi régulièrement mon avis sur des livres, pour orienter ou confirmer un choix, pour trouver une idée pour les vacances ou un cadeau…

Me voilà bien embêtée lorsque l’on m’a demandé, à propos de « La disparition de Joseph Mengele » si c’était un livre que j’avais aimé. Je suis incapable de répondre directement à cette question, car je ne crois pas que c’est un livre que l’on peut « aimer ». C’est un livre historique, intéressant, nécessaire, qui interpelle, ça oui. Mais est-ce un livre à « aimer » ? Ai-je passé un « bon » moment ? Non.

Il faut dire que le sujet du livre est particulièrement sombre, racontant comment Joseph Mengele, criminel nazi à l’origine d’atroces recherches génétiques dans les camps de concentration, a organisé sa fuite et sa vie cachée après la guerre.

Le livre ne traite pas directement de la guerre, mais de l’après, de la fuite de Mengele et de ses cachettes. Mais la mémoire de Mengele ramène régulièrement le lecteur dans l’horreur. Ce n’est pas une biographie, pas un roman non plus, je l’ai plutôt pris comme une sorte de documentaire traité par l’outil de la littérature.

J’ai découvert le texte en version audio, et l’enregistrement se termine par une interview fort intéressante de l’auteur. Il y revient notamment sur le choix de ce sujet lourd, et sur la façon dont il a vécu l’écriture sur un homme qu’on ne peut que détester et mépriser. Il y explique notamment comment derrière la cruauté du personnage se cache surtout une incroyable médiocrité. Cette interview mériterait même d’être écoutée avant la découverte du texte, car elle donne le contexte et évacue d’emblée des questions qui peuvent troubler le lecteur – à l’écoute de certains passages particulièrement horribles, je me demandais comment l’auteur avait fait pour gérer l’écriture d’un tel texte.

Si Mengele n’a jamais été jugé de son vivant, ce livre écrit de nos jours rétablit pour la postérité une autre forme de justice de mémoire.

S 2-3Audiolib, 5h48, 20€

Audio·Roman

« Minute, papillon !» de Aurélie Valognes

minute papillonLe contexte de découverte d’un livre peut déterminer fortement l’appréciation que l’on en aura. Selon l’humeur du lecteur, ou plus largement l’ambiance ou le moment où l’on découvre le texte, celui-ci n’aura pas le même impact.

Pauvre Aurélie Valognes, son dernier roman « Minute, papillon », je l’ai écouté en livre audio quelques jours après avoir fini d’écouter « Couleurs de l’incendie », œuvre magistrale et flamboyante de Pierre Lemaitre. Je ne m’attendais pas à un livre de la même ampleur (Lemaitre est quand même Goncourt 2013 pour « Au-revoir là-haut »), j’espérais juste passer un bon moment d’écoute. Je gardais de « Mémé dans les orties » un souvenir pas désagréable.

Mais parlons déjà de l’histoire. Rose, trente-six ans, est mère d’un adolescent qu’elle élève seule. Elle peine à joindre les deux bouts, mais son fils ne manque de rien, et surtout pas d’amour bien qu’il ne connaisse pas son père. Nourrice chez un couple aisé, elle doit envisager une reconversion lorsque le déménagement de ceux-ci lui fait perdre son travail. Une opportunité s’offre à elle : devenir dame de compagnie. Le job est très bien payé, alors pourquoi pas ? Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

L’idée est sympathique, le récit indéniablement contemporain et les problématiques actuelles. Oui mais voilà… il m’a manqué du relief, un contenu un peu plus consistant et moins caricatural (la mère célibataire, les riches employeurs, … pourquoi pas mais avec un peu plus de précautions dans le style).

Comme je le disais plus haut, je voulais juste passer un moment de lecture sans prétention, ce qui a été le cas ; nul doute que de nombreux lecteurs écouteront avec plaisir ce roman (en un peu plus de cinq heures). Mais tout juste sortie d’une superbe écoute, j’ai eu du mal à apprécier ce texte-là et suis restée sur ma faim.

S 1-3Audiolib, lu par Maia Baran, 5h03 d’écoute, 19,90€

Audio·Roman

« Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre

couleurs incendieDe Pierre Lemaitre, j’avais déjà lu plusieurs polars, et le désormais incontournable « Au-revoir là haut », couronné par le Prix Goncourt en 2013. « Couleurs de l’incendie » se veut une suite, et la deuxième partie d’une trilogie annoncée. Mais n’ayez crainte si vous n’avez pas lu le premier, celui-ci peut se lire totalement indépendamment.

Se lire… ou s’écouter. En ce qui me concerne, j’ai découvert « Couleurs de l’incendie » en version audio. Et quelle version ! Je redoutais au départ la longueur de l’écoute (plus de quatorze heures, quand même…), mais que ces moments d’écoute furent finalement agréables !

Tout y est. D’abord, le texte et son écriture d’orfèvre. Chaque mot est précis, juste, choisi par l’auteur comme un joaillier choisirait pierre après pierre les pièces qui vont constituer une pièce majestueuse et éblouissante. La langue est riche, mais jamais précieuse. Les phrases sont comme tissées, mais jamais emmêlées.

Quelques mots sur l’histoire. Dans l’entre deux-guerres, Madeleine Péricourt hérite de la banque familiale. Mais le jour de l’enterrement de son père, un drame survient : son fils Paul fait une chute par la fenêtre. Accident, tentative de suicide ?

Déboires financiers, jeux politiques, influence de la presse, mais aussi montée du nazisme en Allemagne, le livre est riche en décors et en rebondissements.

Je crois que je n’aurais pas autant apprécié cette élégance de l’écriture si je l’avais lu comme je lis tant d’autres romans. En écoutant le texte, j’ai pu déguster les mots, et ils étaient savoureux. Le roman est lu par l’auteur lui-même ; Pierre Lemaitre nous livre une lecture qui est une interprétation. Sans caricature, sans maquiller sa voix, il réussit à donner un ton à chaque personnage, qui fait que chacun des personnages, Madeleine, Paul, la nurse polonaise, le patron du journal… sont reconnaissables, même mieux que si plusieurs lecteurs se relayaient. J’ai trouvé génial que ce soit l’auteur qui lise lui-même son texte, parce qu’aucune autre personne mieux que l’auteur ne peut restituer le corps d’un personnage. C’est une écoute aussi délicieuse qu’une écoute d’enfant à qui on fait la lecture.

Le seul (tout petit) reproche que je peux faire à ce livre audio est d’avoir sacrifié certains temps de respiration dans la lecture – vous savez, ces coupures à l’intérieur des chapitres, qui permettent la pause nécessaire pour changer de situation ou de personnages (ça a sûrement un nom mais je l’ignore). Ce qui fait que j’ai parfois été surprise d’entendre parler d’un personnage qui n’était pas du tout cité depuis le début d’un chapitre.

A part ça, il n’y a rien à dire : sur le texte comme sur la lecture, ce livre audio est sublime.

S 3-3Audiolib, lu par l’auteur, avec la participation de Zygmunt Mioszewski pour les mots lus en polonais.