
Billy est fils de fermier, mais son talent, c’est l’écriture. Les jolies filles le traitent de bouseux, alors pour sortir de sa condition, il rêve que l’écriture de scenarii le rende riche. Hollywood est en plein âge d’or, il est un bon écrivain, il devrait donc y arriver.
Mais il découvre vite que l’envers du décor n’est pas rose. Les femmes en quête de rôle sont manipulées et souvent contraintes de monnayer leur corps ; les scénaristes sont trop nombreux ; et même les stars voient leur vie écrite par des scénaristes – parfois jusqu’à la mise en scène de leur mort.
Autant dire que cette BD n’est pas tendre avec le milieu du cinéma (ce milieu-là, à cette époque-là, mais hélas bien des déviances peuvent sans doute être encore transposées).
Billy croise sur sa route Scarlett, une fille paumée, dont le physique attrayant pourrait la destiner à devenir une star – mais son problème, c’est qu’elle est vraiment mauvaise actrice.
L’un et l’autre vont vivre deux expériences différentes mais toutes aussi décevantes. Et nous, lecteurs, suivons leur parcours avec le même enthousiasme initial, bientôt réduit à néant lorsque l’on comprend les limites du rêve américain.
J’ai parfois trouvé les personnages de la maison de production difficiles à identifier ; en revanche les dessins sont tous très bien réalisés (mention spéciale pour les visages, qui sont parfois en deçà des décors dans certaines BD, et qui sont ici très réussis et expressifs). Comme dans plusieurs BD que j’ai lues récemment, tournez bien les pages jusqu’au bout pour découvrir quelques jolis dessins de femmes en bonus.

Grand Angle, 104 pages, 19,90€