
C’est d’abord le style très « art nouveau » du dessin qui a attiré mon regard. L’histoire n’était pas détaillée sur la quatrième de couverture, je me suis donc laissée porter au fil des vignettes.
Dans les années 1920, dans un cabaret parisien, « Le Jardin ». Un groupe de femmes, de « fleurs » (elles se surnomment Hyacinthe, Marguerite, Tournesol…) dansent chaque soir. Au milieu d’elles, un jeune bourgeon, surnommé Rose, fils de l’une d’elles, s’apprête à faire son entrée sur scène. Le succès est immédiat, et l’émancipation commence pour lui.
Cette BD toute en douceur est une plongée pleine de tendresse dans un microcosme très féminin. Au milieu de ce gynécée, Rose est un personnage androgyne, sensuel, à la fois fort et délicat. J’ai plutôt aimé cette BD même si j’ai trouvé quelques longueurs vers les 2/3 de l’histoire, jusqu’à ce que la dernière partie redonne un peu d’élan. Je suis surtout restée un peu sceptique face à la bienveillance parfaite et totale dont jouit Rose, alors qu’on aurait pu imaginer son personnage, si ambivalent, être davantage sujet aux controverses.
En fin de livre, ne passez pas à côté des « Coulisses du Jardin », extraits de carnets de recherches et de storyboards, qui sont toujours intéressants à découvrir pour décrypter le travail d’un dessinateur de BD.

Delcourt, 224 pages, 25,95€