Talion.
Le titre seul sonne déjà comme un couperet, plante le décor et annonce la couleur : œil pour œil, dent pour dent.
Imaginez ce que ressent Marta Aguilera, journaliste reconnue, femme dynamique, lorsqu’un médecin lui diagnostique une tumeur au cerveau et lui annonce la terrible nouvelle : il ne lui reste que deux mois à vivre.
Marta pourrait se lamenter, s’enfermer chez elle… Mais ce n’est pas son tempérament. Elle va profiter de ces deux mois pour laisser une trace de son passage sur Terre, et pas n’importe comment : elle va se transformer en justicière, un peu malgré elle au départ, puis en prenant son rôle très à coeur.
Le livre est alors découpé en chapitres, chacun consacré à une cause, une personne, que Marta va venger.
L’idée de départ est excellente, même si très romanesque. Il y a quelques ficelles un peu grosses (la rapidité avec laquelle Marta, journaliste sans histoire, se transforme en justicière tueuse ; ou encore la facilité avec laquelle elle vend son appartement pour récupérer une énorme somme en liquide), mais disons que le démarrage reste très efficace. Je vous laisse juger du fond (peut-on faire justice soit même?), le livre n’est pas moralisateur, il ne propose que le point de vue d’une femme dans un contexte très particulier, celui de sa mort imminente.
Si le début du livre fonctionne bien, je me suis un peu ennuyée à partir de la moitié du roman, trop prévisible à mon goût : je voyais bien arriver chaque nouveau « cas » à traiter par Marta, et les raisons pour lesquelles ce « cas » lui tenait à coeur. J’aurais aimé plus de rebondissements dans la seconde partie du roman, plus d’imprévus, qui auraient permis de soutenir le rythme de lecture. Même la fin, bien que racontée comme un ultime rebondissement, est assez prévisible.
Cherche Midi, 504 pages, 23€
Le sujet de ce livre est particulièrement original et passionnant, et part de la question suivante : pourquoi dénombre-t-on aussi peu de livres écrits par les femmes jusqu’au XIXè siècle ? La réponse de Virginie Woolf, si je peux la résumer, tient en trois principales raisons. Pour écrire, une femme doit avoir une vie (autre que celle de son foyer), 500 livres de rente par an, et surtout un lieu à soi pour écrire, qui ne soit ni une chambre ni le salon de la maison.
Julien est fils de cuisinier. Elevé près des fourneaux, il voue une admiration quasi sans borne à son père, surtout depuis que sa mère s’est volatilisée du jour au lendemain.
Après le départ de Torunn de la ferme, la famille a repris son rythme de vie, chaque membre de son côté. Quatre années ont passé. Torunn vit avec l’éleveur de chiens (rencontré dans le tome précédent), dont elle n’attend rien pour l’avenir. Il la trompe, elle le sait, mais reste malgré tout avec lui. Déprimée, elle ne voit pas de projet susceptible de la faire revenir vers une vie heureuse. Erlend et Krumme sont devenus parents de trois bambins. Le grand-père s’est installé dans une maison de retraite, où il est heureux. Et Margido envisage de développer son entreprise.
Il y a des jours où une humeur un peu chagrine donne envie d’aller vers des livres légers, amusants. J’ai commencé « Le discours » en espérant que la citation d’Olivia de Lamberterie sur la quatrième de couverture soit plus qu’une promesse : « Si vous n’éclatez pas de rire au premier chapitre, on ne peut rien pour vous ». En même temps, je me méfie toujours un peu de ces petites phrases qui vendent du rêve, et parfois ne font qu’accroître la déception.
C’est une image bien étonnante que celle d’un diamant « gros comme le Ritz » et c’est cette curiosité qui m’a donné envie de découvrir cette nouvelle de 1922.