BD·Biographie

« Le secret de Miss Greene » de Nicolas Antona et Nina Jacqmin

Jusqu’en 1967, la « One Drop Rule », ou « Règle de la goutte unique », signifiait que toute personne ayant une « trace visuellement perceptible d’ascendance africaine » était « considérée comme noire », explique David Albert Hollinger, spécialiste de l’histoire ethno-raciale des Etats-Unis. C’est dans ce contexte que Belle Greene convainc sa mère et ses frères et sœurs de renier leurs origines… Lire la suite « Le secret de Miss Greene » de Nicolas Antona et Nina Jacqmin

BD·Biographie

« Les aventures d’Hergé » de Bocquet, Fromental et Stanislas

Quand on est fan de Tintin, que l’on a lu, relu, re-re-lu, enfant, ado, adulte, ses aventures, trouver une nouvelle BD autour de l’univers de Tintin met toujours des étincelles dans les yeux.

Cette BD, premier tome des « Aventures d’Hergé », est une réédition d’une BD sortie en 2017, que j’ai découverte dans une librairie BD / Pop. J’ai depuis (trop) longtemps dans ma « pile à lire » la biographie d’Hergé écrite par Pierre Assouline, sans m’être jamais décidée à lire ce gros pavé de plus de 800 pages – avouez qu’une BD paraît beaucoup plus abordable ! Les passionnés de Tintin y retrouveront plein de références (soit des explications biographiques qui donnent du sens à certains choix, certains personnages ; soit des clins d’œil que seuls « les vrais fans » reconnaîtront).

Il y a quelques éléments de la vie d’Hergé que j’avais en tête, mais j’ai aussi beaucoup appris (notamment sur les femmes de sa vie). Quelques passages sont un peu trop rapides et ne permettent pas de bien saisir les subtilités d’une vie. Petite astuce que j’aurais aimé connaître au moment de ma lecture : il y a un guide des personnages en fin de livre ! N’hésitez pas à vous y référer, il est utile pour expliciter ce qui ne l’est pas toujours dans les relations d’Hergé avec ses collègues ou ses compagnes.

Le dessin est évidemment de l’école de la « ligne claire » et avec une colorisation qui rappelle les albums de Tintin – autant dire que cette BD ne détonnera pas à côté de vos « Tintin ».

Dargaud, 104 pages, 20,50€

BD

« Yasmina et les mangeurs de patates » de Wauter Mannaert

Petite anecdote sur ma rencontre avec cette BD. J’en ai entendu parler dans une exposition temporaire où l’auteur était mis en valeur pour son engagement écologiste, et je m’attendais à trouver cette BD en rayon adulte… alors que c’est une BD jeunesse. Peu importe, ce n’est pas cela qui aller m’arrêter dans ma lecture. Je… Lire la suite « Yasmina et les mangeurs de patates » de Wauter Mannaert

BD

« Le Jardin, Paris » de Gaëlle Geniller

C’est d’abord le style très « art nouveau » du dessin qui a attiré mon regard. L’histoire n’était pas détaillée sur la quatrième de couverture, je me suis donc laissée porter au fil des vignettes.

Dans les années 1920, dans un cabaret parisien, « Le Jardin ». Un groupe de femmes, de « fleurs » (elles se surnomment Hyacinthe, Marguerite, Tournesol…) dansent chaque soir. Au milieu d’elles, un jeune bourgeon, surnommé Rose, fils de l’une d’elles, s’apprête à faire son entrée sur scène. Le succès est immédiat, et l’émancipation commence pour lui.

Cette BD toute en douceur est une plongée pleine de tendresse dans un microcosme très féminin. Au milieu de ce gynécée, Rose est un personnage androgyne, sensuel, à la fois fort et délicat. J’ai plutôt aimé cette BD même si j’ai trouvé quelques longueurs vers les 2/3 de l’histoire, jusqu’à ce que la dernière partie redonne un peu d’élan. Je suis surtout restée un peu sceptique face à la bienveillance parfaite et totale dont jouit Rose, alors qu’on aurait pu imaginer son personnage, si ambivalent, être davantage sujet aux controverses.

En fin de livre, ne passez pas à côté des « Coulisses du Jardin », extraits de carnets de recherches et de storyboards, qui sont toujours intéressants à découvrir pour décrypter le travail d’un dessinateur de BD.

Delcourt, 224 pages, 25,95€

BD

« La maison biscornue » de Frédéric Brrémaud et Alberto Zanon, d’après Agatha Christie


Un vieil homme meurt… sa nouvelle femme, plus jeune, plus belle, est évidemment la coupable toute désignée. Sophia, la petite-fille du défunt, missionne son fiancé pour enquêter au sein de la « maison biscornue » qui abrite toute la famille.

J’adore cette série de BD : une fois de plus, c’est une adaptation très qualitative du roman d’Agatha Christie. L’ambiance qui en fait le charme est bien restituée, les dessins des intérieurs et des extérieurs sont magnifiques et méritent que l’œil s’y attarde (j’aime moins les dessins des visages).

L’enquête en elle-même est prenante, avec plein de fausses piste et un dénouement inattendu mais bien expliqué. La BD m’a tenue captive jusqu’à la dernière page – et plus encore, cette adaptation m’a donné envie de relire le roman originel. Je vais juste attendre d’oublier la chute de l’histoire, pour avoir le plaisir de la redécouvrir plus tard.

Ed. Paquet, 64 pages, 16,90€

BD·Policier

« Christmas pudding », adaptation BD par Isabelle Bottier et Alberto Taracido, d’après Agatha Christie

« Christmas pudding » fait partie destextesd’Agatha Christie dont le dénouement m’est resté en mémoire. Parmi les plus de 80 romans de l’auteure que j’ai lus, ils ne sont pas si nombreux : il y a les classiques « Le Crime de l’Orient-Express », « Ils étaient dix », « Le meurtre de Roger Ackroyd « , ou encore « Les vacances d’Hercule Poirot » dont je… Lire la suite « Christmas pudding », adaptation BD par Isabelle Bottier et Alberto Taracido, d’après Agatha Christie

BD

« It’s lonely at the centre of the earth » de Zoe Thorogood

Depuis l’enfance, Zoe est dépressive. Suicidaire, même. Elle se déprécie sans cesse. Elle a du mal avec les relations humaines.

Mais de tout cela, Zoe décide de faire un livre. Roman graphique, entre le comics et l’autobiographie, le résultat est un OVNI.


Zoe Thorogood joue avec les styles, alterne couleur et noir & blanc. On trouve même une photo en double page. Ses personnages ont des têtes d’animaux, elle-même arbore parfois un masque à la place de son visage. Sa dépression est personnifiée par un grand personnage sombre et sournois.


Le pitch m’avait séduite (à savoir : comment une artiste transforme son mal être en art). J’ai suivi aussi le conseil d’une bibliothécaire aux goûts très sûrs. Pourtant je n’ai pas réussi à accrocher, perdue dans une œuvre un peu trop décousue pour moi.

Hi Comics, 203 pages, 27,95€

BD

« Astérix en Lusitanie » de Conrad et Fabcaro

Fidèle au rendez-vous, j’ai évidemment acheté le dernier album d’Astérix dès sa sortie. Vous allez voir des centaines de chroniques sur cet album. Que dire de plus ?

Mon histoire avec Astérix, peut-être ? J’ai grandi avec 5 ou 6 albums que je relisais et relisais sans fin, jusqu’à connaître par coeur les répliques et même les défauts d’impression. Ce n’était pas mon héros préféré (à l’époque je lisais surtout Tintin, oui, désolée pour les fans). Plus tard, j’ai découvert ceux que je n’avais pas, j’ai eu quelques coups de coeur, et à aujourd’hui je relis toujours les mêmes. Il y a des tomes, aussi, qui parlent d’un moment de ma vie, et je me souviens quand on me les a offerts.

C’est ça, avant tout, acheter un album d’Astérix : faire revivre des souvenirs, cultiver une ambiance, parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Et ce cru 2025, alors ?

J’ai toujours du mal à me faire un avis sur un album d’Astérix à la première lecture. C’est un peu comme le bon vin, parfois il vaut mieux le laisser vieillir un peu. Il y a beaucoup (mais vraiment, beaucoup) de références à d’autres albums : Boulquiès le personnage principal, lusitanien rencontré dans « Le Domaine des dieux » ; le garum Lupus, au coeur de l’intrigue, est une référence à « Astérix et la Transitalique » ; Obélix révise les pas de danse appris dans « Astérix en Hispanie » ; et on retrouve Epidemaïs, le navigateur phénicien, croisé plusieurs fois depuis « Astérix gladiateur », etc etc, n’en jetez plus (si vous avez la ref, bravo). C’est donc à la fois une lecture « rassurante » qui reprend les codes habituels (à part Baba qui désormais prononce les « r », seule vraie nouveauté de l’album). Mais justement, il manque peut-être, pour moi, un peu plus de créativité, qui nous aurait, nous lecteurs habituels, un peu désarçonnés sans doute à la première lecture, mais qui aurait aidé l’album à sortir du lot. Enfin, seul l’avenir sera juge et nous dira ce qui passera à la postérité voire au vocabulaire courant.

Les éditions Albert René, 48 pages, 10,90€

BD·Biographie

« La dernière nuit d’Anne Bonny » de Claire Richard et Alvaro Ramirez

Une histoire de pirate ? Oui, mais ce pirate-là est une femme !

Élevée dans la campagne irlandaise, assoiffée de liberté, Anne sera pirate et amante du capitaine, à une époque où les femmes n’étaient pas les bienvenues sur un bateau. Au soir de sa vie, alors que la mort s’invite dans le bordel qu’elle tient maintenant d’une main de fer, Anne Bonny décide de dicter ses mémoires et de rétablir sa vérité, n’en déplaise au biographe qui avait fait son portrait lors de son procès.

L’histoire est passionnante, rythmée comme un quotidien de pirate qui navigue d’île en île. Entre sa vie de pirate et celle de tenancière sans scrupule de maison close, difficile de trouver le personnage d’Anne Bonny sympathique, loin de là ! Mais on ne peut qu’admirer le courage dont elle a su faire preuve pour s’émanciper.

J’ai bien aimé aussi les apartés dans le récit, où deux historiens débattent de la véracité du récit, des interprétations possibles, et plus globalement du rapport des historiens aux archives dont ils disposent.

C’est une BD intéressante, documentée, avec des illustrations soignées, qui permet de découvrir un personnage au tempérament fort et indépendant.

Le Lombard, 160 pages, 22,95€

BD

« Arsène Lupin contre Sherlock Holmes (tome 2) » de Félix, Janolle et Delf

Capture d’écran 2025-07-18 164551Aussitôt le premier tome fini, j’ai commencé la lecture du second, dans lequel se poursuit de manière encore plus rapprochée l’opposition entre Lupin et Holmes.

Les masques tombent peu à peu autour des deux femmes héritières d’un homme qui se prétendait alchimiste. Car si leur grand-père avait des pots remplis d’or, cela a forcément attiré des convoitises. Il faudra toute l’intelligence de Lupin (clairement mieux mis en avant que Holmes) pour comprendre les tenants et aboutissants de cette intrigue.

Je ne suis pas une très grande fan des romans de Sherlock Holmes (j’aime souvent mieux les adaptations récentes), bien que « L’Aiguille creuse », le premier que j’ai lu, soit un bon souvenir. Cette BD-ci est inspirée de « La Barre y va » et je dois dire que l’adaptation donne envie de lire l’original. Il faudra juste que j’attende un peu d’avoir oublié le dénouement pour profiter pleinement de cette lecture.

Quant à Holmes, battu mais mais vaincu, il n’abattra sa meilleure carte qu’au dernier moment, ce qui fait de cette BD une histoire bien construite, superbement dessinée, avec toujours des décors et des détails maîtrisés.

S 3-3Grand angle, 56 pages, 14,90€