
L’Histoire est ingrate envers les femmes. Elle en a souvent fait des personnalités secondaires là où leur rôle était capital ; elle n’a retenu que peu de noms, là où bien d’autres auraient mérité de passer à la postérité. Cléopâtre pourrait faire figure d’exception, tant son nom est connu et sa figure réveille tout un imaginaire. Mais que sait-on vraiment d’elle ?
J’ai eu la chance de visiter il y a quelques mois l’exposition « Le mystère Cléopâtre » à l’Institut du monde arabe – exposition très bien faite qui mêlait éléments historiques et héritage dans notre monde d’aujourd’hui. Comme toujours quand je visite un musée ou découvre une exposition, cela m’a donné des envies de lecture, et j’avais plus précisément envie d’une biographie romancée. Le livre de Natasha Solomons m’a aussitôt tapé dans l’oeil, avec sa couverture aux détails dorés et son jaspage de toute beauté – merci aux éditeurs qui font de si jolis livres, je pourrais choisir une lecture juste pour le plaisir d’avoir un aussi bel objet entre les mains.
Le roman est écrit comme un témoignage de la reine d’Egypte, et c’est un bonheur de voir l’Histoire racontée par une femme qui l’a faite. Cléopâtre se révèle à la fois pharaon, héritière d’une dynastie, porteuse de lourdes responsabilités pour son pays ; mais elle est aussi mère, et femme, avec toutes les nuances imposées par son statut. L’auteure ne fait pas d’elle une femme de passion, qui aurait été naïvement dévouée à César. Au contraire elle explore la complexité d’un personnage qui sait le poids des sacrifices pour son pays, et qui nage avec intelligence dans tous les cercles : politique, militaire, domestique.
L’écriture est soignée, avec le juste dosage de solennité qui convient à une reine, sans jamais tomber dans la grandiloquence. L’auteure voulait mettre en lumière une femme historique d’exception : le pari est gagné.

Harper Collins, 432 pages, 21,90€





Les récits de vie m’ont toujours intéressée. Qu’il s’agisse de biographies ou autobiographies de grands personnages historiques, ou de textes plus modestes d’anonymes, il se crée toujours à la lecture d’un récit de vie une empathie et le lecteur y gagne, me semble-t-il, un petit bout d’humanité en plus.
J’aime les grands destins. Ceux qui inspirent. Les destins des visionnaires, des rebelles, de ceux qui étaient parfois incompris à leur époque et qui pourtant ont créé une révolution, quelle qu’en soit la nature.
Frida Kahlo est depuis longtemps l’artiste qui me touche le plus, tant j’admire la force, la résilience, et l’incroyable vitalité dont elle faisait preuve. On ne peut pas comprendre ses tableaux sans connaître sa vie, et je recommande toujours l’excellent biopic « Frida » avec Salma Hayek exceptionnelle dans le rôle de l’artiste mexicaine.
Une fois n’est pas coutume, la recommandation de cette lecture me vient… du Guide du Routard ! L’idée étant, pour un séjour à Londres, de se plonger via la lecture dans une ambiance toute british.
Je n’avais jamais entendu parler d’Emma Calvé avant de découvrir une pièce qui lui est consacrée dans un musée de Millau. Je suis toujours intriguée par la genèse des destins hors du commun : comprendre leur parcours, découvrir leur histoire familiale, et surtout lever un peu le voile qui sépare la personnalité célèbre et l’homme ou la femme derrière les apparences.