Les sagas familiales ont quelque chose de passionnant, et celle des Guerlain n’échappe pas à la règle. L’histoire commence avec Pierre-François-Pascal Guerlain, qui a créé sa propre parfumerie à une époque (1828) où le parfum était vu davantage comme un remède d’apothicaire (pour se frictionner) que comme un luxe ou un plaisir pour les sens. Le début du livre est particulièrement intéressant en ce qu’il décrit cette « révolution » que Guerlain, comme quelques autres, perçoivent dans l’évolution de la société, et dans l’orientation nouvelle qu’ils vont donner à la parfumerie, changeant ainsi la représentation et l’usage que l’on fait du parfum.
« Depuis la révolution de 1789, les signes distinctifs traditionnels – coiffures, costumes – s’étaient peu à peu estompés. Les apparences étaient devenues plus trompeuses que jamais. Aussi, d’autres signaux avaient dû prendre le relais, et les Guerlain s’étaient montrés redoutablement habiles à décrypter, puis à accompagner ce nouveau jeu des apparences. »
Installé à Paris, Guerlain est aussi un redoutable homme d’affaires, qui gère sa distribution (réservant la vente de ses produits dans Paris à sa propre boutique, ce qui est toujours le cas aujourd’hui).
J’aurais aimé lire le livre avec quelques échantillons à portée de main, pour mieux appréhender les descriptions des parfums les plus emblématiques de la maison. N’avez-vous pas la même envie de « sentir » en lisant ceci :
« Avec subtilité et douceur, L’heure bleue allie les notes poudrées de l’iris et gourmandes de la vanille, mariées au musc, à la chaleur de l’œillet et de l’anis, lui donnant un velouté sensuel très particulier. »
Plusieurs générations (d’hommes) se succéderont à la tête de la maison Guerlain. Je me suis un peu perdue dans l’arbre généalogique, et j’ai surtout regretté que le livre s’arrête dans les années 1960 – seules quelques informations succinctes sont données dans l’épilogue pour poursuivre l’histoire familiale jusqu’à aujourd’hui. Toute la famille s’est en tout cas attachée pendant des générations à suivre un principe :
« Faites de bons produits, ne cédez jamais sur la qualité. Pour le reste, ayez des idées simples et appliquez-les scrupuleusement ».
Sur ce conseil, « transmis de génération en génération », c’est tout un empire qui s’est créé.
Flammarion, 354 pages, 23€
Après «
J’ai tellement lu de romans d’Agatha Christie pendant mon adolescence que j’ai arrêté de les compter après avoir dépassé les quarante ou cinquante titres.
Souvenez-vous, j’avais chroniqué il y a quelque temps un
Je connaissais très peu le parcours de Jane Birkin. Bien sûr je l’ai vue, très belle, dans quelques films. Je l’ai entendue dans des interviews, avec son accent étonnant et charmant. J’avais quelques repères sur sa famille, ses filles, sa vie avec Gainsbourg.
Les deux sœurs qui prêtent leurs noms au titre de ce livre, Marie et Bronia, sont Marie Curie et Bronia Dluska, toutes deux nées Skłodowska dans la Pologne de la fin du XIXème siècle. Nées dans une famille modeste mais aimante et instruite, elles ont traversé jeunes de lourdes épreuves, dont la perte de leur mère. Animé par le goût de l’instruction, et persuadé que l’avenir passe par la science, le père de Marie et Bronia les encourage à poursuivre leurs études, bien que cela leur soit interdit dans la Pologne sous influence russe.
Je n’ai jamais visité le « Palais idéal » du facteur Cheval, mais je connaissais les grandes lignes de l’histoire de cette construction faite de cailloux amassés au fil des années par un facteur.
Lorsque j’ai cherché ce livre dans une grande surface culturelle, le vendeur me l’a désigné vaguement, en me disant « si vous voulez vous charger… », à peu près du même ton qu’il aurait employé pour me dire que l’ouvrage était un peu trop épais pour caler une armoire bancale… Bonjour la rencontre avec Madeleine…
Qu’est-ce que la malentendance ? Beaucoup d’entre nous imaginent que ce n’est qu’un terme politiquement correct pour désigner la surdité. Le récit autobiographique de Mélanie Hamm met à mal cette interprétation et rétablit la réalité sur le quotidien des malentendants.