Cosy mystery·Policier

« Le Vallon » d’Agatha Christie

9782253164098-001-TJ’ai (re)lu « Le Vallon » car il fait partie d’une édition « Poirot Halloween » qui regroupe « Le Vallon » et « Le Crime d’Halloween ». J’avais commencé par « Le Crime d’Halloween » le week-end qui précédait le 31 octobre, et heureusement car « Le Vallon » n’a rien à voir avec Halloween – d’ailleurs dès les premières lignes l’auteure mentionne que l’histoire se situe en septembre !

Ce petit détail de choix d’édition étant précisé, passons maintenant à l’essentiel. Car ce roman est un très bon roman d’enquête. Contrairement à d’autres romans d’Agatha Christie, environ un tiers du livre est consacré à poser le décor et les personnages. Le meurtre n’arrive qu’à la page 126 – et Poirot aussitôt après. Cette entrée en matière, si l’on peut dire, est vraiment bien menée car on sent l’étau se resserrer autour de l’un des personnages, et la tension monte petit à petit.

Toute une famille est réunie à la campagne pour le week-end. Il n’y a pas de tension ou d’animosité particulière, à peine un peu de jalousie ou d’exaspération. Pourtant c’est bien l’un des membres « piliers » de la famille qui est tué – et sa femme, qui tenait le pistolet, est la principale suspecte. Mais Poirot, quand il est arrivé sur les lieux du crime, a aussitôt senti qu’il se passait quelque chose d’étrange dans cette famille…

J’ai beaucoup aimé cette enquête, qui offre plein de fausses pistes. J’ai changé d’avis plusieurs fois sur le meurtrier au cours de ma lecture, et j’adore quand Agatha Christie nous mène en bateau comme ça ! Poirot est présent mais pas trop ; il y a une partie en quasi huis-clos à la campagne, et quelques chapitres à l’extérieur qui permettent d’alterner les ambiances, de mettre en avant tous les personnages – et donc de donner autant de fausses pistes au lecteur !

En tout cas, cela me fait plaisir de me replonger dans les romans d’Agatha Christie. Après avoir vu ou lu différentes adaptations (et même si certaines étaient très réussies), rien de vaut les versions originales !

S 3-3Le Livre de poche, ici dans la version « Poirot Halloween » 8,90€

Cosy mystery·Policier

« Brasier, héritage et coup du sort » de Ann Granger

9782264078216ORIJ’avais bien aimé « Manoir, magouilles et coq au vin » (malgré ce titre bizarre qui selon moi ne rend pas service à mise en valeur du roman). Pourtant je n’avais pas poursuivi la lecture de cette série Carter & Campbell – je n’ai pas d’autre explication que le fait d’avoir plusieurs séries en cours et d’en avoir privilégié d’autres. C’est un lisant une chronique d’une autre blogueuse que j’ai eu envie de reprendre cette série.

Bingo ! Ce tome-là est également très réussi. Ma première impression est qu’il fait lui aussi la part belle à une maison, comme dans le précédent tome. Et cette maison est une fois de plus presque un personnage à part entière du roman. Cette fois-ci, c’est key House qui est au centre d’une enquête. Maison abandonnée depuis longtemps, son héritier ne s’est jamais résigné à la vendre – mais il n’y a jamais vécu non plus. Mais quand la maison est incendiée et qu’un homme y est retrouvé mort, l’héritier est bien obligé d’y revenir..

Squatteurs réguliers, voisins trop curieux, héritier au lourd passé judiciaire… les suspects ne manquent pas pour Jess (Campbell) et son chef Ian (Carter). L’histoire se lit très bien, sans temps mort, avec plein de fausses pistes. C’est plutôt bien écrit et j’ai passé un très bon moment de lecture, avec l’envie de poursuivre chapitre après chapitre pour connaître la fin !

Seul petit regret, le dénouement de l’histoire, avec identification du coupable, se produit environ 70 pages avant la fin. Je préfère quand la tension reste présente jusqu’au bout, avec un dernier rebondissement – sinon je trouve les dernières pages ennuyeuses, la tension de l’enquête étant redescendue.

Au-delà de l’enquête, il pointe en filigrane un rapprochement possible entre Jess et son chef. Je ne l’avais pas perçu dans « Manoir… » (ou alors je l’ai oublié!), à tel point que je ne me souvenais que du personnage de Jess !!

S 3-310/18, 360 pages, 13,90€

Policier

« Le crime d’Halloween » d’Agatha Christie

9782253164098-001-TSi vous avez envie d’une lecture de saison, celle-ci sera parfaite ! J’ai d’ailleurs pu constater que de nombreux lecteurs passionnés par Agatha Christie avaient ressorti de leur bibliothèque « Le crime d’Halloween » pour ce week-end !

J’ai déjà lu cette histoire, je pense même en avoir déjà vu une adaptation télé, mais je ne me souvenais plus de la fin – heureusement. J’ai passé un excellent moment de lecture, car c’est une enquête bien construite, avec un nombre raisonnable de personnages et des indices semés habillement tout au long du roman et qui peuvent permettre au lecteur de trouver la solution (au moins dans ses grandes lignes).

Poirot est sollicité par Mrs Oliver, une célèbre auteure de romans policiers (je vous laisse chercher les points communs avec Agatha!). Lors d’une fête d’Halloween à laquelle elle participait, une fille de douze ans s’est vantée d’avoir été un jour témoin d’un meurtre. Or la fête s’est terminée de façon tragique avec la mort de l’adolescente. Est-ce cette petite phrase qui a causé sa perte ? C’est ce que Poirot devra découvrir.

Si le prétexte est la fête d’Halloween, n’y cherchez pas de costumes de sorcières et de vampires, ni autre porte-à-porte pour réclamer des bonbons – et c’est intéressant de voir ce que pouvait être une fête d’Halloween à l’époque où Agatha Christie a écrit ce roman.

Lire « Les carnets secrets d’Agatha Christie » il y a quelques jours m’a donné très envie de relire certains de ces romans. Ça tombe bien, dans cette version du Livre de poche « Poirot Halloween » m’attend un deuxième roman, « Le Vallon ». A suivre, donc !

S 3-3Le Livre de poche, ici 8,90€ dans la version « Poirot Halloween » qui contient aussi « Le Vallon »

C'est mercredi, on lit avec les petits !

« L’effroyable et fantastique maison de mamie » de Meritxell Marti et Xavier Salomo

maisonMC’est l’histoire d’un petit garçon qui, une fois par mois, rend visite à sa mamie.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui vient en fin de journée, pour le goûter.

Tout cela vous paraît ordinaire ?

Pourtant il se passe des choses bizarres dans la maison de mamie… Et pour les découvrir, il faut ouvrir des petites trappes dans les pages du livre…

Un joli album aux couleurs d’automne et à l’ambiance qui, si elle n’est pas directement liée à Halloween, est plutôt bien adaptée à ces jours-ci ! Les dessins sont jolis, les petites fenêtres à ouvrir sont amusantes. Un petit doute quand même, le papier des pages n’étant pas très épais, je ne sais pas si les fenêtres pop-up résistent longtemps aux mains pressées des enfants !

Le livre ne fait pas peur, juste un tout petit peu frissonner avec le bon dosage pour que cela reste surtout une lecture amusante.

S 3-3Bayard jeunesse, 32 pages, 13,90€

Essai / Document

« Les carnets secrets d’Agatha Christie » de John Curran

carnetsLes fans inconditionnels d’Agatha Christie doivent absolument lire ce livre ! En effet, c’est une plongée dans les carnets de notes préparatoires aux romans et nouvelles de la plus célèbre auteure de romans d’enquêtes. On y découvre les idées initiales, les sources d’inspiration, mais aussi les questionnements sur les intrigues et les pistes abandonnées. On y découvre aussi les idées de titres qui n’ont pas été retenues – et l’on sait à quel point le titre est décisif, surtout pour un roman policier !

Ecrit par un admirateur d’Agatha Christie, pour les admirateurs d’Agatha Christie, ce livre peut se lire d’une traite ou par petits bouts. J’ai en effet trouvé quelques longueurs à la lecture de certains carnets (surtout quand ils faisaient référence à des histoires dont je ne me souvenais plus), mais cela n’ôte rien au plaisir de découverte, car la plupart des carnets sont passionnants !

Seul point d’attention, le livre dévoile la solution de très nombreuses intrigues – c’est indispensable pour comprendre le processus créatif, les choix et les hésitations de l’auteure. Si vous avez le projet de lire ou relire certains romans, il vous suffit de sauter la partie qui y fait référence (les romans dont la solution est dévoilée sont cités au début de chaque partie).

Cerise sur le gâteau, le livre s’achève avec deux nouvelles inédites d’Hercule Poirot : l’une, certes inédite dans cette version, a été plus ou moins reprise dans une autre nouvelle ; l’autre en revanche semble bien être une pépite qu’Agatha Christie n’aurait jamais proposée à son éditeur ! Et pour moi qui ai lu « tout » Agatha Christie, c’est une lecture qui a un charme supplémentaire, d’autant que la nouvelle en question est de très bonne qualité !

S 3-3Editions du Masque, 580 pages, 24,50

Audio·Policier

« La mystérieuse affaire de Styles » d’Agatha Christie (version audio lue par Samuel Labarthe)

StylesQuelle bonne idée d’avoir adapté en version audio ce premier roman d’Agatha Christie ! J’ai beau connaître tous les livres d’Agatha Christie, j’ai beau avoir lu l’original de ce premier roman, vu des adaptations filmées, lu une adaptation BD il y a quelques semaines, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir à redécouvrir ce classique. Il faut dire que la lecture de Samuel Labarthe est impeccable, la voix toujours juste, le débit toujours bien adapté.

Si vous aimez Hercule Poirot, ce roman est à découvrir absolument car il pose toutes les bases pour la suite : ainsi, on y découvre le passé (dans la police) du détective, son amitié avec Hastings (qui sera son faire-valoir dans bien d’autres romans), mais aussi l’inspecteur Japp (avec qui il a collaboré avant d’être à la retraite). La trame est celle qui fera le succès de toutes les enquêtes de Poirot, avec ses déductions grâce à ses « petites cellules grises » et le fameux final qui réunit tous les protagonistes, avant que Poirot ne livre ses dernières conclusions.

Dans ce premier roman, c’est une riche veuve, remariée à un homme qui est mal accepté dans la famille, qui décède brutalement. Elle a été empoisonnée – mais par qui ? Poirot glane des indices, les fausses pistes se multiplient – pour notre plus grand plaisir de nous laisser berner jusqu’au bout ! C’est un classique du genre, et il prend une nouvelle dimension dans cette version audio.

Mon petit conseil en plus : une écoute le soir, dans la semi-pénombre, avec juste quelques bougies pour l’ambiance… c’est parfait pour une soirée d’automne !

S 3-3Audiolib, 6h123 d’écoute, 19€ en version CD

Roman

« La collectionneuse de mots oubliés » de Pip Williams

9782265155626ORI« Les mots ont-ils un autre sens pour les hommes et pour les femmes ? Et le cas échéant, est-il possible que nous ayons perdu quelque chose au cours de leur processus de définition ? »

C’est en partant de ces interrogations que l’auteure a imaginé ce roman.

Début XXe siècle, Esme grandit auprès de son père qui travaille au Scriptorium, lieu réunissant des hommes chargés de créer un dictionnaire. Le travail est long, fastidieux. Un jour, Esme découvre que tous les mots ne sont pas traités à l’identique, et que certains sont rapidement écartés : mots « de femmes », mots jugés vulgaires. Alors, à sa manière, Esme va essayer d’y remédier…

Le roman mélange un rythme paisible (le rythme de la construction du dictionnaire, mot après mot, lettre après lettre, pendant des années – avec cet infini travail qui fait que, quand la dernière définition sera écrite, il sera temps de revenir à la lettre A pour actualiser le dictionnaire), et le temps de l’action – celui de Esme qui est une lutte contre l’oubli, celui aussi des suffragettes dont les combats explosent à la même période. Il y a dans la démarche de Esme un mélange d’idéalisme (redonner à certains mots la place qu’ils méritent) et un grand pragmatisme (ses oreilles recueillent des mots assez fleuris). J’ai aimé ce livre pour tout cela, et pour ce joli portrait de femme moderne dans sa démarche, et au charme un peu désuet vu de nos jours, avec ses petites fiches cartonnées qui donnent un charme suranné au roman.

Ce roman est fait pour ceux qui aiment les mots, qui aiment jouer avec, qui utilisent des mots peu courants voire disparus.

Et je ne peux pas conclure cette chronique sans parler de la très jolie couverture, extérieure et intérieure, qui donne aussitôt envie de se plonger dans cette lecture.

S 3-3Fleuve éditions, 432 pages, 22,90€

Essai / Document

« Meurtres haute-couture » d’Astrid Faguer et Maud Gabrielson

MeurtresHauteCouture_RVB-e1662111573247Dans ce livre documentaire très bien fait sont racontées 9 affaires plus ou moins récentes, et plus ou moins célèbres, qui ont entaché le monde de la mode et du luxe. C’est une plongée dans la partie obscure de cet univers de paillettes, entre kidnappings, décès suspects et autres affaires sordides.

Je connaissais (au moins dans les grandes lignes) plusieurs de ces histoires ; d’autres m’étaient totalement inconnues. On y trouve des victimes et des personnages sulfureux, tous mi-anges mi-démons qui ont une vie aussi extra-ordinaire que le milieu dans lequel ils évoluent.

C’est intéressant, le livre se lit comme une succession de courtes enquêtes journalistiques, qui redonnent le contexte, la personnalité des protagonistes, et bien sûr les faits. On sent le gros travail de documentation et de collecte d’informations qui a été nécessaire pour constituer ces récits.

S 3-3Editions Séguier, 224 pages, 20,50€

BD

« Peau d’homme » de Hubert et Zanzim

9782344010648-001-TRenaissance. Bianca va bientôt se marier, mais elle déplore de ne rien connaître de son futur époux. Sa marraine lui confie alors un secret : depuis des générations, les femmes de la famille se transmettent une peau d’homme. En enfilant cette peau, une femme peut se faire passer pour un homme. Bianca décide de s’en servir pour infiltrer le quotidien de son futur mari, et ainsi mieux le connaître.

Les dessins sont bien faits, les pages pleines de rythme (avec même parfois plusieurs actions dessinées sur une même vignette en pleine page).

L’histoire s’empare des qualificatifs que l’on attribue / attribuait traditionnellement aux femmes ou aux hommes, et les démonte un par un, en apportant des arguments par les situations vécues. Le propos est donc complètement dans l’air du temps, l’histoire aurait presque pu être transposée telle quelle de nos jours.

Sans être trop moralisatrice, la BD aborde plein de sujets, tout en montrant que si l’on accepte de sortir un peu du cadre et de ne pas chercher à reproduire à tout prix les modèles de la société, il est possible de trouver des voies où chacun peut être heureux sans nuire au bonheur de l’autre sexe.

S 3-3Glénat, 27€

Roman

« Code 612 Qui a tué le Petit Prince ? » de Michel Bussi

9782266328210ORIJ’aime beaucoup les romans de Michel Bussi, mais j’ai attendu la sortie en poche de celui-ci. Il faut dire que je ne suis pas une inconditionnelle du Petit Prince ; l’ai-je lu trop tôt ou trop tard, je ne sais pas, mais c’est un conte que je trouve trop subtil pour de jeunes enfants, et trop obscur si c’est un livre pour adultes. Allez, ne m’en veuillez pas si vous êtes fans du Petit Prince ! D’ailleurs cela n’est qu’un prétexte de départ pour le roman de Michel Bussi ; que vous connaissiez par coeur des citations du livre de Saint-Exupéry, ou que vous n’en ayiez que de vagues souvenirs, vous pouvez lire ce livre (mais si vous faites partie des rares lecteurs à ne pas connaître du tout le Petit Prince, ça risque d’être gênant quand même).

Le point de départ est hyper original : et si la mort de Saint-Exupéry, restée plus ou moins mystérieuse, devait trouver sa clé dans la mort du Petit Prince lui-même ? Si les deux disparitions n’étaient que deux faces d’un même miroir ? C’est sur cette thématique que vont enquêter Andie et Neven, un duo réuni pour l’occasion. Et pour enquêter, ils vont parcourir le monde pour rencontrer les membres du « Club 612 », un club de passionnés du Petit Prince, chacun ayant sa théorie sur la disparition du petit personnage et de son créateur.

Le roman est bien plus court que les autres romans de Bussi (215 en format poche), ce qui est dommage car certains points auraient pu donner matière à plus de détails, plus de suspense. Il y a quelques trouvailles troublantes et passionnantes, et l’on retrouve tout le talent de Michel Bussi pour bousculer le lecteur, pour nous faire hésiter entre réalité et fiction…

J’ai plutôt été moins séduite par ce roman que par d’autres romans de l’auteur, parce que les pistes ne sont pas toutes exploitées jusqu’au bout, et que l’enquête auprès de chaque membre du « Club » est assez répétitive sur la forme. Mais je lis en filigrane l’admiration de l’auteur vers un autre auteur, créateur d’une œuvre mondialement connu, et par ailleurs insaisissable sur bien des aspects de sa vie. En préparant cette chronique, je me suis aussi souvenue que le premier titre de Bussi était « Code Lupin », un autre « Code », un autre hommage à un auteur admiré. La boucle est bouclée.

S 2-3Pocket, 215 pages, 7,10€