Roman

« Le cerf-volant » de Laetitia Colombani

cerf-volantJe garde un souvenir très fort de l’écoute de « La Tresse » ; j’avais aussi lu « Les Victorieuses », de la même auteure. J’étais très curieuse d’écouter « Le cerf-volant ». Bien que le livre soit présenté dans une continuité avec « La Tresse », il n’en est pas une suite ; tout juste renvoie-t-il le lecteur dans une Inde paradoxale et profondément inégalitaire.

Léna a quitté la France pour partir se ressourcer en Inde. Marquée par un drame (que le lecteur découvrira un peu plus tard), elle n’est pas ici en touriste, mais pour se relever. Un jour, elle manque de se noyer et est sauvée grâce à l’intervention d’une petite fille. En cherchant comment la remercier, elle va découvrir la vie misérable et sans perspective de cette petite fille. Pour donner un avenir à cette enfant, et aux autres, elle décide de monter une école, et va pour cela se heurter aux traditions, à la pauvreté, et à tant d’épreuves inattendues.

Comme dans « La Tresse », le lecteur suit un trio féminin (Léna, la petite fille au cerf-volant, et une adolescente engagée et rebelle). L’écriture est fine, sensible, chaque mot bien choisi. Il m’a fallu seulement quelques sessions d’écoute pour ce livre-audio, que j’ai trouvé captivant et que j’avais beaucoup de mal à laisser de côté. C’est l’auteure elle-même qui lit son texte, avec beaucoup de délicatesse. Ne manquez pas l’écoute de son entretien sur la dernière piste, c’est toujours très intéressant pour compléter l’écoute.

S 3-3Audiolib, 5h01 d’écoute, 20,90€

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« Les victorieuses » de Laetitia Colombani

victorieusesJe garde un souvenir encore très précis de « La Tresse », un premier roman particulièrement marquant. Aussi, le deuxième roman de la même auteure me faisait de l’œil depuis longtemps ; c’est chose faite, j’ai lu « Les victorieuses ». Bien sûr, quand un premier roman m’a marquée, j’ai beaucoup (trop) d’attente sur le deuxième.

Au départ je n’ai pas retrouvé le plaisir de lecture que j’avais eu avec « La Tresse » (que, pour être précise, j’avais écouté et non lu). Je trouvais cette histoire plus ordinaire, avec plus de clichés : Solène, avocate, décide de tout plaquer le jour où l’un de ses clients se suicide au Palais de justice. Pour s’occuper, elle devient écrivain public dans une association qui vient en aide à des femmes blessées par la vie, au sein d’une institution qui les héberge et les aide à se reconstruire, le Palais de la femme.

En parallèle de ce récit, on découvre l’histoire de Blanche, une active membre de l’Armée du salut, qui a été des décennies plus tôt à l’origine de la création de ce Palais.

Les deux récits se croisent et se complètent, dans une construction moins originale que dans « La Tresse », mais qui reste agréable à suivre et historiquement intéressante.

Les personnages, très majoritairement féminins, sont bien croqués (malgré quelques clichés) et donnent à voir une certaine diversité des blessures que la rue, la pauvreté, les aléas de la vie conjugale, peuvent créer. C’est une fois de plus un hommage vibrant aux femmes et à leurs multiples combats.

S 3-3Le Livre de poche, 240 pages, 7,40€

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« La tresse » de Laetitia Colombani

tresseCe roman est mon gros coup de coeur de cette fin d’année !

A trois endroits sur la planète (en Inde, en Sicile, au Canada) vivent trois femmes aux destins bien différents.

En Inde, Smita est une « intouchable », et pour subvenir aux besoins de sa famille, elle est obligée de ramasser à mains nues les déjections humaines.

En Sicile, Giulia est la fille d’un entrepreneur dont la maladie et les dettes mettent en péril l’avenir de l’usine familiale et des ouvriers qui y travaillent.

Au Canada, Sarah est une brillante avocate qui jongle entre sa vie de famille et sa carrière, et qui tombe gravement malade.

Ces trois destins s’entrecroisent comme les mèches de la « tresse » qui donne son titre au roman – et il faut attendre le dernier tiers du roman pour comprendre ce qui relies ces femmes si différentes et si éloignées.

J’ai eu le plaisir d’écouter ce texte dans sa version livre audio, et ce roman se prête particulièrement bien à une écoute. Le roman est lu par trois voix, chacune racontant la vie de l’une des trois protagonistes ; j’avais l’impression d’écouter trois récits réels, trois témoignages. J’ai beaucoup aimé en particulier la lecture d’Estelle Vincent, qui prête sa voix à Smita et retranscrit à merveille la vulnérabilité et en même temps la détermination de cette femme. Chaque chapitre est introduit par une petite musique de quelques secondes, là aussi bien distincte pour les trois personnages, ce qui me plongeait aussitôt dans le bon pays, la bonne ambiance.

Au delà de la forme (audio), le texte est très juste, les mots sont simples et précis. Il n’y a pas de superflu, jamais un mot inutile, jamais un passage ennuyeux qui ne servirait pas le déroulé de l’histoire. Les vies de ces trois femmes sont racontées avec une grande sensibilité, et je vous conseille vivement ce roman.

S 3-3Audiolib, durée 5h04, 20€. Texte lu par l’auteure, Rebecca Marder et Estelle Vincent.