BD

« Printemps à la charité » de Philippe Pelaez et Alexis Chabert


Si je suis allée (et retournée) vers cette série dont les tomes portent des noms de saisons, c’est d’abord pour la qualité des dessins à l’aquarelle. Pour « Printemps à la Charité », c’est d’autant plus vrai qu’à la qualité des dessins de paysages s’ajoute la qualité des portraits. Gros coup de coeur dans ce tome pour la représentation du personnage de Blanche (en couverture, et dans les planches intérieures). Elle est d’ailleurs le personnage central de ce tome, aussi mystérieuse que fascinante.

Entomologiste au Museum d’Histoire naturelle, elle est l’interlocutrice privilégiée de l’inspecteur Amaury Broyan dans le cadre d’une enquête où des hommes meurent, à moitié fous, persuadés d’être poursuivis par des araignées. Etrange point commun, ils ont tous un lien avec le terrible incendie du Bazar de la Charité, qui a fait plus d’une centaine de victimes.

Dans cette série de BD, l’histoire est toujours un peu alambiquée, mais elle l’est un peu moins cette fois-ci… et s’apparente davantage à une « vraie » enquête dans laquelle le lecteur progresse de manière continue.

Un quatrième et dernier tome est d’ores et déjà annoncé, et c’est donc l’« été » qui viendra clore cette série.

Grand angle, 72 pages, 17,90€

BD

« Hiver à l’Opéra » de Philippe Pelaez et Alexis Chabert

Si vous avez (comme moi) oublié l’histoire du premier tome « Automne en Baie de Somme », peu importe. Même si on retrouve dans ce tome Amaury Broyan, ancien inspecteur de police, l’histoire peut être lue indépendamment de la première (il y a d’ailleurs un résumé en introduction, pour resituer le personnage principal).

Un meurtre sordide est commis en pleine représentation à l’Opéra de Paris. La meurtrière se retrouve elle-même brûlée au visage, contrainte de porter désormais un masque et de se cacher dans les souterrains du bâtiment imaginé par Garnier.


Les dessins de Paris (l’Opéra Garnier, le parc Monceau…) sont sublimes et font l’essentiel de la qualité de la BD (j’ai moins aimé les visages ; quand je ne suis pas sûre de reconnaître un personnage d’une vignette à une autre, cela me gêne beaucoup dans ma lecture !). Le début de l’historie est un peu compliqué, trop sans doute pour une BD aussi courte : il y a trop d’ellipses narratives, et certaines scènes s’enchaînent sans lien. Les éclaircissements finissent par arriver, mais j’aurais préféré quelques scènes supplémentaires qui m’auraient mieux guidée en cours de lecture.

Grand angle, 72 pages, 17,90€

BD

« Automne en Baie de Somme » de Philippe Pelaez et Alexis Chabert

Capture d’écran 2023-09-03 185756Lire une bande dessinée est souvent pour moi une « pause » entre des lectures de romans très épais ou très marquants, un peu comme une transition douce.

« Automne en Baie de Somme » est une bande dessinée élégante, au style recherché et à l’histoire efficace et sans fioriture.

En 1896, l’inspecteur Amaury Broyan enquête sur la mort d’un capitaine d’industrie. L’homme était marié, respecté par ses ouvriers, et plutôt visionnaire. Il avait bien une maîtresse, mais c’était monnaie courante à l’époque et dans son milieu. Pas de quoi alerter l’inspecteur. Mais alors, qui a pu le tuer, et pourquoi ?

Deux choses m’ont marquée dans cette bande dessinée.

La première, c’est l’attention portée aux personnages féminins. Leurs dessins sont particulièrement soignés (les coiffures, le port de tête, …). Dans ces univers très masculins à l’époque (l’industrie, la police), elles sortent du lot et apportent du relief à l’histoire.

La deuxième, c’est le travail réalisé sur les personnalités des protagonistes. Ils ont chacun leur part d’ombre, leurs nuances. C’est plutôt malin.

L’histoire se lit assez vite (une soixantaine de pages), avec des passages plus poétiques et des citations de Nelly Roussel particulièrement bien choisies pour appuyer le récit. J’aurais bien prolongé cette lecture, pour l’intérêt de l’histoire et pour la qualité du récit.

S 3-3Grand Angle, 64 pages, 15,90€