Roman

« Notre-Dame de Paris » de Victor Hugo

Quel chef-d’œuvre ! Et quel bonheur de lecture !

Ne sous-estimez pas la puissance ce ces livres qui traversent les siècles et deviennent des « classiques ». Je suis très à l’aise pour reconnaître quand je n’aime pas un livre que « tout le monde » aime, quand je m’ennuie devant un texte jugé « incontournable » par des générations de lecteurs. Mais là, sans conteste, j’ai adoré ce roman.

Cela faisait longtemps que je voulais lire « Notre-Dame de Paris », mais les quelques 700 pages avaient toujours reporté cette lecture.

J’ai été un peu surprise par le début du roman, et surtout par les chapitres courts mais pleins de parenthèses sur l’histoire principale (on comprend vite que ce ne sont pas des digressions, et que tout a un sens). Les personnages sont introduits avec tout leur passé, le décor est décrit dans ses détails historiques les plus précis (amoureux de Paris, vous serez comblés), et l’auteur ne se prive pas de donner son avis sur certains sujets qui lui tiennent à cœur.

Si vous n’avez de cette histoire que les références de Disney ou d’une comédie musicale, vous découvrirez que Quasimodo n’est pas si gentil, que « la » Esmeralda est proche de l’image qu’on s’en fait («  fraîche, pure, charmante, et si faible en même temps »), et que certaines paroles de chansons sont puisées directement dans les mots de Victor Hugo.

J’ai été happée par ce roman, impossible à lâcher ; j’y suis revenue avec empressement à chaque moment de temps libre.

Quelques mots sur l’histoire : en 1482, à Paris, gravitent autour de Notre-Dame des personnages hauts en couleur. Il y a Quasimodo, le sonneur de cloches, bossu, laid, méchant, sauvé de l’abandon par Frollo, un archidiacre aussi cultivé que redoutable, alchimiste dans l’âme ; « la » Esmeralda, bohémienne, qui fait tourner les têtes sans le vouloir ; et puis Phoebus le prétentieux capitaine, Gringoire le poète trouillard…

Tout a déjà été dit et commenté sur ce roman, retenez seulement que les mots sont d’une incroyable précision, Hugo d’une érudition impressionnante, et que ce roman peut encore captiver jusque tard dans la nuit un lecteur ou une lectrice de 2026.

Points, 704 pages, 10,80€

Essai / Document

« Carnets d’amour à Juliette Drouet » de Victor Hugo

filesConnaissant de nombreux poèmes de Victor Hugo – dont de nombreux poèmes qui parlent d’amour – j’étais curieuse de lire les messages personnels qu’il avait écrits à Juliette Drouet.

Victor Hugo a 31 ans lorsqu’il rencontre Juliette Drouet. Nous sommes en 1833. Elle est actrice, mère sans être mariée ; lui a déjà écrit « Le dernier jour d’un condamné », « Notre-Dame de Paris » ou encore « Hernani ».

Dans ce livre sont regroupés plusieurs carnets que Victor Hugo a écrits à Juliette Drouet, avec leur reproduction en fac-similés et la retranscription des textes – on y reconnaît parfaitement le style de ses poèmes. C’est toujours ludique de chercher à lire le texte original, même si le format (poche) et l’écriture de Hugo n’aident pas à déchiffrer facilement les carnets !

La bonne idée de cette édition est de mettre en miroir de ces textes pleins d’amour les lettres écrites par Juliette Drouet. On y comprend mieux sa position de maîtresse, d’actrice d’origine populaire complexée face au grand écrivain, et ses décisions souvent changeantes (rester, partir), guidées par un amour plus grand que les difficultés. Leur liaison, non exclusive mais progressivement officialisée, durera jusqu’à la mort de Juliette en 1883, avant celle d’Hugo en 1885.

Si le début de l’ouvrage est orienté sur l’amour que Victor Hugo ressent pour Juliette, la suite replace leur relation dans un contexte moins rose. Hugo, bien que fou d’amour, exige de Juliette un dévouement et des renoncements qu’il ne s’applique pas à lui-même !

Au final, on peut lire cet ouvrage à partir d’entrées différentes, mais il ne faut pas s’arrêter aux carnets seuls, qui seraient bien incomplets si on les sortait de leur contexte.

S 2-3Folio, 320 pages, 10€