
J’ai un souvenir très précis d’un tableau de « Nymphéas » de Monet exposé à la National Gallery de Londres. Dans une salle qui comptait plusieurs chefs-d’oeuvre (dont un grand format de « Nymphéas »), c’est ce petit tableau dans les tons verts qui a accroché mon regard et qui m’a hypnotisée au point que je ne pouvais pas en détacher mon regard.
Je comprends donc tout à fait que le narrateur de cette histoire ait pu être frappé par sa découverte des « Nymphéas » exposés à l’Orangerie, à Paris. Sauf que pour lui, cette vision a déclenché une forme d’anxiété (alors que pour moi c’était une irrésistible attraction).
Partant de cette anxiété, et curieux de savoir ce que ce tableau a pu révéler d’inconscient, le narrateur décide d’enquêter sur les « Nymphéas ». Qu’est-ce qui a pu pousser Monet à peindre 250 fois la même variété de plantes ? Que symbolisent d’ailleurs ces fleurs d’eau ? A quoi ressemblait la vie de Monet pendant les années où il a peint ces tableaux, désormais parmi les plus célèbres du monde ? Ce sont toutes ces questions que le narrateur nous propose d’élucider (ou : d’essayer d’élucider). Si le propos est parsemé de parenthèses personnelles et de commentaires parfois décalés, le texte ne manque pas de fond, bien au contraire. Il questionne l’art et ses réalisations. C’est parfois un peu brouillon et éparpillé (la découverte d’Auschwitz arrive très bizarrement dans le récit), mais l’auteur sait recentrer le propos quand c’est nécessaire.

J’ai lu, 544 pages, 9,50€







