Si le Larzac semble aujourd’hui une terre plutôt isolée, qui ne fait plus trop parler d’elle, c’est aussi un endroit qui a symbolisé dans les années 1970 une lutte pacifique entre les paysans et l’État.
Pour celles et ceux qui n’auraient pas vécu ces années-là, rappelons quelques éléments : en 1971, l’État annonce l’extension d’un camp militaire déjà présent sur le Larzac. Or cette extension signifie l’expropriation d’une centaine de personnes qui exploitent ces terre, et qui décident de ne pas se laisser faire. Dans un combat sans violence, mais avec une grande détermination, ils vont occuper les lieux, aidés par une jeunesse pacifiste, anti-militariste, venue des villes pour s’installer plus ou moins à long terme ici.
D’habitude j’ai une préférence pour les bandes dessinées en couleur, mais ici les dessins en noir et blanc sont très bien réalisés et j’ai beaucoup aimé le rendu. Les différents protagonistes (paysans, néo-ruraux, politiques, militaires) ont tous droit à la parole, et les oppositions au sein d’un même camp ne sont pas minimisées (comme les divergences entre paysans locaux et nouveaux venus).
La lecture est d’autant plus agréable et rythmée qu’il y a aussi de nombreuses touches d’humour, ou encore des copies de photos ou de tracts, qui donnent un côté documentaire mais sans jamais alourdir la lecture. Cette bande dessinée est une très grande réussite : elle parvient à raconter l’histoire et les positions de chaque clan, de manière linéaire qui rend le récit très clair et très compréhensible. Il est fort probable, si vous ne connaissez pas encore le Larzac, que cette BD vous donnera envie d’aller faire un petit tour du côté de la « Blaquière », cette bergerie emblématique des lieux.
Dargaud, 176 pages, 23,50€
Paul et Louise sont amoureux, vivent ensemble, se marient. Mais la guerre est déclarée et Paul, qui faisait son service militaire, est appelé à combattre. Dans les tranchées, il voit l’horreur, la mort. Il tente d’échapper à la guerre en se blessant volontairement. Mais cela ne suffit pas.
Dans une ville du Costa Rica, les destins se croisent. Il y a un homme qui vide l’appartement de son père décédé ; et quelques jours avant, des voisins qui se sont croisés sur le palier, inquiets d’entendre la douche couler depuis des heures.
Cette BD m’attendait depuis des mois et des mois, je ne sais pas dire pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour la lire… A la faveur d’une « pause » entre deux romans, je me suis finalement immergée dans la marche d’Etienne Davodeau (dont je connaissais « Les ignorants », conseillé par une amie blogueuse spécialiste ès BD il y a fort longtemps). 
Ma découverte de l’œuvre de Proust est assez originale. Pour ceux qui n’ont pas suivi mes précédentes chroniques, j’avais d’abord commencé par lire le texte original, qui m’est tombé des mains et que je n’ai pas rouvert pendant des années. Puis j’ai découvert les premiers tomes de la formidable adaptation en BD par
Tous les lecteurs de Marcel Proust et ceux qui s’intéressent à sa vie connaissent forcément ce prénom : Céleste.
Lire une bande dessinée est souvent pour moi une « pause » entre des lectures de romans très épais ou très marquants, un peu comme une transition douce.
Dans ma liste de livres à lire « un jour » figure depuis longtemps d’autobiographie de Simone Veil. Mais jusqu’ici je n’ai jamais réussi à me lancer dans cette lecture car la vie de cette femme, incroyable par certains aspects, est aussi marquée d’événements tragiques et en particulier sa déportation en 1944 avec sa mère et sa sœur.
Feuilleter ce livre m’a tout de suite envie de le lire. Quel était donc cet étrange objet littéraire non identifié, ni roman, ni bande dessinée, ni vraiment roman graphique… inclassable, quoi. Une preuve ? Les personnages sont… des ronds.