« Je pense que c’est la pire chose que nous faisons en tant que femmes, ne pas partager la vérité sur nos corps, comment ils fonctionnent ou comment ils ne fonctionnent pas ». En refermant le livre de Virginie Grimaldi, c’est à cette citation de Michelle Obama que j’ai pensé. Car s’il y a une auteure qui parle bien des femmes, de leurs tourments, de leurs combats, de leur sensibilité, c’est bien Virginie Grimaldi. Elle a le talent d’écrire sur la vie des femmes et provoque chez la lectrice que je suis des émotions très fortes. Rares sont les livres qui sont capables de me faire littéralement rire (parce qu’il y a beaucoup d’humour, de gentils sarcasmes) et pleurer (face aux épreuves endurées par ses personnages), et celui-ci en fait partie.
Deux destins de femmes se croisent. Une jeune mère vient de mettre au monde une petite fille prématurée, et ne sait pas encore si l’enfant vivra. Le bébé est hospitalisé en néonatalogie, se nourrit par sonde gastrique.
L’autre personnage est une femme de cinquante ans. Divorcée, elle vit seule à Bordeaux depuis que ses enfants ont quitté le nid, l’une pour Londres, l’autre pour étudier à Paris. Elle est à un tournant de sa vie, où elle doit apprendre à vivre pour elle après avoir passé des décennies à gérer les préoccupations familiales.
Le lien entre les deux ne sera révélé qu’à la fin, même si je l’avais deviné aux deux tiers du livre.
Ce sont deux femmes fortes et fragiles, parfois dépassées par les événements de la vie, mais toujours combatives, pleines d’amour, et avec une incroyable capacité à rebondir. Véritable déclaration d’amour aux femmes, ce livre est un bijou d’humanisme. En version audio, il est lu avec beaucoup de nuance par Marcha Van Boven, qui module sa voix pour retranscrire passages légers et moments d’émotion.
Audiolib, 6h d’écoute, 21€90
J’avais depuis très longtemps envie de découvrir un roman de Colson Whitehead – je me souviens même avoir découpé un article sur lui dans une revue littéraire ! Cet auteur, dont les livres sont connus et appréciés dans le monde, est même encensé par Barack Obama – rien que ça.
Une fois n’est pas coutume, avant de vous parler de l’histoire, j’ai envie de vous parler de la comédienne qui prête sa voix à la lecture de ce roman, à savoir Marie du Bled. Pour les textes écrits en français, vous le savez, j’ai un plaisir particulier à écouter les auteurs lire eux-mêmes leurs écrits. Ici l’auteure étant américaine, c’est une comédienne française qui prête sa voix – et quelle voix ! J’ai écouté beaucoup de livres audio et rarement j’ai trouvé une voix aussi bien adaptée pour incarner le personnage principal et donner juste par son timbre toute une ambiance à cette écoute.
1950.
J’aime les romans de Virginie Grimaldi pour la tendresse qui y transparaît, et pour ce mélange toujours bien dosé d’émotion, de blessures, et malgré tout d’optimisme.
S’il y a bien une période adéquate pour prendre le temps de se poser sur la notion de travail, c’est bien celle que nous vivons actuellement. Entre ceux qui travaillent encore plus, les professionnels qui font tourner le pays au quotidien, ceux qui découvrent le télétravail… jamais le travail n’aura pris des formes aussi inédites et parfois inattendues.
Je connaissais très peu le parcours de Jane Birkin. Bien sûr je l’ai vue, très belle, dans quelques films. Je l’ai entendue dans des interviews, avec son accent étonnant et charmant. J’avais quelques repères sur sa famille, ses filles, sa vie avec Gainsbourg.
Les deux sœurs qui prêtent leurs noms au titre de ce livre, Marie et Bronia, sont Marie Curie et Bronia Dluska, toutes deux nées Skłodowska dans la Pologne de la fin du XIXème siècle. Nées dans une famille modeste mais aimante et instruite, elles ont traversé jeunes de lourdes épreuves, dont la perte de leur mère. Animé par le goût de l’instruction, et persuadé que l’avenir passe par la science, le père de Marie et Bronia les encourage à poursuivre leurs études, bien que cela leur soit interdit dans la Pologne sous influence russe.
S’il y a bien une année où il est difficile de dire si j’ai aimé ou pas « le » roman annuel que sort Amélie Nothomb à l’automne, c’est bien cette année. Car derrière la couverture qui ressemble invariablement aux autres couvertures de ses romans des dernières années (une photo de l’auteure en gros plan), le livre est un OVNI parmi tout ce qu’elle a écrit jusqu’ici. Et pour cause : le narrateur n’est autre que Jésus en personne. L’originalité ne s’arrête pas là, puisque l’auteure a décidé de lui donner la parole précisément pendant la crucifixion. Avouez que cela sort des sentiers battus de l’auteure, qui nous a habitués à toutes sortes de récit