Roman

« Le Mystère Jérôme Bosch » de Peter Dempf

9782266282871ORIUn bon livre en appelle toujours un autre, je ne cesse de le répéter. La lecture mène à la lecture. J’avais adoré « Le Mystère Caravage » du même auteur, plongée passionnante dans l’Italie du XVIe siècle et dans la créativité d’un génie.

J’étais très curieuse de lire ce roman sur Jérôme Bosch, dont j’avais aussi entendu beaucoup de bien. Il y a des similitudes entre les deux romans, qui sont construits autour d’une figure forte de la peinture (quoique je reconnais n’avoir rien su de Jérôme Bosch avant d’ouvrir ce livre ! ).

Ce roman-là navigue entre époque contemporaine (un peu) et période de l’Inquisition (90 % du livre). Je n’avais pas trop de références sur cette époque, donc j’ai trouvé le côté historique intéressant. En revanche, l’intrigue, qui a pour point de départ une attaque contre un tableau qui aboutit à la révélation d’une partie cachée, m’a semblé trop classique. J’ai lu ce pitch sur des dizaines d’autres romans… Il m’a manqué du peps, des rebondissements, du suspense (il y en a un peu dans les chapitres qui se déroulent de nos jours, mais pas dans le reste du roman).

Au final, j’ai trouvé la lecture plutôt longue ; j’aurais bien raccourci d’un tiers le roman !

S 1-3Pocket, 544 pages, 8,50€

Roman

« La famille Martin » de David Foenkinos

9782072962325_1_75Le point de départ des romans de David Foenkinos est souvent très original, le pitch me fait souvent envie. Ce roman-là n’échappe pas à la règle : un écrivain en mal d’inspiration décide de prendre pour personnage de son prochain roman la première personne qu’il croisera dans la rue ! Le destin met sur le chemin de l’écrivain une vieille dame, Madeleine, qui lui présente très vite le reste de sa famille. Voilà donc notre auteur au milieu de la famille Martin.

J’avais imaginé un gros revirement de situation, par exemple que l’auteur allait découvrir qu’il était lui-même un objet d’expérimentations, que la famille Martin allait renverser l’histoire et utiliser l’écrivain pour ses propres intérêts. Bref j’avais beaucoup brodé dans ma tête ! Le roman est moins romanesque que ça, une fois passée la mise en situation. On suit les Martin et leur biographe dans le quotidien, et cela génère quelques passages assez ennuyeux, ou du moins quelconques.

L’auteur – le vrai – n’est pas avare de bonnes trouvailles côté formulations, mais même là je me suis lassée de lire autant d’aphorismes.

Ce n’est pas un roman désagréable, mais j’en attendais trop… donc j’ai été déçue.

S 1-3Folio, 254 pages, 8,20€

Roman

« Les déracinés (tome 4) : Un invincible été » de Catherine Bardon

déracinésAinsi s’achèvent les 4 tomes de cette saga qui trouve ses racines dans l’horreur (la fuite de l’Autriche pour échapper aux nazis) et s’est construite sous le soleil dominicain.

J’ai laissé du temps entre le tome 1 et tome 2, puis entre le tome 2 et le tome 3, impressionnée sans doute par ce gros coffret. Mais j’ai enchaîné la lecture des tomes 3 et 4 en quelques jours seulement, happée par le récit de cette famille à laquelle je me suis attachée.

Dans ce dernier tome, l’Histoire avec un grand « H » est encore au rendez-vous, des attentats du 11 septembre au séisme d’Haiti, et l’auteure joue habilement entre les histoires individuelles de ses personnages et l’impact des faits historiques sur leur vie.

Les enfants de Ruth ont grandi, dans ce tome elle devient une senior, entre la jeune génération (Gaya) qui construit ses projets, et sa mère Alma qui reste un pilier de la communauté juive de Sosua.

Lisez bien jusqu’aux dernières pages de la postface pour comprendre les faits réels dont l’auteure s’est inspirée.

Une grande saga, parfaite pour l’été, et qui sera difficile à oublier.

S 3-3Les Escales (coffret collector de 2 tomes – 4 romans)

Roman

« Les déracinés (tome 3) : Et la vie reprit son cours » de Catherine Bardon

déracinésCe troisième tome de la série « Les déracinés » était posé près de moi, il m’attendait depuis quelque temps. Pourquoi ? J’avais bien aimé les deux premiers tomes, mais j’avais besoin de laisser reposer un peu cette saga avant de la reprendre. Quand j’ai commencé ce tome, j’ai pourtant tout de suite été happée par l’histoire, je n’avais rien oublié des premiers tomes, tout est revenu d’un coup, les personnages, l’ambiance.

Ruth est revenue dans ce qui est aujourd’hui la République Dominicaine, avec sa fille Gaya. Pour elle, c’est un retour aux sources ; d’ailleurs le roman se recentre sur elle, elle prend le relai d’Alma pour raconter la suite de l’histoire familiale. Alma a retrouvé son amour de jeunesse, et partage désormais sa vie entre Sosua et Jérusalem auprès de sa meilleure amie.

Une page est tournée. C’est la nouvelle génération, celle de Ruth, qui reprend le flambeau. C’est la génération née à Sosua, mais qui n’oublie rien de ses racines. Ce roman raconte aussi une époque : Martin Luther King, le mouvement hippie, la guerre du Vietnam.

Les chapitres sont toujours très courts (3 à 5 pages), avec beaucoup de rythme. C’est très agréable à lire.

J’attaque le quatrième !

S 3-3Les Escales (coffret collector de 2 tomes – 4 romans)

Roman

« Les déracinés (tome 2) : L’Américaine » de Catherine Bardon

déracinésChangement de décor – et de génération.

Ce deuxième tome, plus court que le précédent, raconte la jeunesse de Ruth. Fille d’Almah et de Wilhelm, elle quitte Sosua après la mort de son père. Elle rejoint son oncle et sa tante aux Etats-Unis. Sur le bateau qui l’emmène en Amérique, elle fait la connaissance d’Arturo, qui deviendra son meilleur ami.

On suit donc dans ce tome les premières amours de Ruth, sa vie étudiante, ses regrets et ses inquiétudes quand à l’avenir. L’histoire est beaucoup moins originale que le premier tome, plus classique (parcours de jeunesse). L’Histoire avec un grand H reste présente en fond (Martin Luther King, Kennedy etc) mais ce sont des faits connus.

L’écriture et le rythme des chapitres sont en revanche les mêmes que dans le premier tome : des chapitres courts, une alternance de récits de plusieurs personnages, bref les ingrédients qui m’avaient plu dans le premier tome.

Ma chronique aurait pu s’arrêter là.

Elle représentait ce que je pensais en fermant le 1er tome du coffret intégral. J’avais mis une « note » de 2 sur 3.

Sauf qu’en ouvrant le 2e tome du coffret, j’ai compris ma frustration : le 2e tome avait été coupé entre les deux coffrets, je n’avais pas encore lu la fin ! Il me manquait la moitié de l’histoire… et cette 2e moitié s’est révélée complètement à la hauteur du 1er tome, avec des périples sur plusieurs pays, des remous familiaux et sentimentaux. Pour Ruth, qui devient adulte, c’est aussi la quête permanent « du » lieu où se sentir bien et où construire sa vie.

Ce tome est donc très réussi – si on n’oublie pas d’en lire la moitié – et s’achève en laissant de nouveaux horizons possibles… De quoi attaquer le 3e tome avec curiosité.

S 3-3Les Escales (coffret collector de 2 tomes – 4 romans)

Roman

« Les déracinés (tome 1) » de Catherine Bardon

déracinésIl y a dans ce roman de nombreux ingrédients faits pour me plaire : une saga familiale (4 tomes, celui-ci est le premier), une dimension historique, des joies et des peines, des personnages que l’on suit dans la durée et sur plusieurs générations…

L’histoire est celle de Wilhelm et Almah ; juifs autrichiens, ils son tombés amoureux au début des années 1930, et ont construit de nombreux projets. Il est journaliste, elle est dentiste, ils ont tout pour être heureux ensemble, mais la guerre les rattrape et les contraint à l’exil.

On suit avec crainte et tristesse leur longue errance à travers des camps transitoires, eux qui ne rêvent que de la grande Amérique ; on suit aussi leurs désillusions et leurs renoncements, mais aussi les petits moments de joie et de grâce qu’ils arrivent à préserver.

Finalement ce n’est pas l’Amérique qui leur tendra les bras, mais la République dominicaine. J’ai aimé suivre la construction de leur nouvelle vie dans ce pays si différent de celui où ils vivaient, leur incroyable capacité à se réinventer ailleurs, et les nouveaux liens qu’ils tissent.

Il y a des passages assez durs dans le roman, car on voit ces deux jeunes gens renoncer progressivement à tous leurs projets, quitter leurs proches, et repartir de zéro. C’est un livre que je n’ai pas lu d’une traite, j’ai eu besoin de le poser parfois un jour ou deux avant de le reprendre. Mais il y a aussi beaucoup d’espoir dans ce roman, l’idée que l’on peut repartir de zéro ou continuer sa vie, n’importe où, n’importe quand, pourvu que l’on trouve en soi la force d’y croire et de rebâtir petit à petit tout ce qu’on a perdu. J’ai aimé cette saga et les deux principaux personnages qui sont très attachants ; j’ai très envie de lire la suite.

S 3-3Les Escales (coffret collector de 2 tomes – 4 romans)

Roman

« L’anomalie » de Hervé Le Tellier

product_9782072965821_195x320J’avais beaucoup entendu parler de ce roman, mais bizarrement sans en connaître l’histoire. D’ailleurs je vais essayer de vous en dire le moins possible sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir de comprendre quelle est cette anomalie qui donne son titre au roman.

C’est toujours difficile de donner son avis sur un roman qui a reçu le prix Goncourt, surtout quand il a eu du succès en librairie ! En vanter les qualités, c’est inutile (les jurés du Goncourt n’ont pas attendu mon avis ;-)) ; n’être pas assez enthousiaste, c’est ne pas avoir compris le chef d’oeuvre…

Tant pis je donne quand même mon avis… et il est un peu réservé.

En fait, le thème du roman est très bien trouvé, pas totalement inédit ou révolutionnaire, mais suffisamment quand même pour créer des passages originaux et pour interpeller le lecteur – comment aurions-nous vécu cette situation ?

Ce que je regrette, c’est le trop long démarrage du roman. Il y a certes la partie intéressante, celle d’un avion Paris-New-York pris dans les turbulences – et le lecteur tremble en même temps que les passagers.

Et puis il y a ces longs chapitres qui racontent la vie des passagers, qui m’ont ennuyée, et qui n’ont d’ailleurs qu’un demi-intérêt pour la suite du roman. Il y aurait eu moins de personnages, ou moins de détails sur chacune de leur vie, cela aurait fonctionné quand même…

Il y a quand même de bonnes trouvailles, et une fois passées les 150 premières pages que j’ai trouvées trop longues, la suite est plus captivante.

S 2-3Folio, 416 pages, 8,90€

Roman

« Blackwater 6 – Pluie» de Michael McDowell

blackwater6Ainsi s’achève l’incroyable, l’incomparable saga « Blackwater ».

Les années ont passé, Elinor est moins présente même si elle reste la matriarche de la famille Caskey. Le lecteur s’est habitué aux quelques scènes fantastiques – et bien que ce soit cet aspect du roman qui m’ait fait hésiter à le lire, je me suis surprise à attendre dans ce tome les passages de métamorphose, à attendre d’avoir plus de détails et de « comprendre ».

Ma grande inquiétude dans les premiers tomes était de refermer le dernier tome sans avoir obtenu de réponse. Au final, j’en ai eu certaines, au moins suffisamment pour ne pas rester complètement dans l’obscurité. Quelques interrogations qui subsistent et laissent le lecteur imaginer ou interpréter certaines situations comme il le souhaite.

Je referme cette saga avec le sentiment d’avoir eu entre les mains non seulement six jolis ouvrages bien travaillés, mais aussi une saga comme je n’en avais jamais lue, et qui va me suivre encore longtemps.

S 3-3Monsieur Toussaint Louverture, env.250 pages, 8,40€

Roman

« Blackwater 5 – La Fortune» de Michael McDowell

Blackwater5Si la scierie familiale a toujours permis aux Caskey de bien vivre, leur fortune colossale se construit dans ce tome autour d’une autre richesse : le pétrole. Tandis que Miriam gère d’une main de maître les intérêts économiques de la famille, Frances est plus que jamais centrée sur sa vie familiale. Elle est enceinte et cette grossesse va nous apporter de nombreuses révélations.

Des réponses sont apportées au lecteur, certains mystères s’éclaircissent. Il y a aussi les petites histoires des autres membres de la famille, mais c’est bien Frances qui est au coeur de ce tome.

La lecture est toujours aussi plaisante, toujours aussi difficile à lâcher. Il ne me reste plus que le tome 6 à découvrir pour clôturer cette saga ; je commence déjà à songer à « l’après Blackwater », quand il va me falloir trouver une autre lecture – il va me falloir du lourd après un tel engouement sur plusieurs semaines !

S 3-3Monsieur Toussaint Louverture, env. 250 pages, 8,40€

Roman

« Blackwater 4 – La Guerre » de Michael McDowell

Blackwater4Je poursuis ma lecture quasi frénétique de « Blackwater », à raison d’un tome tous les 2 ou 3 jours.

Ce tome-là est capital, car une partie du voile se lève sur les pouvoirs d’Elinor. Je suis contente de voir que l’on progresse, que l’on comprend mieux quand et pourquoi se produisent ses métamorphoses.

Pourtant l’histoire est de moins en moins centrée sur Elinor. Les années continuent de filer, Miriam et Frances arrivent à la fin de leurs études. Miriam a tout d’une femme d’affaires, tandis que Frances découvre peu à peu ses propres pouvoirs, ce qui la rend particulièrement chère aux yeux d’Elinor.

C’est donc la nouvelle génération que l’on suit dans ce 4e volet, avec les cousines Grace et Lucille, le petit Django devenu presque adulte, et bien sûr Miriam et Frances. Le climat familial est apaisé depuis la mort de Mary-Love, mais il se passe toujours quelque chose dans cette famille !

Je lis toujours avec plaisir cette saga, et encore une fois, je suis bien contente que l’auteur donne une nouvelle impulsion pour la suite en livrant quelques clés que j’attendais.

S 3-3Monsieur Toussaint Louverture, env. 250 pages, 8,40€