Je me souviens avec précision avoir lu l’an dernier, exactement à la même époque, un autre livre de la même auteure, « Les gardiennes du silence ». Me revoilà donc cette année avec un autre livre entre les mains, même saison, même auteure, même style de couverture – celle-ci est particulièrement jolie d’ailleurs.
L’histoire est différente pourtant, et j’ai beaucoup aimé celle-ci et surtout le style de l’auteure.
Julia prépare l’écriture d’un livre sur les plus grands escrocs. En panne d’inspiration, elle décide de s’isoler quelques jours avec sa fille à la Fondation Saint-Just. Mais un soir, elle est victime d’un accident de voiture. Sa fille la croit morte, et ne découvre que vingt ans plus tard que sa mère avait survécu à l’accident, et qu’elle a passé dix ans dans un couvent, où elle a réalisé des centaines de dessins.
Je vous l’accorde, le point de départ – le décès caché pendant vingt ans – est un peu tiré par les cheveux, mais le rythme est si bien construit et les personnages si bien imaginés que l’on n’en tiendra pas rigueur à l’auteure.
Les personnages sont d’ailleurs le grand point fort de ce roman. J’ai adoré Marius, le gastronome qui choisit ses menus en fonction des nouvelles qu’il doit annoncer à ses invités ; ou encore Clémence, la fille de Julia, en parfaite ermite musicienne. Tous ont beaucoup de profondeur, on sent que l’auteure a veillé à en faire des personnalités riches et uniques.
Quand à « l’enquête » que Clémence va mener pour comprendre ce qui s’est passé vingt ans plus tôt, elle réserve bien des rebondissements et, même si là encore certains ne sont pas tout à fait crédibles, il faut accepter de se laisser porter par l’histoire. J’ai passé un très bon moment de lecture et j’avais du mal à lâcher ce livre avant de l’avoir terminé.
Les Presses de la cité, 384 pages, 20€

1950.
J’aime les romans de Virginie Grimaldi pour la tendresse qui y transparaît, et pour ce mélange toujours bien dosé d’émotion, de blessures, et malgré tout d’optimisme.
En commençant ce livre, j’en avais lu le résumé fait par l’éditeur, et je savais donc (à peu près!) à quoi m’attendre, à savoir une construction atypique et forcément complexe.
Surprendre le lecteur et l’entraîner dans un univers différent d’un livre à l’autre : voici un talent dont peut se vanter Laurence Labbé. J’ai déjà lu plusieurs livres de cette auteure, et je me laisse surprendre à chaque fois par son univers, tantôt décalé ou humoristique, tantôt poétique, mais toujours plein de sensibilité.
Si certains romans portent une histoire, d’autres portent une ambiance. C’est le cas pour cet étonnant premier roman. Bien que le roman soit court (moins de 150 pages), j’ai eu l’impression de traverser (en partie) un pays, historiquement et géographiquement.
Avec ce dernier titre s’achève la « Trilogie de Corfou », qui m’aura accompagnée pendant le confinement et même un peu au-delà. Voici trois ouvrages dont je n’oublierai pas de sitôt l’ambiance ensoleillée (par le climat) et joyeuse (par cette famille tellement loufoque).
On ne se rend pas toujours compte, en démarrant une lecture, de l’impact qu’elle pourrait avoir sur un plus long terme.
J’ai un souvenir très plaisant d’une mini sérié télévisée inspirée de la « Trilogie de Corfou » de Gérald Durrell, et les trois tomes de cette histoire familiale un peu déjantée m’attendaient depuis plusieurs mois.