Rachel n’en revient pas : lors d’une visite à Paris, elle croise par hasard Vincent, l’homme qu’elle aime depuis toujours… et qu’elle croyait mort depuis six ans. C’est impossible, et pourtant Rachel est sûre de le reconnaître.
Qui va la croire parmi ses proches ? Sa sœur, son cousin, dont elle est si proche, ne vont-ils pas la prendre pour une folle ? Et, si Vincent est vraiment en vie, que s’est-il passé il y a six ans quand tout le monde l’a cru mort ?
Premier roman d’une auteure découverte d’abord sur Librinova avant d’être publiée de façon plus « traditionnelle », « Six ans à t’attendre » est un roman assez agréable à lire. Il a quelques défauts d’un premier roman, notamment quelques longueurs et phrases inutiles qui nuisent au rythme de l’histoire, et quelques maladresses dans l’écriture. Mais l’ensemble du roman reste plaisant : Rachel, sa sœur et leur cousin vont se transformer en enquêteurs amateurs et plonger dans le passé de Vincent. Les personnages sont sympathiques, assez marqués mais pas trop caricaturaux, et l’histoire réserve plusieurs rebondissements. Au final, malgré les longueurs (surtout à la fin), j’ai passé un bon moment de lecture et je suivrai avec intérêt les prochains romans de Delphine Giraud.
Fleuve éditions, 360 pages, 17,90€
S’il y a bien une année où il est difficile de dire si j’ai aimé ou pas « le » roman annuel que sort Amélie Nothomb à l’automne, c’est bien cette année. Car derrière la couverture qui ressemble invariablement aux autres couvertures de ses romans des dernières années (une photo de l’auteure en gros plan), le livre est un OVNI parmi tout ce qu’elle a écrit jusqu’ici. Et pour cause : le narrateur n’est autre que Jésus en personne. L’originalité ne s’arrête pas là, puisque l’auteure a décidé de lui donner la parole précisément pendant la crucifixion. Avouez que cela sort des sentiers battus de l’auteure, qui nous a habitués à toutes sortes de récit
Vivre dans un cimetière.
Dès les premières pages du roman, le ton est donné : Chloé décide de tuer son mari Jeffrey. Bien sûr le lecteur se demande immédiatement « pourquoi ? » et l’on devine que la suite du roman sera un retour arrière dans la vie de ce couple, pour comprendre ce qui a amené Chloé à ce geste.
Maylis de Kerangal a indéniablement cette capacité à réinventer son écriture dans toutes sortes de défis, d’aborder des thèmes variés, d’emmener le lecteur dans des univers qui n’ont rien à voir d’un livre à l’autre. Chaque texte est dès lors une découverte, même si le fil rouge reste bien sûr cette écriture si caractéristique, hachée, comme mue par une urgence à dire les choses, et ces reformulations qui font sonner certaines phrases comme des hésitations à nommer les événements par une unique tournure.
Il
Alors que leur mère a disparu depuis longtemps, deux sœurs se retrouvent au chevet de leur père vieillissant, qui vient de faire un malaise.
L’anglais ne restitue pas complètement dans le titre l’étendue du récit, puisqu’il ne parle pas d’une seule Mrs Hemingway, mais de plusieurs. En tout cas, une chose est sûre : c’est un roman qui rend hommage aux femmes de l’écrivain – tandis qu’Hemingway n’en ressort franchement pas grandi ! Homme instable, marqué par la guerre mais surtout incapable de préserver la femme qu’il aime, il passe sa vie à tromper ses femmes successives. Il leur impose des trios amoureux destructeurs, profite de ses voyages pour mener une double vie, et laisse derrière lui des drames et des coeurs brisés.
Si j’aime autant la littérature, c’est pour vivre des moments de lecture comme celui que je viens de vivre avec « L’étrange histoire du collectionneur de papillons ». Je me suis fait piéger par ce livre comme un papillon dans un filet.
J’ai d’abord été attirée par la couverture colorée de Soledad Bravi, et aussi bien sûr par ce titre prometteur : « Vers la beauté ».