On ne se rend pas toujours compte, en démarrant une lecture, de l’impact qu’elle pourrait avoir sur un plus long terme.
Ainsi, j’avais depuis longtemps envie de lire la « Trilogie de Corfou » après en avoir visionné une version télévisée, mais j’ai été un peu déçue par la lecture du premier tome. J’ai donc commencé le deuxième tome, « Oiseaux, bêtes et grandes personnes » en me demandant si cette trilogie n’allait pas me paraître interminable à lire. J’étais d’autant plus hésitante que le deuxième tome n’est pas à proprement parler une suite du premier, mais plutôt un complément. En effet le narrateur raconte des anecdotes vécues par sa famille à Corfou, anecdotes qui croisent d’un point de vue temporel celles du premier tome. Il y a donc dans les premières pages quelques redites qui m’ont ennuyée, mais qui visaient je suppose à redonner le contexte pour tout lecteur qui n’aurait pas lu les deux textes à la suite.
Or ma déception s’est très vite arrêtée, et je dois dire que je suis retournée avec bonheur sur cette île décrite avec un amour et une spontanéité pleins de fraîcheur, à tel point qu’il me suffisait d’ouvrir le livre pour sentir mon corps inondé de soleil, et imaginer que j’étais assise à l’ombre d’un olivier…
Sans doute les lectures faites pendant le confinement garderont une place particulière dans nos mémoires de lecteurs, et avoir pu m’évader à Corfou pendant cette période aura été une parenthèse salutaire.
Quant à l’histoire, elle est strictement dans la continuité de la précédente, et l’on retrouve le jeune Gerry, passionné d’animaux, entouré de ses deux frères, de sa sœur, et de sa mère, dans des mésaventures familiales à peine croyables mais pleines de sensibilité et de drôlerie. Gerry raconte ainsi sa quête permanente pour découvrir (et héberger!) de nouvelles espèces animales, et toutes les déconvenues que la transformation de la maison familiale en zoo peuvent apporter. La passion de ce jeune garçon pour les animaux, son dévouement pour eux (lorsqu’il va par exemple « à la plage avec des seaux quatre ou cinq fois par jour » pour changer l’eau d’un aquarium) sont admirables, sans militantisme mais avec toujours beaucoup de respect.
Lisez cette trilogie dépaysante, qui irradie de plaisirs simples, et où aucun petit tracas du quotidien n’est assez fort pour anéantir l’enthousiasme.
La Table ronde, 337 pages, 14€
J’ai un souvenir très plaisant d’une mini sérié télévisée inspirée de la « Trilogie de Corfou » de Gérald Durrell, et les trois tomes de cette histoire familiale un peu déjantée m’attendaient depuis plusieurs mois.
Il ne faut pas se fier aux titres des romans.
C’était il y a bien longtemps, et pourtant je me souviens bien de ma lecture de « L’esprit de famille », la saga écrite par Janine Boissard. Je me souviens de cette famille charmante dont le père est médecin, et qui compte quatre filles si différentes et si complémentaires. J’empruntais ces livres à la bibliothèque de mon lycée, et je me souviens à quel point ces textes avaient « parlé » à l’adolescente que j’étais.
Qui est donc cette femme, aussi crainte que respectée, qui a obtenu respect et protection grâce aux mots ?
Julien est fils de cuisinier. Elevé près des fourneaux, il voue une admiration quasi sans borne à son père, surtout depuis que sa mère s’est volatilisée du jour au lendemain.
Après le départ de Torunn de la ferme, la famille a repris son rythme de vie, chaque membre de son côté. Quatre années ont passé. Torunn vit avec l’éleveur de chiens (rencontré dans le tome précédent), dont elle n’attend rien pour l’avenir. Il la trompe, elle le sait, mais reste malgré tout avec lui. Déprimée, elle ne voit pas de projet susceptible de la faire revenir vers une vie heureuse. Erlend et Krumme sont devenus parents de trois bambins. Le grand-père s’est installé dans une maison de retraite, où il est heureux. Et Margido envisage de développer son entreprise.