Au cas où cela vous aurait échappé, non seulement j’aime lire, mais j’aime donner mon avis à ceux que cela intéresse. Inévitablement, on me demande aussi régulièrement mon avis sur des livres, pour orienter ou confirmer un choix, pour trouver une idée pour les vacances ou un cadeau…
Me voilà bien embêtée lorsque l’on m’a demandé, à propos de « La disparition de Joseph Mengele » si c’était un livre que j’avais aimé. Je suis incapable de répondre directement à cette question, car je ne crois pas que c’est un livre que l’on peut « aimer ». C’est un livre historique, intéressant, nécessaire, qui interpelle, ça oui. Mais est-ce un livre à « aimer » ? Ai-je passé un « bon » moment ? Non.
Il faut dire que le sujet du livre est particulièrement sombre, racontant comment Joseph Mengele, criminel nazi à l’origine d’atroces recherches génétiques dans les camps de concentration, a organisé sa fuite et sa vie cachée après la guerre.
Le livre ne traite pas directement de la guerre, mais de l’après, de la fuite de Mengele et de ses cachettes. Mais la mémoire de Mengele ramène régulièrement le lecteur dans l’horreur. Ce n’est pas une biographie, pas un roman non plus, je l’ai plutôt pris comme une sorte de documentaire traité par l’outil de la littérature.
J’ai découvert le texte en version audio, et l’enregistrement se termine par une interview fort intéressante de l’auteur. Il y revient notamment sur le choix de ce sujet lourd, et sur la façon dont il a vécu l’écriture sur un homme qu’on ne peut que détester et mépriser. Il y explique notamment comment derrière la cruauté du personnage se cache surtout une incroyable médiocrité. Cette interview mériterait même d’être écoutée avant la découverte du texte, car elle donne le contexte et évacue d’emblée des questions qui peuvent troubler le lecteur – à l’écoute de certains passages particulièrement horribles, je me demandais comment l’auteur avait fait pour gérer l’écriture d’un tel texte.
Si Mengele n’a jamais été jugé de son vivant, ce livre écrit de nos jours rétablit pour la postérité une autre forme de justice de mémoire.
Audiolib, 5h48, 20€
Mack travaille dans une mine de charbon. Epris de liberté et révolté par les conditions de travail des mineurs, il se rebelle contre la famille qui l’emploie, les Jamisson.
Il y a plusieurs années de cela, j’ai lu « L’événement » d’Annie Ernaux. Malgré des centaines et des centaines de livres lus depuis, celui-ci reste l’un des plus bouleversants et des plus marquants de mes souvenirs de lecture.
Hervé Jaouen est un auteur dont je suis les publications depuis plusieurs années, et que j’apprécie tout particulièrement. Derrière des histoires régionales a priori simples, il sait mettre en scène des personnages très forts, souvent des ouvriers ou des paysans (ici des hommes de la mer), qui n’ont d’autre fortune que leurs bras pour travailler. Il sait transformer ces tempéraments en héros du quotidien, et leur tisser des destins incroyables mais qui sont des reflets de leur époqie.
Le contexte de découverte d’un livre peut déterminer fortement l’appréciation que l’on en aura. Selon l’humeur du lecteur, ou plus largement l’ambiance ou le moment où l’on découvre le texte, celui-ci n’aura pas le même impact.
Joseph est mort, et la nuit qui suit son enterrement, sa veuve Eglantine se souvient…
Que l’on ne s’y trompe pas : bien que ce roman soit une réédition (revue) d’un livre sorti en 2009, on y retrouve bien tous les codes que les lecteurs qui aiment les romans de Michel Bussi (c’est mon cas) attendent.
De Pierre Lemaitre, j’avais déjà lu plusieurs polars, et le désormais incontournable
Rendre hommage à sa mère dans un texte de souvenirs est une démarche assez classique pour un auteur. La littérature ne compte plus le nombre d’œuvres qui y sont consacrées.