
Un vent d’espoir souffle sur le château des animaux, où le taureau Silvio règne pourtant toujours en dictateur. L’arrivée d’un rat voyageur a changé les ambitions des animaux opprimés : eux qui se pensaient trop faibles pour combattre par la force, découvrent qu’une autre forme de guerre est possible, sans armes, sans sang. Miss B, la chatte docile, devient peu à peu la meneuse du groupe. Elle organise une rébellion douce, toujours aidée par César le lapin (très drôle) obligé de délaisser un temps ses conquêtes.
Le chemin est long vers la liberté, et comme dans le premier tome, il y a plusieurs passages très sombres. On ose imaginer que les opprimés triompheront dans le dernier tome (il y en a 4), que la justice et la démocratie permettront aux animaux du château de vivre ensemble en bonne intelligence. Mais d’ici là, des animaux meurent, sacrifiés pour l’exemple, épuisés. Cela donne lieu à quelques dessins assez sanglants, mais sans doute faut-il en passer par là pour montrer le cheminement de la révolte.
L’histoire est dense, profonde, propice à la réflexion. J’ai habituellement quelques réserves sur les histoires dont les héros sont des animaux, car les ficelles sont souvent grosses pour illustrer les travers humains par leur intermédiaire. Mais ici le propos est intelligent et formulé avec exigence, le scénariste ne cède jamais à la facilité : vous ne trouverez pas de vocabulaire caricatural sur le taureau et ses sbires par exemple, tout est porté naturellement par l’histoire (et les dessins).
A suivre…

Casterman, 56 pages, 16,95€