Bien avant de lire sa trilogie des « Enfants du désastre » (dont j’ai chroniqué sur ce blog « Couleurs de l’incendie » et « Miroir de nos peines »), je connaissais Pierre Lemaitre comme un excellent auteur de polars. Avec « Alex » ou « Robe de marié », il m’avait déjà impressionnée par sa capacité à raconter des romans noirs très psychologiques, bien orchestrés et intelligents – c’est-à-dire pas seulement pleins de rebondissements (ce qui est déjà très bien), mais en construisant des personnages complexes, étonnants, qui reflètent tout ce que l’être humain peut avoir de ressorts cachés en lui.
« Cadres noirs » m’attendait depuis longtemps. Acheté un jour par hasard, avec la certitude que le livre me plairait, mais un peu noyé parmi d’autres livres que j’avais aussi envie de lire, il a attendu son heure. Enfin son heure est venue, et c’est un nouveau grand plaisir de lecture que j’ai vécu.
Alain Delambre est chômeur depuis plusieurs années. Proche de la retraite, il sait que retrouver un emploi comme ceux qu’il a connus – DRH dans une grande entreprise – est devenu inaccessible pour lui. Il accepte des petits boulots sans qualification, parce qu’il faut bien manger et payer les traites de l’appartement. Si sa femme ne lui reproche rien, lui se sent chaque jour un peu plus dévalorisé. Lorsqu’une annonce atypique est publiée (participer à une fausse prise d’otage organisée par un recruteur), Alain n’hésite pas. Pas question de s’attarder sur des considérations morales ; ce job, il le veut, et il va tout faire pour l’avoir.
Commence alors une quête tout à la fois ambitieuse et folle, celle d’un homme qui doit pouvoir saisir sa chance de retrouver son honneur – parce que c’est sans doute la dernière chance qu’il aura.
Avec beaucoup de rythme, de rebondissements, et toujours l’incroyable talent narratif qu’on lui connaît, Pierre Lemaitre fait de ce roman un thriller psychologique particulièrement bien construit. Alain Delambre, le personnage central, est un symbole d’acharnement, de « non-résignation » ; et ce roman, l’œuvre d’un fin stratège.
Le Livre de poche, 442 pages, 7,90€
En commençant ce livre, j’en avais lu le résumé fait par l’éditeur, et je savais donc (à peu près!) à quoi m’attendre, à savoir une construction atypique et forcément complexe.
Rose Bertin et Léonard sont deux personnages historiques qui ont fortement contribué à l’image de Marie-Antoinette – à son image de modernité, mais aussi à une certaine frivolité qui alimenta la moquerie et le désamour de son peuple. Lenormand a choisi de faire de la modiste et du coiffeur les héros d’une série de cosy mysteries.
Après «
Que vous soyez féru d’Histoire, ou que votre scolarité vous ait laissé un mauvais souvenir des dates à apprendre par cœur, ce livre vous fera passer un passionnant moment de lecture.
Le fameux douzième coup de minuit est évidemment très romanesque. Tant pis si l’ambiance est un peu galvaudée, j’ai une fois de plus apprécié cette enquête de Miss Silver.
Situer une intrigue policière dans un immeuble est toujours une idée qui apporte de nombreuses ficelles narratives à un auteur. Prenez l’immeuble Vandeleur House, par exemple. On y croise une commère, une jeune veuve, un vieux couple, une blonde séduisante, une fille trop obéissante, un gardien qui ne se mêle de rien… Autant de personnages à qui il peut arriver mille et une histoires, qui se croisent à peine dans un ascenseur, et qui pourtant vont tous être impactés par un meurtre commis dans l’immeuble.
Surprendre le lecteur et l’entraîner dans un univers différent d’un livre à l’autre : voici un talent dont peut se vanter Laurence Labbé. J’ai déjà lu plusieurs livres de cette auteure, et je me laisse surprendre à chaque fois par son univers, tantôt décalé ou humoristique, tantôt poétique, mais toujours plein de sensibilité. 
Si certains romans portent une histoire, d’autres portent une ambiance. C’est le cas pour cet étonnant premier roman. Bien que le roman soit court (moins de 150 pages), j’ai eu l’impression de traverser (en partie) un pays, historiquement et géographiquement.