Il y a des livres que l’on déguste comme des gourmandises. « Rester groupés », la suite du truculent « Poulets grillés » de Sophie Hénaff, fait assurément partie de ces pépites dont je voudrais faire durer le plus longtemps possible la lecture. En effet ce second opus est à la hauteur du précédent, et je n’ai pas boudé mon plaisir à sa lecture !
Rappelez-vous : dans « Poulets grillés », nous faisions la découverte d’une équipe de policiers, menés par la commissaire Capestan ; mis au ban de la police pour diverses raisons (alcoolisme, poisse notoire, vedettariat,…), ils sont chargés de mener des enquêtes parallèles. Puisqu’ils n’ont plus rien à perdre, on leur laisse mener leurs enquêtes avec toute leur originalité.
Dans ce second volume, la brigade est confrontée à une problématique particulière : enquêter sur la mort de Serge Rufus, ancien flic…et ancien beau-père de Capestan. Et la commissaire va aller de découvertes en déconvenues : sa vie personnelle, déjà peu joyeuse, n’en finit pas de voler en éclats ; et elle découvre qu’il y a dans sa brigade un vilain canard qui ne lui a pas tout dit sur l’enquête en cours… Lire la suite
Parmi mes belles découvertes littéraires des dernières semaines, se trouve Firmin Le Bourhis. Je l’ai rencontré au Salon du livre de Paris en mars dernier. Contrairement à certains auteurs qui se cachent derrière leur table, lui n’est pas du genre timide, et interpelle les lecteurs qui flânent à proximité de son stand breton. Il est fier de montrer son impressionnante œuvre, déjà une trentaine de livres écrits depuis qu’il a pris sa retraite il y a quinze ans.
Oubliez la couverture de bord de mer, qui n’illustre pas grand-chose de l’histoire.
1895. Coureur de jupons notoire, le jeune vicomte Gonzague mène une vie de plaisirs, sans contrainte et sans inquiétude quant à l’avenir. Si sa sœur ne supporte pas sa vie dissolue, sa mère ferme les yeux sur les frasques de son fils chéri.
Je ne connaissais pas Erri de Luca, et j’ai choisi de lire ce court livre publié chez Folio dans la collection « le forum » pour l’extrait repris sur la couverture – et qui d’ailleurs prend plus de place que le titre lui même : « J’accepte volontiers une condamnation pénale, mais pas une réduction de vocabulaire ». Erri de Luca a écrit ce texte pour justifier des propos qu’il a tenus et qui, selon lui, ont mal été interprétés, et lui ont valu des poursuites judiciaires.
En ce jour d’élection présidentielle, chroniquer un roman qui s’intitule « Les duellistes » pourrait vite se transformer en chronique politique. C’est bien loin d’être le cas, car ce roman se déroule à une toute autre époque, en l’occurrence le XVIIème siècle.
Les premiers paragraphes de « Charlotte » surprennent : phrases très courtes, retour à la ligne à chaque phrase. Visuellement, c’est un poème, même si la lecture du texte prouve que ce n’en est pas un. J’interromps ma lecture, feuillette le reste du livre : tout le roman est écrit sous cette forme. Je me demande pourquoi Foenkinos a fait ce choix qui risque de gêner la lecture de son texte. Il faut attendre plusieurs dizaines de pages pour comprendre que ce n’est pas un effet de style, mais la retranscription de ce que l’auteur ressent lorsqu’il pense à la vie de Charlotte Salomon.
Le narrateur, orphelin, grandit dans un village perdu au fond des montages pyrénéennes. Recueilli par Mémé, il est un enfant intelligent et travailleur. Mais certaines pulsions, entretenues par son diabolique frère Jeff, le poussent à des actes de cruauté. Le roman, d’ailleurs, commence par une extermination en règle de 143 limaces en un jour, brûlées pour avoir mangé les lentilles du potager de Mémé.
Il ne vous aura pas échappé que, depuis plusieurs années, la mode dans l’édition est aux titres (trop) longs. « Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse » n’échappe pas à cette règle, mais heureusement c’est le seul gros défaut de ce livre.