Roman

« Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse » de Michaël Uras

           nos souvenirs Il ne vous aura pas échappé que, depuis plusieurs années, la mode dans l’édition est aux titres (trop) longs. « Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse » n’échappe pas à cette règle, mais heureusement c’est le seul gros défaut de ce livre.

              Pour le reste – c’est-à-dire pour l’essentiel – l’écriture est vive et pleine de fraîcheur, et ce petit roman se lit avec grand plaisir. C’est une sorte de recueil de chroniques de la vie d’un homme, de son enfance à sa vie d’adulte ; défi ambitieux en si peu de pages. Si le narrateur juge ses souvenirs « poisseux », il n’y a rien de glauque dans le récit qu’il fait de son enfance, de sa vie familiale et de ses premières amours. Au contraire le récit est attachant, attendrissant aussi. Il n’y a pas d’intrigue en soi, pas de suspense, juste le plaisir d’une lecture rafraîchissante.

Mon conseil :

Si on allait découvrir les autres romans de cet auteur ?

S 3-3Le Livre de poche, 182 pages, 6,30€

Roman

« Le dernier chômeur » de D.J.F Audebert

dernier chômeurCampagne électorale oblige, mon œil citoyen a été attiré par ce roman au titre et au résumé surprenants : « Le dernier chômeur ». Dans un futur que l’on imagine proche, les politiques ont enfin vaincu ce fléau de notre époque professionnelle. Le chômage a enfin disparu. Si je parodiais « Astérix », je pourrais dire « Tous les chômeurs ont disparu. Tous ? Non. Car un irréductible gaulois résiste encore et toujours… » Lire la suite

Roman

« Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde

Portrait Dorian GrayTout comme le Monsieur Jourdain de Molière faisait de la prose sans le savoir, vous avez sans doute déjà cité Oscar Wilde sans le savoir. Plus particulièrement, vous connaissez sans doute des citations extraites du « Portrait de Dorian Gray » :

            « Ceux qui sont fidèles connaissent seulement le côté trivial de l’amour ; c’est la trahison qui en connaît les tragédies. »

            « Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder. »

            « Les enfants commencent par aimer leurs parents ; en vieillissant ils les jugent ; quelquefois ils les oublient. » (même si la traduction qui me semble juste est « […]  ils leur pardonnent », « forgive » étant le mot original)

            Ce livre, publié pour la première fois en 1891, conserve toute sa modernité et sa justesse. Dorian Gray, un beau jeune homme vaniteux, voit sa vie basculer après avoir souhaité que son portrait, réalisé par un peintre qui ne cesse de vanter sa beauté, vieillisse à sa place. Par une obscure force inexpliquée, le vœu de Dorian Gray est exaucé : tandis que son portrait accuse les marques du temps, lui conserve sa jeunesse et sa beauté.

            Profitant de cette jeunesse perpétuelle, Dorian prend l’habitude de ne rien redouter. Qu’importe ce qu’il fait, ou comment il se comporte avec les autres : son visage garde son angélique jeunesse. Il se perd dans toutes sortes d’histoires sordides dans lesquelles ses amis ne peuvent l’imaginer être tombé. Méprisant les autres, ne craignant rien de la vie, son existence n’est plus que débauches et bassesses.

            Bien sûr il y aura une morale à l’histoire, car si je parle de roman il faudrait en réalité classer ce livre parmi les contes. Dans notre monde basé sur les apparences, « Le Portrait de Dorian Gray » résonne encore comme un message à entendre. La vanité et la fugacité de la jeunesse restent des thèmes d’aujourd’hui.

            J’avais déjà lu ce roman il y a de nombreuses années, mais j’avais oublié le canevas de l’histoire et sa fin pourtant inévitable. J’ai pris plaisir à le relire dans cette très belle édition du Chêne, en grand format et avec des illustrations. Un coup de griffe quand même pour les nombreuses fautes d’orthographe qui gâchent la qualité de l’ouvrage (au moins une dizaine dans le roman, nombre devenu heureusement rarissime dans les publications).

 Mon conseil : 

A redécouvrir !

S 3-3Ed. du Chêne, 272 pages, 25€

Roman

« Bridget Jones Baby » de Helen Fielding

            Bridget Jones BabyCela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant un roman. Et voilà que ce quatrième opus de la saga « Bridget Jones » a fortement secoué mes zygomatiques !

            J’ai d’abord été troublée par cet ouvrage : ayant quitté Bridget mère de famille dans « Folle de lui », je ne savais plus où situer ce « Bridget Jones Baby » dans la chronologie. Il s’agit en fait d’un petit retour en arrière, où Bridget raconte sa grossesse.

            Une fois ce petit élément temporel remis à sa place, me voilà plongée dans l’univers déjanté et souvent surréaliste de la « célibattante » la plus célèbre. Notre amie Bridget navigue toujours entre deux eaux, et son cœur tangue toujours autant entre Mark Darcy et Daniel Cleaver. Et quand elle découvre sa grossesse, Bridget ne sait pas lequel des deux est le père ! Lire la suite

Roman

« L’allumeuse d’étoiles » de Hervé JAOUEN

allumeuse-etoilesEva est chanteuse au « Modern dancing », un lieu qui n’a de « moderne » que le nom, et qui est le rendez-vous plus ou moins glauque des environs pour ceux qui veulent faire des rencontres, et pour les chanteuses en mal de public.

Elle y a rencontré Roparz, écorché par la vie mais terriblement sensible, et qui cache sous sa rudesse une finesse d’esprit inattendue. Ensemble ils parviennent à intégrer le cercle fermé de la variété française, mais un drame vient tout bouleverser… Lire la suite

Roman

« Les grands » de Sylvain Prudhomme

les grandsCouto est musicien, membre du groupe Super Mama Djombo. En Guinée-Bissau, et même à l’international, le groupe a connu ses heures de gloire dans les années 1970. Depuis, chacun a fait sa route.

Mais la mort brutale de Dulce, chanteuse du groupe et ancienne maîtresse de Couto, donne la triste occasion aux musiciens de reprendre contact, d’évoquer leurs belles années.

« Les gars, vous voulez pas m’appeler une fois juste pour le plaisir. M’appeler pour m’annoncer qu’un de vous se marie, je sais pas. Pour me dire que vous êtes chez Diabaté en train de bouffer des bonnes brochettes de chez nous et qu’il faut beau. » Lire la suite

Roman

« Jeux de clés » de Dominique Marny

Jeux de clésA l’heure où de plus en plus de célibataires cherchent l’amour sur internet, Capucine et Octave se rencontrent par l’intermédiaire d’un couple d’amis, à la suite d’une sorte de pari. Et voilà Capucine et Octave condamnés à échanger leurs appartements le temps d’une nuit. D’abord réticents, fâchés contre leurs amis, ils se prennent au jeu et finissent par s’amuser de la situation. Bien sûr Cupidon va vite s’occuper de ne plus séparer ces deux-là… Lire la suite