Roman

« Le livre de ma mère », d’Albert Cohen

Qu’ils sont étranges et nombreux, les chemins qui mènent à la littérature ! C’est une chronique radio entendue d’une oreille, parlant d’une pièce de théâtre adaptée d’Albert Cohen, qui m’a donné envie de lire « Le livre de ma mère ». D’Albert Cohen, je connaissais surtout « Belle du Seigneur » (tiens, d’ailleurs un jour je relirai ce livre). « Le… Lire la suite « Le livre de ma mère », d’Albert Cohen

Roman

« Le voyage d’hiver » d’Amélie Nothomb

Je ne fais pas partie des lecteurs qui attendent chaque automne « la » sortie du nouveau roman d’Amélie Nothomb. J’ai lu quelques ouvrages de la romancière, parmi ses plus célèbres, et souvient bien après leur sortie. Quand je lis un livre de cette auteure, je suis toujours à contre-temps des autres lecteurs. Quant à trouver le… Lire la suite « Le voyage d’hiver » d’Amélie Nothomb

Roman

« La tresse » de Laetitia Colombani

tresseCe roman est mon gros coup de coeur de cette fin d’année !

A trois endroits sur la planète (en Inde, en Sicile, au Canada) vivent trois femmes aux destins bien différents.

En Inde, Smita est une « intouchable », et pour subvenir aux besoins de sa famille, elle est obligée de ramasser à mains nues les déjections humaines.

En Sicile, Giulia est la fille d’un entrepreneur dont la maladie et les dettes mettent en péril l’avenir de l’usine familiale et des ouvriers qui y travaillent.

Au Canada, Sarah est une brillante avocate qui jongle entre sa vie de famille et sa carrière, et qui tombe gravement malade.

Ces trois destins s’entrecroisent comme les mèches de la « tresse » qui donne son titre au roman – et il faut attendre le dernier tiers du roman pour comprendre ce qui relies ces femmes si différentes et si éloignées.

J’ai eu le plaisir d’écouter ce texte dans sa version livre audio, et ce roman se prête particulièrement bien à une écoute. Le roman est lu par trois voix, chacune racontant la vie de l’une des trois protagonistes ; j’avais l’impression d’écouter trois récits réels, trois témoignages. J’ai beaucoup aimé en particulier la lecture d’Estelle Vincent, qui prête sa voix à Smita et retranscrit à merveille la vulnérabilité et en même temps la détermination de cette femme. Chaque chapitre est introduit par une petite musique de quelques secondes, là aussi bien distincte pour les trois personnages, ce qui me plongeait aussitôt dans le bon pays, la bonne ambiance.

Au delà de la forme (audio), le texte est très juste, les mots sont simples et précis. Il n’y a pas de superflu, jamais un mot inutile, jamais un passage ennuyeux qui ne servirait pas le déroulé de l’histoire. Les vies de ces trois femmes sont racontées avec une grande sensibilité, et je vous conseille vivement ce roman.

S 3-3Audiolib, durée 5h04, 20€. Texte lu par l’auteure, Rebecca Marder et Estelle Vincent.

Roman

« Comment j’ai réussi à attraper la lune» de Laurence Labbé

comment luneLes livres de Laurence Labbé font toujours la part belle aux personnages, qu’ils soient drôles ou fragiles. C’est sa marque de fabrique, son style, et après plusieurs livres lus je commence à me dire que je réussirais peut-être à reconnaître un texte de Laurence Labbé parmi des dizaines.

Lucas vit avec sa mère et son beau-père, un homme bourru, violent, méchant. Puisque la lune, « c’est la même lune pour tout le monde », Lucas rêve d’y écrire un message pour son papa, afin que celui-ci puisse le voir peu importe où il est.

De son côté, Nina est amnésique, et a l’envie de s’enfuir et de refaire sa vie, ailleurs…

S’il y a des passages amusants dans le livre, les personnages sont aussi abîmés par la vie, et certaines scènes sont plus tristes. Heureusement l’auteur fait de l’humour (« tu le veux comment, ton steak ? – Dans une assiette. ») et surtout elle a le don de la formule : son expression « toi tu n’as pas inventé l’eau en poudre », clin d’oeil au précédent roman de Laurence Labbé « Comment je n’ai jamais réussi à attraper le Père-Noël », finira dans le langage courant. C’est aussi la reine des onomatopées, et tout y est prétexte, même le bruit des graines versées dans un récipient pour les oiseaux. Poétique.

Voir le site de l’auteur : http://www.laurencelabbelivres.com/

Roman

« Comment je n’ai jamais réussi à attraper le Père-Noël» de Laurence Labbé

Lisa Lachance vit dans la petite ville de Trou, entourée de parents quelque peu… « originaux ». Sa mère, en particulier, a le don de provoquer toutes les catastrophes possibles et imaginables. Avec elle, le quotidien est un risque permanent, et chaque sortie se transforme en parcours du combattant. Lisa est une petite fille intelligente et vive.… Lire la suite « Comment je n’ai jamais réussi à attraper le Père-Noël» de Laurence Labbé

Roman

« Le testament du Roc » de Denis Marquet

Quand j’ai commencé ce gros pavé de plus de 500 pages, je ne pensais pas que cette lecture me passionnerait autant. Imaginez que l’auteur a écrit une sorte de cinquième évangile : après celles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, l’auteur nous propose le point de vue de Pierre. Rassurez-vous si vous n’êtes pas familier des… Lire la suite « Le testament du Roc » de Denis Marquet

Roman

« Ukumbusho» de Jackie Macri

Que j’aime ces livres qui ne ressemblent à aucun autre ! « Ukumbusho », c’est « la mémoire, ce feu allumé aux temps passés pour éclairer le futur », une mémoire que les anciens transmettent aux plus jeunes pendant les veillées. « L’aube ne passera pas la montagne » : alors qu’un volcan se réveille, un petit est secouru par la vieille Mandji.… Lire la suite « Ukumbusho» de Jackie Macri

Roman

« La gloire des maudits » de Nicolas d’Estienne d’Orves

A Paris, dans l’après Seconde Guerre mondiale. Gabrielle Valoria vit avec son frère depuis le décès de leur père, exécuté après la guerre pour complaisance avec l’ennemi. Pas vraiment un collabo, mais ses amitiés troubles ont fait de lui un homme qui devait expier des fautes dans une France d’après guerre souhaitant faire table rase… Lire la suite « La gloire des maudits » de Nicolas d’Estienne d’Orves

Roman

« L’appartement témoin » de Tatiana de Rosnay

appartement témoinIl y a quelques années, j’avais lu (comme sûrement beaucoup d’entre vous) le best-seller de Tatiana de Rosnay «Elle s’appelait Sarah ». J’avais été assez déçue par ce roman, que j’avais trouvé trop prévisible – et peut-être aussi parce qu’on m’en avait dit trop de bien.

Depuis je n’ai pas lu d’autre roman de Tatiana de Rosnay, et c’est peut-être la lecture de « L’appartement témoin » qui va me donner envie de revenir davantage vers cette auteure.

Après vingt ans de mariage, le héros du roman divorce. Il faut dire que ses infidélités ont fini par avoir raison de son couple. Il emménage dans un bel appartement parisien, un loft lumineux où il se sent un peu seul.

Mais à plusieurs reprises, il ressent une drôle de sensation dans l’appartement… jusqu’à comprendre qu’il a des visions d’une précédente habitante de son appartement. Va alors commencer une quête pour comprendre qui est la femme de sa vision.

Flirtant avec le surnaturel, l’auteure réussit à ancrer quand même ses personnages dans un quotidien très réel. Rien de ce qui se passe dans ce livre n’est vraiment crédible, et pourtant tout a l’air si « normal ». Dans sa recherche d’une mystérieuse inconnue, le héros en profite pour faire son introspection et passer en revue toute sa vie (son mariage, son divorce, sa fille…) et nous offre aux passages de belles déclarations d’amour d’un père à sa fille.

S 3-3Le livre de poche, 320 pages, 6,10€

Roman

« La tour abolie» de Gérard Mordillat

tour abolie« Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,

Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie »

Si le titre du roman de Gérard Mordillat s’inspire du poème de Gérard de Nerval, le roman en lui-même n’a rien de poétique – bien au contraire.

La tour Magister est l’une de ces tours qui flirtent avec le ciel dans le quartier d’affaires de La Défense. Symbole de la puissance de l’entreprise qui l’occupe, c’est une tour où se côtoient tous les échelons de la hiérarchie, du PDG au trente-huitième étage, jusqu’aux secrétaires, en passant par les cadres moyens. Mais dans les sous-sols s’est organisée une vie parallèle , où des marginaux vivent près de junkies, et où des travailleurs pauvres habitent dans des voitures, près de malades psychiatriques. Ces deux mondes s’ignorent, même si certains se nourrissent des poubelles des autres.

Ce roman est d’une extrême violence : la violence est omniprésente dans la vie souterraines, où les habitants ressemblent à des animaux sans limite, vivant dans les immondices, torturant, broyant de leur folie tout ce qui les entoure ; mais la violence est aussi présente chez les « cols blancs » des étages supérieurs. Et les stratagèmes de conquête du pouvoir ne sont rien à côté de la déchéance morale des dirigeants qui vivent dans la luxure et le vice.

Je suis très partagée sur ce roman. En le lisant, j’ai souvent eu des haut-le-cœur, tant l’auteur repousse loin les limites de ce qui peut être raconté dans un roman. J’ai éprouvé le même malaise qu’à la lecture d’  « American psycho » de Bret Easton Ellis, que j’avais interrompue avant la fin. Cette fois-ci je suis allée jusqu’au bout de la lecture, même si l’accumulation de violence est de moins en moins supportable au fil des pages.

Néanmoins je reconnais à l’auteur une capacité à faire évoluer ses personnages dans un univers tantôt lisse tantôt glauque. Sa tour Magister est un monde en soi. Je retournerai peut-être, plus tard, vers cet auteur, en espérant le découvrir dans un texte moins sombre. Il faudra, d’ici là, que j’aie réussi à digérer celui-là.

S 2-3Albin Michel, 512 pages, 22,90€