BD

« Un cadavre dans la bibliothèque », adaptation BD de Dominique Ziegler et Olivier Dauger d’après Agatha Christie

cadavre bibliothèque BDAgatha Christie est une auteure dont j’ai quasiment tout lu (et ça fait beaucoup de textes ! Romans, nouvelles, pièce de théâtre). Et pourtant je continue à avoir l’oeil attiré par toutes sortes d’adaptations – cette fois-ci en bande dessinée.

Mr. et Mrs Brandy sont réveillés en catastrophe par leur domestique, qui a trouvé une femme morte dans la bibliothèque ! Inconnue du couple, sa présence est inexplicable. Mrs Brandy fait appel à sa voisine Jane Marple, bien connue pour avoir résolu d’autres énigmes, pour élucider ce mystère.

Miss Marple va se confronter à un inspecteur suspicieux et un commissaire plutôt bonhomme, et explorer des pistes différentes de celles de la police. Bref, un classique du genre.

L’intérêt, bien sûr, réside dans l’adaptation en BD. Les dessins sont vraiment très bien faits, les visages des personnages très expressifs mais tout en douceur dans les traits. Les décors sont bien travaillés (la bibliothèque vue d’en haut, l’hôtel en pleine page…). Je me suis un peu perdue dans les personnages vers la fin (mais bon, j’ai compris la chute!). Petit regret, le texte est écrit assez petit, ce n’est pas très confortable pour la lecture.

Et pour finir, la dernière vignette offre un ultime rebondissement – ah ah, je vous ai piqué au vif, maintenant vous avez envie de lire cette adaptation !

S 2-3Ed Paquet, 16€

Policier

« Le Pont du diable » de Pierre Pouchairet

n07-le-pont-du-diableJ’ai découvert cette série des « Trois Brestoises » avec « Vie et mort d’une légende bigoudène », que j’avais adoré. J’ai donc retrouvé avec plaisir Léanne, commandant à la PJ, et ses deux amies, Elodie la légiste et Vanessa la psychologue – toutes deux davantage présentes d’ailleurs que dans le précédent tome.

Ce qui m’a plu, c’est l’écriture très rythmée, sans temps mort. Dès les premières pages, pas besoin de planter le décor, on est tout de suite plongé dans l’histoire. C’est très efficace et accrocheur !

Cette fois-ci Léanne est sollicitée pour enquêter après le mort de trente trois migrants, retrouvés morts dans un camion. C’est un spectacle particulièrement glauque qui attend l’équipe de la PJ, pourtant habituée à toutes sortes d’horreur. Seul un garçon a réussi à s’échapper, et Léanne va le prendre sous son aile.

Le roman s’inscrit complètement dans son époque, avec un sujet d’actualité et des références nombreuses qui parlent au lecteur. Entre Irlande et Afghanistan, trafic de drogue et trafic d’humains, Léanne a du pain sur la planche.

Heureusement il y a aussi des petites pauses dans le récit, Léanne est sous le charme d’un collègue, les copines sont là pour discuter ou faire des concerts…

J’ai un peu moins aimé l’histoire que celle de « Vie et mort d’une légende bigoudène », et la multitude des sigles ou acronymes (censés j’imagine accentuer le réalisme du récit) est un peu lourde par moment (OCRIEST, OFAST,DCI, BRI, GIR, DGSI, DGSE… j’en ai dénombré une petite vingtaine).

Cette série reste très agréable, je lirai les prochains tomes avec plaisir.

S 2-3Palémon éditions, 432 pages, 10€

Roman

« Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? » de Carène Ponte

9782265155619ORILa saison des romans de Noël bat son plein ! J’ai une tendresse particulière pour ces lectures saisonnières, légères comme de la guimauve, sucrées à souhait, réconfortantes comme le chocolat chaud que l’on boit avec.

Victoria est une business woman redoutable. A la tête de sa propre agence de communication, elle mène son équipe d’une main de fer et ne s’autorise aucun temps mort. Victime d’un accident, elle tombe dans le coma. Deux elfes (oui, il faut accepter quelques bizarreries dans un roman de Noël) lui proposent un pacte : si elle veut sortir du coma, elle doit se réconcilier avec une personne qu’elle a blessée par le passé. Les elfes lui donnent donc une chance et lui fixent un ultimatum pour se rattraper.

Nouveau choix étrange : alors que le personnage de Victoria est suffisamment détestable pour trouver dans son entourage (famille, collègues) quelqu’un à qui faire du bien, son choix se porte sur une ancienne camarade de lycée qu’elle n’a pas revu depuis des années. Et voilà la business woman embarquée dans la vie de Dakota – qui n’a rien demandé – et qui se retrouve à garder une grand-mère atteinte d’Alzheimer.

Le personnage de Victoria est odieux, mais encore une fois il faut accepter un peu de bizarrerie et de caricature. J’ai bien aimé que ce roman ne soit pas de la pure romance, mais soit au départ une histoire de femmes (Victoria / Dakota / la grand-mère – et même la pauvre Lucienne que je vous laisse découvrir). Noël est un prétexte pour le décor, mais l’histoire est aussi celle d’une famille blessée par le passé, qui s’est reconstruite autour d’une adorable grand-mère, et qui va hélas devoir affronter une maladie sans retour arrière possible. C’est tendre et drôle, le livre se lit très vite, comme on dévore une petite gourmandise de Noël.

S 3-3Fleuve Editions, 17,90€

Cosy mystery·Policier

« Manoir, magouilles et coq au vin » de Ann Granger

9782264076359ORIJ’ai déjà lu des romans de Ann Granger, mais celui-ci est d’une autre série. Ce n’est pas le titre qui m’avait plu, mais le résumé.

Dans ce roman, l’histoire se déroule de nos jours. Le vieux Monty habite seul à la Balaclava House, la demeure acquise par sa famille dans les fastes années de sa réussite industrielle, aujourd’hui en ruines. Monty est un vieux râleur, sauvage. Mais quand il découvre un cadavre un jour en rentrant de sa promenade quotidienne, tous ceux qui le connaissent s’accordent à dire qu’il ne peut pas être le coupable. Mais qui est cet homme sur le canapé ? Et pourquoi son meurtrier a-t-il déposé son corps dans la vieille demeure de Monty ?

J’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman, autour de cette vieille demeure pleine de mystère, où la poussière côtoie les vitraux, et où le charme de lieu l’emporte sur son état de délabrement.

Le personnage central du roman pourrait d’ailleurs être la maison elle-même ! En tout cas pour une fois il n’y a pas de personnage enquêteur à la forte personnalité, dont les mésaventures prennent le pas sur l’enquête. Certes l’inspectrice Jess Campbell est assez sympathique, mais on ne connaît pas grand-chose d’elle – j’ignore d’ailleurs si elle est un personnage récurrent sur plusieurs romans. Cela laisse davantage de place à l’enquête. Bien que la demeure de Monty soit assez isolée, les suspects ne manquent pas. La fin du roman (après résolution de l’intrigue) est un peu longue, même si elle s’achève sur un ultime (petit) rebondissement.

J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans l’histoire de la famille de Monty (même si l’arbre généalogique était un peu compliqué parfois!) et surtout à chercher de percer le mystère de cette vieille maison pleine de secrets.

S 3-3Ed 10/18, 360 pages, 13,90€

Cosy mystery·Policier

« Meurtres et tarte au citron meringuée » (tome 4) de Joanne Fluke

9782749168265ORIJe lis beaucoup de cosy mysteries, j’ai commencé un certain nombre de séries, et ce qui est plutôt bon signe, c’est quand j’attends avec impatience de démarrer la lecture d’un nouveau tome. Je viens de lire le tome 3 il y a peu de temps, et le tome 4 m’attendait. J’avais très envie d’en démarrer la lecture, mais je me suis dit « allez, j’attends un peu, je le garde de côté, je vais lire un autre roman entre les deux ». Sauf que je n’ai pas réussi à commencer ledit roman, et que j’ai vite sorti « Meurtres et tarte au citron meringuée » de la pile où il m’attendait.

Changement de saison par rapport au tome 3 : cette fois-ci il fait chaud à Lake Eden, et la petite ville prépare les festivités du 4 juillet, la fête nationale aux Etats-Unis. Hannah navigue toujours en eaux troubles dans ses amours, tiraillée entre Mike et Norman. Sa sœur est enceinte de son deuxième enfant. Sa mère s’investit à 100 % dans son magasin de décoration.

Norman a décidé d’acheter une maison, mais l’ancienne propriétaire est retrouvée morte dans la cave. Cette fois-ci ce n’est pas Hannah qui découvre le corps, mais sa mère. Et si Hannah voulait rester à l’écart de l’enquête, c’est raté, car tout le monde la supplie de mener ses propres investigations – même Mike a décidé de fermer les yeux !

Comme dans le tome précédent, j’ai eu assez vite des soupçons sur certains personnages, et cela s’est révélé juste – il faut dire qu’il y a quelques ficelles un peu trop grosses. Mais peu importe, une fois de plus ce qui fonctionne bien c’est de suivre la dynamique Hannah, qui court de son magasin de cookies à une scène de crime, passe plus de temps à enquêter qu’à servir ses clients, et partage avec le lecteur son quotidien avec Moshe son chat. Et entre deux, bien sûr on salive sur les recettes de cookies ou autres pâtisseries.

C’est une lecture réconfortante et agréable, j’attends déjà le prochain (mais il faut patienter jusqu’à février 2022).

S 3-3Le Cherche Midi, 432 pages, 15€

Roman

« Les derniers jours de nos pères » de Joël Dicker

derniers joursParfois je choisis de lire un livre juste pour son auteur, sans même lire le résumé. C’est clairement comme ça que j’ai choisi ce livre – je garde un bon souvenir de mes précédentes lectures de romans de Joël Dicker. Et je dois dire que ce n’est pas la quatrième de couverture qui m’aurait encouragée : au contraire, le récit du SOE créé par Churchill me semblait éloigné de ce que j’avais envie de lire à ce moment-là. Comme quoi, parfois, ce qui est censé vendre un livre ne lui rend pas forcément service !

Mais peu importe, puisqu’au final je l’ai lu, et j’ai trouvé que c’était un très bon livre, où les personnages sont beaux et attachants, courageux et faibles parfois, humains quoi. C’est d’ailleurs l’un des mots qui revient le plus dans ce livre : l’humain, les Hommes avec un grand H.

Paul-Emile, dit Pal, abandonne son père du jour au lendemain. Il part faire la guerre, engagé un peu malgré lui dans une section des services secrets britanniques. Là-bas, il va y rencontrer un groupe très hétérogène (Cul-Cul le curé, Gros le gentil, la belle Laura dont ils tombent tous un peu amoureux…), auprès de qui il va apprendre à combattre. Et toujours reviendra dans son esprit le souvenir de son père qu’il a laissé derrière lui (le personnage du père est particulièrement attachant).

Très beau roman sur l’amour filial et l’amitié, le sens des responsabilités, le nécessaire affranchissement des fils vis-à-vis de leur père. C’est beau, sensible (mais sans sensiblerie), et pour un premier roman, quelle réussite !

S 3-3Ed de Fallois (poche), 456 pages, 8,20€

Biographie

« Ce que Frida m’a donné » de Rosa Maria Unda Souki

CequeFridamadonneLa première fois que j’ai vu ce livre, j’ai cru que les reproductions de tableaux qui forment la couverture étaient des tableaux de Frida Khalo. L’univers artistique, coloré, avec des meubles du quotidien, rappelle beaucoup celui de la peintre mexicaine.

Dans cet ouvrage qui ne ressemble à aucun autre, Rosa Maria Unda Souki raconte son arrivée à Paris et l’organisation d’une exposition de tableaux qu’elle a consacrés à Frida et à sa « maison bleue » au Mexique.

J’avais imaginé que l’auteure nous raconterait son expérience en visitant la « maison bleue », ses impressions sur place, ce qu’elle avait ressenti. En réalité le récit est très centré autour de l’exposition, entre rétrospective de ce qui l’a inspirée et projection dans un futur proche (l’exposition) : où accrocher les tableaux, quel texte écrire pour l’exposition ?

Il est très intéressant de suivre ses doutes, ses interrogations, une certaine forme de flemme aussi.

Le livre est en soi un joli objet à lire et à feuilleter : chaque page comporte soit des reproductions des tableaux de l’auteure, soit des croquis illustratifs de son quotidien. Même la mise en forme du texte est pensée pour s’articuler avec les dessins. C’est très original, et bien sûr cela me donne envie de ressortir mon livre sur Frida pour revoir quelques détails de ses tableaux. Un bon livre en appelle toujours un autre.

S 3-3Zulma, 22,50€

BD

« A l’ombre des jeunes filles en fleurs (intégrale t2) » de Marcel Proust – Adaptation et dessin de Stéphane Heuet

proust t2J’aime ces lectures qui donnent le sentiment qu’il y a un « avant » et un « après ». J’avais adoré le premier tome de l’adaptation de Proust par Stéphane Heuet, et je suis tout autant émerveillée par ce deuxième tome de l’intégrale.

Rien qu’en ouvrant le livre, on découvre une très belle aquarelle en double page, représentant une scène élégante dans le Paris du début XXème siècle. Et cette élégance dans les dessins, on la retrouve tout au long des 200 pages. Les dessins sont superbes, et recréent une vraie ambiance dans laquelle le lecteur peut s’immerger.

Réconciliée avec Proust grâce à cette adaptation, j’ai même acheté l’intégrale de « La Recherche » (dans la collection Quarto de Gallimard), pour avoir le plaisir de naviguer entre l’adaptation en BD et le texte original. Je me suis ainsi rendu compte de la précision de l’adaptation, jusque dans les dialogues qui sont d’une grande fidélité au texte original.

Quel travail d’adaptation !

Et quel plaisir de lecture !

Le livre se termine par des explications sur les lieux, les personnages… c’est bien mieux fait que les traditionnelles notes de bas de page !

Vous l’aurez compris, le coup de coeur que j’avais eu pour le premier tome est largement renouvelé avec ce deuxième tome.

S 3-3Delcourt, 224 pages, 39,95€

BD

« Dans la tête de Sherlock Holmes : L’affaire du ticket scandaleux (tome 2) » de Cyril Lieron et Benoît Dahan

sherlock2J’ai bien fait d’attendre la sortie du tome 2 (sur 2) de cette aventure de Sherlock Holmes, car le 1er tome s’est refermé en plein suspense (au milieu de l’histoire, donc).

Le second tome s’ouvre dans la parfaite continuité du premier, après une petite page de résumé – mais je conseille à ceux qui ont lu le début de l’histoire il y a longtemps, de le relire avant d’entamer celui-ci. On continue donc à suivre le cheminement de la pensée de Sherlock Holmes, représentée par un fil rouge qui relie entre eux les indices accumulés au fur et à mesure que l’enquête progresse. L’histoire est bien menée, l’enquête rythmée (à part quatre pages un peu longues à la fin de l’histoire, qui n’apportent pas grand-chose, le dénouement étant déjà connu). Les décors sont toujours aussi soignés ; je vous invite à regarder le Royal Albert Hall, extérieur et intérieur. J’aime bien aussi les dessins « dans la tête de » Sherlock Holmes, plutôt amusants avec leurs systèmes , poulies, tuyaux etc. Le lecteur est aussi sollicité pour regarder des pages en transparence ou les recourber ; c’est plutôt anecdotique dans l’histoire mais cela reste distrayant.

Les deux tomes forment un bel ensemble, agréable à lire, à feuilleter, et même à offrir les yeux fermés pour la qualité du travail réalisé, qui dépasse largement les petites nuances que j’ai soulignées.

S 3-3Ankama, 48 pages, 14,90€

BD

« Dans la tête de Sherlock Holmes : L’affaire du ticket scandaleux (tome 1) » de Cyril Lieron et Benoît Dahan

sherlockt1J’attendais la sortie du 2e tome de cette aventure de Sherlock Holmes en BD pour lire toute l’histoire d’un coup.

Pour commencer, je ne peux pas ne pas parler de la très belle couverture, particulièrement attrayante et qui illustre d’emblée que l’on sera « dans la tête de » Sherlock Holmes. Toute la BD a d’ailleurs un rendu très beau, avec un magnifique graphisme des décors (Londres, l’appartement de Baker Street que Sherlock partage avec Watson etc) – même si j’ai nettement moins aimé les dessins des visages des personnages.

L’histoire, maintenant. Le Dr Fowler, un confrère de Watson, a été retrouvé errant, à moitié amnésique. Que s’est-il passé dans la soirée cabaret où il était invité ? Que signifient les mystérieux dessins figurant sur le ticket d’entrée ?

Sherlock Holmes n’est pas mon personnage de roman préféré, et pourtant j’ai beaucoup aimé cette BD, loin des clichés qu’on en a retenu ou inventé (« élémentaire… »), et donc c’est très bonne découverte. On suit le « fil rouge » (au sens propre du terme) qui montre le cheminement des pensées de Sherlock Holmes.

J’ai très envie de lire la suite pour connaître la clé de l’histoire. Ouf elle est sortie.

S 3-3Ankama, 50 pages, 14,90€