Policier

« Les sept châtiments » de Jordi Llobregat

sept châtimentsAlex Serra est inspectrice à Barcelone. Ecartée de son équipe à cause d’une bavure (qui restera assez bizarrement inexpliquée d’ailleurs), sa dernière chance de se racheter est de mener à bien une nouvelle enquête. Pour cela, elle doit élucider le meurtre d’un homme retrouvé mort avec les paupières cousues. Elle va devoir faire équipe avec un policier français.

Le roman se lit bien, il y a des rebondissements, des fausses pistes, et un mélange entre l’enquête actuelle et le passé mystérieux du village construit en haut de la montagne, en terre inhospitalière. Par contre le fil rouge du roman (attention je spoile un peu, quoique le titre oriente déjà beaucoup) autour des sept pêchés capitaux fait un peu vu et revu.

Au final, c’est un roman agréable à lire, avec des personnages intrigants (les moines, la femme recluse loin de toute lumière) mais un peu trop classique dans le genre – et donc je crains de l’oublier assez vite…

S 2-3Le cherche midi, 464 pages, 21€

Roman

« La huitième vie « de Nino Haratischwili

huitième vieJe suis très friande de sagas familiales, et j’avais hâte de démarrer la lecture de « La huitième vie ». Le fil rouge du roman est de retracer l’histoire d’une famille, à travers ses figures féminines emblématiques au fil des générations. L’histoire est racontée par une femme qui vit de nos jours et veut transmettre cette histoire familiale à sa nièce.

Je craignais un peu les allers-retours temporels, et donc de me perdre dans les personnages qui constituent l’arbre généalogique. Heureusement c’est assez bien fait pour que l’on arrive à suivre, génération après génération, la vie de cette famille. Par contre j’ai trouvé le livre trop dense sur la durée, j’ai été obligée de reposer le livre à plusieurs reprises car pour tenir 1200 pages d’un coup il m’a manqué plus de rebondissements, plus de « drames » qui donnent envie de passer au chapitre suivant.

S 1-3Folio, 1200 pages, 12,90€, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine et Monique Rival

Roman

« Le serpent majuscule » de Pierre Lemaitre

9782226392084-jJ’adore les romans de Pierre Lemaitre. J’ai découvert cet auteur avec ses polars, bien avant son prix Goncourt pour « Au revoir là-haut ». Depuis « Couleurs de l’incendie », roman qui m’avait subjuguée, je dis souvent que c’est mon auteur préféré.

Alors je ne pouvais pas passer à côté de ce « nouveau » roman, qui est en fait la publication d’un livre écrit en 1985 et jusqu’ici jamais proposé à un éditeur. L’auteur, dans la préface, est assez lucide sur l’accueil qui peut être fait à un livre écrit il y a plus de trente-cinq ans : « il sera jugé avec sévérité par le lecteur intransigeant et avec bienveillance par le lecteur amical ».

Je dois dire que ce n’est pas, et de loin, mon roman préféré de l’auteur. Je n’en reconnais même pas le style, la précision du mot juste que j’aime tant habituellement, ni la construction qui donne envie de tourner les pages frénétiquement dans la plupart de ses autres romans.

L’histoire est celle de Mathilde, une veuve un peu grosse, un peu banale, qui cache bien son jeu. Car Mathilde est tueuse à gages. Par contrat, elle tue sans scrupule, et avec une efficacité redoutable. Mais le lecteur comprend vite que Mathilde a une faille : sa mémoire lui joue des tours…

Bien que quelques bonnes trouvailles parsèment le récit ici ou là, l’essentiel est assez lent, un peu redondant… bref j’ai été déçue. Donc si par hasard vous n’avez encore jamais lu de roman de Pierre Lemaitre, ne commencez pas par celui-ci, j’en ai de bien meilleurs à vous conseiller.

Malgré tout, je suis une lectrice « amicale », et je garde bien à l’esprit que c’était une œuvre de jeunesse.

S 1-3Albin Michel, 336 pages, 20,90€

BD

« Nellie Bly – Dans l’antre de la folie » de Virginie Ollagnier et Carole Maurel

nellie blyeFin du XIXème siècle aux Etats-Unis. Nellie Bly se fait interner volontairement, pour dénoncer dans la presse les mauvais traitements subis par les femmes de l’asile psychiatrique de Blackwell. Dans cet asile vivent des femmes qui ont toute leur tête, mais que la misère ou une vie familiale compliquée ont rendu dépendantes ou fragiles.

Le traitement de l’histoire est bien mené. On entre tout de suite dans le « reportage » de Nellie, puis l’histoire revient sur son enfance et les raisons de son engagement. L’ensemble se lit assez bien, même si j’ai trouvé la BD un peu longue. Les dessins sont très bien réalisés, les visages des personnages expressifs, et les décors restituent bien l’ambiance.

Ne terminez pas cette BD sans lire les interviews intéressantes de la scénariste et de la dessinatrice, qui racontent comment elles se sont approprié le projet et comment elles ont abordé le personnage de Nellie Bly, la première femme journaliste d’investigation.

S 2-3Glénat, 176 pages, 22€

Policier

« Les beaux mensonges » de Céline de Roany

beaux mensongesJ’étais assez intriguée par cette couverture sombre. Qui était donc cette femme au visage à moitié caché ? Très vite le début du roman nous éclaire sur ce point : Céleste Ibar, brillante policière réputée pour son excellence à mener des interventions, a aussi été une victime, et son visage balafré témoigne encore d’une agression qu’elle a affrontée.

Dans la nouvelle équipe qu’elle intègre, elle est envoyée sur une affaire qui ressemble a priori à un suicide : la mort d’une femme célibataire, industrielle de renom, bienfaitrice, très pieuse, sur laquelle personne ne trouve rien à redire. Sauf que des indices amènent Céleste à douter du suicide : et si c’était un meurtre ?

Roman impossible à lâcher, dévoré très rapidement et que j’ouvrais avec impatience comme les meilleurs page turner, c’est très réussi. Le personnage de Céleste est complexe, son histoire un peu mystérieuse. Quant à l’enquête, elle offre de multiples pistes – jusqu’à la fin et les rebondissements des dernières pages.

J’ai bien noté quelques petites imperfections (comme la répétition de certaines scènes : par exemple quand les deux policiers s’assoient dans un canapé qui fait face au fauteuil dans lequel leur interlocuteur a choisi de s’installer), et un peu trop de personnages selon moi, mais c’est anecdotique par rapport à l’efficacité du récit. La présentation du livre laisse supposer qu’il y aura d’autres tomes, je sais déjà que je les lirai – car s’ils sont aussi bien menés que cette histoire, je suis sûre de passer encore de bons moments de lecture.

S 3-3Presses de la cité, 496 pages, 21€

Cosy mystery·Policier

« Les Enquêtes de Lady Rose : Volume 1 – Meurtre et séduction » de M.C. Beaton

ladyRoset1Vous connaissez le plaisir que j’ai à lire la série des « Agatha Raisin », dont j’ai déjà chroniqué une bonne vingtaine de tomes. De la même auteure, j’avais testé la série des « Hamish McBeth », mais je n’avais pas accroché et je me suis arrêtée au deuxième tome.

Avec « Les enquêtes de Lady Rose », je démarre une troisième série de M.C.Beaton. Et quelle bonne surprise ! Le style est très différent des deux autres séries. Même s’il s’agit à nouveau d’enquêtes, la tonalité est moins légère, mêlant à l’intrigue beaucoup de réflexions sociales (sur l’éducation des femmes, le mariage, les inégalités de classe…). Lady Rose est un personnage intéressant, pas aussi léger que ne le laisse le supposer la couverture du livre, toute en froufrous roses. Non, Lady Rose n’est pas juste une jolie jeune femme. Elle a compromis son entrée dans le monde en militant auprès des suffragettes, puis en dénonçant publiquement un homme qui voulait la séduire.

Elle est envoyée par ses parents dans une partie de campagne, où ils espèrent qu’elle pourra trouver un mari malgré ses débuts manqués dans la bonne société. Mais pendant le séjour, une jeune femme est retrouvée morte. Lady Rose est la seule à soupçonner un meurtre. Aidée du capitaine Harry Cathcart, qu’elle ne porte pourtant pas dans son cœur, elle va mener son enquête.

C’est une belle découverte, une histoire et un style très différents de ce que j’avais imaginé. Du coup je n’avais pas du tout l’impression de lire une redite des « Agatha Raisin » dans une version début 20ème siècle.

« Marque de fabrique » de M.C Beaton, les nombreux dialogues auraient pu rendre l’écoute difficile, mais Claire Tefnin réalise une belle performance en donnant sa voix à de nombreux personnages, femmes et hommes, aristocrates ou bonnes.

S 3-3Audiolib, 19,95€, 6h22 d’écoute, traduit par Amélie Juste-Thomas

Cosy mystery·Policier

« Agatha Raisin enquête (t24) : Gare aux empoisonneuses » de M.C. Beaton

9782226444202-jDifficile d’écrire ma 24e chronique sur Agatha Raisin ! Surtout que les ingrédients sont toujours un peu les mêmes : ici une femme retrouvée morte après avoir bu du vin de sureau ; or elle était détestée par tout un village car elle avait la fâcheuse tendance d’emprunter des objets sans jamais les rendre.

A l’agence de détectives, Toni continue à s’enticher d’hommes plus âgés, et pourrait même jeter son dévolu sur un personnage que nous connaissons bien.

L’intrigue fonctionne toujours bien, en plus cette fois-ci il n’y a pas trop de personnages. Ce n’est pas un épisode qui fait beaucoup avancer le fil rouge de la vie d’Agatha, mais je l’ai lu avec plaisir. Je continue à écrire des chroniques sur cette série, que je lirai jusqu’au bout !

S 3-3Albin Michel, 306 pages, 14€

Cosy mystery·Policier

« Agatha Raisin enquête (t23) : Serpent et séduction » de M.C. Beaton

agatha t23- serpent et séductionCela faisait longtemps que je n’avais pas lu un « Agatha Raisin ». C’est la diffusion de nouveaux épisodes à la télé qui m’en a donné envie – parce que cette série me fait toujours envie, mais que je suis souvent déçue tant les personnages sont éloignés de leur version de papier. Donc je suis revenue à l’original.

Agatha s’est amourachée d’un jardinier, et dépense une énergie folle à essayer de le conquérir. Lorsque celui-ci est retrouvé mort, Agatha enquête et découvre qu’il avait de nombreuses maîtresses, toutes plus moches ou bizarres les unes que les autres. Pour Agatha c’est la douche froide, mais qui décuple son envie de découvrir laquelle de ces femmes a tué le jardinier !

Ce roman est un bon cru dans la série, efficace. Comme dans plusieurs autres romans, j’ai été à un moment donné perdue parmi toutes les dames de Carsely qui figurent parmi les suspectes, mais au final cela a été ! James, Charles, Roy, Bill figurent en bonne place dans l’aventure ; les jeunes Toni et Simon font complètement partie de « la bande ». Un classique de la série.

S 3-3Albin Michel, 306 pages, 14€

Cosy mystery·Policier

« Son espionne royale et l’héritier australien (tome 5) » de Rhys Bowen

son espionne t7Je lis beaucoup de cosy mysteries, c’est un genre léger et distrayant. La collection de « Son espionne royale » est assurément en haut de la pile des séries que je préfère. Lady Georgiana, « Georgie », est une lointaine héritière de la couronne royale. Dire d’elle que c’est une « espionne », c’est un peu exagéré, car en réalité elle se retrouve malgré elle mêlée à des enquêtes policières.

Cette fois-ci, elle est invitée par la duchesse douairière de Eynsford. Celle-ci a retrouvé en Australie un enfant caché de son fils défunt : il pourrait être l’héritier tant attendu, celui qui assurera l’avenir du domaine et du nom. Il doit arriver prochainement, et la duchesse douairière a chargé Georgie de lui apprendre les bonnes manières.

Mais l’arrivée de l’héritier australien n’est pas du goût de tous.

Lorsqu’un meurtre est commis, Georgie se retrouve une fois de plus au coeur d’une enquête, et saura comme d’habitude faire preuve de perspicacité et de bon sens.

De tome en tome, cette série s’améliore, jonglant entre enquête et anecdotes amusantes. Le personnage de Georgie a gagné en crédibilité en fil des tomes ; les enquêtes sont plus crédibles et mieux menées. J’attends le prochain tome avec impatience (le 8e tome est attendu pour novembre) !

S 3-3Robert Laffont, coll. La Bête noire, 378 pages, 14,90€

Policier

« Vie et mort d’une légende bigoudène » de Pierre Pouchairet

vie-et-mort-d-une-legende-bigoudeneCe roman attendait patiemment dans ma PAL depuis un certain temps. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais j’avais quelques hésitations. Peut-être que le rock bigouden ne m’inspirait pas trop a priori… Mais j’ai lu une chronique très enthousiaste de mon ami blogueur Yves qui m’a décidée à ouvrir ce roman… et une fois de plus, j’ai bien fait de faire confiance à Yves car ce roman est très très bien fait.

Ce roman s’inscrit dans une série, « Les trois brestoises » (Léanne la flic, la plus présente dans le roman ; Elodie la médecin légiste et Vanessa la psy), mais nul besoin d’avoir lu les précédents tomes pour être aussitôt immergé dans l’ambiance de ce polar.

Robert Letourneur est une ancienne star du rock. Il a connu et joué avec les plus grands, avait acquis une célébrité nationale grâce à une bluette, et était revenu s’installer en Bretagne pour couler les jours heureux de sa retraite. Lorsqu’il est retrouvé mort, Léanne est chargée de l’enquête. Et je dois dire que mes réticences initiales sur le thème du roman sont vite tombées, et je me suis passionnée pour ce roman très bien fait, que j’ai dévoré. L’écriture est efficace, l’histoire avance bien, la vie personnelle des personnages est présente à juste dose (un peu mais pas trop), et l’auteur nous offre en prime une intrigue supplémentaire avec l’arrivée d’un nouveau policier dans l’équipe de Léanne, aussi séduisant qu’intriguant.

Très bon roman, efficace, dépaysant, offrant un flash-back dans les bonnes années du rock, c’est une bonne entrée en matière pour découvrir cette série.

S 3-3Editions du Palémon, 400 pages, 10€