Roman

«Les ailes de courage» de George Sand

ailesIl existe en Normandie, pas très loin de Deauville, un bout de côte fleurie surnommée « les vaches noires » en raison de la forme et de la couleur de ses falaises. C’est ici que se réfugie Clopinet, petit paysan qu’on a voulu placer en apprentissage chez un tailleur. Clopinet a préféré la liberté à cette vie d’apprenti chez un maître trop sévère. Pour lui qui n’a connu que la campagne normande, la découverte de la mer, avec ses bruits et les oiseaux qu’elle abrite, aurait pu être terrifiante. Mais le jeune garçon a bien plus de courage que ne l’imaginait sa famille, et dans les moments angoissants, il sait déployer des « ailes de courage » qui vont l’aider à affronter la vie et à devenir un homme.

Conte initiatique écrit par George Sand pour Aurore et Gabrielle ses petites-filles, l’histoire entremêle un récit éducatif (le départ de chez les parents, la vie qu’il faut affronter courageusement) et des scènes qui frôlent le surnaturel et dans lesquelles on ne distingue pas ce qui relève de la magie ou de l’imaginaire de Clopinet. Petit livre de moins de cent pages, il plaira sans doute plus aux jeunes lecteurs mais vaut le coup d’être lu par tous comme un classique de notre littérature, qui plus est dans une édition à tout petit prix (2,90€).

S 2-3Flammarion, 2,90€

Roman

«Printemps parfumé»

Printemps-parfumePlusieurs éléments étonnent quand on a ce livre entre les mains.

Tout d’abord son format allongé et son élégante couverture en papier cartonné en font un joli objet, plutôt inhabituel, qui se démarque des autres formats de livres. Sans nom d’auteur, seule la mention « roman coréen » donne au lecteur un premier indice pour situer l’univers de ce livre.

Une autre mention étonne, celle de la collection : « La Bibliothèque secrète de Régine Deforges ». La préface est alors indispensable pour mieux situer cette collection, des rééditions de la collection d’une bibliophile (qui en possédait cent mille!) – et notons au passage que la préface est un joli témoignage d’amour d’un fils à sa mère.

Le roman, sinon, est une histoire d’amour assez classique entre la jeune Tchoun-Hyang (littéralement « printemps parfumé ») et I-Toreng, fils de bonne famille. Presque du boulevard, avec le père un peu tyrannique, la vieille entremetteuse, les amoureux qui se font des promesses qu’ils ne peuvent tenir… rien d’original, si ce n’est le cadre, cette Corée pas vraiment datée et que je n’ai pas l’habitude d’avoir comme décor à mes lectures. Là encore, la préface du traducteur est indispensable pour comprendre le cadre, et les mœurs coréennes.

Autour d’un texte classique, ce livre est un joli objet, et une démarche étonnante qui séduira ceux pour qui « avoir une bibliothèque » est un signe de reconnaissance, comme d’autres se reconnaissent autour d’une bonne cave.

S 3-3La bibliothèque secrète de Régine Deforges

Roman

«Cartographie de nos bleus» de Aude Vincent

cartographieEn France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Derrière cette statistique, au-delà des chiffres qui alertent, il y a une réalité de violences quotidiennes pour de nombreuses femmes. Surtout, il y a des noms de femmes qui souffrent : Morrigan, Marion, Alice, Fatiha…

« J’ai simplement peur de mourir » dit Morrigan au milieu du livre, résumant en une phrase toute simple l’horreur d’une violence banalisée.

L’histoire de leur quotidien prend le lecteur aux tripes. Présenté comme un roman, ce récit est bien plus que cela, car on imagine la réalité et les visages derrière le texte. Plusieurs fois j’ai fait des pauses dans cette lecture qui coupe le souffle, tendue par des passages qui sont des litanies de l’horreur :

« Cheveux arrachés, coquard, œil au beurre noir, pommette gonflée, joue déchirée sur plusieurs centimètres, coups à l’oreille (pas de trace visible), tympan foutu (perforé), lèvre fendue, dent perdue, mâchoire brisée, cicatrice au menton, traces d’étranglement sur le cou, coup à l’épaule (pas de trace encore), épaule démise, bleus dans le dos, bras tordu, bleus sur le bras, bras cassé, griffures, poignet cassé, poignet tordu, entorse au doigt, rhumatisme dans un petit doigt cassé, hématome sur les côtes, coup au ventre (pas de trace), fausse couche, utérus explosé, foie détruit, brûlure à la cuisse (cigarette), d’autres fractures, une brûlure de cigarette encore, d’autres bleus, d’autres brûlures. »

Et puis il y a ces poèmes de Pat Lowther (que je ne connaissais pas), dont on imagine au départ qu’ils vont apporter un peu de douceur, mais qui sont des témoignages de la même violence (elle-même a été tuée par son mari dans d’atroces conditions).

Un livre fort et percutant, documenté, engagé (jusque dans l’utilisation de l’écriture inclusive, encore assez rare dans les récits), qui met chaque lecteur devant ses responsabilités : ne pas subir, ne pas laisser faire. A travers l’association qui accompagne ces femmes, la parole retrouve une force bien plus importante que celle des poings.

S 3-3Editions du ruisseau intrépide, 223 pages

Roman

«Le mystère Henri Pick» David Foenkinos

henriNombreux sont les Français qui se rêvent écrivains. Un récent sondage (*) l’a encore montré : 53 % des Français ont déjà eu envie d’écrire un livre ou ont écrit un livre.

Pas étonnant que les manuscrits non édités s’accumulent… Et c’est ainsi qu’en Bretagne est née une bibliothèque qui recueille ces livres qui n’ont jamais trouvé ni lecteurs ni éditeurs. Créée sur l’enthousiasme d’un passionné, cette bibliothèque est aujourd’hui rongée de poussière, et les livres qui couvrent ses rayons sont oubliés dans un recoin où personne ne va plus jamais. Delphine, éditrice, et Frédéric, son compagnon, profitent d’un séjour dans cette ville pour feuilleter ces manuscrits ; et Delphine y découvre une pépite. Or son auteur est mort : c’était un humble pizzaiolo que personne n’avait jamais imaginé écrire une seule ligne. Le monde littéraire est en émoi, et le quotidien de chacun – celui de Delphine, celui de la veuve et de la fille de l’écrivain, … – se retrouve bouleversé.

Le point de départ du roman est particulièrement original et malin, et parlera sûrement (au moins) aux 53 % de Français mentionnés plus haut, cette « communauté de la désillusion » qui cherche un ultime asile pour ses œuvres. L’auteur est fidèle à son style simple et concret, ancré dans notre époque, semant des références contemporaines ou d’actualité sur l’univers littéraire. Il interroge aussi sur l’importance de la forme plus que du fond, même dans un univers littéraire qui se devrait pourtant d’être un des derniers bastions s’il en était de l’exigence intellectuelle.

Au bout d’un moment, pourtant, le récit s’essouffle, et j’ai deviné la fin environ dès la moitié du livre. Dommage. J’aurais bien aimé me faire promener encore un peu par cette histoire prometteuse.

S 2-3Folio, 336 pages, 7,90€ (*) https://www.librinova.com/blog/2019/03/11/les-francais-et-lecriture-decouvrez-les-resultats-du-sondage-exclusif-lire-et-librinova/

Roman

«Fugitive parce que reine » de Violaine Huisman

fugitiveCe livre est un coup de poing émotionnel.

Il est à la fois malsain, et violent, et follement rempli d’amour.

Il est articulé autour de trois parties, qui font basculer le lecteur dans des montagnes russes d’émotion.

La première partie est le récit que Violaine fait de son enfance, et en particulier de la folie ravageuse de sa mère. J’étais très mal à l’aise au début du texte : le portrait de la mère est peu flatteur : elle est violente, vulgaire, blessante avec ses filles. Je n’étais pas sûre de supporter ce portrait sur près de 300 pages.

Mais arrive la deuxième partie : Violaine change l’angle de son récit. Elle décide de dresser le portrait de sa mère depuis l’enfance de celle-ci. Et soudain la mère prend une autre dimension, enfant malheureuse, femme blessée par les hommes, mais toujours débordante de vie, de projets, lumineuse finalement malgré ses périodes d’ombres. Elle est femme, amante, et mère, sans maîtriser la juste orchestration des trois.

Je ne vous dirai rien de la troisième partie du livre, si ce n’est qu’une fois adulte Violaine portera encore un autre regard sur sa mère, toujours plein d’amour malgré les épreuves et la vie cabossée qu’elle leur a fait mener, à sa sœur et à elle.

« Entre la mère et la putain, maman n’avait jamais su choisir. Ce déséquilibre constant perdura par delà le départ de ses filles et l’avait certainement précédé. La femme vivait ce funambulisme, l’inéluctable funambulisme de son sexe, tant bien que mal, mais maman le vivait surtout mal […]. Et mère et salope, et soumise et lascive, et consentante et farouche, et mamelle et matrice, et dépendante et dominée. Les mères avaient tout à perdre et maman avait tout perdu […] »

S 3-3Folio, 304 pages, 7,90€

Roman

«Le parfum de l’hellébore» de Cathy Bonidan

helleboresEn tant que blogueuse, j’attache une certaine importance aux conseils d’autres lecteurs pour découvrir des auteurs ou des textes que je ne connais pas encore. « Le parfum de l’hellébore » est un livre qui, plus encore que conseillé, m’a littéralement été mis entre les mains par Laurence Labbé, elle-même auteur de plusieurs livres. Avec son enthousiasme habituel, elle a aiguisé ma curiosité sur ce premier roman de Cathy Bonidan, découverte sur le site monbesteller.com.

L’histoire débute dans les années cinquante : deux adolescentes racontent tour à tour leur expérience dans un centre psychiatrique. L’une est une patiente, soignée ici pour anorexie ; l’autre est la nièce du directeur, envoyée au centre pour effectuer un stage et se remettre dans le droit chemin après des écarts de conduite. Toutes deux vont se prendre de sympathie pour un jeune patient autiste, Gilles.

Là où l’approche de ce roman devient particulièrement intéressante, c’est que la seconde partie du livre se passe de nos jours. Une jeune femme, éternelle étudiante qui se cherche encore, s’intéresse dans le cadre de ses travaux universitaires aux centres psychiatriques dans les années 1950. Et c’est son regard, actuel, curieux, bienveillant, sur les traces des deux jeunes filles, qui donne du relief à la première partie du roman et transforme cette histoire d’adolescentes en quelque chose de plus profond.

Le récit alterne plusieurs genres, le récit, le journal intime, les échanges épistolaires… qui sont disséminés comme autant d’indices dont le lecteur se servira pour reconstituer le puzzle du passé.

On sent dans l’écriture de Cathy Bonidan une sincérité imprimée dans chaque mot, et dans chaque citation choisie en ouverture de chapitre. Si le lecteur ignore souvent ce qui pousse un auteur à choisir un thème plutôt qu’un autre pour son roman, nul doute que le choix de Cathy Bonidan doit être bien personnel pour qu’il se soit transformé en un si joli roman plein de sensibilité.

S 3-3Points, 312 pages, 7,50€. Et visitez le site de Laurence Labbé : https://www.laurencelabbelivres.com/accueil

Roman

«A propos d’un thug» de Tabish Khair

thugCe livre fait partie de mes découvertes de cette années au Salon du Livre de Paris. J’y ai en effet découvert Les éditions du sonneur et leurs publications particulièrement originales (romans étrangers, auteurs vivants ou morts, connus ou inconnus du grand public…). Et ce n’est pas seulement parce que leur emblème est une grenouille (en réalité un crapaud sonneur stylisé) que je me suis intéressée à leurs ouvrages. Leur équipe est passionnée et défend ses livres avec conviction et enthousiasme, racontant aux lecteurs curieux non pas l’histoire de chaque livre, mais sa forme, son originalité, le style de l’auteur et ce qui le différencie.

« A propos d’un thug » est un roman totalement à part, que l’on ne peut trouver que dans une maison d’édition comme celle-ci.

L’histoire tout d’abord ne ressemble à aucune autre que j’aie lue jusqu’ici. A Londres, au XIXème siècle, le riche Lord Batterstone collectionne les crânes humains, étudiant le lien entre la forme des crânes et le comportement des individus (pour être précise, cela s’appelle de la phrénologie). Il paie pour cela des détrousseurs de cimetières, qui n’hésitent pas à piller des tombes pour en extraire les spécimens de crânes les plus originaux. Pour lui trouver des crânes toujours plus sensationnels, ses hommes de main vont avoir recours à des techniques de plus en plus horribles, allant jusqu’au meurtre.

La population londonienne s’horrifie de ces meurtres avec décapitation, et les soupçons se portent rapidement sur un thug, le protégé du capitaine William Meadows.

Si le roman donne l’occasion de découvrir les rites des thugs, membres d’une secte indienne particulièrement meurtrière, l’homme qui fait l’objet de toutes les accusations aurait aussi bien pu être le représentant de n’importe quelle minorité, que la société bien-pensante de l’Angleterre du XIXème siècle aurait de toute façon transformé en coupable idéal.

Je dois dire que j’ai été très déboussolée par cette lecture. Tout d’abord, ce n’est que vers la centième page du roman (qui en compte moins de trois cents) que j’ai commencé à articuler les différentes formes de récit qui composent le roman, et à identifier avec précision le rôle et les penchants de chacun des protagonistes. Le récit est exigeant, mêlant des narrateurs mystérieux – dont d’ailleurs on ne saura pas tout, le passé de chacun étant évoqué avec des références qu’il appartiendra au lecteur de compléter par son imagination. Entre étude ethnologique et récit romancé, difficile de démêler le vrai du faux, l’historique de l’imaginaire. C’est troublant, et au final aussi passionnant que dérangeant. Plusieurs scènes particulièrement écœurantes, comme la préparation des crânes, ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. Dans ce roman particulièrement masculin (le collectionneur, le thug, le capitaine qui le protège, l’homme de main et ses acolytes…), l’histoire et la science ont rendez-vous avec la sociologie et l’humanisme, dans un amalgame qui interpelle aussi les lecteurs du XXIème siècle.

S 2-3Les Editions du sonneur, 288 pages, 20€

Roman

«Petits miracles au bureau des objets trouvés» de Salvatore Basile

miraclesMichele habite au bout d’une ligne de chemin de fer. Son quotidien est rythmé par le passage du train, et quand la journée s’achève, il ramasse dans le train tous les objets oubliés par les voyageurs, qu’il stocke méthodiquement dans sa petite maison. Michele n’a pas d’amis, pas de famille non plus depuis que sa mère a quitté le domicile lorsqu’il était enfant, sans jamais donner signe de vie, et depuis que son père est mort. Michele n’a personne d’autre à aimer que ces objets oubliés.

Deux événements rompent la solitude de sa vie : le premier est l’arrivée dans sa vie d’une jeune femme, Elena, qui croque la vie à pleine dents et bouscule l’ordre établi dans le quotidien de Michele ; le second est la réapparition du journal intime de Michele, emporté par sa mère il y a des années, et revenu mystérieusement par le train, des années après

Si le titre du roman pourrait faire penser que ce roman est un « feel good book », l’intérieur révèle un texte profond, mélange de nostalgie de l’enfance et de fêlures adultes. Les mots progressent comme le lent cheminent du train dans ces petites villes dont les noms rythment les chapitres. Dans la chaleur de l’Italie, à la suite de ce train qui transportent des vies anonymes et des destins, le lecteur devient un ami invisible de Michele, suivant ses espoirs et ses rêves. Saura-t-il un jour pourquoi sa mère est partie du jour au lendemain, sans jamais donner de ses nouvelles ? Réussira-t-il à aimer, lui qui a été rejeté enfant par sa propre mère ? Et enfin, découvrira-t-il qui a placé ce vieux journal intime dans le train qui s’arrête devant sa maison ?

« Ils étaient tapis dans la pénombre de la pièce. Ce dernier jour de novembre, le train interrégional de 19h44 en provenance de Piana Aquilana entra en gare de Miniera di Mare parfaitement à l’heure. »

Poétique et plein de charme, ce roman cache aussi une tristesse mélancolique, qui en fait un texte tout en finesse et en délicatesse. Une jolie découverte.

S 3-3Folio, 400 pages, 7,90€

Roman

«J’ai dû rêver trop fort» de Michel Bussi

j'ai dûIl y a des plaisirs de lectrice aussi simples que d’avoir entre les mains le nouveau roman attendu d’un auteur devenu un incontournable de ma bibliothèque. Depuis l’épatant « Nymphéas noirs », je suis avec impatience la sortie de chaque nouveau roman de Michel Bussi. Je me demande à chaque fois dans quel univers teinté de suspense va m’emmener l’auteur.

Avec « J’ai dû rêver trop fort », j’ai aussitôt été captivée par cette écriture que je (re)connais bien maintenant, de celles qui nous font tourner les pages avec avidité pour « connaître la suite », de celles qui réduisent un peu nos nuits de lecteurs impatients.

2019. Montréal, Los Angeles, Djakarda. Il y avait une chance infime que Nathy, hôtesse de l’air, enchaîne des missions consécutives sur ces trois destinations. Et pourtant…ce n’est que la première d’une longue et étrange liste de coïncidences qui replongent Nathy dans ses souvenirs d’il y a vingt ans. Une musique qui rappelle un souvenir, des objets qui refont surface, et le passé remonte à la surface.

Vingt ans plus tôt, Nathy a vécu une histoire d’amour explosive, passionnelle, aussi fulgurante qu’impossible.

J’ai adoré cette impression délicieuse de me faire mener par le bout du nez, cette écriture qui crée l’urgence de lire la page suivante pour comprendre ce qui peut bien arriver dans le quotidien de Nathy qui crée ces situations à peine croyables. Magie, complot, simples coïncidences… je ne vous dirai rien de plus sur les raisons qui réveillent les souvenirs enfouis.

La fin, comme toujours avec Michel Bussi, est surprenante (quoique un peu dérangeante), et l’auteur nous donnera toutes les clés pour que chaque pièce du puzzle trouve sa place.

S 3-3Presses de la cité, 480 pages, 21,90€

Roman

«Félix et la source invisible» de Eric-Emmanuel Schmitt

félixFélix et sa maman Fatou habitent dans la plus belle ville du monde, Paris, dans le quartier de Belleville – même si son oncle s’amuse à l’appeler « Mocheville ». Fatou tient un café où se côtoient des personnalités sensibles et attachantes : Robert Larousse, ainsi surnommé car il s’attelle à apprendre le dictionnaire (dans l’ordre) ; Madame Simone, qui était « une pute et un homme », ou encore Madame Tran qui s’immisce doucement dans les conversations.

Mais Fatou déprime. Son tempérament s’est éteint. Félix, son oncle et son père, vont organiser pour elle un voyage qui doit la ramener vers la vie et la lumière.

Roman initiatique, poésie d’un petit garçon qui veut redonner le goût de vivre à sa mère, « Félix et la source invisible » est dans la parfaite continuité des précédents romans de Eric-Emmanuel Schmitt. N’y cherchez pas du suspense ni une intrigue qui vous tiendra éveillé jusqu’au bout de la nuit : l’écriture est douce, les chapitres se suivent au gré (d’abord) d’un quotidien sublimé par des personnages bien croqués et (ensuite) d’un voyage en Afrique qui se transforme en quête spirituelle.

Dans le café de Fatou étaient installés Robert Larousse, Madame Simone, Madame Tran… et moi, suivant leurs discussions de comptoirs. La vie, quoi.

S 2-3Audiolib, 18€, 3h51 d’écoute