Roman

« La Nuit d’après» de Yves Viollier

nuit aprèsJoseph est mort, et la nuit qui suit son enterrement, sa veuve Eglantine se souvient…

Soixante-dix ans de mariage, une vie faite de travail, et des enfants en héritage. Une longue vie, mais « une longue vie, c’est encore trop court ». Joseph et Eglantine se sont aimés, se sont soutenus, ont fait des projets ensemble : lui est devenu tonnelier puis ébéniste ; elle mère de cinq enfants et à la tête d’une épicerie. La vie n’a pas toujours été rose, mais l’amour a toujours été présent entre eux.

Ce roman plein de tendresse est une ode à la vie, et une jolie leçon d’humanité. Ces deux personnes humbles et travailleuses n’ont pas été épargnées, ont vécu des drames, mais ont suivi leur ligne de vie, avec droiture et justesse. Dans notre époque où un mariage sur trois s’achève par un divorce, je ne sais pas si l’avenir comptera encore beaucoup de couples comme celui-là, mais c’est à espérer !

Plusieurs fois ce texte m’a noué la gorge et mis les larmes au bord des cils, preuve que ce roman vrai et simple porte des messages profonds.

S 3-3Presses de la cité, 272 pages, 19€

Policier·Roman

« Sang famille » de Michel Bussi

sang familleQue l’on ne s’y trompe pas : bien que ce roman soit une réédition (revue) d’un livre sorti en 2009, on y retrouve bien tous les codes que les lecteurs qui aiment les romans de Michel Bussi (c’est mon cas) attendent.

Colin est en vacances sur l’île de Mornesey. Elevé par son oncle et sa tante, il aimerait en savoir plus sur son père, jeune archéologue mort quand Colin était petit. Mais l’île est agitée suite à l’évasion de deux prisonniers lors de leur transfert. Et Mornesey, dont l’histoire est fortement liée au bagne, aux trafics, et à l’illégalité, n’a pas fini de livrer ses secrets et de malmener les recherches de Colin.

Le roman est bien fait, efficace, et comme toujours avec Michel Bussi je n’avais qu’une envie : lire la page suivante, puis le chapitre suivant… J’ai même eu du mal à lâcher le livre le soir où il ne me restait plus que soixante pages à lire ! Quoique un peu moins surprenant que d’autres romans du même auteur (je continue de conseiller toujours « Nymphéas noirs » par exemple), celui-ci en conserve des thèmes chers à l’auteur : la mémoire, la famille, les secrets… Tous les ingrédients d’un roman policier que l’on a envie de lire l’été sont présents : une île (imaginaire) avec ses souterrains, son phare, son histoire ; des secrets de famille ; des adolescents en vacances, etc. A prendre dans vos valises pour vos prochaines vacances… ou à lire dès maintenant pour se dépayser.

S 2-3Presses de la cité, 420 pages, 21,90€

Roman

« Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre

De Pierre Lemaitre, j’avais déjà lu plusieurs polars, et le désormais incontournable « Au-revoir là haut », couronné par le Prix Goncourt en 2013. « Couleurs de l’incendie » se veut une suite, et la deuxième partie d’une trilogie annoncée. Mais n’ayez crainte si vous n’avez pas lu le premier, celui-ci peut se lire totalement indépendamment. Se lire… ou… Lire la suite « Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre

Roman

« Souvenirs de la marée basse » de Chantal Thomas

maréeRendre hommage à sa mère dans un texte de souvenirs est une démarche assez classique pour un auteur. La littérature ne compte plus le nombre d’œuvres qui y sont consacrées.

Le texte de Chantal Thomas a ceci de particulier qu’il axe le portrait d’une mère et le récit des souvenirs familiaux autour de l’eau et de la nage, et des villes balnéaires où la famille a résidé. L’auteur mêle des souvenirs d’enfances à la plage avec des camarades de son âge, et un portrait paradoxal de sa mère. Celle-ci est parfois décrite comme une force de la nature, capable de nager des heures durant, quelle que soit la saison ; et parfois comme une femme fragile, proche de la dépression.

D’Arcachon à Menton, le lecteur accoste avec plaisir dans ces villes de bord de mer. L’eau est très présente (l’Océan Atlantique, la Méditerranée, peu importe, l’essentiel est de nager). Le récit est à la fois sentimental et mélancolique, et parfois un peu amer vis-à-vis de cette mère avec qui l’auteur a du mal à communiquer. Il lui faudra attendre l’âge adulte et un départ pour les Etats-Unis pour trouver via l’envoi de cartes postales un moyen de recréer les fils fragiles de la communication mère-fille.

S 2-3Seuil

Roman

« Nocturne pour Stanislas » de Annie Degroote

Stanislas est le Saint patron de la Pologne. C’est aussi le nom du grand-père que Hania n’a jamais connu. Petite fille de Polonais, elle vit dans le Nord et, si elle s’entend très mal avec sa mère, voue une passion sans faille à sa grand-mère. Débarquant à Lille, elle fait la connaissance d’une étrange vieille… Lire la suite « Nocturne pour Stanislas » de Annie Degroote

Roman

« Les Piliers de la Terre » de Ken Follett

Extraordinaire Ken Follett ! J’ai déjà lu plusieurs livres de cet auteur, dont la formidable trilogie du « Siècle ». Et pourtant, avant de commencer ce livre, j’ai douté et craint de ne pas apprécier cette lecture, un pavé de plus de mille pages, dont je savais seulement qu’il se déroulait au Moyen-Age et parlait de bâtisseurs de… Lire la suite « Les Piliers de la Terre » de Ken Follett

Roman

« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Le premier intérêt de découvrir un livre en version audio, c’est de ne pas se tromper sur la prononciation du titre. Ainsi je prononce maintenant sans erreur le « Bojangles » du titre, qui fait référence à une chanson de Nina Simone. A part cela, j’ai adoré la lecture faite par Louis Arene de la Comédie Française.… Lire la suite « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Roman

« Ce feu qui me dévore », de Paul Couturiau

Bernard Bertin a passé plusieurs années de sa vie en prison. Jugé pour l’incendie criminel de la maison familiale, qui a tué sa mère et blessé grièvement son père, il n’a jamais vraiment cherché à se défendre. Après la prison, il est devenu un écrivain célèbre et reconnu ; c’est à l’occasion de son retour sur… Lire la suite « Ce feu qui me dévore », de Paul Couturiau

Roman

« The girls », d’Emma Cline

Fin des années 1960, dans une banlieue américaine aisée telle qu’on l’imagine : la pelouse est verdoyante, une belle voiture stationne dans l’allée, et les adolescents écoutent de la musique et font de petites bêtises pas bien méchantes. C’est ici qu’habite Evie. Elle rêve d’amitié, de garçons, passe ses journées avec sa meilleure amie. Elle n’est… Lire la suite « The girls », d’Emma Cline

Roman

« Et le ciel se refuse à pleurer… » de Gérard Glatt

Voilà un roman qui propose un joli cadre pour le lecteur : la Haute-Savoie. Nul besoin d’être très avancé dans la lecture des chapitres pour se retrouver au milieu des montagnes, près d’un torrent…et avec une terrible envie de reblochon, avec « sa croûte de couleur jaune, tirant parfois sur l’orange, et légèrement vitreuse en bordure. Sa mousse fine et blanche sur le dessus […], sa saveur délicatement parfumée à la noisette ». C’est bon, vous y êtes ?

C’est dans ce cadre que vieillit un improbable couple, Joseph et Germaine Tronchet. Elle, a tout d’une horrible mégère : mesquine, violente, et infidèle. Lui est un peu ivrogne mais avec un bon fond et un étonnant mais néanmoins immense amour pour sa femme.

Un jour, Germaine est retrouvée morte, écrasée sous un sapin. Son fils Antoine doit revenir pour les funérailles, ne sachant pas s’il doit pleurer cette mère méchante et que personne, à part Joseph, ne regrettera.

Si la mort de Germaine est une délivrance, elle éveille aussi des questions : pourquoi a-t-elle toujours été si méchante, pourquoi rejetait-elle son fils, que signifie le médaillon qu’elle ne quittait jamais ? Et surtout, l’arbre qui l’a tuée est-il vraiment tombé tout seul ?

Autant vous le dire : vous n’aurez peut-être pas toutes les réponses que vous attendez. Mais ce roman est fort plaisant à lire : pour le cadre, je l’ai déjà dit, mais aussi pour la chair donnée aux personnages, hommes et femmes complexes dans leurs sentiments mais simples dans leur quotidien. Passez sur le titre, à mon sens un peu plat, et qui ne reflète pas la profondeur du texte. Les personnages sont habités de sentiments forts (l’amour pudique entre Joseph et son fils, l’amitié fidèle d’un jeune voisin envers Antoine, et même la violence psychologique de Germaine). Il y a de l’amour dans ce livre, même si les personnages l’expriment de façons contradictoires et nagent entre culpabilité, fuite, et attachement.

S 3-3Presses de la Cité, 352 pages, 20€