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«La mort a ses raisons» de Sophie Hannah

mort raisonsSophie Hannah a été choisie par les héritiers d’Agatha Christie pour écrire de nouvelles aventures du célèbre détective Hercule Poirot. Quand on s’attaque à un tel mythe, il faut être à la hauteur… Je suis une grande admiratrice de la « reine du crime », j’ai lu quasiment tous ses romans policiers (ce qui représente quand même plusieurs dizaines de livres). Alors quand j’ai commencé la lecture de « La mort a ses raisons », j’étais curieuse mais je pensais que j’allais sans cesse comparer ce roman aux originaux.

Finalement… pas du tout.

Le livre s’ouvre sur le dessin d’un plan de maison, façon Cluedo. Ce n’est que le premier d’une liste d’ingrédients incontournables : un huis-clos pour l’ambiance, un groupe réuni dans une grande demeure, mélangeant famille / amis ou conjoints / domestiques, et au milieu, Hercule Poirot et l’inspecteur Catchpool. Ces deux derniers se demandent bien, d’ailleurs, pourquoi Athelinda Playford, maîtresse des lieux et romancière à succès, les a invités à passer quelques jours chez elle.

Lors du dîner, Athelinda annonce qu’elle déshérite ses enfants, au profit d’un homme… qui est lui-même mourant. Bien sûr cette révélation bouscule l’assemblée présente. Et comme par hasard, un crime est commis quelques heures après…

La construction du roman est assez classique, totalement dans la lignée de ce qu’Agatha Christie aurait pu écrire. Le dénouement se déroule sans surprise dans une scène réunissant tous les personnages autour de Poirot. Celui-ci, finalement, est assez peu présent, et j’ai remercié intérieurement l’auteur de ne pas avoir abusé des clichés sur ses moustaches, son crâne d’œuf et ses petites cellules grises. Poirot est présent sans être omniprésent, et c’est très bien comme ça.

Je n’avais pas envie d’interrompre ma lecture de ce roman efficace, qui se suffit à lui-même indépendamment de la « lignée » dans laquelle il s’inscrit, qui mérite d’être lu pour ce qu’il est : un bon « cosy mystery ». Je lirai avec plaisir les autres romans de cette saga.

S 3-3Le Livre de poche, 408 pages, 7,90€

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«  Derniers mètres jusqu’au cimetière » de Antti Tuamainen

derniers mètresJaakko va mourir. Il se sentait mal depuis plusieurs jours, et le diagnostic du médecin ne laisse aucun espoir : Jaakko a été empoisonnée à petit feu, et ses jours sont comptés.

Il pourrait s’isoler pour pleurer. Il pourrait vouloir vivre à 100 % les derniers jours qui lui restent. Mais il décide de chercher qui l’a empoisonné, pour se venger avant de mourir.

A la tête d’une entreprise spécialisée dans le champignon, il découvre que sa femme le trompe avec l’un de leurs employés ! Et par dessus le marché, des concurrents redoutables menacent la récolte de cette année…

Le titre annonce la couleur : ici il n’y aura pas de pathos sur la fin de vie, le personnage principal fera ses « derniers mètres jusqu’au cimetière » avec toute l’énergie que l’on peut mobiliser dans ses derniers instants pour finir sa vie en beauté. Bien sûr il y a de l’humour noir dans ce texte, le thème est évidemment décalé et traité en tant que tel. Certaines scènes sont cocasses dans la violence, un peu déroutantes dans la lecture, mais on se prend au jeu de suivre Jaako dans son ultime quête de vérité.

A la fois enquête, récit humoristique, parsemé de quelques scènes sanglantes, c’est un roman déroutant, mais dont le contenu est très cohérent avec ce que son titre annonce !

S 2-3Fleuve éditions

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«Le dernier hyver» de Fabrice Papillon

hyverLe titre, bien sûr, intrigue tout d’abord : qu’est-ce donc que cet « hyver » qui interpelle à la seule lecture de la couverture ? Si le titre vous interpelle, vous n’êtes pas au bout de vos surprises, car ce livre est à la fois construit avec intelligence et particulièrement étonnant.

L’histoire commence ainsi : Marie, brillante stagiaire tout juste arrivée au 36 quai des orfèvres, se trouve confrontée à un meurtre particulièrement atroce dans une boutique Hermès des beaux quartiers parisiens. Le corps a été mutilé selon un rite qui rappelle des coutumes ancestrales.

Le roman, d’abord, surprend par la qualité de la documentation et la précision avec laquelle l’auteur nous fait entrer dans les coulisses d’une institution de la police. Puis les liens avec l’Histoire se construisent au fil des pages, et là encore on plonge avec délice dans des parenthèses historiques passionnantes. A un moment de l’histoire, des phénomènes inexplicables bousculent la lecture, et toute la question sera alors de savoir si ce livre aura une fin plausible ou basculera totalement dans une monde parallèle – et je-ne-vous-dirai-rien !

Durant toute ma lecture, j’ai été tour à tour charmée et déroutée par la forme de ce roman. Marie, la jeune stagiaire, se retrouve confrontée à des situations incroyables : que ferait le lecteur à sa place, chercherait-il des explications rationnelles, ou bien chercherait-il une autre forme de physique ?

Amateurs d’alchimie, passionnés d’Histoire, curieux de philosophie ou de mathématiques sur les traces d’Hypathie d’Alexandrie, ce livre vous étonnera, vous séduira, et assurément ne vous laissera pas indifférents.

S 3-3Points

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«Agatha Raisin enquête (tome 13) : Chantage au presbytère» de M.C.Beaton

agatha t13 presbytèreÇa bouge dans la vie d’Agatha Raisin ! Son mari, James, qui s’était retiré dans un monastère, ne donne définitivement plus de nouvelles ; Charles Fraith, son ami intime, est aux abonnés absents ; reste John Armitage, son nouveau voisin, écrivain de son état, avec qui Agatha se demande s’il serait envisageable de se mettre en couple…

Le moral d’Agatha se regonfle lorsque Tristan Delon, le nouveau vicaire du village, lui fait les yeux doux. Agatha peut encore séduire ! A peine se méfie-t-elle lorsqu’au cours d’un dîner il lui propose de s’occuper pour elle de la gestion de ses économies.

Lorsque Tristan est retrouvé mort, les suspects ne manquent pas : est-ce le pasteur, jaloux de son aura ? Est-ce l’une des femmes à qui il a fait la cour ? Est-ce Agatha elle-même ?

Le nouveau duo Agatha / John mène l’enquête. Comme dans les bons opus de la saga, l’histoire avance bien, il y a des fausses pistes, et plein de diversions sur la vie d’Agatha, les amours de Bill Wong, l’organisation d’une « course aux canards » pour les bonnes œuvres de la paroisse… C’est charmant comme un week-end dans la campagne anglaise.

Si certains personnages piliers (Mrs Bloxbuy l’épouse du pasteur, Bill Wong l’ami policier…) font le lien avec les épisodes précédents, avoir mis d’autres personnages entre parenthèses (James, Charles, Roy…) donne un nouvel élan à la série. Nul doute que certains réapparaîtront dans de prochains tomes ; mais cela agrémente la lecture de voir Agatha dans un univers un peu différent, et plus sensible que jamais.

C’est un bon cru dans la série.

S 3-3Albin Michel, 306 pages, 14€

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«Agatha Raisin enquête : Le Noël d’Agatha » de M.C.Beaton

Agatha NoëlLes lecteurs de cette saga le savent : Agatha est pleine de paradoxes, tantôt aigrie, tantôt le cœur sur la main. Dans cette courte nouvelle d’une soixantaine de pages, qui se lit indépendamment du reste des tomes, Agatha est submergée par l’esprit de Noël. Elle, d’habitude si individualiste, a décidé d’organiser un repas de Noël pour les personnes seules du village des Cotswolds où elle habite.

Six convives se retrouvent donc autour d’elle et de son fidèle ami Roy venu spécialement de Londres. Piètre cuisinière, elle a confié la gestion du repas à un traiteur, mais a tenu à faire elle-même le pudding à servir en dessert.

La confection du traditionnel dessert s’avère savoureusement drôle, Agatha étant connue pour sa vision très « personnelle » de la cuisine…

Mais la bonne humeur s’arrête là, alors que l’un des convives meurt, justement à cause du pudding…

La nouvelle, très courte, oblige à des raccourcis et des résumés très très rapides du reste de la série. Si elle se lit indépendamment du reste des tomes, un lecteur qui ne connaît pas la série ne doit pas commencer par ce texte, car tous les personnages y apparaissent furtivement (James, Charles, Mrs Bloxby, Roy, Bill Wong…), il est donc préférable de les connaître, sous peine de ne pas profiter pleinement du charme du texte. L’enquête, forcément, n’est pas la plus poussée qu’ait menée Agatha, mais se lit surtout pour le plaisir de retrouver cette héroïne atypique en pleine période de Noël.

S 3-3Albin Michel. A noter, le livre ne s’achète pas, il est offert avec l’achat d’autres tomes de la série.

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«  Le carrefour des écrasés » de Claude Izner

victor legrisTroisième et dernier opus des « Premières enquêtes de Victor Legris », « Le carrefour des écrasés » installe définitivement dans les références de ma bibliothèque les personnages de Victor Legris, libraire dans le Paris de la fin du XIXème siècle, Kenji, son mentor, et Joseph, leur commis qui se rêve écrivain.

J’ai une tendresse littéraire pour ces personnages : pris séparément, ils ont des défauts qui ne les rendent pas toujours sympathiques à 100 % (Victor est un peu possessif, Kenji trop distant, Joseph effronté), mais ils forment un sympathique trio dans cette librairie qui sert surtout de décor. Le cœur de l’histoire, comme toujours, se situe ailleurs, dans Paris, où un nouveau mystère s’est produit : une femme a été retrouvée morte, sans chaussure. Or un escarpin rouge, portant à l’intérieur une référence à la librairie que le lecteur connaît bien, entraîne Victor Legris dans une nouvelle enquête. Le tout se corse lorsque l’on apprend que Kenji fréquente une jeune fille qui a un lien très étroit avec la paire de chaussures en question…

L’originalité de ce roman, parmi les trois que j’ai lus dans cette série, est de faire un pont, à la même époque, entre les villes de Paris et de Lyon, d’où est originaire la victime. Nombreuses sont les références à la capitale des Gaules et à ses traditions.

Quant aux personnages, cette histoire fait la part belle à Joseph, désormais pilier incontournable dans ce trio masculin, et qui apporte toujours une touche agréable d’humour à la lecture.

D’autres tomes sont publiés, j’espère que l’éditeur annoncera prochainement la sortie de la suite sous forme d’anthologie.

S 3-310-18

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« La disparue du Père-Lachaise» de Claude Izner

1890. Paris vit une fin de siècle et bruisse d’un air nouveau. Le Sacré-Coeur est en construction, le téléphone émerge (même si certains pensent que « aucune personne sensée ne voudra s’encombrer de cet appareil »). Victor Legris, libraire, file le parfait amour avec Tasha, une peintre libre et talentueuse, très inspirée par le mouvement impressionniste en… Lire la suite « La disparue du Père-Lachaise» de Claude Izner

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« Agatha Raisin enquête (t12) : Crime et déluge » de M.C. Beaton

agatha t12 crime et délugeCette fois-ci, Agatha a tourné la page sur James Lacey. Depuis que son ancien mari a décidé de devenir moine, Agatha déprime. Elle part quelque temps sur une île paradisiaque ; mais à son retour à Carsely, c’est la grisaille qui l’attend. Alors que des inondations font d’importants dégâts, Agatha découvre le corps noyé d’une jeune femme. La mise en scène autour de cette mort intrigue Agatha ; persuadée qu’il ne s’agit pas d’un décès accidentel, elle débute une enquête. Elle doit enquêter seule, puisque ses deux précédents acolytes ont changé de vie – James est entré au monastère, et Charles vient d’épouser une Française.

Ce qui est très habile dans la série des « Agatha Raisin », c’est la capacité de l’auteur à mélanger des thèmes récurrents au fil des tomes (la vie villageoise, le caractère d’Agatha, son passé entre enfance populaire et réussite londonienne…) et en même temps à faire progresser les relations entre les personnages. Exit James, qui a tant occupé les pensées d’Agatha dans les précédents romans ; exit aussi Charles, que j’avais pourtant imaginé en remplaçant pérenne de James ; et bienvenue à John, le nouveau voisin d’Agatha, un célèbre écrivain de… romans policiers !

Le personnage d’Agatha aussi progresse : plus torturée, mêlant toujours mauvais caractère et « bon fond », elle n’a rien de la « bonne copine » mais est indiscutablement un personnage que je retrouve à chaque fois avec curiosité. Mon plaisir à lire cette série ne s’est pas tari.

S 3-3Albin Michel, 14€

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« Agatha Raisin enquête (t11) : L’enfer de l’amour » de M.C. Beaton

Agatha t11 enferDécidément, Agatha et James forment un bien étrange couple ! Ils se sont mariés à la fin du précédent tome de la série… et les voilà déjà au bord de la rupture ! Si Agatha n’a pas un caractère facile – les lecteurs de la série le savent bien – James est carrément odieux, machiste… et infidèle.

Alors que leur couple vacille, James disparaît, laissant d’inquiétantes traces de sang derrière lui… et sa maîtresse morte. Agatha, aidée de son fidèle ami Charles, cherche à disculper son mari et enquête sur le passé de sa maîtresse.

J’adore cette série, vous le savez déjà si vous avez lu mes dix (dix!!) précédentes chroniques sur Agatha Raisin. Mais ce tome-là n’est pas le meilleur. L’enquête tourne un peu en rond, les personnages aussi (mais pourquoi Agatha s’obstine-t-elle à courir après James ? Je parierais bien sur une remontée en flèche de Charles dans le coeur d’Agatha prochainement, car je le trouve de plus en plus présent dans la série).

Malgré cette petite baisse de rythme et quelques choix presque grotesques de rebondissements (dont je ne peux rien vous révéler), la lecture reste sympathique et j’ai passé un bon moment. Preuve que je ne suis pas trop déçue, je suis prête pour la lecture du prochain tome.

S 2-3Albin Michel, 14€

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« Si belle mais si morte» de Rosa Mogliasso

si belleUne femme est morte près d’un fleuve. Alors que plusieurs personnes passent près d’elle, aucune ne se décide à appeler la police. Se mêler d’un meurtre ? Cela génère du stress, c’est mauvais pour les rides, ou c’est prendre le risque que la police s’intéresse à un petit trafic de stupéfiant… Ou bien…ou bien… Chacun a une bonne excuse pour ne pas s’en mêler et pour laisser à d’autres le soin de prévenir la police.

Le roman est très court, 130 pages à peine. Habituellement, je lis d’une traite un si petit texte, moi qui ne rechigne pas devant des pavés parfois dix fois plus gros. Mais là, j’ai abordé ce livre en trois fois. Certes, j’aime l’humour noir, et le résumé de l’histoire m’avait plutôt donné envie de lire ce roman, mais j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire et à adhérer aux personnages.

Seule la fin du livre, que je vous laisse découvrir, a été une bonne surprise et relève l’ensemble, sinon un peu trop fade à mon goût.

s-1-3Points