Policier

«Petits meurtres en héritage (les mystères de Honeychurch) » de Hannah Dennison

couv meurtres heritage finaleQuand on est, comme moi, une inconditionnelle de la série « Agatha Raisin », forcément dans une librairie le regard est attiré par un bandeau qui vante les mérites d’un livre avec un verbatim de MC Beaton (auteure des « Agatha Raisin », pour ceux qui n’ont pas suivi) : « Génial et parfait pour chasser le blues ». Et hop, le livre est acheté, emporté, ouvert presque avec gourmandise.

L’histoire est celle de Kat Stanford, célèbre animatrice de télé, qui a décidé de tout plaquer pour ouvrir avec sa mère une boutique d’antiquités. Sauf que sa mère, au dernier moment, change de projet et part s’installer à la campagne, dans la dépendance en ruines d’un vieux château. Le cauchemar aurait pu s’arrêter là pour Kat, mais voilà qu’en plus un meurtre est commis au château.

La trame est classique mais parfaite pour ce type de roman policier, mais je me suis plutôt ennuyée face à des longueurs dans les dialogues et des personnages assez caricaturaux. Kat et sa mère ont des rapports conflictuels terriblement agaçants et ennuyeux, qui n’apportent rien à l’histoire. Le personnage même de Kat n’est ni sympathique ni antipathique tant elle paraît transparente – ce qui est peu crédible alors qu’elle est censée être une star du petit écran.

Au final, le roman se lit, bien sûr, mais avec un certain ennui en toile de fond. S’il est le premier d’une série, je n’ai pas envie de lire les suivants.

S 1-3City Poche, 336 pages, 14,95€

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« Sacrifices » de Ellison Cooper

sacrificesRevoilà Sayer Altair, Agent spécial du FBI, spécialiste des psychopathes, qui nous a fait frissonner (c’est peu de le dire) dans « Rituels ». Après six mois de pause, elle reprend du service dans un contexte particulièrement tendu, puisqu’une enquête parlementaire est diligentée contre le service de Sayer.

Elle est appelée dans un parc national, où des ossements ont été retrouvés. Aidée par Dana, la légiste, et par Ezra, le fidèle génie informatique, elle découvre que les ossements proviennent de plusieurs corps, certains récents et d’autres beaucoup plus anciens. Y aurait-il plusieurs affaires ?

Tout ce qui a fait l’efficacité de « Rituels » se retrouve dans ce second volet : l’intrigue est bien ficelée, l’écriture incroyablement rythmée, sans temps mort. Il y a des chapitres très violents psychologiquement, mais heureusement ils sont plus courts que les autres chapitres ! J’ai seulement un peu regretté de retrouver des ficelles de l’intrigue déjà utilisées dans « Rituels » – je ne vous dirai pas lesquelles.

Malgré une couverture vers laquelle je ne serais pas allée spontanément, j’ai été captivée par ce roman, que j’ai dévoré très rapidement.

Si l’intrigue est bel et bien résolue à la fin de ce roman, le fil rouge tissé dès le premier volet n’est pas rompu, et j’imagine donc qu’il y aura une suite – que je lirai bien volontiers !

S 3-3Cherche Midi, 448 pages, 23€

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«Agatha Raisin enquête (tome 17) : Cache-cache à l’hôtel » de M.C. Beaton

agatha t17 cache-cacheGros rebondissement dans la vie d’Agatha Raisin : alors que son ex-mari, James, joue avec ses sentiments depuis qu’ils se connaissent (c’est-à-dire dès les premiers tomes de la série), le voilà soudain doux comme un agneau et amoureux comme un adolescent ! C’est à peine croyable pour la lectrice que je suis – la ficelle est même un peu grosse en terme de renversement de situation, mais bon, passons.

James, donc, décide de prouver ses sentiments à Agatha en l’emmenant en vacances. Pauvre Agatha ! Elle qui s’attendait à partir au soleil, au bord d’une plage méditerranéenne, la voilà dans une sinistre station balnéaire où plus aucun touriste ne s’aventure depuis bien longtemps.

Mais si Agatha avait peur de s’ennuyer, le meurtre d’une cliente de l’hôtel vient secouer son séjour – d’autant plus que la victime a été étranglée par un foulard qui appartenait à Agatha !

L’ambiance de ce roman fait penser à celle de « Gare aux fantômes », le neuvième tome de la série, qui se déroule aussi dans un hôtel assez triste, sous la pluie. Pour le reste, et si l’on excepte l’invraisemblable retour de flamme de James, les codes habituels de la série sont présents, et Agatha est égale à elle-même. Depuis qu’elle dirige une équipe de détectives, de nouveaux personnages sont apparus et deviennent eux aussi des piliers de l’histoire – je pense à Harry notamment, sa plus jeune recrue, capable de passer en un éclair d’un look cuir/piercing à un costume/cravate. Il reste encore dix tomes dans la série, j’espère que les prochains continueront à apporter leur lot de nouveautés sans dénaturer l’esprit de cette série sympathique.

S 3-3Albin Michel, 319 pages, 14€

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«Code Lupin » de Michel Bussi

code lupinIl en est souvent ainsi lorsque l’on apprécie les textes d’un écrivain : on finit toujours par remonter le temps et chercher des œuvres « de jeunesse », les premiers écrits, tous les textes qu’on n’a pas encore lus…

Me voilà donc avec « Code Lupin » entre les mains, premier roman publié de Michel Bussi. L’histoire se passe en Normandie, où un professeur, Roland Bergton, et Paloma une étudiante, se donnent 24 heures pour trouver un trésor caché, en s’appuyant sur les écrits de Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin. Le clin d’oeil à Da Vinci Code est appuyé (Ro-land Ber-gton / Ro-bert Lan-gton), et assumé.

Si je n’avais pas su que Michel Bussi en était l’auteur, je ne lui aurais sans doute pas associé ce roman, que je trouve assez différent de ses écrits plus récents. Tout d’abord le texte est court, à peine plus de deux cents pages, ce qui est environ la moitié de la taille de ses romans actuels ! Ensuite, tout va très vite dans le roman, les indices s’enchaînent sans que le lecteur ait toujours bien le temps de comprendre les déductions.

Le roman est très érudit, presque trop : plusieurs romans mettant en scène Arsène Lupin sont décryptés (parfois hélas jusqu’au dénouement), la géographie normande est détaillée, au détriment parfois du côté romanesque. J’aurais préféré un peu moins de « leçons » sur l’œuvre de Maurice Leblanc, et davantage de récit littéraire.

Mais bon, il ne s’agit que d’un premier roman, et quand on connaît la suite du parcours de l’auteur, on ne peut que saluer l’éditeur qui a publié ce roman et qui a eu un sacré flair ! Les inconditionnels de Michel Bussi peuvent compléter leurs lectures avec ce « Code Lupin », mais pour ceux qui connaissent mal les romans de l’auteur, je conseille plutôt le dernier (« J’ai dû rêver trop fort ») ou encore « Nymphéas noirs » qui est pour moi un classique du genre.

S 1-3Editions des falaises, 224 pages, 9€

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«Art et décès» de Sophie Hénaff

Sart décèsouvenez-vous : dans « Poulets grillés », puis dans sa suite « Rester groupés », Sophie Hénaff nous faisait découvrir une bande de policiers pas comme les autres. Mis au ban de leur profession parce que alcooliques, poissards, joueurs… ils ont néanmoins prouvé dans leurs précédentes aventures qu’ils n’en restaient pas moins de bons enquêteurs.

Mais voilà que Eva Rosière, la célébrité du groupe et désormais scénariste, se retrouve mêlée à un meurtre : l’un des deux réalisateurs du film a été tué dans sa loge. Eva est la seule qui n’a pas d’alibi, et en plus elle avait un mobile !

Alors que Anne Capestan la capitaine du groupe des « poulets grillés » profite avec délice de son congé maternité, elle est obligée de revenir aider son équipe à sauver Rosière – enfin, si celle-ci est vraiment innocente…

Forcément après deux premiers tomes très réussis, il n’est pas évident de tenir la barre sur le troisième. J’ai beaucoup moins ri que dans les deux premiers tomes, j’avais oublié aussi certains personnages – ou plus précisément, j’avais oublié qu’ils étaient aussi nombreux. J’avais gardé un si bon souvenir des deux premiers tomes que j’ai été déçue… Heureusement les personnages restent attachants, le changement de décor (le plateau de cinéma) donne un autre élan, et le moment de lecture reste très agréable.

S 2-3Albin Michel, 320 pages, 18,50€

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«Son espionne royale et le mystère bavarois (tome 2) » de Rhys Bowen

espionne royale t2J’avais gardé un sentiment mitigé du premier tome de la série « Son espionne royale… » mais j’avais décidé de laisser sa chance au deuxième tome.

Le début m’a déçue : j’ai eu le sentiment de relire des scènes et des anecdotes déjà lues dans le premier tome, et j’ai trouvé le démarrage fastidieux.

Pourtant, quand l’histoire a finalement commencé, j’ai pris plaisir à lire cette nouvelle intrigue. On y retrouve Georgie, jeune lady anglaise à qui la Reine confie régulièrement des petites missions, et qui se retrouve malgré elle impliquée dans des enquêtes policières.

Cette fois-ci, Georgie accueille chez elle la princesse Hannelore de Bavière. Entre soirées arrosées et virées chez Harrod’s, Georgie découvre que la princesse sortie du couvent n’est pas si timide qu’on le croyait ! Sauf que leurs plaisirs futiles se voient contrariés par plusieurs morts : d’abord, celle accidentelle d’un ami de Georgie lors d’une soirée, puis celle d’un jeune homme dont la princesse s’était amourachée.

L’histoire est plaisante à lire, j’ai souri à plusieurs reprises face aux aventures de cette lady qui n’en est pas vraiment une (elle a des pensées et des paroles très modernes pour l’époque, a un rapport amusant avec ses domestiques) et finalement la lecture de ce deuxième tome a été une bonne surprise. Par contre, ne lisez pas ce roman pour le suspense, la fin est assez prévisible.

S 2-3Robert Laffont, 384 pages, 14,90€

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«Son espionne royale mène l’enquête (tome 1)» de Rhys Bowen

son espionne t11932. Lady Georgiana, « Georgie » pour les amis, est la sœur du duc de Glenn Gary et Rannoch, et accessoirement trente-quatrième dans l’ordre de succession du trône d’Angleterre. Aucun risque qu’elle soit amenée à régner, et en plus la pauvre Georgie s’est vue couper la rente que lui versait son frère – à vingt-et-un ans, elle devrait être mariée. Mais Georgie ne veut pas accepter n’importe quel mari, fût-il conseillé par la Reine elle-même…

La Reine, d’ailleurs, a plutôt de la sympathie pour Georgie, et l’envoie dans quelques mondanités pour surveiller discrètement son fils qui s’est entiché d’une Américaine… Mais Georgie va avoir d’autres chats à fouetter, entre un maître chanteur retrouvé assassiné dans la maison de famille, et ses efforts douloureux pour gagner sa vie.

Premier tome d’une série de « cosy mysteries », ce roman introduit bien les personnages, et plonge aussitôt le lecteur dans le Londres des années 1930. L’histoire se révèle très différente de ce que laissait penser la quatrième de couverture (la mission confiée par la Reine n’est pas du tout au coeur de l’intrigue).

Il reste quelques petites longueurs, mais que l’on pardonnera pour un premier tome – en tout cas, j’ai déjà à portée de main le deuxième tome, c’est plutôt bon signe…

S 2-3Robert Laffont, coll. La Bête noire, 14,90€

Policier

«Carnaval» de Ray Celestin

carnavalEn 1919 à La Nouvelle Orléans sévit un meurtrier sanguinaire sous le surnom de « Tueur à la hache ». Si La Nouvelle Orléans est connue pour son ambiance festive et ses airs de jazz qui rythment les soirées, elle l’est alors aussi pour son fort communautarisme. Blancs, créoles, italiens mafieux, s’accusent mutuellement de compter parmi leurs rangs le mystérieux tueur à la hache.

Le roman est construit autour de plusieurs personnages qui, chacun dans le cadre de son métier ou de ses rencontres, se lance sur les traces du tueur : un policier évidemment, mais aussi un ancien policier ripoux tout juste sorti de prison, un journaliste, une secrétaire d’agence de détectives… Si la multiplication des points de vue permet de s’imprégner de la diversité des ambiances à La Nouvelle Orléans, elle m’a hélas très vite perdue parmi trop de pistes d’enquêtes et trop de personnages secondaires.

J’ai aimé découvrir l’histoire et les particularités de La Nouvelle Orléans, mais la complexité de l’intrigue n’a pas réussi à me faire accrocher à l’enquête. Je suis malgré tout allée jusqu’à la fin de cette lecture – sans être sûre d’avoir tout compris – qui s’achève sur la possibilité d’une suite (qui existe d’ailleurs, et que je vous chroniquerai prochainement).

S 1-3Cherche Midi, 496 pages, 21€

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«Ristretto» de Bertrand Puard

ristrettoSi vous avez l’habitude de siroter un petit café en lisant un roman, sachez que votre café aura un drôle de goût si vous le buvez en lisant ce roman-ci.

Le café, on ne le sait pas forcément, est côté en bourse comme d’autres matières premières (ou « commodities »). Lorsque plusieurs personnes, financiers ou politiques, meurent avec une cerise de café laissée près d’eux comme signature, le café devient le centre d’une menace qui pèse aussi bien sur le Président de la République que sur les dirigeants de la Premium, l’entreprise financière où il a fait ses débuts.

Pour dénouer la cause de ces morts, la Premium fait appel à Clara, qui a été l’une des meilleurs membres de la Premium, avant d’en partir suite à un burn out qui l’a menée jusqu’à la tentative de suicide.

Un peu étrange comme réflexe pour un dirigeant d’entreprise, que d’aller rechercher une ancienne employée qui a gardé une rancune profonde contre son entreprise ! Mais ce n’est là qu’une des étrangetés de cette histoire – la seconde étant que Clara accepte la mission !

Le reste du roman ferait un bon scenario de film d’action, Clara et l’homme de main du Président de la République traversant sans contrainte les mers et les océans, aux quatre coins du monde, pour savoir quelles « magouilles » financières ont abouti à ces meurtres.

Le point de départ – la spéculation autour du café – est particulièrement original, et les amateurs du noir breuvage liront avec plaisir les passages sur les différents cafés, leur culture, leurs arômes, et les anecdotes sur quelques célèbres amateurs de café. Le milieu de la finance est décrit assez précisément, même si cela n’apporte au final pas vraiment de plus-value au roman. Ce côté « récit réaliste » m’a même un peu gênée dans la lecture, de même que certains parallèles (trop) évidents avec des personnages réels.

À noter pour finir la couverture que je trouve très réussie et efficace, et qui donne envie – non pas d’un café mais – d’ouvrir le livre.

S 2-3Fleuve noir, 384 pages, 19,90€

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«Pietr le Letton (Maigret t.1) » de Georges Simenon

maigret1J’ai commencé ce livre sans savoir à quoi m’attendre, sans savoir si j’allais « aimer ou pas ». Je dois dire que j’ai surtout été attirée au départ par la jolie couverture bleu nuit de cette anthologie.

Pour moi, Maigret c’est Bruno Cremer, dans des téléfilms lents devant lesquels les paupières deviennent lourdes. Je n’avais jamais lu aucun roman de Simenon avant celui-ci.

Ce que je retiens de cette lecture est avant tout une ambiance. Dès la première page, le décor est planté :

Le commissaire Maigret, de la première Brigade Mobile, leva la tête, eut l’impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafons par un gros tuyau noir faiblissait. Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer.

Le reste du roman est dans la même tonalité, comme si avant même l’intrigue l’auteur s’était attaché à donner un décor au personnage. Quant au personnage de Maigret lui-même il nous est décrit à plusieurs reprises, tantôt physiquement, tantôt dans sa gestuelle et ses postures.

  « Ça », c’était un homme qui ne se faisait pas habiller par un tailleur anglais, qui n’avait pas le temps de passer chaque matin chez la manucure et dont la femme, depuis trois jours, préparait en vain les repas, résignée, sans rien savoir.

« Ça », c’était un commissaire de première classe aux appointements de deux mille deux cents francs par mois qui, une affaire terminée, les assassins sous les verrous, devait s’attabler devant une feuille de papier, dresser la liste de ses frais, y épingler les reçus et pièces justificatives, puis se disputer avec le caissier !

L’auteur, aussi, semble s’amuser à semer quelques anecdotes biographiques sur Maigret. Ainsi on apprend par exemple qu’il a entamé « des études de médecine inachevées » – et je ne peux pas croire que l’auteur ne se servira pas de ce genre d’éléments plus tard, dans d’autres récits de sa série.

Enfin, je termine par l’intrigue (quand même). Je l’ai trouvée aussi insignifiante que laborieuse – avec pour point de départ un homme retrouvé mort dans un train. Heureusement il y avait le reste, ce décor parisien des années 1930, et ce personnage taiseux et inébranlable.

S 2-3Ed.Omnibus, Préface de Pierre Assouline, 28€ pour le tome 1 de l’anthologie regroupant 8 récits.