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« Agatha Raisin enquête (t12) : Crime et déluge » de M.C. Beaton

agatha t12 crime et délugeCette fois-ci, Agatha a tourné la page sur James Lacey. Depuis que son ancien mari a décidé de devenir moine, Agatha déprime. Elle part quelque temps sur une île paradisiaque ; mais à son retour à Carsely, c’est la grisaille qui l’attend. Alors que des inondations font d’importants dégâts, Agatha découvre le corps noyé d’une jeune femme. La mise en scène autour de cette mort intrigue Agatha ; persuadée qu’il ne s’agit pas d’un décès accidentel, elle débute une enquête. Elle doit enquêter seule, puisque ses deux précédents acolytes ont changé de vie – James est entré au monastère, et Charles vient d’épouser une Française.

Ce qui est très habile dans la série des « Agatha Raisin », c’est la capacité de l’auteur à mélanger des thèmes récurrents au fil des tomes (la vie villageoise, le caractère d’Agatha, son passé entre enfance populaire et réussite londonienne…) et en même temps à faire progresser les relations entre les personnages. Exit James, qui a tant occupé les pensées d’Agatha dans les précédents romans ; exit aussi Charles, que j’avais pourtant imaginé en remplaçant pérenne de James ; et bienvenue à John, le nouveau voisin d’Agatha, un célèbre écrivain de… romans policiers !

Le personnage d’Agatha aussi progresse : plus torturée, mêlant toujours mauvais caractère et « bon fond », elle n’a rien de la « bonne copine » mais est indiscutablement un personnage que je retrouve à chaque fois avec curiosité. Mon plaisir à lire cette série ne s’est pas tari.

S 3-3Albin Michel, 14€

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« Agatha Raisin enquête (t11) : L’enfer de l’amour » de M.C. Beaton

Agatha t11 enferDécidément, Agatha et James forment un bien étrange couple ! Ils se sont mariés à la fin du précédent tome de la série… et les voilà déjà au bord de la rupture ! Si Agatha n’a pas un caractère facile – les lecteurs de la série le savent bien – James est carrément odieux, machiste… et infidèle.

Alors que leur couple vacille, James disparaît, laissant d’inquiétantes traces de sang derrière lui… et sa maîtresse morte. Agatha, aidée de son fidèle ami Charles, cherche à disculper son mari et enquête sur le passé de sa maîtresse.

J’adore cette série, vous le savez déjà si vous avez lu mes dix (dix!!) précédentes chroniques sur Agatha Raisin. Mais ce tome-là n’est pas le meilleur. L’enquête tourne un peu en rond, les personnages aussi (mais pourquoi Agatha s’obstine-t-elle à courir après James ? Je parierais bien sur une remontée en flèche de Charles dans le coeur d’Agatha prochainement, car je le trouve de plus en plus présent dans la série).

Malgré cette petite baisse de rythme et quelques choix presque grotesques de rebondissements (dont je ne peux rien vous révéler), la lecture reste sympathique et j’ai passé un bon moment. Preuve que je ne suis pas trop déçue, je suis prête pour la lecture du prochain tome.

S 2-3Albin Michel, 14€

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« Si belle mais si morte» de Rosa Mogliasso

si belleUne femme est morte près d’un fleuve. Alors que plusieurs personnes passent près d’elle, aucune ne se décide à appeler la police. Se mêler d’un meurtre ? Cela génère du stress, c’est mauvais pour les rides, ou c’est prendre le risque que la police s’intéresse à un petit trafic de stupéfiant… Ou bien…ou bien… Chacun a une bonne excuse pour ne pas s’en mêler et pour laisser à d’autres le soin de prévenir la police.

Le roman est très court, 130 pages à peine. Habituellement, je lis d’une traite un si petit texte, moi qui ne rechigne pas devant des pavés parfois dix fois plus gros. Mais là, j’ai abordé ce livre en trois fois. Certes, j’aime l’humour noir, et le résumé de l’histoire m’avait plutôt donné envie de lire ce roman, mais j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire et à adhérer aux personnages.

Seule la fin du livre, que je vous laisse découvrir, a été une bonne surprise et relève l’ensemble, sinon un peu trop fade à mon goût.

s-1-3Points

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« Rendez-vous avec le crime » de Julia Chapman

rdv avec le crimeJe suis une inconditionnelle de la série de romans policiers « Agatha Raisin ». Je surveille avec assiduité la sortie de chaque nouveau tome. Après avoir rempli mon panier de livres avec les derniers tomes traduits en français, j’ai choisi de prendre également le premier tome d’une autre série qui se veut aussi être du style « cosy mystery ».

« Rendez-vous avec le crime » est en effet le premier tome de la série « Les détectives du Yorkshire ». L’histoire se déroule dans un petit village. Delilah est une jeune entrepreneuse, pleine d’idées et robuste, mais qui croule sous les dettes. Pour s’en sortir, elle décide de louer une partie des locaux où est installée l’agence matrimoniale qu’elle a fondée.

Or son nouveau locataire, Samson, est un enfant du pays, de retour après des années d’absence. Et Samson n’est pas, mais pas du tout, le bienvenu dans le village où il a grandi. Mais bientôt, Delilah et Samson vont partager plus que des locaux : plusieurs clients de l’agence matrimoniale de Delilah sont retrouvés morts, et Samson est recruté comme détective privé pour enquêter.

L’histoire est très longue à démarrer, après des dizaines de pages sur la vie locale et les villageois (j’étais perdue dans tous ces personnages), sans que l’enquête ne commence. J’ai failli abandonner ma lecture… Heureusement après cette longue phase d’introduction, les personnages se révèlent sympathiques et l’enquête nous oriente sur des fausses pistes et des rebondissements. Les personnages principaux réservent encore quelques mystères pas complètement élucidés, qui donneront de la matière pour les prochains tomes (que s’est-il passé dans leur jeunesse ? Se rapprocheront-ils dans les prochains tomes ? ). A ce stade, je ne suis pas sûre de lire le prochain volet de la série. J’en attendais sans doute trop, d’où une petite déception ; après cette chronique en demi-teinte, vous aurez peut-être au contraire la bonne surprise d’être conquis par ce roman qui, malgré tout, se lit plutôt agréablement.

A noter que le titre anglais est un peu plus recherché, « Date with death » faisant mieux référence aux activités des deux personnages principaux (agence matrimoniale & détective privé) que ce simple « rendez-vous »…

S 2-3Robert Laffont, 408 pages, 14,90

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« Hôtel du Grand cerf » de Franz Bartelt

hotel cerfIl y a des héros de roman que l’on adore détester… et ceux que, vraiment, même après avoir fini, on n’a pas envie d’aimer. Il faut dire que, dans « Hôtel du Grand cerf », le policier qui mène l’enquête accumule les raisons de se faire détester. Proche de la retraite, n’ayant rien à prouver et pas envie de faire le moindre effort, il est aussi désagréable que vulgaire.

Pour sa dernière enquête avant la retraite, il s’installe dans un hôtel des Ardennes, d’où est originaire une jeune fille qui a disparu. Ici tout le monde a l’air louche : la mère de la jeune fille, la grand-mère qui règne encore sur l’hôtel, le riche voisin d’un centre de motivation où sont testés des employés envoyés par leur entreprise…

Le livre oscille entre des moments intéressants, avec quelques rebondissements, et des passages plus lents, moins porteurs pour l’histoire. Le tout forme un roman pas désagréable mais assez inégal.

Points, 7,70€

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«Agatha Raisin enquête (t10) : Panique au manoir » de M.C.Beaton

Agatha t10 paniqueBranle bas de combat chez Agatha Raisin : lasse d’attendre James, elle a décidé de quitter provisoirement son village de Carsely, pour s’installer à Fryfam. Fidèle à elle-même, elle s’est décidée sur un coup de tête, piquant une carte au hasard avec une aiguille…

Evidemment, comme d’habitude, là où Agatha passe, quelqu’un trépasse ! Alors qu’elle mène une petite révolte féministe pour permettre aux femmes de son village d’adoption de fréquenter le pub, elle se retrouve mêlée à un meurtre. Pour ne pas dire à ses nouveaux voisins qu’elle fuyait un chagrin d’amour, elle s’est inventé une vie d’écrivain et s’est lancée dans l’écriture d’un roman policier, « Panique au manoir ». Or justement, c’est le propriétaire du manoir local qui a été assassiné ! Voilà Agatha dans de beaux draps !

Bien que cette enquête se déroule hors du village d’origine d’Agatha, on y retrouve la vie de village, les commérages, les coutumes locales… et une Agatha fidèle à elle-même, râleuse, fumeuse, grossière… Ce n’est pas à proprement parler un personnage sympathique, mais elle est attachante ; on dirait une vieille copine un peu grognon mais on s’amuse de ses maladresses et de son franc-parler.

Je suis contente de voir que le succès de la série ne se dément pas ; les prochains tomes m’attendent déjà… et j’espère que les éditions Albin Michel publieront l’intégralité de cette saga truculente.

S 3-3Albin Michel 14€

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«Agatha Raisin enquête (t9) : Sale temps pour les sorcières » de M.C.Beaton

Agatha t9 sorcièresSuite à la basse vengeance d’une coiffeuse, Agatha Raisin est devenue chauve. En attendant la repousse de ses cheveux, elle part s’isoler à Wyckhadden, et loge dans un hôtel occupé par des pensionnaires vieillissants, dont les journées s’achèvent inlassablement par une partie de Scrabble… Pour passer le temps, Agatha rend visite à Francie, la sorcière locale, à qui elle achète une lotion capillaire…et accessoirement un filtre d’amour.

Cela pourrait paraître amusant… jusqu’à ce que Francie soit retrouvée morte.

Et voilà notre Agatha Raisin à nouveau mêlée à une histoire de meurtre, cette fois-ci loin de son village, de James et de Bill.

C’est un tome de la série qui mérite d’être lu en automne ou en hiver pour l’ambiance pluvieuse et sombre. Mais peut importe le temps, la lecture est prenante et le lecteur est transporté sur les côtes britanniques. James ne quitte pas les pensées d’Agatha, mais une fois de plus il n’apparaît réellement qu’en pointillés dans l’histoire.

Ce tome est déjà le neuvième de la série, et je me réjouis de voir qu’Agatha fait de plus en plus parler d’elle en France… alors que mes premières chroniques sur la série datent déjà de novembre 2016. En tout cas, à ce stade je ne me lasse pas de ces « cosy mysteries » pleins de charme !

S 3-3Albin Michel, 14€

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« Breaking news » de Frank Schätzing

breakingQuel pavé !

Voilà quelle a été ma première pensée devant ce livre de plus de 1200 pages. Soit le roman se lira comme une saga, soit ce sera une lecture proche de la punition.

Je n’irai pas jusqu’à dire que cette lecture a été une punition pour moi, mais elle a été indéniablement complexe, exigeante, et au final assez difficile.

Tom Hagen est reporter de guerre. Il est passionné par son métier, mais avec le temps il s’est beaucoup endurci face aux horreurs qu’il a vues. Lors d’un reportage en Afghanistan, une mauvaise évaluation d’une situation lui fait prendre des risques inconsidérés, et sa coéquipière meurt.

Des années plus tard, alors qu’il est devenu un journaliste de second niveau, il a une opportunité de révéler des scoops politiques en lien avec Israël. Mais rien ne va se passer comme prévu.

Si la géopolitique vous fait pousser des soupirs d’ennui, passez à côté de ce livre qui est un foisonnant pavé. Le conflit israëlo-palestinien y est traité à petite et grande échelle, avec des tentatives d’explications historiques d’une grande complexité. Chose rare, l’auteur le reconnaît dans ses remerciements, et évoque « une réalité toujours nouvelle, qui débouche chaque fois sur des situations embrouillées ». Combien de fois me suis-je perdue dans ce roman ? J’ai cessé de les compter. Pourtant le fil conducteur est passionnant, tant au niveau de l’histoire que de l’exercice journalistique.

Tom est un personnage complexe, une âme blessée qui porte en lui à la fois une fibre journalistique viscérale et une incapacité à être heureux.

« Voilà comment ça se passe : tu vois les choses les plus épouvantables, tu rentres chez toi et tu te dis, voilà, maintenant, c’est fini.Tu regardes un match, tu vas dîner avec ta copine […]. Tout ce foutoir ordinaire. Ce dont tu rêvais pendant que tout volait autour de toi […]Et toi, au contraire, tu te dis : Qu’est-ce que c’est que toute cette merde ? Qu’est-ce que c’est, ces foutaises, à côté de ce que j’ai vécu moi ? ».

Sur les conflits au Proche-Orient, l’auteur ne prend pas vraiment position, ou plutôt il essaie d’exposer différents points de vue, au niveau politique et au niveau des vies individuelles, ce qui contribue à faire de ce livre une chronique d’une complexité difficile à démêler.

« Que devient ma génération là-dedans ? Vous avez célébré les victoires, vous nous avez laissé la haine en héritage, et nous sommes censés nous débrouiller avec ça, maintenant ? »

S 1-3Points, 1272 pages, 10,90€

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«Evanouies» de Megan Miranda

evanouiesNic a quitté la petite ville de son enfance à l’entrée dans l’âge adulte. Elle a laissé derrière elle son père, son frère, et Tyler son amour de jeunesse. Depuis, elle a rencontré Everett, un brillant avocat qui vient de la demander en mariage.

Plusieurs années après être partie, Nic doit revenir pour s’occuper de son père malade et organiser la vente de la maison familiale. Mais voilà que la petite ville est secouée par la disparition d’une adolescente. Or, quand Nic était adolescente, une adolescente avait déjà disparu. La disparition de l’une réveille les souvenirs de cette disparition jamais élucidée. Y a-t-il un lien entre les deux disparitions ? Que savent vraiment Nic, sa famille et ses amis ?

J’ai été assez déstabilisée par le choix de l’auteur de mener le récit à l’envers, comme un compte à rebours. Je n’aime pas les flash back dans les romans, alors là c’était pire, puisque chaque chapitre remonte le temps d’une journée.

Et puis, à un moment donné de ma lecture, sans m’en rendre compte, je me suis aperçue que j’étais accrochée au roman, que j’avais envie de savoir la suite (enfin… l’avant). Bref, je me suis fait avoir ! Me voilà plus attentive au récit, et pressée d’avancer dans ma lecture.

La fin n’est pas totalement inattendue, mais il y a quelques rebondissements bien menés dans les précédents chapitres. Les personnages ne sont pas caricaturaux, ils ont de la consistance mais sans excès. L’auteur, sous couvert d’une trame policière, réussit à aborder des thèmes aussi variés que l’engagement, la fidélité à sa jeunesse, la dépendance des parents âgés… tout cela dans un seul roman.

S 3-3Ed. Points, 480 pages, 8€

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« Abattez les grands arbres » de Christophe Guillaumot

abattezRenato est gardien de la paix à la brigade des stups. Malgré son physique de colosse, il est plutôt sympathique, et surtout il est intègre. Lors d’une perquisition, il découvre dans un appartement voisin un tuerie qui a laissés morts un homme et sa femme enceinte. Bien que l’affaire ne relève pas de son périmètre, Renato ne peut rester à l’écart et décide de mener sa propre enquête.

Rapidement, il comprend que ce massacre a un lien avec le génocide rwandais. Bourreaux et victimes, après la guerre, ont continué massacres et vengeances sur d’autres terres et par d’autres moyens. On finit par ne plus savoir qui sont les victimes, à la fin du roman j’étais un peu perdue.

Malgré cela, faire référence à l’Histoire contemporaine comme base d’un polar est plutôt une bonne idée. Certaines scènes sont particulièrement atroces ; je suis toujours un peu gênée dans ce type de lecture, ne sachant si ces zooms sur des scènes violentes sont vraiment indispensables pour faire prendre conscience au lecteur de l’horreur de certaines situations.

A noter, l’auteur est un « vrai » policier, et son héros Renato est inspiré de l’un de ses anciens collègues. A côté de la violence de l’histoire, il y a donc un peu d’humanité dans ce livre…

S 2-3Points, 312 pages, 7,50€