Cosy mystery

« Les enquêtes d’Hannah Swensen (tome 16) – Meurtres et tarte aux mûres » de Joanne Fluke


Je connais tous les codes de cette série par coeur, les petites manies des personnages, les scènes récurrentes… et pourtant, j’ai à nouveau pris plaisir à lire cette nouvelle enquête (c’est le 16ème tome, quand même). Il faut dire que le meurtre perpétré dans ce tome est atypique par rapport aux précédents : c’est Hannah, l’héroïne de la série, qui a tué un homme ! Oh, elle n’est pas devenue meurtrière du jour au lendemain… mais un tragique accident de voiture a fait perdre la vie à un homme sous les roues de son break.

L’enquête consiste donc, cette fois, à s’assurer que c’est bel et bien l’accident provoqué par Hannah qui a provoqué la mort de l’individu, et à connaître l’identité de cet homme que personne n’avait jamais vu à Lake Eden.

On est évidemment attristés de voir notre héroïne dans de tels tourments… et malgré tout j’ai aimé le parti pris, que tout ne soit pas trop rose dans l’histoire, que l’auteure n’ait pas cédé à la facilité. Il y a au contraire des nuances dans la psychologie du personnage d’Hannah, et de la finesse dans le récit de ce qu’elle traverse. Pour un cosy mystery aux titres gourmands, et qui nous a habitués à plus de légèreté, c’est une agréable surprise.

La fin est en partie prévisible, mais un dernier rebondissement dans les ultimes pages donne déjà envie de lire le prochain tome. Rendez-vous en octobre pour le tome 17 dont le titre annonce déjà qu’on se plongera dans l’ambiance de Noël !

Le Cherche Midi, 416 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Roman

« Un meurtre absolument splendide » de Julia Seales


A Swampshire, au Royaume-Uni, les femmes vivent sous la contrainte de règles de bienséance très strictes. Les thèmes de discussion, les loisirs, les interactions avec les hommes, tout est fortement contraint. Mais dans ce petit monde très strict, Beatrice Steele s’ennuie dans les bals et rêve davantage d’enquêter sur des meurtres comme dans les articles qu’elle lit en volant le journal de son père.

Beatrice m’a fait penser à Jo March, par son côté irrévérencieux et indépendant. Les situations cocasses sont nombreuses, et l’auteure use d’un humour grinçant pour dénoncer une société fortement patriarcale – et toutes les absurdités qu’elle engendre.

L’enquête est un prétexte, le meurtre (qui n’a rien de « splendide », je trouve le titre étrange), n’arrive qu’au milieu du roman. La seconde partie du roman est consacrée aux interrogatoires des suspects, les pistes étant éliminées les unes après les autres avec beaucoup de méthode. Le roman est ponctué de très courts chapitres (parfois une seule page) avec des extraits de pièce de théâtre, de journal, de citations,… On se sent d’ailleurs comme dans une pièce de théâtre, j’imagine qu’une adaptation pourrait être faite du texte. Au final, c’est un roman agréable, léger et piquant à la fois.

Editions du Masque, 388 pages, 21,90€

Policier

« People police » de Sophie Hénaff

J’ai ri aux premiers tomes de « Poulets grillés », l’histoire de ce groupe de policiers constitué de bras cassés attendrissants menés par une commissaire prête à tout pour être réhabilitée.

J’ai ri avec « Voix d’extinction », une histoire très différente avec des animaux comme personnages principaux – et toujours le même humour piquant.

Que dire de « People police » ? Le pitch initial est une variante de « Poulets grillés » : un groupe de policiers est dédié aux enquêtes impliquant des célébrités, et le groupe est mené d’une main de fer par Cathy, elle-même divorcée puis veuve d’une ancienne star de la chanson. Alors quand la maîtresse de son ex est kidnappée, s’il est tout naturel de confier l’enquête à ce groupe, choisir Cathy pour mener les investigations frôle le conflit d’intérêt… va-t-elle vraiment tout faire pour retrouver son ennemie ?

Le point de départ est séduisant et j’ai aimé retrouvé la fantaisie et les petites phrases acerbes et pleines d’humour de l’auteure. L’écriture est vive, les expressions bien choisies, j’ai souri plusieurs fois devant quelques bonnes trouvailles.

Mais l’enquête ne m’a pas complètement convaincue. J’y ai trouvé quelques longueurs. Il m’a manqué la petite pointe d’inattendu, même si la fin est plutôt maline (quoique pas totalement inédite).

A noter, comme dans « Poulets grillés », le choix de Paris comme décor est un vrai plus, apporté par petites touches pour rendre le récit réaliste sans transformer le roman policier en guide touristique. C’est juste pour l’ambiance, et c’est amené avec justesse.

Albin Michel, 288 pages, 19,90€

Policier·Roman

« La fleuriste » d’Alicja Sinicka


J’avais lu tellement de bonnes critiques sur ce roman, que forcément j’en attendais beaucoup… et j’ai été un peu déçue. Pourtant tous les ingrédients d’un bon thriller psychologique étaient réunis, et j’aurais pu me laisser complètement porter par l’histoire jusqu’au dénouement des dernières pages. Malheureusement je me suis un peu ennuyée, dans une structure que j’ai trouvée classique et pas assez surprenante.

Helena est fleuriste. Depuis que Sonia lui a sauvé la vie après un accident de voiture, elle l’a embauchée dans son magasin et les deux femmes s’entendent bien. Mais un jour, Helena disparaît mystérieusement. Quelques indices dans sa boutique laissent penser que sa disparition n’a rien de volontaire. Une bagarre ? Un enlèvement ? Un meurtre ? On ne sait pas ce qui s’est passé, mais le sang et les dégâts matériels sur place ne laissent rien présager de bon.

Ni Sonia ni le mari de la disparue (qui portent en alternance la narration de ce roman) ne comprennent ce qui a pu se passer et ils se lancent ensemble dans leur propre enquête.

Je ne dois pas être trop sévère avec ce roman, qui comporte quand même quelques rebondissements bien trouvés (jusqu’à la fin) et qui est rythmé par des chapitres courts.

Un dernier agacement, quand même : dans le grand format, les coquilles et mauvais accords de participes passés ne passent pas inaperçus…

Mera Editions, 350 pages, 19,99€

Cosy mystery

« Le duc de Penford Hall » de Nancy Atherton

Dans la série des « Tante Dimity », vous n’avez pas pu passer à côté du couple de voisins et amis de Lori, les sympathiques Emma et Derek. Dans ce tome 0 de la série, on découvre comment ces deux-là se sont rencontrés au manoir de Penford Hall. Invité par Grayson, duc et propriétaire du domaine, Derek doit y faire des travaux dans une chapelle légendaire ; tandis que Emma a été recrutée par les étranges sœurs Pym pour refaire intégralement le jardin.

Mais d’où vient tout l’argent que dépense Grayson pour restaurer son domaine familial ? Sa fortune est-elle liée à la disparition, quelques années plus tôt, d’une star du rock dont le bateau a fait naufrage à proximité de Penford Hall ?

Si vous aimez les cosy mysteries, ce tome, comme l’ensemble de la série des « Tante Dimity », est un petit bonbon de douceur et de tranquillité – à tel point que je l’ai grignoté par petits bouts, quand j’avais besoin d’une parenthèse hors du temps.

Il n’y pas pas vraiment d’enquête, on suit plutôt les personnages dans leur quotidien à Penford Hall ; bien sûr l’histoire naissante entre Emma et Derek est centrale dans ce tome. Quant personnages secondaires, ils cochent tous les critères que l’on a envie de retrouver dans un tel roman : la nurse acariâtre mais au bon coeur ; la cousine mannequin prétentieuse ; les enfants espiègles mais intelligents… Et Tante Dimity dans tout ça ? Sans être très présente dans l’histoire (à part au tout début), elle est l’ombre bienveillante qui veille mystérieusement sur tout ce petit monde.

A noter, si ce livre peut être lu comme une introduction à la série, l’histoire est assez indépendante des autres tomes pour être lue avant, pendant, ou après n’importe quel tome des « Tante Dimity ».

Seuil, label Verso, 420 pages, 14,90€

Policier

« Une histoire qui finit mal » d’Evelyn Clarke

Vous avez aimé « Ils étaient dix » ? Vous allez aimer « Une histoire qui finit mal », car on y retrouve plein de clins d’oeil au roman de la grande Agatha Christie.

Six auteurs sont conviés à séjourner trois jours sur une île écossaise. Le propriétaire de l’île est un auteur célèbre, qui vient de mourir en laissant son ultime manuscrit inachevé. Son éditrice a donc eu l’idée de lancer un concours ouvert à six auteurs. Celui qui inventera la meilleure fin au roman inachevé sera récompensé d’un contrat d’édition en or.

J’ai adoré l’ambiance du roman, cette île mystérieuse qui accueille pendant quelques jours des écrivains concurrents. Chacun d’eux a sa spécialité (le thriller, le roman d’horreur, le young adult,…). Le texte est bien construit et donc on ne confond jamais les personnages, chacun ayant sa personnalité bien définie. Les premiers chapitres défilent et la tension monte. Evidemment je m’attendais à ce qu’un événement vienne bousculer ces journées trop prévisibles. Il y a plusieurs rebondissements, et je n’avais pas deviné la fin de l’histoire, qui est crédible.

Le tout forme un roman très efficace et plaisant à lire, jusqu’aux derniers chapitres qui clôturent proprement l’intrigue.

Quant au livre en tant qu’objet, je suis bien obligée de reconnaître que je l’ai d’abord acheté (au Festival du livre de Paris) pour le superbe jaspage qui a été choisi pour le premier tirage.

Verso, 512 pages, 21,90€

Policier

« M comme meurtre ? » d’Anthony Horowitz

J’ai eu le plaisir de partager cette lecture lors d’une « reading party » place de la Concorde à Paris il y a quelques jours, et j’espère que mon pitch aura donné envie à quelques autres lecteurs de découvrir ce roman !

Une femme entre dans une enseigne de pompes funèbres pour préparer l’organisation de son enterrement. Le soir même, elle est retrouvée morte, assassinée. Etrange coïncidence, n’est-ce pas ?

Hawthorne, un ancien policier devenir consultant, est chargé de mener une enquête parallèle à l’enquête officielle. Mais cette fois-ci, il ne la mènera pas seul : il a convaincu un auteur de le suivre pour en faire un roman.

Le lecteur est donc aux premières loges pour suivre l’avancée de l’enquête, qui est très efficace. La quatrième de couverture m’avait laissé penser que le roman serait peut-être atypique, en rupture avec la forme des romans policiers habituels ; en réalité, la structure est assez classique pour le genre, mais fonctionne quand même très bien. Il y a pas mal de fausses pistes, et je n’avais pas vu arriver trop tôt le dénouement – c’est l’essentiel !

Sonatine, 432 pages, 23€

Cosy mystery

« Tante Dimity et le chantier maudit » (tome 3) de Nancy Atherton

J’ai toujours besoin d’avoir dans ma boîte de livres une lecture complètement « doudou », une lecture qui me serve de pause entre deux, qui me berce doucement quand j’en ai besoin, et la série des « Tante Dimity » coche toutes les cases. Présentée par l’éditeur comme étant « plus cosy que mystery », c’est vraiment une lecture d’ambiance.

Depuis que Lori s’est installée dans un petit village des Cotswolds avec son mari, les choses ont bien changé : il faut dire que la naissance de leurs jumeaux a quelque peu ébranlé le quotidien de Lori, qui est épuisée.

L’arrivée miraculeuse de Francesca, une nounou, redonne de l’oxygène au quotidien de Lori… qui peut donc se consacrer à une nouvelle « enquête ». Si je mets des guillemets, c’est que l’enquête en question n’a pas pour point de départ un meurtre sauvage dans la campagne anglaise, mais la disparition d’un document qui pourrait compromettre les conclusions de fouilles archéologiques en cours dans le village. Donc, non, on n’est pas sur le mystère du siècle, et ce n’est pas le suspense qui vous donnera envie de dévorer le chapitre suivant, mais tout simplement le plaisir de suivre les personnages dans leur quotidien (gentiment) bousculé.

Et Dimity dans tout ça ? Dimity, c’est le sympathique fantôme qui prodigue à Lori quelques conseils ; elle est assez peu présente au final, bien que donnant son nom à la série – donc ne vous arrêtez pas à ça pour renoncer à cette lecture, j’avais moi même quelques hésitations à lire un roman de fantômes, mais que j’ai vite balayées.

Quant aux illustrations des couvertures de cette série, elles suffiraient presque à elles-seules à me convaincre de continuer à intégrer les prochains tomes dans ma bibliothèque.

Verso, 408 pages, 14,90€

Policier

« Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

« Qui voit Ouessant voit son sang » dit le dicton. Autant dire que l’île à la pointe du Finistère est une terre de mystères et de légendes… bien loin du pragmatisme du commissaire Dupin ! Le célèbre commissaire de Concarneau, qui œuvre ici pour un treizième tome sur un nouveau coin de Bretagne (après Guérande, Saint Malo,… Lire la suite « Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

Cosy mystery·Policier·Roman

« Le Club des amateurs de romans policiers (tome 7) – Le crime de l’Indian Pacific » de C.A. Larmer

Pour avoir fait partie pendant plusieurs années d’un groupe de lecteurs, je comprends tout à fait le plaisir que peuvent avoir les membres du « Club des amateurs de romans policiers » à partir ensemble en vacances, et à passer une bonne partie de leur temps libre à comparer leurs avis sur tel ou tel livre (et sur ceux d’Agatha Christie en particulier, car elle reste le fil rouge de cette série).

Ce Club a malheureusement la particularité d’être aussi un club d’enquêteurs amateurs – je dis « malheureusement » pour eux, parce que pour nous lecteurs, c’est au contraire un bonheur de les suivre dans leurs enquêtes. Oui, j’adore cette série de cosy mysteries, qui compte parmi mes préférées (et j’en ai lu beaucoup!). Il faut dire qu’elle coche toutes les cases : une enquête dans la pure veine du whodunit, des personnages variés et attachants (chacun pourra trouver son chouchou), des références littéraires (et à Agatha en particulier, je le redis car c’est un vrai plus, bien utilisé).


Dans ce tome, le groupe part en train à travers l’Australie, une occasion de se retrouver pour enterrer la vie de jeune fille d’Alicia, la fondatrice du Club. Mais un matin à l’aube, Alicia pense voir un corps tomber du train. Sauf que personne ne la croit. Un riche fermier, patriarche d’une famille qui le craint, manque certes à l’appel, mais le personnel jure l’avoir vu descendre du train de son plein gré. Alors que s’est-il passé ? Alicia a-t-elle simplement rêvé ? La bonne idée dans ce roman est de laisser le lecteur douter jusqu’à la fin. Les pistes se succèdent, le groupe de lecteurs joue les enquêteurs avec talent. Encore un très bon tome.

Le Cherche Midi, 384 pages, 15,90€ (service de presse)