Policier

«Agatha Raisin enquête (t9) : Sale temps pour les sorcières » de M.C.Beaton

Agatha t9 sorcièresSuite à la basse vengeance d’une coiffeuse, Agatha Raisin est devenue chauve. En attendant la repousse de ses cheveux, elle part s’isoler à Wyckhadden, et loge dans un hôtel occupé par des pensionnaires vieillissants, dont les journées s’achèvent inlassablement par une partie de Scrabble… Pour passer le temps, Agatha rend visite à Francie, la sorcière locale, à qui elle achète une lotion capillaire…et accessoirement un filtre d’amour.

Cela pourrait paraître amusant… jusqu’à ce que Francie soit retrouvée morte.

Et voilà notre Agatha Raisin à nouveau mêlée à une histoire de meurtre, cette fois-ci loin de son village, de James et de Bill.

C’est un tome de la série qui mérite d’être lu en automne ou en hiver pour l’ambiance pluvieuse et sombre. Mais peut importe le temps, la lecture est prenante et le lecteur est transporté sur les côtes britanniques. James ne quitte pas les pensées d’Agatha, mais une fois de plus il n’apparaît réellement qu’en pointillés dans l’histoire.

Ce tome est déjà le neuvième de la série, et je me réjouis de voir qu’Agatha fait de plus en plus parler d’elle en France… alors que mes premières chroniques sur la série datent déjà de novembre 2016. En tout cas, à ce stade je ne me lasse pas de ces « cosy mysteries » pleins de charme !

S 3-3Albin Michel, 14€

Policier

« Breaking news » de Frank Schätzing

breakingQuel pavé !

Voilà quelle a été ma première pensée devant ce livre de plus de 1200 pages. Soit le roman se lira comme une saga, soit ce sera une lecture proche de la punition.

Je n’irai pas jusqu’à dire que cette lecture a été une punition pour moi, mais elle a été indéniablement complexe, exigeante, et au final assez difficile.

Tom Hagen est reporter de guerre. Il est passionné par son métier, mais avec le temps il s’est beaucoup endurci face aux horreurs qu’il a vues. Lors d’un reportage en Afghanistan, une mauvaise évaluation d’une situation lui fait prendre des risques inconsidérés, et sa coéquipière meurt.

Des années plus tard, alors qu’il est devenu un journaliste de second niveau, il a une opportunité de révéler des scoops politiques en lien avec Israël. Mais rien ne va se passer comme prévu.

Si la géopolitique vous fait pousser des soupirs d’ennui, passez à côté de ce livre qui est un foisonnant pavé. Le conflit israëlo-palestinien y est traité à petite et grande échelle, avec des tentatives d’explications historiques d’une grande complexité. Chose rare, l’auteur le reconnaît dans ses remerciements, et évoque « une réalité toujours nouvelle, qui débouche chaque fois sur des situations embrouillées ». Combien de fois me suis-je perdue dans ce roman ? J’ai cessé de les compter. Pourtant le fil conducteur est passionnant, tant au niveau de l’histoire que de l’exercice journalistique.

Tom est un personnage complexe, une âme blessée qui porte en lui à la fois une fibre journalistique viscérale et une incapacité à être heureux.

« Voilà comment ça se passe : tu vois les choses les plus épouvantables, tu rentres chez toi et tu te dis, voilà, maintenant, c’est fini.Tu regardes un match, tu vas dîner avec ta copine […]. Tout ce foutoir ordinaire. Ce dont tu rêvais pendant que tout volait autour de toi […]Et toi, au contraire, tu te dis : Qu’est-ce que c’est que toute cette merde ? Qu’est-ce que c’est, ces foutaises, à côté de ce que j’ai vécu moi ? ».

Sur les conflits au Proche-Orient, l’auteur ne prend pas vraiment position, ou plutôt il essaie d’exposer différents points de vue, au niveau politique et au niveau des vies individuelles, ce qui contribue à faire de ce livre une chronique d’une complexité difficile à démêler.

« Que devient ma génération là-dedans ? Vous avez célébré les victoires, vous nous avez laissé la haine en héritage, et nous sommes censés nous débrouiller avec ça, maintenant ? »

S 1-3Points, 1272 pages, 10,90€

Policier

«Evanouies» de Megan Miranda

evanouiesNic a quitté la petite ville de son enfance à l’entrée dans l’âge adulte. Elle a laissé derrière elle son père, son frère, et Tyler son amour de jeunesse. Depuis, elle a rencontré Everett, un brillant avocat qui vient de la demander en mariage.

Plusieurs années après être partie, Nic doit revenir pour s’occuper de son père malade et organiser la vente de la maison familiale. Mais voilà que la petite ville est secouée par la disparition d’une adolescente. Or, quand Nic était adolescente, une adolescente avait déjà disparu. La disparition de l’une réveille les souvenirs de cette disparition jamais élucidée. Y a-t-il un lien entre les deux disparitions ? Que savent vraiment Nic, sa famille et ses amis ?

J’ai été assez déstabilisée par le choix de l’auteur de mener le récit à l’envers, comme un compte à rebours. Je n’aime pas les flash back dans les romans, alors là c’était pire, puisque chaque chapitre remonte le temps d’une journée.

Et puis, à un moment donné de ma lecture, sans m’en rendre compte, je me suis aperçue que j’étais accrochée au roman, que j’avais envie de savoir la suite (enfin… l’avant). Bref, je me suis fait avoir ! Me voilà plus attentive au récit, et pressée d’avancer dans ma lecture.

La fin n’est pas totalement inattendue, mais il y a quelques rebondissements bien menés dans les précédents chapitres. Les personnages ne sont pas caricaturaux, ils ont de la consistance mais sans excès. L’auteur, sous couvert d’une trame policière, réussit à aborder des thèmes aussi variés que l’engagement, la fidélité à sa jeunesse, la dépendance des parents âgés… tout cela dans un seul roman.

S 3-3Ed. Points, 480 pages, 8€

Policier

« Abattez les grands arbres » de Christophe Guillaumot

abattezRenato est gardien de la paix à la brigade des stups. Malgré son physique de colosse, il est plutôt sympathique, et surtout il est intègre. Lors d’une perquisition, il découvre dans un appartement voisin un tuerie qui a laissés morts un homme et sa femme enceinte. Bien que l’affaire ne relève pas de son périmètre, Renato ne peut rester à l’écart et décide de mener sa propre enquête.

Rapidement, il comprend que ce massacre a un lien avec le génocide rwandais. Bourreaux et victimes, après la guerre, ont continué massacres et vengeances sur d’autres terres et par d’autres moyens. On finit par ne plus savoir qui sont les victimes, à la fin du roman j’étais un peu perdue.

Malgré cela, faire référence à l’Histoire contemporaine comme base d’un polar est plutôt une bonne idée. Certaines scènes sont particulièrement atroces ; je suis toujours un peu gênée dans ce type de lecture, ne sachant si ces zooms sur des scènes violentes sont vraiment indispensables pour faire prendre conscience au lecteur de l’horreur de certaines situations.

A noter, l’auteur est un « vrai » policier, et son héros Renato est inspiré de l’un de ses anciens collègues. A côté de la violence de l’histoire, il y a donc un peu d’humanité dans ce livre…

S 2-3Points, 312 pages, 7,50€

Policier

« Piégée » de Lilja Sigurdardottir

piégéeSonja est divorcée, mère d’un petit garçon dont elle n’a pas la garde. Elle s’est séparée de son mari quand il a découvert qu’elle le trompait avec une femme, Agla, une spécialiste de la finance en plein tourment judiciaire.

A la voir déambuler dans les aéroports, élégante, sûre d’elle, on la prendrait pour une femme d’affaires. Mais Sonja transporte de la drogue. Et son manège pourrait bien être découvert…

A mon sens ce n’est pas un polar au sens propre du terme, il n’y a pas d’enquête ; c’est avant tout un livre basé sur la psychologie. Jusqu’à quand Sonja tiendra-t-elle le coup ? Qu’est-ce qui pourrait la faire craquer ? Qui est ce douanier qui a l’âge de la retraite et ne veut pas quitter son uniforme ?

J’ai lu avec grand plaisir ce roman qui ne connaît pas de temps mort. J’avais sans doute mal compris l’enjeu du roman, j’attendais une révélation (qui n’est pas venue) sur les raisons profondes pour lesquelle Sonja est « piégée ». Quant à la fin de l’histoire, elle m’a laissé un goût d’inachevé, je l’ai trouvée un peu simple et à mon avis elle ne conclut pas l’histoire…mais j’ai découvert à la fin du livre que les aventures de Sonja continuent dans un deuxième roman. Pourquoi pas.

S 2-3Points, 384 pages, 7,80€

Policier

« L’affaire Isobel Vine» de Tony Cavanaugh

isobelQue s’est-il passé cette nuit-là, il y a vingt-cinq ans, dans la chambre de la jeune Isobel Vine ? Etudiante sans histoire, appréciée de tous, elle a été retrouvée morte dans des conditions qui laissent penser à un jeu sexuel sordide qui aurait mal tourné, mais l’enquête n’a jamais vraiment abouti. L’affaire, non résolue, aurait pu en rester là, classée comme d’autres. Oui mais voilà, un suspect potentiel de l’époque s’apprête à devenir commissaire, et pour le laver de tout soupçon il faut rouvrir l’enquête.

Darian, Maria et leur compère Isosceles, sont chargés de relancer l’enquête, en mode « opération spéciale ». Ils pensent avoir les coudées franches, mais vont vite se heurter à l’institution policière et à des anciens suspects qui n’ont pas envie de voir cette affaire remonter à la surface.

J’ai plutôt apprécié la lecture de ce polar, à la fois classique dans sa trame et son écriture, et en même temps bien rythmé et avec des fausses pistes comme je les aime.

Certains passages sont un peu trop sombres, d’ailleurs sans intérêt particulier pour l’histoire et l’enquête, et en ce qui me concerne j’ai un peu de mal avec les descriptions trop glauques. Le point de départ de l’histoire est un peu tiré par les cheveux (rouvrir une enquête pour être sûr d’innocenter vingt-cinq ans après un futur commissaire que plus personne ne soupçonne) ; j’imagine que c’est une question de facilité pour avoir des personnages libres dans leurs méthodes, car en dehors de tout système policier officiel.

En revanche, j’ai bien aimé les personnages, dont on devine assez vite qu’ils sont de bons candidats pour devenir des héros récurrents. Darian l’ancien flic retiré des affaires, coupé du monde et obligé de revenir ; et sa jolie collègue Maria, avec qui ont devine des liens passés mais dont on n’apprendra pas grand-chose dans ce livre-là. Dommage que le troisième larron, Isosceles, soit si peu présent, car il détonne des deux autres et apporte une touche de fantaisie qui rafraîchit la lecture et donne des temps de respiration salvateurs.

S 2-3Points, 480 pages, 8,10€

Policier

« Agatha Raisin enquête (t8) : Coiffeur pour dames », de M.C. Beaton

agatha t8 coiffeurCoup de blues pour Agatha Raisin : non seulement son séduisant voisin James Lacey a mis les voiles, mais en plus elle découvre ses premiers cheveux blancs dans le miroir ! Ni une ni deux, elle fonce chez le meilleur coiffeur de la région, un certain Mr John sur lequel elle n’entend que des compliments. Le coiffeur, Agatha l’admet rapidement, est en effet sympathique et talentueux, et son charme fait de lui le confident de toute la gente féminine qui fréquente son salon.

Séduite à son tour, Agatha commence à le voir en dehors du salon de coiffure… jusqu’à ce qu’il meure assassiné ! Voilà Agatha à nouveau au coeur d’une enquête…

Ne nous focalisons pas sur le fait que la région où vit Agatha est, pour un charmant coin de la campagne anglaise, méchamment propice aux meurtres ; ni sur le nombre invraisemblable de fois où elle va se faire coiffer dans ce roman (si un jour je le relis, je compterai, juste pour m’amuser). L’essentiel est ailleurs, dans cette lecture d’un gentil policier qui fait une lecture réconfortante.

N’espérez pas voir James dans ce tome, la figure masculine de cet épisode est représentée par Charles, ami (et ancien amant) d’Agatha. Même Bill Wong se fait étonnamment rare.

Je n’ai pas lâché le livre, malgré encore quelques difficultés à identifier toutes les villageoises sans les confondre. Tout ce que j’aime dans cette série est présent, la mauvaise foi d’Agatha, une certaine propension à mal choisir son entourage masculin, et un charme vieillot (bien loin d’ailleurs de l’image de la blonde sophistiquée de la série télévisée inspirée des romans).

Au final, j’avais bien soupçonné l’auteur du meurtre ; Agatha, je commence à bien te connaître !

S 3-3Albin Michel, 14€

Policier

« La disparition de Stephanie Mailer» de Joël Dicker

disparition stephanieAprès « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » et « Le Livre des Baltimore », deux livres à succès, revoilà Joël Dicker avec un nouveau roman policier, un bon gros pavé de plus de 600 pages comme je les aime (quand c’est bien fait). 600 pages, me direz-vous, cela peut être très long, trop long même, surtout si l’enquête tourne en rond ou si le lecteur a l’impression que l’auteur fait du remplissage. Rien de cela chez Joël Dicker ! Au contraire le roman se dévore jusqu’à la fin, et la clé de l’histoire ne se situe que dans les vingt dernières pages.

En 1994, dans la charmante petite ville d’Orphea, le maire et sa famille sont sauvagement assassinés. Une jeune femme qui faisait son jogging à proximité a également été tuée, témoin gênant de cet affreux crime. L’affaire a été résolue, les policiers félicités.

Mais vingt ans plus tard, une journaliste, Stephanie Mailer, affirme que l’homme désigné comme coupable n’était pas l’assassin. L’enquête pourrait être relancée… mais la journaliste disparaît. Jesse et Derek, les policiers qui avaient mené l’enquête en 1994, reforment leur duo et reprennent l’enquête.

Ma première crainte en lisant le début du livre a été de ne pas me souvenir des personnages, qui sont assez nombreux. Je me suis donc appliquée à ne jamais perdre le fil, et finalement je ne les ai pas confondus (ouf).

Ma seconde crainte était de me perdre au milieu des flash-back 2014 / 1994 ; et finalement je m’en suis bien sortie aussi…

Si j’ai réussi à craquer quelques grosses ficelles de l’intrigue, le suspense sur le meurtrier est resté entier jusqu’à la fin du roman, l’auteur multipliant les fausses pistes crédibles. J’ai donc eu du mal à poser le livre avant la fin, ce qui est toujours bon signe pour un roman policier !

Autre point positif : moi qui suis assez peu attirée par la littérature américaine (sans doute parce que je peine à la lire en version originale), j’ai apprécié comme dans les deux précédents romans que j’ai lus de Joël Dicker de lire une histoire très américaine, mais racontée par un francophone (le jeune auteur est suisse romand).

Au final j’ai passé un très bon moment de lecture, conquise par une intrigue originale et bien construite, qui multiplie les rebondissements sans jamais lasser le lecteur.

S 3-3Editions de Fallois, 640 pages

Policier

« Une étude en rouge » de Conan Doyle

sherlockJ’adore la collection « Bouquins » des éditions Robert Laffont, en particulier les ouvrages qui regroupent plusieurs romans d’un même auteur. J’ai commencé cette collection avec une anthologie de Françoise Sagan (que je vous conseille, d’ailleurs).

Je n’avais pas lu de romans de Conan Doyle depuis longtemps. Très longtemps. C’est en voyant que la collection « Bouquins » proposait les premiers textes de Sherlock Holmes dans un même tome que j’ai eu la curiosité de le redécouvrir. Comme mes souvenirs de Sherlock Holmes étaient assez anciens, j’étais curieuse de renouer avec ce personnage, et de faire la part des choses entre les textes d’origine et la légende. Comment a-t-il rencontré Watson ? Disait-il réellement « élémentaire, mon cher Watson » ?

J’ai donc été très contente de reprendre cette lecture, en commençant par « Une étude en rouge », la première aventure de Sherlock Holmes, qui débute par la rencontre avec Watson. La première moitié du livre est consacrée à la genèse des deux personnages, et à une première enquête qui permet à Sherlock Holmes de montrer sa « méthode » à Watson. La seconde partie du livre est très déstabilisante : le lecteur change d’un coup, sans transition, d’époque, de lieu, sans saisir le lien avec la première partie de l’histoire. Mais le lecteur doit s’accrocher, car le lien avec le début de l’histoire finira par apparaître…

J’avais oublié que Sherlock Holmes était un scientifique avant tout, ce que m’ont rappelé les premières pages, lorsque Sherlock découvre comment déceler des traces de sang même infimes. « Les experts » avant l’heure ! Au final, la lecture de cette première aventure était assez agréable, je poursuivrai donc avec plaisir la lecture de ce recueil.

S 2-3Robert Laffont, Coll. Bouquins

Policier·Roman

« Sang famille » de Michel Bussi

sang familleQue l’on ne s’y trompe pas : bien que ce roman soit une réédition (revue) d’un livre sorti en 2009, on y retrouve bien tous les codes que les lecteurs qui aiment les romans de Michel Bussi (c’est mon cas) attendent.

Colin est en vacances sur l’île de Mornesey. Elevé par son oncle et sa tante, il aimerait en savoir plus sur son père, jeune archéologue mort quand Colin était petit. Mais l’île est agitée suite à l’évasion de deux prisonniers lors de leur transfert. Et Mornesey, dont l’histoire est fortement liée au bagne, aux trafics, et à l’illégalité, n’a pas fini de livrer ses secrets et de malmener les recherches de Colin.

Le roman est bien fait, efficace, et comme toujours avec Michel Bussi je n’avais qu’une envie : lire la page suivante, puis le chapitre suivant… J’ai même eu du mal à lâcher le livre le soir où il ne me restait plus que soixante pages à lire ! Quoique un peu moins surprenant que d’autres romans du même auteur (je continue de conseiller toujours « Nymphéas noirs » par exemple), celui-ci en conserve des thèmes chers à l’auteur : la mémoire, la famille, les secrets… Tous les ingrédients d’un roman policier que l’on a envie de lire l’été sont présents : une île (imaginaire) avec ses souterrains, son phare, son histoire ; des secrets de famille ; des adolescents en vacances, etc. A prendre dans vos valises pour vos prochaines vacances… ou à lire dès maintenant pour se dépayser.

S 2-3Presses de la cité, 420 pages, 21,90€