Policier

« Une histoire qui finit mal » d’Evelyn Clarke

Vous avez aimé « Ils étaient dix » ? Vous allez aimer « Une histoire qui finit mal », car on y retrouve plein de clins d’oeil au roman de la grande Agatha Christie.

Six auteurs sont conviés à séjourner trois jours sur une île écossaise. Le propriétaire de l’île est un auteur célèbre, qui vient de mourir en laissant son ultime manuscrit inachevé. Son éditrice a donc eu l’idée de lancer un concours ouvert à six auteurs. Celui qui inventera la meilleure fin au roman inachevé sera récompensé d’un contrat d’édition en or.

J’ai adoré l’ambiance du roman, cette île mystérieuse qui accueille pendant quelques jours des écrivains concurrents. Chacun d’eux a sa spécialité (le thriller, le roman d’horreur, le young adult,…). Le texte est bien construit et donc on ne confond jamais les personnages, chacun ayant sa personnalité bien définie. Les premiers chapitres défilent et la tension monte. Evidemment je m’attendais à ce qu’un événement vienne bousculer ces journées trop prévisibles. Il y a plusieurs rebondissements, et je n’avais pas deviné la fin de l’histoire, qui est crédible.

Le tout forme un roman très efficace et plaisant à lire, jusqu’aux derniers chapitres qui clôturent proprement l’intrigue.

Quant au livre en tant qu’objet, je suis bien obligée de reconnaître que je l’ai d’abord acheté (au Festival du livre de Paris) pour le superbe jaspage qui a été choisi pour le premier tirage.

Verso, 512 pages, 21,90€

Policier

« M comme meurtre ? » d’Anthony Horowitz

J’ai eu le plaisir de partager cette lecture lors d’une « reading party » place de la Concorde à Paris il y a quelques jours, et j’espère que mon pitch aura donné envie à quelques autres lecteurs de découvrir ce roman !

Une femme entre dans une enseigne de pompes funèbres pour préparer l’organisation de son enterrement. Le soir même, elle est retrouvée morte, assassinée. Etrange coïncidence, n’est-ce pas ?

Hawthorne, un ancien policier devenir consultant, est chargé de mener une enquête parallèle à l’enquête officielle. Mais cette fois-ci, il ne la mènera pas seul : il a convaincu un auteur de le suivre pour en faire un roman.

Le lecteur est donc aux premières loges pour suivre l’avancée de l’enquête, qui est très efficace. La quatrième de couverture m’avait laissé penser que le roman serait peut-être atypique, en rupture avec la forme des romans policiers habituels ; en réalité, la structure est assez classique pour le genre, mais fonctionne quand même très bien. Il y a pas mal de fausses pistes, et je n’avais pas vu arriver trop tôt le dénouement – c’est l’essentiel !

Sonatine, 432 pages, 23€

Cosy mystery

« Tante Dimity et le chantier maudit » (tome 3) de Nancy Atherton

J’ai toujours besoin d’avoir dans ma boîte de livres une lecture complètement « doudou », une lecture qui me serve de pause entre deux, qui me berce doucement quand j’en ai besoin, et la série des « Tante Dimity » coche toutes les cases. Présentée par l’éditeur comme étant « plus cosy que mystery », c’est vraiment une lecture d’ambiance.

Depuis que Lori s’est installée dans un petit village des Cotswolds avec son mari, les choses ont bien changé : il faut dire que la naissance de leurs jumeaux a quelque peu ébranlé le quotidien de Lori, qui est épuisée.

L’arrivée miraculeuse de Francesca, une nounou, redonne de l’oxygène au quotidien de Lori… qui peut donc se consacrer à une nouvelle « enquête ». Si je mets des guillemets, c’est que l’enquête en question n’a pas pour point de départ un meurtre sauvage dans la campagne anglaise, mais la disparition d’un document qui pourrait compromettre les conclusions de fouilles archéologiques en cours dans le village. Donc, non, on n’est pas sur le mystère du siècle, et ce n’est pas le suspense qui vous donnera envie de dévorer le chapitre suivant, mais tout simplement le plaisir de suivre les personnages dans leur quotidien (gentiment) bousculé.

Et Dimity dans tout ça ? Dimity, c’est le sympathique fantôme qui prodigue à Lori quelques conseils ; elle est assez peu présente au final, bien que donnant son nom à la série – donc ne vous arrêtez pas à ça pour renoncer à cette lecture, j’avais moi même quelques hésitations à lire un roman de fantômes, mais que j’ai vite balayées.

Quant aux illustrations des couvertures de cette série, elles suffiraient presque à elles-seules à me convaincre de continuer à intégrer les prochains tomes dans ma bibliothèque.

Verso, 408 pages, 14,90€

Policier

« Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

« Qui voit Ouessant voit son sang » dit le dicton. Autant dire que l’île à la pointe du Finistère est une terre de mystères et de légendes… bien loin du pragmatisme du commissaire Dupin ! Le célèbre commissaire de Concarneau, qui œuvre ici pour un treizième tome sur un nouveau coin de Bretagne (après Guérande, Saint Malo,… Lire la suite « Les enquêtes du commissaire Dupin (tome 13) – Meurtres sur l’île d’Ouessant » de Jean-Luc Bannalec

Cosy mystery·Policier·Roman

« Le Club des amateurs de romans policiers (tome 7) – Le crime de l’Indian Pacific » de C.A. Larmer

Pour avoir fait partie pendant plusieurs années d’un groupe de lecteurs, je comprends tout à fait le plaisir que peuvent avoir les membres du « Club des amateurs de romans policiers » à partir ensemble en vacances, et à passer une bonne partie de leur temps libre à comparer leurs avis sur tel ou tel livre (et sur ceux d’Agatha Christie en particulier, car elle reste le fil rouge de cette série).

Ce Club a malheureusement la particularité d’être aussi un club d’enquêteurs amateurs – je dis « malheureusement » pour eux, parce que pour nous lecteurs, c’est au contraire un bonheur de les suivre dans leurs enquêtes. Oui, j’adore cette série de cosy mysteries, qui compte parmi mes préférées (et j’en ai lu beaucoup!). Il faut dire qu’elle coche toutes les cases : une enquête dans la pure veine du whodunit, des personnages variés et attachants (chacun pourra trouver son chouchou), des références littéraires (et à Agatha en particulier, je le redis car c’est un vrai plus, bien utilisé).


Dans ce tome, le groupe part en train à travers l’Australie, une occasion de se retrouver pour enterrer la vie de jeune fille d’Alicia, la fondatrice du Club. Mais un matin à l’aube, Alicia pense voir un corps tomber du train. Sauf que personne ne la croit. Un riche fermier, patriarche d’une famille qui le craint, manque certes à l’appel, mais le personnel jure l’avoir vu descendre du train de son plein gré. Alors que s’est-il passé ? Alicia a-t-elle simplement rêvé ? La bonne idée dans ce roman est de laisser le lecteur douter jusqu’à la fin. Les pistes se succèdent, le groupe de lecteurs joue les enquêteurs avec talent. Encore un très bon tome.

Le Cherche Midi, 384 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Policier·Roman

« Les enquêtes d’Hannah Swensen (tome 15) – Meurtres et cupcakes à la vanille » de Joanne Fluke

Dans les longues séries de cosy mysteries, il y a inévitablement des bons et des moins bons tomes, et celui-ci est plutôt bien réussi dans la série des « Enquêtes d’Hannah Swensen ». Ce qui apporte un peu de nouveauté, c’est d’abord qu’on explore un lieu inédit : un ancien hôtel de Lake Eden reconverti en résidence de luxe, avec à son sommet un penthouse luxueux qui fait briller les yeux de tous ceux qui le visitent.

Hannah, qui a l’habitude de fournir les desserts pour les différents événements de la ville, est embauchée pour la soirée d’inauguration de la résidence. Mais la soirée tourne au drame, une femme est retrouvée morte, tombée du penthouse. Meurtre, suicide, accident ? Hannah se fait rapidement sa petite idée, mais il lui faudra trouver le coupable et des preuves accablantes.


J’ai lu ce tome en moins de 48 heures ; c’est plutôt une bonne idée de concentrer cette lecture sur un temps court, car il y a comme toujours dans cette série beaucoup de digressions en marge de l’enquête (et c’est ce qui fait qu’on s’attache autant aux personnages!). Entre l’enquête, les recettes d’Hannah, un petit reste d’une ancienne enquête (assez étonnant d’ailleurs de revenir en arrière), les relations d’Hannah avec ses deux amoureux, sa famille… cela fait beaucoup de sujets abordés, alors autant ne pas perdre le fil dans ce joyeux mélange. Joyeux, oui. Car même s’il y a des meurtres et des enquêtes, dans cette série on se console en croquant des cookies au chocolat et on discute autour de pancakes aux saucisses. Cela apporte beaucoup de légèreté, non pas dans l’assiette, mais dans la lecture.

le Cherche Midi, 416 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Policier

« Les quatre petits meurtres de Noël » d’Alexandra Benedict

Edie est une vieille dame insupportable. Verbicruciste (comme Judith Potts dans « Les dames de Marlow » !), passionnée de puzzle, elle n’a pas la langue dans sa poche.

Un jour elle reçoit un courrier anonyme, contenant des pièces de puzzle et lui annonçant que plusieurs meurtres auront lieu d’ici Noël si elle ne résout pas une énigme dans les temps. Son fils adoptif, Sean, lui-même policier, semble être ciblé par le corbeau.

J’ai aimé le personnage de la vieille dame ronchon mais à l’esprit affûté ; elle est pleine de défauts, elle est égoïste, misanthrope… tout ce qu’on aime détester dans les romans. L’enquête progresse comme un roman : Edie reçoit régulièrement de nouvelles pièces, et de nouveaux indices à assembler. Quel est donc le lien entre les différents personnages menacés de mort ?

Si le roman progresse à un rythme correct, la fin semble quelque peu sortie de nulle part, avec des révélations que le lecteur n’aurait pas pu deviner. J’ai donc eu l’impression qu’on ne m’avait pas donné les bonnes pièces pour reconstituer l’image sur la boîte du puzzle.

Pocket, 432 pages, 9,90€

BD·Policier

« Christmas pudding », adaptation BD par Isabelle Bottier et Alberto Taracido, d’après Agatha Christie

« Christmas pudding » fait partie destextesd’Agatha Christie dont le dénouement m’est resté en mémoire. Parmi les plus de 80 romans de l’auteure que j’ai lus, ils ne sont pas si nombreux : il y a les classiques « Le Crime de l’Orient-Express », « Ils étaient dix », « Le meurtre de Roger Ackroyd « , ou encore « Les vacances d’Hercule Poirot » dont je… Lire la suite « Christmas pudding », adaptation BD par Isabelle Bottier et Alberto Taracido, d’après Agatha Christie

Policier·Roman

« Meurtres sur le Christmas Express » d’Alexandra Benedict

Une couverture de livre enneigée. Un titre qui fait référence à un train. Et on suppose qu’un drame va se produire dans ce train. Vous avez la référence ?

Pourtant il ne s’agit pas du « Crime de l’Orient-Express » d’Agatha Christie, même si tous les amateurs de romans policiers auront la version originale en tête. En bonne fan de cette auteure, cela plaçait la barre assez haut à mes yeux pour cette lecture. Il y a beaucoup de références et de clins d’oeil à l’original, mais le roman m’a globalement déçue. Trop de personnages, trop de longueurs avant que l’histoire ne démarre vraiment.

L’enquêtrice, qui se trouve dans le train pour raisons personnelles, est inspectrice de police. Le huis-clos est imposé par le voyage en train lui-même, et tous les personnages semblent avoir quelque chose à cacher (des étudiants, une influenceuse, son manager, une famille,…). La base était solide mais je me suis ennuyée pendant les deux premiers tiers du roman. J’ai quand même terminé la lecture (je voulais avoir la résolution de l’enquête), et au moins la fin n’est pas décevante.

Je referme ce livre avec une impression plus que mitigée. J’avais beaucoup aimé « Petits meurtres à Endgame » de la même auteure, et un autre de ses livres m’attend déjà (« Les quatre petits meurtres de Noël ») ; espérons donc que cette lecture n’était qu’une erreur de parcours !

Pocket, 416 pages, 9,30€

Cosy mystery·Policier·Roman

« Iris et le meurtre de Noël » de M.B. Shaw

Coup de cœur !

Cette année j’ai choisi de consacrer décembre à des romans comportant les mots « Noël » ou « Christmas » dans le titre, et ce livre a donc tout naturellement trouvé sa place parmi mes lectures du mois. Avez-vous remarqué que cette année, à côté des traditionnelles romances de Noël, ce sont les enquêtes de Noël qui sont de plus en plus mises en avant ?

« Iris et le meurtre de Noël » est un parfait cosy mystery, et dans cette catégorie dont je suis friande, il tire largement son épingle du jeu. Il y a tout ce que j’aime dans ce roman ! Une enquête, une détective amateur (Iris, donc), de l’art (elle est peintre portraitiste), une grande demeure familiale, et cette ambiance hivernale des fêtes de fin d’année.

Iris est invitée à passer plusieurs semaines au Moulin, la demeure du célèbre auteur Dom Wetherby. Elle doit y réaliser son portrait, et elle s’installe avec plaisir dans un petit cottage à proximité. Bien que de tempérament discret, elle se lie peu à peu avec la famille de l’auteur : avec sa femme, Ariadne, maîtresse de maison irréprochable, et aussi avec les enfants du couple, Marcus l’avocat fils chéri de la famille, Billy le rebelle, Lorcan le fragile.

Lorsqu’un drame survient au Moulin, Iris se retrouve un peu malgré elle à enquêter.

J’ai aimé l’histoire, bien construite, autour d’une enquête où rien n’est caché au lecteur (je déteste quand les révélations sortent du chapeau – ici j’avais les mêmes informations qu’Iris et pouvais progresser dans l’enquête en même temps qu’elle). Le lieu, l’ambiance artistique, la période de l’année, ont aussi rendu la lecture très « cosy » et complètement de saison. Le texte est bien écrit (et/ou bien traduit), et sous la jolie couverture brillante se cache donc un roman très réussi. Et la bonne nouvelle est qu’il existe un deuxième tome des aventures d’Iris, que j’ai hâte de voir traduit en français (sinon il faudra que je me résigne à le lire en anglais, effort que je serai prête à faire pour cette série !).

Vous l’avez compris, si vous ne devez lire qu’un seul livre en décembre, c’est celui-ci.

Le Cherche Midi, 528 pages, 22,50€ (service de presse)