BD·Cosy mystery·Policier

« Le meurtre de Roger Ackroyd », adaptation en BD par Pascal Bresson et Alberto Taracido, d’après Agatha Christie

« Le meurtre de Roger Ackroyd » fait partie des romans les plus célèbres d’Agatha Christie. Chanceux que vous êtes si vous ne l’avez pas encore lu, vous pourrez profiter pleinement de cette adaptation en BD (c’est toujours différent quand on connaît le dénouement).

Cette BD s’inscrit dans la continuité d’autres romans d’Agatha Christie déjà adaptés dans la même collection, je n’ai donc pas été dépaysée.

J’avais lu le roman il y a trop longtemps pour m’en souvenir précisément, et donc pour juger si l’adaptation est fidèle ou pas. Je ne me souvenais même pas qu’Hercule Poirot y apparaissait ! Il a pris sa retraite au calme à la campagne, cultive ses courgettes, mais accepte finalement d’enquêter en parallèle de la police sur la mort de Roger Ackroyd, l’un de ses voisins. Ce dernier venait de donner un dîner en présence de sa famille et de son médecin, qui l’avait trouvé contrarié.

Ils étaient nombreux à attendre sa mort pour toucher leur part d’héritage… mais qui était prêt pour cela à aller jusqu’à le tuer ?

Évidemment Hercule Poirot trouvera le coupable, lors d’un rituel dont il a le secret…

Sur la forme, j’ai été un peu déboussolée par l’emplacement de certaines bulles de dialogue, qui m’induisaient en erreur sur le personnage qui les prononçaient (et c’est gênant) car elles étaient placées à l’opposé de celui-ci. A part ça, c’est encore une belle adaptation dans cette collection dont je ne me lasse pas ; l’histoire se déroule bien, l’ambiance est fidèle à celle des romans d’Agatha Christie, et Hercule Poirot, toujours flegmatique et malin, égal à lui-même.

Paquet, 64 pages, 16,90€

Cosy mystery

« Les enquêtes d’Hannah Swensen (tome 16) – Meurtres et tarte aux mûres » de Joanne Fluke


Je connais tous les codes de cette série par coeur, les petites manies des personnages, les scènes récurrentes… et pourtant, j’ai à nouveau pris plaisir à lire cette nouvelle enquête (c’est le 16ème tome, quand même). Il faut dire que le meurtre perpétré dans ce tome est atypique par rapport aux précédents : c’est Hannah, l’héroïne de la série, qui a tué un homme ! Oh, elle n’est pas devenue meurtrière du jour au lendemain… mais un tragique accident de voiture a fait perdre la vie à un homme sous les roues de son break.

L’enquête consiste donc, cette fois, à s’assurer que c’est bel et bien l’accident provoqué par Hannah qui a provoqué la mort de l’individu, et à connaître l’identité de cet homme que personne n’avait jamais vu à Lake Eden.

On est évidemment attristés de voir notre héroïne dans de tels tourments… et malgré tout j’ai aimé le parti pris, que tout ne soit pas trop rose dans l’histoire, que l’auteure n’ait pas cédé à la facilité. Il y a au contraire des nuances dans la psychologie du personnage d’Hannah, et de la finesse dans le récit de ce qu’elle traverse. Pour un cosy mystery aux titres gourmands, et qui nous a habitués à plus de légèreté, c’est une agréable surprise.

La fin est en partie prévisible, mais un dernier rebondissement dans les ultimes pages donne déjà envie de lire le prochain tome. Rendez-vous en octobre pour le tome 17 dont le titre annonce déjà qu’on se plongera dans l’ambiance de Noël !

Le Cherche Midi, 416 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Roman

« Un meurtre absolument splendide » de Julia Seales


A Swampshire, au Royaume-Uni, les femmes vivent sous la contrainte de règles de bienséance très strictes. Les thèmes de discussion, les loisirs, les interactions avec les hommes, tout est fortement contraint. Mais dans ce petit monde très strict, Beatrice Steele s’ennuie dans les bals et rêve davantage d’enquêter sur des meurtres comme dans les articles qu’elle lit en volant le journal de son père.

Beatrice m’a fait penser à Jo March, par son côté irrévérencieux et indépendant. Les situations cocasses sont nombreuses, et l’auteure use d’un humour grinçant pour dénoncer une société fortement patriarcale – et toutes les absurdités qu’elle engendre.

L’enquête est un prétexte, le meurtre (qui n’a rien de « splendide », je trouve le titre étrange), n’arrive qu’au milieu du roman. La seconde partie du roman est consacrée aux interrogatoires des suspects, les pistes étant éliminées les unes après les autres avec beaucoup de méthode. Le roman est ponctué de très courts chapitres (parfois une seule page) avec des extraits de pièce de théâtre, de journal, de citations,… On se sent d’ailleurs comme dans une pièce de théâtre, j’imagine qu’une adaptation pourrait être faite du texte. Au final, c’est un roman agréable, léger et piquant à la fois.

Editions du Masque, 388 pages, 21,90€

Cosy mystery

« Le duc de Penford Hall » de Nancy Atherton

Dans la série des « Tante Dimity », vous n’avez pas pu passer à côté du couple de voisins et amis de Lori, les sympathiques Emma et Derek. Dans ce tome 0 de la série, on découvre comment ces deux-là se sont rencontrés au manoir de Penford Hall. Invité par Grayson, duc et propriétaire du domaine, Derek doit y faire des travaux dans une chapelle légendaire ; tandis que Emma a été recrutée par les étranges sœurs Pym pour refaire intégralement le jardin.

Mais d’où vient tout l’argent que dépense Grayson pour restaurer son domaine familial ? Sa fortune est-elle liée à la disparition, quelques années plus tôt, d’une star du rock dont le bateau a fait naufrage à proximité de Penford Hall ?

Si vous aimez les cosy mysteries, ce tome, comme l’ensemble de la série des « Tante Dimity », est un petit bonbon de douceur et de tranquillité – à tel point que je l’ai grignoté par petits bouts, quand j’avais besoin d’une parenthèse hors du temps.

Il n’y pas pas vraiment d’enquête, on suit plutôt les personnages dans leur quotidien à Penford Hall ; bien sûr l’histoire naissante entre Emma et Derek est centrale dans ce tome. Quant personnages secondaires, ils cochent tous les critères que l’on a envie de retrouver dans un tel roman : la nurse acariâtre mais au bon coeur ; la cousine mannequin prétentieuse ; les enfants espiègles mais intelligents… Et Tante Dimity dans tout ça ? Sans être très présente dans l’histoire (à part au tout début), elle est l’ombre bienveillante qui veille mystérieusement sur tout ce petit monde.

A noter, si ce livre peut être lu comme une introduction à la série, l’histoire est assez indépendante des autres tomes pour être lue avant, pendant, ou après n’importe quel tome des « Tante Dimity ».

Seuil, label Verso, 420 pages, 14,90€

Cosy mystery

« Tante Dimity et le chantier maudit » (tome 3) de Nancy Atherton

J’ai toujours besoin d’avoir dans ma boîte de livres une lecture complètement « doudou », une lecture qui me serve de pause entre deux, qui me berce doucement quand j’en ai besoin, et la série des « Tante Dimity » coche toutes les cases. Présentée par l’éditeur comme étant « plus cosy que mystery », c’est vraiment une lecture d’ambiance.

Depuis que Lori s’est installée dans un petit village des Cotswolds avec son mari, les choses ont bien changé : il faut dire que la naissance de leurs jumeaux a quelque peu ébranlé le quotidien de Lori, qui est épuisée.

L’arrivée miraculeuse de Francesca, une nounou, redonne de l’oxygène au quotidien de Lori… qui peut donc se consacrer à une nouvelle « enquête ». Si je mets des guillemets, c’est que l’enquête en question n’a pas pour point de départ un meurtre sauvage dans la campagne anglaise, mais la disparition d’un document qui pourrait compromettre les conclusions de fouilles archéologiques en cours dans le village. Donc, non, on n’est pas sur le mystère du siècle, et ce n’est pas le suspense qui vous donnera envie de dévorer le chapitre suivant, mais tout simplement le plaisir de suivre les personnages dans leur quotidien (gentiment) bousculé.

Et Dimity dans tout ça ? Dimity, c’est le sympathique fantôme qui prodigue à Lori quelques conseils ; elle est assez peu présente au final, bien que donnant son nom à la série – donc ne vous arrêtez pas à ça pour renoncer à cette lecture, j’avais moi même quelques hésitations à lire un roman de fantômes, mais que j’ai vite balayées.

Quant aux illustrations des couvertures de cette série, elles suffiraient presque à elles-seules à me convaincre de continuer à intégrer les prochains tomes dans ma bibliothèque.

Verso, 408 pages, 14,90€

Cosy mystery·Policier·Roman

« Le Club des amateurs de romans policiers (tome 7) – Le crime de l’Indian Pacific » de C.A. Larmer

Pour avoir fait partie pendant plusieurs années d’un groupe de lecteurs, je comprends tout à fait le plaisir que peuvent avoir les membres du « Club des amateurs de romans policiers » à partir ensemble en vacances, et à passer une bonne partie de leur temps libre à comparer leurs avis sur tel ou tel livre (et sur ceux d’Agatha Christie en particulier, car elle reste le fil rouge de cette série).

Ce Club a malheureusement la particularité d’être aussi un club d’enquêteurs amateurs – je dis « malheureusement » pour eux, parce que pour nous lecteurs, c’est au contraire un bonheur de les suivre dans leurs enquêtes. Oui, j’adore cette série de cosy mysteries, qui compte parmi mes préférées (et j’en ai lu beaucoup!). Il faut dire qu’elle coche toutes les cases : une enquête dans la pure veine du whodunit, des personnages variés et attachants (chacun pourra trouver son chouchou), des références littéraires (et à Agatha en particulier, je le redis car c’est un vrai plus, bien utilisé).


Dans ce tome, le groupe part en train à travers l’Australie, une occasion de se retrouver pour enterrer la vie de jeune fille d’Alicia, la fondatrice du Club. Mais un matin à l’aube, Alicia pense voir un corps tomber du train. Sauf que personne ne la croit. Un riche fermier, patriarche d’une famille qui le craint, manque certes à l’appel, mais le personnel jure l’avoir vu descendre du train de son plein gré. Alors que s’est-il passé ? Alicia a-t-elle simplement rêvé ? La bonne idée dans ce roman est de laisser le lecteur douter jusqu’à la fin. Les pistes se succèdent, le groupe de lecteurs joue les enquêteurs avec talent. Encore un très bon tome.

Le Cherche Midi, 384 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Policier·Roman

« Les enquêtes d’Hannah Swensen (tome 15) – Meurtres et cupcakes à la vanille » de Joanne Fluke

Dans les longues séries de cosy mysteries, il y a inévitablement des bons et des moins bons tomes, et celui-ci est plutôt bien réussi dans la série des « Enquêtes d’Hannah Swensen ». Ce qui apporte un peu de nouveauté, c’est d’abord qu’on explore un lieu inédit : un ancien hôtel de Lake Eden reconverti en résidence de luxe, avec à son sommet un penthouse luxueux qui fait briller les yeux de tous ceux qui le visitent.

Hannah, qui a l’habitude de fournir les desserts pour les différents événements de la ville, est embauchée pour la soirée d’inauguration de la résidence. Mais la soirée tourne au drame, une femme est retrouvée morte, tombée du penthouse. Meurtre, suicide, accident ? Hannah se fait rapidement sa petite idée, mais il lui faudra trouver le coupable et des preuves accablantes.


J’ai lu ce tome en moins de 48 heures ; c’est plutôt une bonne idée de concentrer cette lecture sur un temps court, car il y a comme toujours dans cette série beaucoup de digressions en marge de l’enquête (et c’est ce qui fait qu’on s’attache autant aux personnages!). Entre l’enquête, les recettes d’Hannah, un petit reste d’une ancienne enquête (assez étonnant d’ailleurs de revenir en arrière), les relations d’Hannah avec ses deux amoureux, sa famille… cela fait beaucoup de sujets abordés, alors autant ne pas perdre le fil dans ce joyeux mélange. Joyeux, oui. Car même s’il y a des meurtres et des enquêtes, dans cette série on se console en croquant des cookies au chocolat et on discute autour de pancakes aux saucisses. Cela apporte beaucoup de légèreté, non pas dans l’assiette, mais dans la lecture.

le Cherche Midi, 416 pages, 15,90€ (service de presse)

Cosy mystery·Policier

« Les quatre petits meurtres de Noël » d’Alexandra Benedict

Edie est une vieille dame insupportable. Verbicruciste (comme Judith Potts dans « Les dames de Marlow » !), passionnée de puzzle, elle n’a pas la langue dans sa poche.

Un jour elle reçoit un courrier anonyme, contenant des pièces de puzzle et lui annonçant que plusieurs meurtres auront lieu d’ici Noël si elle ne résout pas une énigme dans les temps. Son fils adoptif, Sean, lui-même policier, semble être ciblé par le corbeau.

J’ai aimé le personnage de la vieille dame ronchon mais à l’esprit affûté ; elle est pleine de défauts, elle est égoïste, misanthrope… tout ce qu’on aime détester dans les romans. L’enquête progresse comme un roman : Edie reçoit régulièrement de nouvelles pièces, et de nouveaux indices à assembler. Quel est donc le lien entre les différents personnages menacés de mort ?

Si le roman progresse à un rythme correct, la fin semble quelque peu sortie de nulle part, avec des révélations que le lecteur n’aurait pas pu deviner. J’ai donc eu l’impression qu’on ne m’avait pas donné les bonnes pièces pour reconstituer l’image sur la boîte du puzzle.

Pocket, 432 pages, 9,90€

Cosy mystery·Policier·Roman

« Iris et le meurtre de Noël » de M.B. Shaw

Coup de cœur !

Cette année j’ai choisi de consacrer décembre à des romans comportant les mots « Noël » ou « Christmas » dans le titre, et ce livre a donc tout naturellement trouvé sa place parmi mes lectures du mois. Avez-vous remarqué que cette année, à côté des traditionnelles romances de Noël, ce sont les enquêtes de Noël qui sont de plus en plus mises en avant ?

« Iris et le meurtre de Noël » est un parfait cosy mystery, et dans cette catégorie dont je suis friande, il tire largement son épingle du jeu. Il y a tout ce que j’aime dans ce roman ! Une enquête, une détective amateur (Iris, donc), de l’art (elle est peintre portraitiste), une grande demeure familiale, et cette ambiance hivernale des fêtes de fin d’année.

Iris est invitée à passer plusieurs semaines au Moulin, la demeure du célèbre auteur Dom Wetherby. Elle doit y réaliser son portrait, et elle s’installe avec plaisir dans un petit cottage à proximité. Bien que de tempérament discret, elle se lie peu à peu avec la famille de l’auteur : avec sa femme, Ariadne, maîtresse de maison irréprochable, et aussi avec les enfants du couple, Marcus l’avocat fils chéri de la famille, Billy le rebelle, Lorcan le fragile.

Lorsqu’un drame survient au Moulin, Iris se retrouve un peu malgré elle à enquêter.

J’ai aimé l’histoire, bien construite, autour d’une enquête où rien n’est caché au lecteur (je déteste quand les révélations sortent du chapeau – ici j’avais les mêmes informations qu’Iris et pouvais progresser dans l’enquête en même temps qu’elle). Le lieu, l’ambiance artistique, la période de l’année, ont aussi rendu la lecture très « cosy » et complètement de saison. Le texte est bien écrit (et/ou bien traduit), et sous la jolie couverture brillante se cache donc un roman très réussi. Et la bonne nouvelle est qu’il existe un deuxième tome des aventures d’Iris, que j’ai hâte de voir traduit en français (sinon il faudra que je me résigne à le lire en anglais, effort que je serai prête à faire pour cette série !).

Vous l’avez compris, si vous ne devez lire qu’un seul livre en décembre, c’est celui-ci.

Le Cherche Midi, 528 pages, 22,50€ (service de presse)

Cosy mystery·Roman

« Les enquêtes d’Hannah Swensen (tome 14) – Meurtres et roulés à la cannelle » de Joanne Fluke


Des roulés à la cannelle, une recette parfaite pour l’automne, n’est-ce pas ? Alors nous ferons abstraction du fait que l’histoire se déroule en avril. De toute façon, dans Minnesota, le printemps n’est guère ensoleillé, et la route reste glissante… ce qui provoque l’accident de bus qui transportait un groupe de musiciens en route pour Lake Eden, la petite ville où habite Hannah (la pâtissière héroïne de cette série de cosy mysteries). Sauf que les analyses montrent que le chauffeur était mort avant l’accident, et qu’un autre blessé meurt également à l’hôpital.

Hannah, la première arrivée sur les lieux de l’accident, se lance dans l’enquête. Mais elle a d’autres soucis en tête : souvenez-vous, le précédent tome s’achevait par l’annonce du mariage de Norman (l’un de ses prétendants) avec le Dr Bev.

L’enquête est parfois un peu brouillonne, et une partie du dénouement est facile à deviner. Mais j’ai retrouvé Hannah avec plaisir, comme toujours. Elle enquête désormais avec ses sœurs et sa mère, dans un quatuor familial plus uni que jamais. Il y a aussi beaucoup de recettes, assez variées, qui pourront inspirer les plus gourmands (je passe mon tour pour les cookies au son, cependant!). Un tome assez classique finalement, qui rassurera les fans de la saga.

Le Cherche Midi, 416 pages, 15,90€