Voilà un roman qui propose un joli cadre pour le lecteur : la Haute-Savoie. Nul besoin d’être très avancé dans la lecture des chapitres pour se retrouver au milieu des montagnes, près d’un torrent…et avec une terrible envie de reblochon, avec « sa croûte de couleur jaune, tirant parfois sur l’orange, et légèrement vitreuse en bordure. Sa mousse fine et blanche sur le dessus […], sa saveur délicatement parfumée à la noisette ». C’est bon, vous y êtes ?
C’est dans ce cadre que vieillit un improbable couple, Joseph et Germaine Tronchet. Elle, a tout d’une horrible mégère : mesquine, violente, et infidèle. Lui est un peu ivrogne mais avec un bon fond et un étonnant mais néanmoins immense amour pour sa femme.
Un jour, Germaine est retrouvée morte, écrasée sous un sapin. Son fils Antoine doit revenir pour les funérailles, ne sachant pas s’il doit pleurer cette mère méchante et que personne, à part Joseph, ne regrettera.
Si la mort de Germaine est une délivrance, elle éveille aussi des questions : pourquoi a-t-elle toujours été si méchante, pourquoi rejetait-elle son fils, que signifie le médaillon qu’elle ne quittait jamais ? Et surtout, l’arbre qui l’a tuée est-il vraiment tombé tout seul ?
Autant vous le dire : vous n’aurez peut-être pas toutes les réponses que vous attendez. Mais ce roman est fort plaisant à lire : pour le cadre, je l’ai déjà dit, mais aussi pour la chair donnée aux personnages, hommes et femmes complexes dans leurs sentiments mais simples dans leur quotidien. Passez sur le titre, à mon sens un peu plat, et qui ne reflète pas la profondeur du texte. Les personnages sont habités de sentiments forts (l’amour pudique entre Joseph et son fils, l’amitié fidèle d’un jeune voisin envers Antoine, et même la violence psychologique de Germaine). Il y a de l’amour dans ce livre, même si les personnages l’expriment de façons contradictoires et nagent entre culpabilité, fuite, et attachement.
Presses de la Cité, 352 pages, 20€
Ni biographie, ni roman, ce livre est un peu les deux à la fois. C’est l’histoire (vraie) de Robert de La Rochefoucauld, descendant de François de La Rochefoucauld, le célèbre auteur des « Maximes ».
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Je n’aurais pas imaginé que ce livre, si éloigné de mes lectures habituelles, m’intéresse autant. « Le Soldat » : d’emblée le titre place le lecteur sur le terrain de l’armée, de la guerre. Ecrit par un collectif de militaires, de professeurs, de spécialistes de la question militaire, c’est un livre que j’ai eu envie de découvrir car le « soldat », aujourd’hui, ce n’est plus seulement le militaire envoyé dans un lointain pays pour faire la guerre ; c’est aussi ces hommes et ces femmes que nous croisons maintenant tous les jours dans la rue.
Il y a plusieurs mois, j’ai commencé la lecture des « Agatha Raisin », des romans policiers à enquête écrits par une anglaise dans les années 1980. Mais voilà : après avoir lu les six