Ce roman est mon gros coup de coeur de cette fin d’année !
A trois endroits sur la planète (en Inde, en Sicile, au Canada) vivent trois femmes aux destins bien différents.
En Inde, Smita est une « intouchable », et pour subvenir aux besoins de sa famille, elle est obligée de ramasser à mains nues les déjections humaines.
En Sicile, Giulia est la fille d’un entrepreneur dont la maladie et les dettes mettent en péril l’avenir de l’usine familiale et des ouvriers qui y travaillent.
Au Canada, Sarah est une brillante avocate qui jongle entre sa vie de famille et sa carrière, et qui tombe gravement malade.
Ces trois destins s’entrecroisent comme les mèches de la « tresse » qui donne son titre au roman – et il faut attendre le dernier tiers du roman pour comprendre ce qui relies ces femmes si différentes et si éloignées.
J’ai eu le plaisir d’écouter ce texte dans sa version livre audio, et ce roman se prête particulièrement bien à une écoute. Le roman est lu par trois voix, chacune racontant la vie de l’une des trois protagonistes ; j’avais l’impression d’écouter trois récits réels, trois témoignages. J’ai beaucoup aimé en particulier la lecture d’Estelle Vincent, qui prête sa voix à Smita et retranscrit à merveille la vulnérabilité et en même temps la détermination de cette femme. Chaque chapitre est introduit par une petite musique de quelques secondes, là aussi bien distincte pour les trois personnages, ce qui me plongeait aussitôt dans le bon pays, la bonne ambiance.
Au delà de la forme (audio), le texte est très juste, les mots sont simples et précis. Il n’y a pas de superflu, jamais un mot inutile, jamais un passage ennuyeux qui ne servirait pas le déroulé de l’histoire. Les vies de ces trois femmes sont racontées avec une grande sensibilité, et je vous conseille vivement ce roman.
Audiolib, durée 5h04, 20€. Texte lu par l’auteure, Rebecca Marder et Estelle Vincent.
Les livres de Laurence Labbé font toujours la part belle aux personnages, qu’ils soient drôles ou fragiles. C’est sa marque de fabrique, son style, et après plusieurs livres lus je commence à me dire que je réussirais peut-être à reconnaître un texte de Laurence Labbé parmi des dizaines.
Il y a quelques années, j’avais lu (comme sûrement beaucoup d’entre vous) le best-seller de Tatiana de Rosnay «Elle s’appelait Sarah ». J’avais été assez déçue par ce roman, que j’avais trouvé trop prévisible – et peut-être aussi parce qu’on m’en avait dit trop de bien.