
« Qui voit Ouessant voit son sang » dit le dicton.
Autant dire que l’île à la pointe du Finistère est une terre de mystères et de légendes… bien loin du pragmatisme du commissaire Dupin ! Le célèbre commissaire de Concarneau, qui œuvre ici pour un treizième tome sur un nouveau coin de Bretagne (après Guérande, Saint Malo, Pornic…) doit enquêter sur plusieurs morts suspectes par noyade. Leur particularité ? Au domicile des défunts, des croix de cire ont été retrouvées, posées sur le lit – une tradition ancestrale pour accompagner l’âme des disparus en mer.
Quitte à enquêter sur les traditions, autant s’y immerger complètement : et voilà notre commissaire à la découverte de la musique locale et d’un groupe de femmes musiciennes, mais aussi à la découverte de figures féminines légendaires (sirènes, Morganezed et autres ondines n’auront plus de secrets pour vous). C’est toujours passionnant dans les enquêtes de Dupin de plonger dans cette dualité entre légendes (portées par les personnages « locaux » et les inspecteurs sous les ordres de Dupin) et l’incrédulité, parfois mise à mal, de Dupin lui-même. On a rarement vu le personnage aussi troublé par les éléments, et on en apprend aussi davantage sur son passé familial. Le commissaire fend encore plus l’armure dans ce tome que j’ai dévoré et qui, une fois de plus, est une jolie déclaration d’amour à la Bretagne.

Les Presses de la cité, 432 pages, 22€ (service de presse)