
Souvenez-vous de la montagne de livres que j’ai rapportés du Festival du livre de Paris cette année… Comme d’habitude, j’ai laissé de côté les stands qui ne présentaient que les best-sellers du momentque l’ on trouve dans toutes les librairies et, à une exception près dont je vous parlerai une autre fois, je me suis focalisée sur des maisons d’édition que je ne connaissais pas ou peu. J’ai ainsi découvert Rio Bravo, une maison d’édition lancée en 2025, regroupée avec d’autres avec une telle proximité que je ne savais même pas distinguer quel livre était vendu par qui.
C’est le titre à lui seul qui m’a orientée vers le choix de ce livre ; j’étais curieuse de voir comment le Canal de l’Ourcq servirait de décor à un roman.
Premier constat : il est loin d’être le seul décor du roman, car les personnages évoluent dans différents quartiers de Paris. Ginger est journaliste, et pour obtenir un soutien financier pour le journal indépendant qu’elle a lancé avec sa compagne, elle fait appel à Frida, une experte dans le domaine. L’attirance pour Frida est immédiate, mais pas forcément réciproque – en tout cas suffisamment ambiguë pour en faire un roman.
L’auteure signe ici son premier roman, fortement autobiographique, avec un talent certain pour parler des sentiments amoureux et pour décrire des ambiances et des lieux. Elle met en avant de concept de « limérence » (l’illusion de vivre une histoire d’amour qui en réalité n’est pas réciproque) – j’ai trouvé le terme trop fort au regard de l’histoire (ou même : des histoires, car il y a plusieurs relations ambiguës dans ce roman), qui finalement raconte surtout des histoires d’amour quotidiennes et désespérément banales dans la réciprocité / non réciprocité. Balzac disait que dans un couple il y en a toujours un qui souffre et un qui s’ennuie ; on n’était pas sur ce nouveau concept de « limérence », mais beaucoup de choses étaient déjà dites.

Rio Bravo, 130 pages, 16€