
Ce roman est d’abord une ambiance. Celle d’un appartement à Lisbonne, où s’installe un homme en attendant que sa compagne le rejoigne. Ils ont quitté New York et c’est une nouvelle vie qui s’ouvre à eux. Elle est chercheuse dans un laboratoire ; il a décidé d’arrêter de travailler après avoir été renvoyé de son entreprise. En attendant que la femme arrive, l’homme prépare le quotidien, fait faire quelques menus travaux, s’imprègne du quartier.
Il y a quelque chose d’assez solaire dans le début du récit, j’imaginais facilement ce cocon en préparation à Lisbonne. Et puis il y a cet homme, amoureux, qui prépare un nid douillet pour sa femme. Mais très vite j’ai ressenti aussi un certain malaise, quelque chose qui me gênait dans le récit, et je me suis mise à envisager plein de scenarii. Ai-je trop d’imagination ? Ce récit va-t-il au-delà de l’emménagement de ce couple ? C’est tout l’intérêt du roman que de rester dans ce flou qui ouvre les possibilités de l’imaginaire.
Peu importe l’épilogue, finalement. Le texte est bien écrit, plein de douceur, d’une langueur qui est celle d’un quotidien paisible et dans lequel on ne s’ennuie pas.

Seuil, 256 pages, 15,99€