Il ne faut pas se fier aux titres des romans.
Eleanor Oliphant ne va pas si bien que ça.
Jeune femme solitaire, elle travaille comme comptable dans une entreprise où ses collègues lui prêtent peu attention – si ce n’est pour se moquer de ses bizarreries. Elle vit seule, dans un logement social qu’elle rejoint le week-end en s’enivrant à la vodka pour s’occuper jusqu’au lundi.
Ses contacts avec sa famille se limitent à un appel hebdomadaire à sa mère, qui est manipulatrice et entretient un climat de violence psychologique envers sa fille : « Maman me dit que je suis laide, effrayante, repoussante ». Vous voyez l’ambiance.
Jusqu’au jour où Eleanor s’entiche du chanteur d’un groupe de hard rock.
Et, puisqu’une nouveauté arrive rarement seule, elle accompagne un inconnu à l’hôpital, et soudain la voilà entourée de gens à qui parler, à qui rendre visite, et qui pourraient même devenir… des amis. Sa vie va être bousculée de manière étonnante.
Ce roman m’a d’abord surprise car je m’attendais à une histoire plus positive, un personnage plus amusant. Mais Eleanor est très touchante, on sent des blessures profondes chez elle et une grande capacité de résilience. D’abord très solitaire, peu intéressante, voire transparente, elle va progressivement s’ouvrir aux autres, malgré elle, portée par des événements inattendus. Certaines clés de l’histoire sont un peu prévisibles, mais cela n’enlève rien à la qualité de ce roman, l’histoire de cette jeune femme qui existait à peine et qu’un environnement plus bienveillant va inciter à prendre une place, une vraie place, dans la vie. L’air de rien, sous une écriture limpide et sans fioriture, c’est un roman profondément touchant.
10/18, 456 pages, 8,80€
C’était il y a bien longtemps, et pourtant je me souviens bien de ma lecture de « L’esprit de famille », la saga écrite par Janine Boissard. Je me souviens de cette famille charmante dont le père est médecin, et qui compte quatre filles si différentes et si complémentaires. J’empruntais ces livres à la bibliothèque de mon lycée, et je me souviens à quel point ces textes avaient « parlé » à l’adolescente que j’étais.
Qui est donc cette femme, aussi crainte que respectée, qui a obtenu respect et protection grâce aux mots ?
Julien est fils de cuisinier. Elevé près des fourneaux, il voue une admiration quasi sans borne à son père, surtout depuis que sa mère s’est volatilisée du jour au lendemain.
Après le départ de Torunn de la ferme, la famille a repris son rythme de vie, chaque membre de son côté. Quatre années ont passé. Torunn vit avec l’éleveur de chiens (rencontré dans le tome précédent), dont elle n’attend rien pour l’avenir. Il la trompe, elle le sait, mais reste malgré tout avec lui. Déprimée, elle ne voit pas de projet susceptible de la faire revenir vers une vie heureuse. Erlend et Krumme sont devenus parents de trois bambins. Le grand-père s’est installé dans une maison de retraite, où il est heureux. Et Margido envisage de développer son entreprise.
Il y a des jours où une humeur un peu chagrine donne envie d’aller vers des livres légers, amusants. J’ai commencé « Le discours » en espérant que la citation d’Olivia de Lamberterie sur la quatrième de couverture soit plus qu’une promesse : « Si vous n’éclatez pas de rire au premier chapitre, on ne peut rien pour vous ». En même temps, je me méfie toujours un peu de ces petites phrases qui vendent du rêve, et parfois ne font qu’accroître la déception.
Il y a quelque chose de très addictif dans cette saga familiale des Neshov. Depuis que j’ai lu le premier tome, j’ai enchaîné avec la lecture du deuxième, et maintenant du troisième (et sans surprise, le quatrième m’attend déjà).