Il est bien connu que les festivités de Noël, au-delà de la convivialité de circonstance, peuvent aussi se transformer en règlements de comptes en famille ou en petites disputes entre amis. Mais si ces petits inconvénients liés sans doute à un excès de consommation de bûche sont parfois imprévisibles, certaines personnes ont l’art de les provoquer. C’est le cas de Matt et Claire, parents d’une petite Scarlett, et séparés depuis plusieurs années. Alors qu’ils ont refait leur vie chacun de leur côté, et sont en couple respectivement avec Alex et Patrick, ils décident de passer ensemble les vacances de Noël, et louent un chalet dans un complexe hôtelier au milieu de la forêt.
Ce qui est particulièrement réussi dans ce livre, c’est ce dosage bien équilibré entre la bienséance que chacun cherche à afficher et une tension inévitable qui monte progressivement au fil des pages. On comprend vite que le week-end ne va pas (du tout) se dérouler comme prévu, et l’auteure nous conduit avec détermination et élégance jusqu’au bout de ce séjour mouvementé.
Les personnages sont sympathiques, tous les quatre, en dépit de leurs défauts manifestes (Matt est un vrai gamin, Patrick un narcissique…). Je ne voudrais surtout pas passer les fêtes avec eux, mais j’ai adoré les regarder évoluer dans leur petit monde, voir leurs petits secrets révélés au grand jour, et leurs bassesses mises à nu devant le reste de la famille.
Loin des romances de Noël, ce livre caustique et assez amusant est une lecture parfaitement de saison ! On pourrait craindre les clichés sur la famille recomposée, mais l’histoire est menée intelligemment. Tout en jouant sur les festivités de fin d’année, il aborde l’air de rien des thèmes de société : famille recomposée, relation de couple, parentalité. Je vous le recommande !
Fleuve éditions, 408 pages, 19,90
On revient toujours aux textes de Sagan.
C’est un simple post-it collé sur le livre dans une librairie qui m’a donné (très très) envie de découvrir ce roman. L’histoire des « Petites robes noires » se déroule dans les années 1950 à Sydney. L’auteure nous plonge dans les coulisses d’un grand magasin, et plus précisément au milieu des rayons dédiées aux robes de cocktail ou à la lingerie. Dans cet univers très féminin s’affairent des femmes de tous âges, conseillères et vendeuses.
Rachel n’en revient pas : lors d’une visite à Paris, elle croise par hasard Vincent, l’homme qu’elle aime depuis toujours… et qu’elle croyait mort depuis six ans. C’est impossible, et pourtant Rachel est sûre de le reconnaître.
S’il y a bien une année où il est difficile de dire si j’ai aimé ou pas « le » roman annuel que sort Amélie Nothomb à l’automne, c’est bien cette année. Car derrière la couverture qui ressemble invariablement aux autres couvertures de ses romans des dernières années (une photo de l’auteure en gros plan), le livre est un OVNI parmi tout ce qu’elle a écrit jusqu’ici. Et pour cause : le narrateur n’est autre que Jésus en personne. L’originalité ne s’arrête pas là, puisque l’auteure a décidé de lui donner la parole précisément pendant la crucifixion. Avouez que cela sort des sentiers battus de l’auteure, qui nous a habitués à toutes sortes de récit
Vivre dans un cimetière.
Dès les premières pages du roman, le ton est donné : Chloé décide de tuer son mari Jeffrey. Bien sûr le lecteur se demande immédiatement « pourquoi ? » et l’on devine que la suite du roman sera un retour arrière dans la vie de ce couple, pour comprendre ce qui a amené Chloé à ce geste.
Maylis de Kerangal a indéniablement cette capacité à réinventer son écriture dans toutes sortes de défis, d’aborder des thèmes variés, d’emmener le lecteur dans des univers qui n’ont rien à voir d’un livre à l’autre. Chaque texte est dès lors une découverte, même si le fil rouge reste bien sûr cette écriture si caractéristique, hachée, comme mue par une urgence à dire les choses, et ces reformulations qui font sonner certaines phrases comme des hésitations à nommer les événements par une unique tournure.
Il
Alors que leur mère a disparu depuis longtemps, deux sœurs se retrouvent au chevet de leur père vieillissant, qui vient de faire un malaise.