Roman

« Trust » de Hernan Diaz

152855_couverture_Hres_0Petite déception sur ce roman, sur lequel j’avais pourtant lu d’enthousiastes avis.

Début XXième siècle, dans l’Amérique conquérante et audacieuse, Andrew est un financier à qui tout réussit. Sa fortune est immense, et lui est aussi respecté que craint. Mais derrière la réussite financière, sa vie personnelle auprès de sa femme Mildred n’est pas aussi rose – car celle-ci est gravement malade.

Et soudain le roman bascule sur une toute autre histoire.

Il faut attendre une bonne moitié du roman pour comprendre où l’auteur veut en venir. J’ai eu un moment d’incompréhension dans ma lecture, perturbée par des chapitres sans lien. Je me disais bien que les pièces du puzzle s’assembleraient à un moment pour donner un sens à l’ensemble, mais j’ai été trop perdue dans ma lecture pour retomber sereinement sur mes pieds. Le dernier tiers du roman, quand les choses prennent place, devient alors beaucoup plus intéressant, même si je n’ai pas trouvé l’ensemble révolutionnaire.

S 1-3Points, 406 pages, 10,20€. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard

En anglais·Roman

« American Royals (tome 2) : Majesty » de Katharine McGEE

majestyMon défi lecture de l’été était de sortir du fond de ma PAL un roman en anglais, acheté il y a longtemps, et reposé rapidement après seulement quelques pages lues. Défi relevé avec la lecture de « American Royals »… et je devrais même dire que le défi a été doublement relevé, puisque j’ai poursuivi avec la lecture du deuxième tome de la série.

Ce deuxième opus est aussi réussi que le premier. On y retrouve bien sûr Beatrice, dans son nouveau rôle de Reine (oui oui) des Etats-Unis ; sa sœur la turbulente Samantha, son frère Jefferson qui fait tourner les têtes, la timide amie Nina et la détestable Daphne Deighton qui rêve d’intégrer la famille royale.

La bonne idée qui apporte un vent de nouveauté sur l’histoire est l’arrivée de nouveaux personnages secondaires, qui complexifient l’histoire (il faut aimer les histoires de triangles amoureux dans ce tome ! ) ; en effet, Daphne veut éloigner Nina de Jeff en la jetant dans les bras de son meilleur ami (Ethan) ; Sam veut rendre jaloux Teddy (le futur roi) avec l’aide de Marshall ; et Beatrice a vu Connor, son premier amour, disparaître du jour au lendemain à l’annonce de son mariage. Ça a l’air un peu compliqué raconté comme ça, mais l’histoire est suffisamment bien menée pour ne jamais perdre le lecteur dans ces jeux de dupes. Le roman est plein de fraîcheur et d’énergie, les chapitres avancent bien (il se passe toujours quelque chose qui fait progresser l’histoire) ; Beatrice est parfaite dans son rôle de jeune reine, sa sœur est complètement décalée dans un univers très rigide, leurs amoureux sont parfaits dans leurs rôles, et on adore même détester la peste Daphne.

Au passage, la modernité du roman est aussi portée par les jolis personnages féminins, notamment Beatrice en première Reine des Etats-Unis.

J’ai hâte de lire le prochain tome !

S 3-3Penguin Random House, 370 pages

En anglais·Roman

« American Royals (tome 1) »  de Katherine McGee

Capture d’écran 2024-08-10 165438Il y a bien longtemps (2 ans, peut-être), j’étais très motivée pour essayer de lire un roman en anglais (après plusieurs tentatives infructueuses). J’avais opté pour un roman « young adult » qui me semblait plus accessible : « American Royals ». J’avais même acheté les 2 tomes (motivée, vous disais-je).

Je ne suis même pas arrivée à la page 10 du premier tome, qui est allé dormir sur une étagère…

Et me voilà, au début de cet été, remotivée pour repartir à l’assaut de ce roman !

Les premiers chapitres ont été assez durs à lire, mais ma grande victoire de cet été sera d’être allée au bout des 440 pages ! Je suis même prête à attaquer le deuxième tome !

L’histoire, maintenant. L’auteure imagine que Georges Washington (premier Président des Etats-Unis) avait en réalité créé une monarchie. Le roman se déroule de nos jours, et l’on suit les aventures (surtout sentimentales) des trois enfants du roi actuel.

Béatrice, l’héritière, est amoureuse de son garde du corps – mais ses parents lui préparent un mariage arrangé. Samantha et Jefferson, ses cadets, jumeaux, sont eux aussi amoureux, mais pas des bonnes personnes non plus… Ajoutez à cela une peste qui veut devenir princesse et une roturière complexée qui ne trouve pas sa place, et vous aurez le tableau complet.

Il y a plein de références évidentes à la monarchie anglaise (la rebelle tante Margaret, les tabloïds, etc) et on réalise à peine que l’histoire se déroule aux Etats-Unis. Je pensais que le contexte américain serait beaucoup plus exploité dans l’histoire, c’est le seul bémol que je mets. Sinon, c’est léger et rafraîchissant, avec quelques parenthèses plus sérieuses sur la place des femmes dans les instances de pouvoir, ou encore le poids des traditions ancestrales.

S 3-3Penguin Books, 440 pages

Roman

« Les adieux à la villa aux étoffes » (tome 6) d’Anne Jacobs

9782264083937ORIJ’ai toujours un petit pincement dans mon cœur de lectrice quand je sais que j’aborde un dernier tome, surtout quand c’est une série que j’ai autant aimée que « La villa aux étoffes ».

J’avais quitté la famille Melzer dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale, alors que Marie (l’héroïne et épouse du directeur de l’usine de textile) avait émigré aux Etats-Unis pour fuir l’Allemagne nazie. Au début de ce tome, j’ai été un peu déstabilisée, ayant perdu mes repères sur la nouvelle génération (les enfants de Marie et leurs cousins), jeunes adultes face à la guerre, et dont j’avais pour certains oublié jusqu’à leurs prénoms, davantage concentrée sur les histoires de leurs parents…

Mais j’ai vite retrouvé le fil de l’histoire. C’est d’ailleurs une des grandes qualités de cette série que de toujours bien resituer les personnages pour le lecteur – et ils sont nombreux, les personnages, entre la famille au cœur de l’intrigue, les domestiques, les amis et les ennemis…

Ne lisez pas la quatrième de couverture, qui va trop loin dans le résumé, et profitez juste de retrouver les héros de cette histoire attachante. Le récit des réactions de chacun face à la guerre sonne toujours juste, sans caricature ni facilité. Tandis que Paul perd peu à peu tout contrôle sur l’usine familiale, Dodo sa fille est devenue une aviatrice hors paire. Klippstein est plus détestable que jamais – mais on découvre aussi ses failles. Quant aux domestiques, ils ancrent le récit dans la gestion du quotidien (l’approvisionnement, l’hébergement), qui font aussi partie du charme de ces romans. On tremble, on sourit, on serre les dents… jusqu’à la dernière page.

S 3-310/18, 624 pages, 10,10€

Roman

« L’affaire Agatha Christie » de Nina de Gramont

9782266333146ORIJe ne peux pas lire « tous » les livres qui sortent autour de Agatha Christie… ils sont trop nombreux ! Mais je me laisse souvent tenter, quand même… Et ce roman, qui surfe sur le mystère de la disparition de la célèbre auteure pendant quelques jours, a évidemment fini un jour dans ma PAL…

Autant le dire tout de suite : Agatha Christie est en grande partie un prétexte à l’histoire, puisque le roman raconte surtout la vie de… la maîtresse du mari d’Agatha Christie. Alors bien sûr, le parti pris de ce roman est de montrer en quoi cette femme a causé le départ d’Agatha Christie, mais l’essentiel du roman tourne bel et bien autour de la maîtresse plutôt que de l’auteure.

L’histoire reste intéressante et raconte le passé de cette femme (Nan), les épreuves qu’elle a vécues, et son amour de jeunesse ; mais aussi, au fil des chapitres, comment et pourquoi elle est arrivée dans la vie d’Archibald Christie. C’est Nan, d’ailleurs, qui est la narratrice du roman (même s’il y a parfois des maladresses dans la narration, des passages où elle parle d’elle à la troisième personne…). Le regard qu’elle porte sur Agatha Christie met plutôt en valeur la romancière, et le personnage de Nan, qui pourrait n’avoir « que » le mauvais rôle, suscite finalement la compassion du lecteur.

Certains éléments des derniers chapitres sont assez surprenants – voire pas crédibles. Il faut donc aller au-delà de toutes ces réserves pour profiter du roman, qui le mérite pourtant car l’écriture est à la fois efficace et rythmée, et l’histoire intéressante.

S 2-3Pocket, 448 pages, 9€

Roman

« 555 » d’Hélène Gestern

G08083_555_CV.inddJe ne sais pas si je serais allée spontanément vers ce roman dont le titre n’était pas assez évocateur pour moi, mais j’ai lu une chronique si enthousiaste sur ce livre que je l’ai acheté dans les jours qui ont suivi.

L’histoire est celle de deux amis artisans, qui partagent un atelier. Lorsqu’un client lui confie un bel étui de violoncelle à restaurer, Grégoire ne s’attend pas à trouver, cachée dans la doublure, une partition. Et pas n’importe quelle partition : elle pourrait être une partition inédit de Scarlatti, le génial compositeur italien du XVIIIe siècle.

Vont alors graviter, pour des raisons plus ou moins honnêtes, une belle galerie de personnages autour de cette partition : ceux qui voudront la vendre, ceux qui voudront l’acheter, ceux qui voudront simplement la jouer, pour l’amour de l’art…

Le roman commence comme une enquête (pourquoi et comment cette partition s’est-elle retrouvée là ? Est-elle vraiment une partition originale de Scarlatti ?), mais l’histoire va bien au-delà. Les personnages, avec leurs blessures de vie, apportent chacun un regard et des attentes différentes sur cette partition. Et je me suis retrouvée, lectrice, comme une petite souris dans les coulisses d’une représentation, à l’affût de tout ce qui peut fasciner dans la musique : dans l’atelier des artisans, dans le salon d’une concertiste, dans une salle de concert… les lieux étaient très visuels et je m’y sentais immergée. En proposant des personnages contrastés (d’âges différents, de parcours différents), l’auteure montre aussi comment une même œuvre peut avoir des retentissements différents.

La fin est un tout petit peu longue à mon goût, et le dénouement largement prévisible, mais le roman n’en est pas moins très réussi.

S 3-3Folio, 9,90€

Roman

« La ferme des Neshov (tome 5) : Un amour infaillible » d’Anne B. Radge

9782264074942ORIJ’avais laissé la famille Neshov à la fin du tome 4, il y a … quatre ans (quoi ?! déjà ?!). J’ai un peu tardé à commencer ce cinquième tome, alors que j’ai adoré cette saga, tout simplement car j’avais un peu décroché de l’histoire. Allais-je me souvenir des personnages, de l’histoire ?

Quelques pages d’introduction resituent les personnages – mais hélas ne rappellent pas le grand secret de famille auquel il est fait référence à plusieurs reprises dans ce nouveau tome, et dont je n’ai jamais réussi à me souvenir complètement.

Mais ne nous arrêtons pas à ce point, car j’ai quand même trouvé ce (dernier ?) tome très réussi.

Torunn a hérité de la ferme familiale des Neshov. Elle la rénove, y prend ses marques. Elle travaille aux côtés de son oncle Margido dans l’entreprise de pompes funèbres, et s’est rapprochée de son grand-père, qui vit maintenant en maison de retraite. Toute la force de cette saga est de raconter ces liens familiaux à travers le quotidien, les détails qui n’ont rien de particulier mais qui tissent au fil du temps les liens entre les gens (il y a de longs passages sur une histoire de frigo, ou encore de drapeau, qui se lisent pourtant très bien et qui sont importants dans la relation entre Torunn et son grand-père). Les personnages sont toujours attachants, ils traînent leur passé comme des chaînes mais continuent à avancer. Ils nous ressemblent, dans leurs doutes, leurs tentatives de bien faire, les détails auxquels ils s’accrochent. Ils forment une famille atypique, pas très joyeuse, avec des histoires compliquées, mais une famille tout de même. Au fil des tomes, je me suis attachée aux personnages, à Torunn en particulier qui est une femme forte et volontaire, mais aussi sensible, avec ses doutes et ses angoisses. Je les quitte tous à regret.

S 3-310/18, 408 pages, 9,20€

Roman

« Le Huit » de Katherine Neville

9782749177427ORIEt si un jeu d’échecs pouvait porter en lui des pouvoirs magiques ? C’est en tout cas ce que la légende dit du jeu de Montglane, un jeu d’échecs sur lequel aurait joué Charlemagne, et qui aurait été ensuite caché et protégé par les religieuses d’un couvent pendant la Révolution française.

Mais en 1970, ce sont d’autres tourments qui attendent Catherine. Entre une mort suspecte lors d’un tournoi d’échecs, et l’étrange mission qui lui est confiée de retrouver des pièces d’échecs au bout du monde, la voilà au coeur de la réapparition du jeu de Montglane.

J’attendais beaucoup de ce roman, sur lequel j’avais entendu de nombreux éloges. Je suis une piètre joueuse d’échecs, mais c’est un jeu sur lequel on peut imaginer de nombreux romans, des légendes, des aventures… C’est aussi ce qui me tentait dans ce roman.

C’est un gros pavé de près de 750 pages, qui fait voyager le lecteur entre deux époques, et dans lequel on croise Talleyrand, le peintre David ou encore le futur Napoléon. J’aurais préféré qu’il y ait moins d’alternance entre les époques, car cela a parfois cassé mon rythme de lecture. Il y a aussi beaucoup de personnages, dont j’ai parfois perdu l’apport à l’histoire ou les liens avec d’autres personnages, ce qui m’a empêchée de saisir l’assemblage de certaines pièces de ce puzzle complexe. Je m’attendais à ce que le récit progresse comme une enquête, et et j’avais au contraire l’impression d’être de plus en plus dans la confusion. La fin n’est pas celle que j’attendais non plus. J’ai oscillé dans cette lecture entre l’ambiance qui me plaisait autour du jeu d’échecs et des aventures à travers le monde, et d’un autre côté une grande complexité dans l’histoire qui m’a souvent perdue et ne m’a pas permis d’apprécier ce roman autant que je l’avais imaginé.

S 1-3Le Cherche Midi, 752 pages, 21,90€

Roman

« La panne » de Friedrich Dürrenmatt

658Envie d’une lecture courte de 100 petites pages, décalée, surprenante ? « La panne » est la lecture qu’il vous faut. En tout cas, ce sont les raisons qui m’ont fait choisir ce petit livre.

L’histoire est celle d’un homme dont la voiture tombe en panne. Il demande l’hospitalité pour la nuit, et se retrouve invité à un dîner auquel participe trois hommes âgés, trois retraités de la justice (un ancien juge, un ancien avocat, un ancien procureur). Ils occupent leurs dîners à jouer de faux procès. Et ce soir-là, ils prennent le touriste comme excuse pour jouer un nouveau procès inventé. Mais la soirée ne va pas se passer comme prévu … ce qui était assez prévisible, car on se doute bien que ce ne sera pas un dîner classique. Je sentais bien qu’il se passait quelque chose, jusqu’au dénouement dont je me doutais plus ou moins. L’écriture est un peu déstabilisante, très vive, presque agressive. Le roman est plutôt original, mais il n’est pas aussi décalé que ce que j’avais imaginé. J’aurais aimé être plus surprise et bousculée davantage.

S 1-3Gallmeister, 112 pages, 6,90€

Roman

« La femme de ménage » de Freida McFadden

9782290391174Si vous aimez les thrillers psychologiques de Ruth Ware, vous allez aimer « La femme de ménage ». Tous les ingrédients pour me tenir en haleine étaient réunis : une jeune femme, Millie, au passé trouble, devient gouvernante chez un riche couple. C’est une opportunité inespérée pour elle, qui peine même à garder un emploi de serveuse. Ici, elle va s’occuper d’une petite fille, faire le ménage, la cuisine.

Mais le job de rêve a ses zones d’ombres : la maîtresse de maison a des sautes d’humeur inexpliquées, la fillette est mal élevée, et la chambre de Millie ressemble à un vieux grenier inhospitalier.

Quant au mari, c’est un homme d’affaires élégant et bienveillant – mais Millie évite de le fréquenter pour ne pas fâcher sa patronne, dont les changements d’humeur sont ravageurs.

Des personnages ambigus, une histoire prometteuse avec plein de non-dits, j’ai accroché à cette histoire dès les premières pages. Le début m’a beaucoup fait penser à « La Clé du sang » ; il y a des ressemblances dans le décor, les personnages. Je ne peux malheureusement pas vous raconter trop de détails sur l’histoire, mais je peux vous dire que ce livre va vous tenir en haleine, vous faire faire mille suppositions peut-être… le mieux est de vous laisser porter (et surprendre!).

S 3-3J’ai lu, 416 pages, 8,60€