Roman

« Le grand art des petites escroqueries » de Sophie Endelys

grand art escroqueriesJe me souviens avec précision avoir lu l’an dernier, exactement à la même époque, un autre livre de la même auteure, « Les gardiennes du silence ». Me revoilà donc cette année avec un autre livre entre les mains, même saison, même auteure, même style de couverture – celle-ci est particulièrement jolie d’ailleurs.

L’histoire est différente pourtant, et j’ai beaucoup aimé celle-ci et surtout le style de l’auteure.

Julia prépare l’écriture d’un livre sur les plus grands escrocs. En panne d’inspiration, elle décide de s’isoler quelques jours avec sa fille à la Fondation Saint-Just. Mais un soir, elle est victime d’un accident de voiture. Sa fille la croit morte, et ne découvre que vingt ans plus tard que sa mère avait survécu à l’accident, et qu’elle a passé dix ans dans un couvent, où elle a réalisé des centaines de dessins.

Je vous l’accorde, le point de départ – le décès caché pendant vingt ans – est un peu tiré par les cheveux, mais le rythme est si bien construit et les personnages si bien imaginés que l’on n’en tiendra pas rigueur à l’auteure.

Les personnages sont d’ailleurs le grand point fort de ce roman. J’ai adoré Marius, le gastronome qui choisit ses menus en fonction des nouvelles qu’il doit annoncer à ses invités ; ou encore Clémence, la fille de Julia, en parfaite ermite musicienne. Tous ont beaucoup de profondeur, on sent que l’auteure a veillé à en faire des personnalités riches et uniques.

Quand à « l’enquête » que Clémence va mener pour comprendre ce qui s’est passé vingt ans plus tôt, elle réserve bien des rebondissements et, même si là encore certains ne sont pas tout à fait crédibles, il faut accepter de se laisser porter par l’histoire. J’ai passé un très bon moment de lecture et j’avais du mal à lâcher ce livre avant de l’avoir terminé.

S 3-3Les Presses de la cité, 384 pages, 20€

Roman

«Les gardiennes du silence» de Sophie Endelys

gardiennes silenceDès les premières pages du roman, le ton est donné : Chloé décide de tuer son mari Jeffrey. Bien sûr le lecteur se demande immédiatement « pourquoi ? » et l’on devine que la suite du roman sera un retour arrière dans la vie de ce couple, pour comprendre ce qui a amené Chloé à ce geste.

La vie de Chloé, pourtant, ne laissait pas présager un tel acte : passionnée d’écrit, elle est la fille d’un auteur célèbre et voue un amour sans faille aux livres. Quant à son mari, on ne comprend pas immédiatement quel est son quotidien ni son métier – mais la suite du roman nous en dira plus.

La suite, justement, va mener le lecteur à travers différentes époques, allant du Moyen-Age à nos jours. Les allers-retours entre Moyen-Age / passé récent / présent sont un peu fatigants, mais je dis ça quasiment pour tous les livres dont les auteurs usent de ce procédé narratif…

Au fil des pages, on découvrira une sorte de société secrète, une île mystérieuse, un lourd secret autour des livres, et un manuscrit qui refait surface et va changer la vie de Chloé. Les amoureux de livres (objets) seront ravis de naviguer dans cet univers qui est une déclaration d’amour au papier et aux vieilles reliures ; ce n’est pas anodin si le livre est dédié à Gutenberg, rien que ça ! Avec un bon chocolat chaud à portée de main, c’est un livre qui se lit bien l’automne avec un léger souffle de vent entendu contre les vitres… histoire de frissonner légèrement.

S 2-3Presses de la cité, 400 pages, 20€