Policier

« Tout le monde dans ce train est suspect » de Benjamin Stevenson


Les trains sont des décors très romanesques. Évidemment, si je vous parle de roman policier dont l’intrigue se déroule dans un train, vous penserez à Agatha Christie (« Le crime de l’Orient-Express », mais aussi « Le train bleu » ou « Le train de 16h50 »). Mais si vous changez le décor et partez pour l’Australie, c’est à un autre roman que j’ai lu il y a quelques mois que je pense. Si dans « Le crime de l’Indian Pacific » les voyageurs prenaient un train d’Est en Ouest en Australie, dans « Tout le monde dans ce train est suspect », ils prennent le Ghan du Nord vers le Sud. A ce détail près, on retrouve la même ambiance de huis clos, accentuée par le fait que le train traverse des zones désertiques (donc sans réseau, et sans possibilité de faire intervenir la police, ce qui est un procédé plutôt malin pour un roman qui se déroule de nos jours).

L’histoire est celle d’un groupe d’écrivains invités à un festival à bord du train. Chacun a sa spécialité (le thriller psychologique, le roman médico-légal, …) et chacun a ses petits secrets. Le narrateur, omniscient, fait de nous, lecteurs, ses acolytes, et il partage avec nous son enquête en toute transparence – car oui, il y a enquête le jour où l’un des écrivains est retrouvé mort et que, comme l’indique le titre, tout le monde devient suspect.

Cette connivence avec le narrateur est tantôt plaisante (grâce à la confiance qu’elle instaure avec la promesse que rien ne nous est caché), tantôt un peu agaçante (à croire que la « vraie » vie suit les mêmes codes que les romans).

Il y a pas mal de références au précédent roman du même auteur, « Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu’un », mais ce roman peut se lire indépendamment (d’ailleurs cela ne m’a pas donné envie de le lire).

Accrochez-vous bien dans les premiers chapitres, car on rencontre tous les personnages d’un coup ; moi ça me perd systématiquement ! Heureusement j’ai fini par reconstituer le tableau d’ensemble. Le dénouement est clair, sans entourloupe (comme promis par le narrateur) et les pièces s’assemblent bien, chaque détail trouvant sa place pour la résolution de l’enquête et sa conclusion.

10/18, 408 pages, 9,20€

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